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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:13

2-flamands-roses.jpgEPISODE 2 : ACCUEILLIR TOUT LE REEL POUR ETRE LIBRE

 

 

Nous sommes en route, avec ma compagne, vers la mer et avons prévu une belle promenade le long du rivage devant des flots agités en ce mois de novembre. Et puis notre conversation dévie sur un sujet délicat et la tension monte. L'état d'esprit positif, plein d'élan qui était le mien vient d'un coup d'être parasité par un agacement qui me contrarie. L'atmosphère paisible devient lourd et le ciel qui s'assombrit est un peu à l'image de ce que je ressent. La belle promenade risque de devenir un chemin de croix ! Que faire ? Et si, avec conscience, j'accueille en moi cet énervement avec bienveillance sans déni, sans complaisance. Oui, je suis énervé, je me sens un peu impuissant à redresser cet état de tension entre nous. J'accueille ce moment un peu pénible...

La vie nous apprend tous les jours, comme les vagues de la mer, que nous passons par des hauts et des creux,  des états d'âme légers, heureux, positifs à des états plus troubles, inquiets, agités, en tension. Et puis des événements nous contrarient : je n'ai pas atteint l'objectif fixé, j'ai eu l'impression d'être manipulé, humilié, agressé dans telle situation sans pouvoir bien réagir. Nous sommes alors tentés de réagir de diverses manières.

 

- la culpabilisation. Vraiment, j'ai été nul, j'aurais du réagir et je ne l'ai pas fait. Je m'en veux mais le mal est fait. Décidément, je n'ai pas progressé sur ce plan là. Ici, notre petit égo nous referme sur la coquille étroite de notre nombril. La culpabilisation ferme l'horizon et n'offre pas de perspective.

- la résignation. Dans un  monde en crise, qu'est ce que je peux faire ?  Les Etats eux même sont fragilisés et peu armés devant les puissances des lobbies économiques. Se résigner, c'est se considérer comme victime, victime du système, victime des autres. Dans cette attitude, l'énergie est tournée vers la plainte qui faire fuire l'autre. La plainte n'a jamais fait avancer le monde.

- la rebellion. Pas question de me laisser faire par cette personne . Je vais lui montrer qui je suis et ce qui l'en coûte de me tenir tête. La rebellion nous fait entrer dans un rapport de forces. Je conteste une situation, une ou des personnes, un système et j'entre en rebellion. Les extrémistes de tout bord, de toute religion, ont malheureusement fait la démonstration de ce que coûte cette rebellion par la force et par la violence. 

Alors que nous reste-t'il pour réagir sans perdre notre authenticité et en orientant notre énergie vers ce qui peut bouger favorablement pour nous ?

Il reste une porte, certes étroite, qui invite à consentir au réel, à l'accueillir tel qu'il est. Certes, comme le diraient les praticiens en programmation neurolinguistique, nous avons tous nos filtres pour regarder ce réel et la carte n'est pas le territoire. Aussi, consentir à ce réel, c'est d'abord accueillir ce qu'il provoque en moi. Une contrariété, une boule au ventre....un sentiment d'injustice, de colère, d'impatience. OK, j'accueille. Je ne me confonds pas avec tout ce flot de sensations et d'émotions. Maintenant, je suis face à ma liberté d'agir. Qu'est ce que je veux et peut faire. Une sagesse de la Rome antique  enseignait : " Demande à ton Dieu le courage de changer ce que tu peux changer et la sérénité d'accepter ce que tu ne peux pas changer et la sagesse de discerner les deux."

Dans certaines situations, le premier pas, après l'accueil, ce peut être lucidement de renoncer à se culpabiliser, se résigner, se révolter pour préserver son énergie pour une cause qui en vaut la chandelle. Un auteur spirituel va même plus loin et considère que "l'on ne peut transformer de manière féconde le réel que si l'on commence par l'accepter".

D'ailleurs, avec un certain regard sur notre journée, beaucoup d'événements, de rencontres, de sollicitations peuvent être perçues comme des contrariétés par rapport à nos petits plans prévisionnels d'organisation et nos petites tranquillités personnelles.

Consentir au réel , c'est l'accueillir en restant bienveillant avec nous mêmes, nos états d'âmes, nos fragilités et nos peurs. Quel gain ? Sans tomber dans le langage du consumérisme, il m'apparait que cette posture d'ouverture, de lâcher prise à nos résistances internes ouvre la voie de la liberté intérieure. Tant que je choisis, je suis libre. Et paradoxalement, choisir ce qui me contrarie, me pèse, me révolte ( non comme complice des injustices) , c'est m'ouvrir à un agir possible fondé sur une sérénité intérieure.

A l'occasion de la promenade à pied le long de la mer et des étangs de la méditteranée, nous avons reçu le cadeau d'une escadrille de centaine de flamands roses, toutes voiles déployées dans un vol planant au dessus de nos têtes. Nous avons été saisis d'émerveillement devant un tel spectacle naturel. L'agacement du début était loin. Libres, nous le sommes aussi pour garder en mémoire ce qui nourrit l'âme, la relation et l'espérance.

Accueillir tout le réel, le relire, le trier, c'est ouvrir une porte vers la liberté intérieure, soeur de la sérénité.

 

 

 

 

 

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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