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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 00:34

A l'occasion de mon anniversaire ( et oui, déjà 51 ans !), mon fils David m'a offert le DVD  Loup, magnifique fresque dans le grand Nord sibérien de notre explorateur français au grand coeur, Nicolas Vanier.

Au delà de la séduction des grands espaces, du troupeau de rennes escaladant la montagne toute blanche et vierge dans des paysages d'une pureté sauvage, l'histoire qui se tisse entre le jeune Sergueî nommé gardien de la grande harde ( ensemble du troupeau de rennes sauvages) et les loups rôdeurs autour du troupeau nous renvoit en miroir celle de notre relation à nos propres loups, nos propres peurs.

loup-nicolas-vanier.jpg

 

Séquence initiatique : Sergueî est désigné par son père, le chef du clan nomade des Batagaî, pour garder la harde des rennes. Il quitte le clan pour vivre la solitude du gardien. Cette solitude l'amène à s'approcher d'une louve puis de ses petits louveteaux qui viennent de naître. Premier réflexe de peur : en voyant que la louve le menace avec ses crocs , il arme son fusil puis voyant qu'elle ne l'attaque pas, il lâche son arme et l'observe à distance. Jour après jour, il revient observer à distance les petits jusqu'à ce que l'un accepte de s'approcher puis de jouer avec lui. Puis un à un, ils finissent par jouer avec lui avec le consentement de la mère ...

Nous avons peur de nos peurs tant que nous n'osons pas nous en approcher : pourquoi ne pas jouer avec elles comme Sergueî avec les jeunes louveteaux.

J'ai peur du facteur et des mauvaises nouvelles, j'ai peur de ne pas être à la hauteur de mon patron qui mesure pourtant 1,60m. J'ai peur d'échouer sans ma bouée, j'ai peur de ne pas être à l'heure avec ma montre chrono. J'ai peur de me regarder dans la glace : j'ai peur de découvrir le lion qui est en moi...

Noter qu'il s'agit de jouer avec des louveteaux, des  petites peurs du quotidien, de l'appréhension de telle rencontre, de petit stress qui empoisonne bêtement nos rapports aux autres.

 

 Séquence " les loups restent des loups" : Sergueî a apprivoisé les louveteaux et leur mère et croit qu'ils peuvent cohabiter avec le troupeau de rennes...jusqu'au jour où, en son absence, ils attaquent le troupeau et tuent un renne pour se nourrir. Sergueî est abattu !

Nos peurs restent nos peurs : nous pouvons les apprivoiser, elles peuvent resurgir de notre inconscient et nous surprendre dans notre tranquille confiance.

 Loup---Photo-01-du-film.jpg

Séquence " sauver un loup et obtenir sa chaleur" : alors qu'il avait caché cette réalité de loups apprivoisés à son clan, cet incident l'oblige à emmener les loups le plus loin possible du troupeau de rennes pour ne pas les tuer.

Il part seul et alors qu'il fait traverser une rivière gelée au couple de loups et à ses 4 louveteaux, le mâle trop lourd tombe dans l'eau et est sur le point de se noyer. Sergueî, dans un acte de courage fou, se jette dans l'eau glaçée et le remonte vers la surface. Lui même s'extrait péniblement et ressort complètement transi de froid. Le mâle sauvé vient vers lui et il peut réchauffer sous son poil ses mains presque gelées. Scène forte du film entre un jeune homme et un loup devenu presque "tendre".

Nos peurs font partie de nous, nous pouvons les mettre à distance et pourtant pourquoi ne pas s'y réchauffer quand c'est vraiment nécessaire ?

La peur est aussi un bon signal d'alarme qui met  nos sens en alerte nous mettant en capacité de réagir face à un vrai danger : le regard est plus vif, l'ouîe plus fine, et notre sang afflue  vers les membres inférieurs pour nous préparer à toute fuite en courant.

A la fin du film, le jeune Sergueî, amoureux de la jeune Anastasia, a retrouvé l'estime de son père qui lui en a  voulu longtemps de lui avoir caché ce secret des loups . Cette réconciliation a pour toile de fond un changement de croyance de chacun. Le père : "oui, notre clan peut vivre désormais avec des loups aux alentours sans chercher à les tuer alors que jusque là, il fallait nécessairement les tuer" et Sergueî : " Oui, je peux apprivoiser les loups mais les loups ne deviendront jamais amis avec les rennes car ils ont besoin de manger pour vivre !"

Pouvons nous conclure par une audacieuse symétrie métaphorique : oui, nos peurs peuvent être apprivoisées par une meilleure approche et connaissance en les nommant ( comme Sergueî donne un nom à chaque louveteau) et  méritent ensuite d'être mises à distance pour sa propre croissance humaine. 

Se réconcilier avec soi même n'est ce pas aussi se réconcilier avec ses propres peurs, qu'un jour, nous aurons eu le courage de regarder en face, les yeux dans les yeux...comme ce premier regard de Sergueî avec la mère des louveteaux ?

 

 

 

 

 

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Published by Michel BERNARD - dans films
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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