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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 19:35

INTERVIEW 2ème PARTIE

 

Suite de l'INTERVIEW DE BRUNO HOURST, pionnier du mieux apprendre en France.

 

Comment aujourd'hui, face aux difficultés d'insertion professionnelle et aussi sociale de beaucoup de jeunes, les motiver vers l'apprentissage de savoirs ?

Je verrai deux pistes à développer parmi d'autres.

D'abord, faire connaître aux jeunes l'approche des "intelligences multiples" (1), que je décris dans plusieurs de mes livres, comment " aidez son enfant à mieux apprendre", chez Eyrolles. Elle est simple à expliquer et à comprendre, et elle parle bien à l'intuition. En découvrant cette approche, bien souvent le jeune comprend que ses difficultés scolaires ( ou autres difficultés) ne viennent  pas du fait qu'il est nul, paresseux, stupide ou inadapté, mais qu'il a un "bouquet" d'intelligences" qui ne correspond pas au standard imposé, en particulier par le système scolaire. C'est un grand soulagement pour lui. J'ai rencontré des enfants pétillants d'intelligence et en même temps en échec scolaire, parce que leurs intelligences préférentielles, par lesquelles ils apprennent et communiquent avec le monde, n'étaient pas celles imposées par le système scolaire. Cela crée d'immenses souffrances et d'immenses gâchis.

8 enfants

Deuxième piste : redonner au jeune le goût d'apprendre, en lui montrant que l'on peut apprendre " autrement"  que de manière qu'il a ( souvent) subi dans son parcours scolaire. Lui faire découvrir des manières d'apprendre, de réfléchir, de travailler, de lire, de mémoriser, etc...qui correspondent mieux à sa personnalité et à ses manières personnelles de faire.

Et faire cela, ce n'est pas uniquement permettre au jeune de mieux s'intégrer dans le monde du travail : je suis persuadé que le rapport très personnel que nous entretenons au " fait d'apprendre" est directement lié à notre personnalité. Si ce rapport est bon, il y a de bonnes chances que l'enfant devienne un adulte à peu près équilibré et qu'il  ne fera pas trop de dégâts autour de lui. Si ce rapport est mauvais, il risque de tomber, une fois adulte, dans l'aigreur et le ressentiment, le conduisant à des comportements pathologiques de recherche de pouvoir, d'argent, de compulsion, de désir de se venger sur le reste du monde.

Dans les exemples extrêmes, l'enfance et le parcours scolaire d'Hitler, catastrophiques et pourtants banals, devraient nou inciter à prendre très au sérieux ce rapport à l'apprendre que nous développons chez les enfants et chez les jeunes.

 

Quel exercice pourriez-vous proposer à nos lecteurs qui veulent découvrir les jeux-cadres ?

Il faudrait rappeler ou expliquer au lecteur ce qu'est un "jeu-cadre" : une structure d'activité vide de contenu, que l'on peut " changer" quasiment complétement en terme de contenu pédagogique ou de formation. Le concept de jeu-cadre a été formalisé par une personne que j'apprécie beaucoup surnommé Thiagi (2).

 

En voici un, que j'aime bien parce qu'il fait appel aux expériences positives des participants. Il s'appelle ( les mathématiciens voudront bien m'excuser) 1=10. En voici le déroulé.

 

1=10 ou un jeu pas comme les autres !

 

Idée de base :

Sur un sujet donné, les participants recherchent un exemple personnel de situation qui a particulièrement bien réussie, et racontent cette histoire à d'autres participants.

 

Objectifs

S'appuyer sur l'expérience des participants

Déterminer les éléments généraux qui permettent de réussir

 

Exemples d'application :

Communication interpersonnelle, techniques d'animation en formation, pratique pédagogique en milieu scolaire, gestion de comportements difficiles.

 

Déroulement du jeu :

Répartir les participants en équipe de 4 à 6 personnes.

Sur le thème choisi, demander aux participants, individuellement, de se rappeler une situation dans laquelle ils ont particulièrement bien réussi.

Tout le monde se met debout, chaque participant se déplace dans la salle ( sans support pour noter) et rencontre un autre participant n'appartenant pas à son équipe, à qui il raconte son histoire et puis les rôles s'inversent : il écoute l'histoire du participant rencontré.

Changer de partenaire, lui raconter, au choix, soit sa propre histoire, soit celle que l'on vient d'entendre. Et ensuite écouter l'histoire du partenaire.

Revenir en équipe. Chacun raconte son histoire et celle (s) qu'il  a entendue(s), dans le désordre. Les autres membres de l'équipe doivent deviner quelle est la propre histoire de celui qui raconte.

Demander aux participants de déterminer en équipe les éléments-clés qui ont permis à toutes ces histoires d'arriver à une réussite.

Partager avec l'ensemble du groupe avec l'animateur.

 

Ainsi, ce jeu-cadre qui peut être adapté de mille manières, permet d'évoquer dans un temps relativement court une bonne dizaine  (ou plus ) de réussites. A partir d'elles, le groupe peut chercher les points communs et, à partir d'eux, en tirer des enseignements pour agir.

 

Celui ( ou celle) qui a la change de rencontrer Bruno HOURST, personnage atypique dans le monde de la pédagogie est souvent frappé par sa grande richesse de connaissances, lui même restant un vrai chercheur en puisant à des sources européennes comme américaines. Vous l'aurez sans doute aussi saisi à travers l'interview, c'est un homme de conviction qui veut restaurer un grand plaisir oublié au fond des cartables de beaucoup d'écoliers  : le PLAISIR D'APPRENDRE.Nuage-musique.jpg

 

 Il apparait d'ailleurs assez paradoxal de voir que les Universités du temps libre destinées en priori aux adultes et aux séniors se remplissent de plus en plus avec les plus de 60 ans, plus disponibles après une vie active et avides de découvrir des horizons intellectuels nouveaux en histoire, en psychologie, en langue, en sciences... Dernièrement, à l'occasion du départ en retraite ( mot hit parade aujourd'hui sur les médias !) d'une personne, celle-ci me confiait qu'elle voulait reprendre l'anglais, de préférence en groupe de conversation animé par des professeurs du pays et puis voyager. Et finalement l'homo sapiens dont nous descendons tous n'est-il pas , après les besoins fondamentaux du manger, du toit et de se protéger des dangers, mu par le désir d'apprendre. Apprendre l'art de créer du feu il y a des milliers d'années jusqu'à l'art, via les technologies d'information, de répondre à sa soif de mieux comprendre soi, les autres et son environnement.

 

(1) concept du chercheur américain, professeur en éducation à l'université de Harvard,  Howard Gardner qui distingue 8 formes d'intelligence :

l'intelligence logico-mathématique, l'intelligence spatiale, l'intelligence interpersonnelle, l'intelligence corporelle-kinesthésique, l'intelligence verbo-linguistique, l'intelligence intrapersonnelle, l'intelligence musicale-rythmique,  et l'intelligence naturaliste.

 

(2) pour découvrir d'autres jeux cadres, site thiagi.com

 

et puis pour découvrir tous les ouvrages de Bruno Hourst dont " au bon plaisir d'apprendre" et les formations qu'il propose notamment en direction des enseignants,

site mieux- apprendre.com

 

 

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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