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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 00:28

La salle est comble, et la projection commence dans le noir : un homme, une casquette verte sur la tête, assis tranquillement sur le haut d’un grand arbre est en train de dessiner . Zoom élargi et l'arbre apparaît dans l'immensité d'une forêt d'Afrique.

Plus loin, des fourmis observées de près se débarrassent de chenilles dangereuses dévoreuses des feuilles de l’arbre. Ainsi les fourmis jouent le rôle de protectrices naturelles de ces grands vivants. Tout un écosystème composé de grands et de petits vivants et qui a permis en près de 700 ans aux forêts primaires de se développer. L’homme assis en dessinateur paisible et concentré sur son grand arbre au sein de la canopée, l'espace solaire supérieur des arbres, est Francis Hallé, professeur de botanique spécialiste mondialement reconnu pour sa connaissance et sa passion des arbres. Sans concession, le film montre aussi la terrible emprise humaine qui conduit à la destruction des forêts en vue d’une exploitation financière: des bulldozers, et autres engins sont montrés sous la pluie . Pourtant et heureusement, les milliers de graines tombant des arbres sont des graines d'espoir colportés par le vent et les animaux pour faire renaître des arbres.

L’arbre est un être vivant dans l’immobilité, ce qui questionne notre propension à vouloir bouger sans arrêt. Il ne vit pas seul. Un arbre attaqué peut communiquer à ses congénères pour qu’ils se protègent. C’est notamment le cas des acacias africains qui produisent une molécule odorante si une gazelle vient manger ses feuilles. Ainsi, les autres acacias sous le vent, recevant ce message, vont rendre leurs feuilles toxiques à la consommation. Autre leçon de vie de l’arbre. Une étude conduite à Chicago a montré qu’en implantant d’espaces arborés au cœurs des cités, les personnes se rencontraient plus et que la violence diminuait de manière significative. Ainsi, l'arbre nous questionne dans nos propres comportements humains en tant que modèle de développement pour notre société à tendance consommatrice, individualiste et zappeuse. L'arbre, dans sa lente maturation vers le ciel, dans son immobilité rythmée par le vent et les saisons, par sa production de feuilles, de fruits nous dit l'importance de vertus parfois oubliées dans la saga des high technologies : la lenteur, le don de soi et le silence. Et ce temps est hors échelle d'homme, un moabi, un des plus grands arbres d’Afrique pouvant atteindre près de 70 mètres… peut vivre près de 1000 ans.

Applaudissements nourris à l'issue de la projection du film «Il était une forêt». Moisson de questions adressées à Francis Hallé, qui dit être venu pour répondre à ces questions. « Qu’est ce qui fait que vous êtes autant passionné pour les arbres ?

Après réflexion, Francis Hallé finit par lâcher « C’est mon père, oui c'est mon père qui m’a donné ce goût d’observer les arbres et cet amour pour eux. Et petit, j’ai eu ce rêve d’enfant de vivre avec les arbres. Vous savez , c’est important les rêves d’enfant.» C'est alors que j'ai ressenti un déclic qui m'a renvoyé dans mon enfance dans le Jura chez mes grands parents. Avec des cousins, nous grimpions sur les arbres des pâturages avec le passage des vaches en dessous, ... pour faire des cabanes, sculpter des couteaux en bois et jouer les robins des bois...Je me souviens aussi de mes traces blanches en ski de fond dans l'immense forêt de la Joux considérée comme une des plus belles sapinières d'Europe. J'ai toujours eu au fond de moi ce goût du bois, de ces grands arbres au tronc droit bien ancrés dans le sol, parfois présidents par leur tour de taille à la base. Le déclic de l’adulte à retardement, c’est de comprendre que l’amour des arbres si finement observés, si bien compris et retransmis par Francis Hallé nous connecte directement à notre enfance et à notre enfant intérieur.

Goûter la beauté des arbres, prendre le temps de les observer, de les contempler, c’est assurément nous reconnecter à nos racines d’enfance, celles qui nous permettent de croitre en adultes…

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Published by Michel BERNARD
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  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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