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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 10:22

La montée est lente, pas à pas, dans un paysage lunaire recouvert d'un tapis blanc de neige. Chaque randonneur emprunte le pas du précédent par prudence et aussi pour éviter que la neige ne cède sous la pression du poids. Devant le groupe, notre guide féminine, d'un pas souple et régulier, ouvre la voie dans la neige vierge. Nous sommes à plus de 1600 mètres  avec une vue panoramique baignée de lumière solaire au dessus de la vallée de Louron dans les pyrénées. Cette marche en raquettes à neige me semble aussi ressembler à notre marche dans nos itinéraires de vie.

Comme il peut être confortable de mettre ses pas dans les pas d'un autre, de faire confiance à un guide que l'on sait expérimenté, connaisseur de la montagne et des risques d'avalanche. Nous cherchons souvent une figure d'inspiration, un archétype dirait Carl Jung, le  psychanalyste. Certains vont le trouver dans un éducateur, un enseignant qui pourra servir de modèle, d'autres peuvent se perdre à la recherche du gourou qui sait tout et qui rend dépendant. Or, comme notre guide nous y a invité "Maintenant, dans cette portion de descente, vous pouvez faire votre propre trace, goûter la sensation de fendre une neige vierge, oser allonger le pas et même courir avec ses deux raquettes aux pieds !".

Oui, faire sa propre trace est aussi le défi de l'âge adulte dans unvacances-pyrenees-2012-053.jpg monde qui n'est pas nécessairement blanc ou vierge comme ce territoire pyrénéen. Faire sa trace, c'est déjà oser prendre un itinéraire à soi qui n'est plus celui du voisin, c'est trouver son propre rythme de vie , s'adapter au terrain gelé, dur ou tendre suivant l'ensoleillement. Faire sa propre trace, c'est goûter l'exaltation de bonds en raquettes, comme des rebonds parfois inattendus dans la vie.

En pensant aux ours réimplantés dans les pyrénées et qui hibernent près de 3 mois durant la saison hivernale sous la neige et ,pour les femelles avec la possibilité de mettre bas des petits ours pas plus gros que des pelottes de laine, je suis très étonné que ces animaux puissants et qui peuvent courir à près de 50 km/heure restent quasiment immobiles durant autant de temps. Grande différence avec les humains que nous sommes et qui avons besoin sans cesse de mouvements, de stimulations sensorielles, intellectuelles ou affectives. L'ours, qui sait aussi se comporter de manière autonome, nous questionne sur notre rythme de vie.

Faire sa trace suppose aussi des temps d'observation du paysage pour trouver l'itinéraire le plus sûr et des temps de pause pour refaire ses forces et se réhydrater. Faire sa trace, y compris dans les groupes de randonneurs en raquettes, c'est faire silence en soi et entendre simplement le bruit des raquettes sur la neige, sentir un fond d'air frais montagnard sur ses joues, ouvrir les yeux sur le bleu du ciel couvrant le blanc du sommet.

Et si faire notre trace dans notre existence terrestre, c'était aussi goûter le silence à l'intérieur de  soi pour ouvrir nos sens à ce qui nous est donné dans l'instant, ici au coeur d'une rue piétonne d'une ville, d'une galerie marchande, ou encore là au milieu d'un espace bureautique, d'un atelier de travail.

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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