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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 21:43

La crise sanitaire du coronavirus nous a imposé, par voie réglementaire depuis bientôt 5 mois, de respecter les gestes barrière dont la distanciation sociale que certains d’ailleurs préfèrent requalifier en distanciation physique. Rappelons, même si cela devient une évidence  collective, que c’est l’obligation de respecter une distance d’au moins un mètre avec les autres personnes dans tout espace public extérieur et intérieur. Le protocole du ministère du travail pour les entreprises l’a largement explicité concernant la phase de déconfinement à partir du 24 juin 2020.

Certes, l’argument de protection sanitaire doublé notamment du port du masque est incontestable si notre pays veut enrayer cette pandémie et éviter ce que chacun redoute au fond, une deuxième vague.

Ainsi, nous avons collectivement pris de nouvelles habitudes remplaçant poignées de main entre collègues, embrassades au sein de cercles familiaux. Certains tentent de garder un pseudo contact avec le « toucher du coude » ou encore celui du pied quand d’autres préfèrent le léger salut à la japonaise avec une inclinaison du buste. Bref, depuis combien de temps n’avons-nous pas tendu une main (geste symbolisant à l’origine que je n’ai pas de couteau caché dans ma main…) ou offert un baiser ou une embrassade auprès de nos proches ?

De manière plus ou moins consciente, nous sommes en train de fabriquer de nouvelles habitudes sociales avec un réflexe qui devient de plus en plus naturel «  Bonjour , collègue, et dans ma tête ,stop, je n’avance pas plus ! ». Ce réflexe de distance physique renforcé dans le monde du travail par la période de confinement qui a placé beaucoup de salariés en télétravail ne veut peut être pas dire rupture du lien social mais quelque part , quelque chose a changé.

Pour ma part, j’observe des effets d’abord positifs notamment dans la file d’attente des boulangeries, c’est l’espace entre les clients où nous évitons la compression du nombre et nous respirons cette distance qui me semble acceptable car le service reste le même dans son rythme. Cette remarque vaut pour beaucoup d’espaces commerçants. Et puis, la culture de l’attente plutôt que « dépêchons nous, je suis pressé ! » est une belle invitation à ralentir nos rythmes de vie.

Cependant, dans l’espace familial, il semble difficile de respecter ce protocole de distanciation pour des grands parents avec des petits enfants qu’ils n’ont pas vu pendant trois mois et qu’ils retrouvent avec joie à partir de la phase de déconfinement. Le bisou de tendresse a beaucoup de sens et d’impact des deux côtés.

Et la tentation est grande en période de vacances, de relâchement après cette période très inédite et particulière du confinement, de revenir à une proximité des corps signifiant une proximité du lien social.

Quel message notamment communiquer à des jeunes tentés de se retrouver dans des espaces confinés en boite de nuit  ( vu sur un reportage télévisuel) ou en soirée festive  collés les uns aux autres et se mettant en danger direct de contamination collective par le virus ?

En matière d’obligation, la règle s’applique à tous.

En la matière, avec conscience, chacun est « encouragé » à trouver «  la bonne distance », celle de la protection de soi et d’autrui et d’inventer une forme autre pour préserver la qualité du lien social.

Suggestion : et si nous reprenions davantage contact par les yeux, miroir du cœur pour nous connecter les uns aux autres. Je pense à un exercice que je pratique à  la fin d’une séance de méditation en silence en cercle quand je propose aux participants : «  Sans parole, je vous invite à regarder un par un tous les autres participants et à retrouver une connexion du regard avec  chacun. »

Et puis, qu’est ce qui empêcherait de trouver une manière distanciée et humaine de saluer notre collègue, notre voisin, notre proche par un rituel intériorisé en silence ? Je t’aperçois, je m’avance, je m’arrête à distance et intérieurement, je t’accueille…

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Qui Est L'auteur ?

  • : Le blog de Michel BERNARD
  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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