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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 14:10

EPISODE 3 : (RE) DONNER DU SENS A SON TRAVAIL

 

Notre XXI ème siècle , siècle des nouvelles technologies envahissant tous nos espaces de vie les lieux de travail, les lieux de vie, comme les moyens de transport collectif ( qui n'a pas observé la prolifération de ces deux bouts d'écouteurs blancs ou noirs coincés dans les oreilles de ses voisins dans un bus, un tram ou un métro urbain ?) interroge aussi sur le sens, sens de la vie et sens au travail. Qu'est ce qui fonde finalement le sens au travail, pour ne pas dire le bonheur au travail ? Ce sens sera aussi à appréhender comme moyen de prévenir  les situations de stress, de détresse, de désengagement, d'ennui, ou encore, les situations extrêmes de burn-out ou d'épuisement physique et psychologique nécessitant un arrêt de travail prolongé.

Nos "cousins" québéçois, avec une longueur d'avance, me semble t'il, ont investi depuis plusieurs années  des recherches sur le concept de santé mentale au travail . Et je vais m'appuyer sur le travail d'enquête de plus de dix ans et de conceptualisation d'Estelle Morin, psychologue et professeur à HEC de Montréal pour préciser le sens au sein d'un environnement professionnel.

Estelle MORIN a ainsi défini, à partir d'une analyse d'enquête auprès de salariés de divers secteurs professionnels, six composantes ou caractéristiques pouvant être associées à un travail qui a du sens.

  • L'UTILITE DU TRAVAIL.

Chacun, quel que soit son environnement, atelier, bureau, chantier, salle de cours, magasin ou moyen de transport, désire se rendre utile, sentir que son travail contribue à la société, au collectif. Cette utilite peut notamment se vivre quand le salarié se sent associé à un projet de développement au sein de son entreprise.

 

  • LA RECTITUDE MORALE DES PRATIQUES

Ce sujet est devenu particulièrement sensible en temps de crise quand les médias mettent en exergue que la crise profite à certains sur le dos des autres...Le respect des valeurs humaines, de l'équité de traitement pour un emploi comparable, de la justice, de la non discrimination raciale, sexiste et  le respect de la dignité humaine apparaissent un socle et un barrage face aux violences perverses observées sur certains lieux professionnels ( mise au placard, intimidation pour provoquer le départ, harcèlement sexuel et/ou moral...). En France, cette rectitude peut être explicitée au sein de réglement intérieur, de charte ou encore de projet. Le respect d'un certain nombre de "règles du jeu" clairement exposées dans un texte officiel peut contribuer à garantir le respect des valeurs humaines et fonder une forme d'éthique professionnelle.

  • L'AUTONOMIE

Certes, le niveau d'autonomie dans un poste de travail est très variable : de la standardiste contrainte sur des créneaux horaires  au cadre professionnel qui construit son emploi du temps sans horaire fixe, il y a un différentiel notoire. Ceci étant, l'autonomie au sens éthymologique, c'est "faire sa propre loi", s'autoriser à. Jusqu'où chacun , en fonction du style de management de son employeur, de la culture d'entreprise, et de son niveau de responsabilité, peut-il élargir son périmètre d'action ?

 

  • LES OCCASIONS D'APPRENTISSAGE ET DE DEVELOPPEMENT

Qui ne rêve de continuer, sur son lieu de travail, d'apprendre de nouvelles connaissances, de nouvelles techniques, de nouvelles habiletés et d'acquérir ou de renouveler des compétences ? La formation professionnelle dénommée aujourd'hui en France, à travers une loi,  "tout au long de la vie" peut être un bon vecteur d'évolution dans la mesure où le salarié peut réinvestir sa formation sur son lieu de travail. Cet axe est l'antidote à la routine qui peut enfermer et robotiser le salarié.

 

  • LA COOPERATION ET L'ENTRAIDE MUTUELLE

Cette réalité est très forte dans certains milieux professionnels dans lesquels la coopération, l'entraide mutuelle sont des valeurs premières : chez les pompiers, les personnels roulants dans la sncf, les chauffeurs routiers...Cet esprit de famille peut permettre à certains de tenir en cas de coup dur ( accident, épreuve personnelle...). Les réseaux collaboratifs sur la toile internet contribuent également à élargir le cercle de ces coopérations qui dépassent les frontières des entreprises et même des pays.

 

  • LA CONSIDERATION ET LA RECONNAISSANCE

De mon point de vue, cette composante du sens au travail est au coeur des problématiques de management des entreprises. Qui n'a pas entendu des témoignages de salariés n'ayant jamais reçu le moindre "Merci" dans leur façon de travailler . Pour ma part, à l'occasion de stages de management que j'anime, j'insiste sur l'importance des signes de reconnaissance réguliers que les cadres en situation hiérarchique peuvent communiquer à leurs collaborateurs. Et je rajoute : " N'attendez pas l'entretien d'évaluation annuelle pour adresser des compliments à vos collaborateurs !". Chacun, en général, garde une bonne mémoire de signes de reconnaissance reçus de sa hiérarchie avec deux conditions importantes : la sincérité et l'argumentation sur un fait précis. Le " C'est bien ce que vous avez fait !" n'éclaire pas la personne sur ce qui est réellement apprécié. Une autre manière plus explicite : " Quand je constate que vous avez su gérer l'organisation du colloque...de A à Z et que tous les participants unanimes ont remercié notre service de cette qualité, je suis fier de vous et vous remercie pour votre engagement. C'est le professionnalisme de notre service qui est reconnu. Merci." Vous mesurez bien la différence ! Le Merci  est un mot qui mériterait d'être démultiplié, affiché tous les jours sur tous les lieux de travail. Il peut concerner des petites choses auxquelles la hiérarchie est sensible comme des tâches d'anticipation ou des initiatives simples prises pour faciliter la vie d'un service.

 

Ainsi, vous disposez d'une grille d'évaluation de votre travail sous le projecteur de ces 6 composantes du sens : l'utilité du travail, la rectitude morale ou éthique des pratiques professionnelles, l'autonomie dans le poste, les occasions d'apprendre et de se développer, le niveau de coopération et d'entraide et la réalité des comportements hiérarchiques en matière de communication  de messages de considération et de reconnaissance.

Les observations de terrain d'Estelle MORIN sont très édifiantes et devraient interroger toutes les directions d'entreprises privées et publiques.

Si ces composantes du sens sont défaillantes, inexistantes ou remises en cause à l'occasion de restructuration, de plan de récession, les salariés adoptent de fait des stratégies défensives : une présence au travail sans investissement, ce qui peut s'appeler le présentéisme, avec des risques d'erreur, d'oubli, d'accident et des comportements de retrait, d'agressivité, ou encore de conflit. Le stress continu peut aboutir à une détresse et un état d'épuisement.

Par contre, si ces composantes sont prises en considération dans l'organisation ( ou la réorganisation) du travail, les effets sont assurément visibles : un engagement du salarié dans son travail, une conscience professionnelle, une utilisation de ses compétences, une recherche de coopération, bref un bien être ou un mieux être professionnel...dont l'entreprise bénéficiera par jeu de boomerang.

Tenant compte d'une espérance de vie moyenne de 79 ans aujourd'hui en France ( 48 ans en 1900 !), le temps de l'activité professionnelle des actifs situé entre 18 ans et 65 ans en moyenne, reste un espace temps signifiant pour "travailler" sa sérénité. Elle se fonde, de mon point de vue, d'une part sur le sens que chacun peut investir dans son activité professionnelle et d'autre part sur sa santé  tant physique que psychologique au travail. Et tous les détails ont du sens ! Par exemple, placer une ou des plantes près de son ordinateur pour réduire les effets nuisibles des champs électromagnétiques. Et bonus en plus, les plantes nous offrent, dans des espaces asceptisés, modernisés, un lien direct avec notre Mère Nature. Respirer la nature est aussi une porte vers la sérénité. A quand des jardins au coeur des entreprises, des hopîtaux, et des administrations ?

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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