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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:28

A plus de 1000km/h, l'homme vient de rentrer dans l'atmosphère puis il déclenche son parachute et quelques minutes plus tard, il se pose comme une libellule (1) . L'exploit à la hauteur de la marque qui le sponsorise est aussi à l'image d'un monde qui cherche à dépasser sans cesse les limites humaines. Jusqu'où ?

Dans un autre espace, j'écoute ce message : " J'ai choisi mon camp, celui de la lenteur. J'éprouvais trop d'affection pour les méandres du Lot, un petit paresseux, et pour cette lumière qui en Septembre s'attarde sur les derniers fruits de l'été et décline insensiblement. J'admirais ces gens, hommes ou femmes qui, peu à peu, le temps d'une vie, avaient donné forme à un visage de noblesse et de bonté....La lenteur, c'est à mes yeux, la tendresse, le respect, la grâce dont les hommes et les éléments sont parfois capables....La lenteur est un choix de vie : il conviendrait de ne pas brusquer la durée et de ne pas nous laisser bousculer par elle, une tâche salubre, urgente, dans une société où l'on nous presse et où souvent nous nous soumettons de bon coeur à un tel harcèlement."

Dans notre société à tgv, à très grande vitesse dans laquelle nous recevons des prescriptions, des sollicitations, des informations tout azimut via nos courriels, nos iphones ou autres compagnons numériques, j'éprouve de plus en plus cette nostalgie pour ce retour à la lenteur du temps qui passe, des saisons qui se succèdent sans se rattraper.

Est ce bien réaliste de vouloir revenir à des rythmes plus lents comme le suggère l'auteur du message, Pierre Sansot, philosophe et auteur d'un titre étonnant " Du bon usage de la lenteur" ? 

Oui, je réponds oui pleinement car notre horloge interne est toujours la même depuis la nuit des temps. Notre vie est rythmée par le cycle circadien de 24 heures régulant notre température, notre tension artérielle, nos secrétions hormonales contrôlant notre faim et notre sommeil. Si nous nous éloignons trop de ce rythme ( nuit raccourcie, travail en continu, activisme forcené...), nos médecins nous rappellent que nous risquons de tomber dans la maladie, le stress chronique, ou même le burn-out qui signifie au sens littéral la brûlure.

Pas simple cependant de sortir des conditionnements au toujours plus vite, plus efficace, au zapping, enchaîner des choses très vite ou encore le "multitâchisme" ou vouloir faire plusieurs choses à la fois. Qu'est ce qui peut alors, comme un parachute, ralentir notre dérive vers le "toujours plus" ?

L'épuisement, la maladie inattendue qui nous réveille à nos propres limites et qui agit comme un clignotant orange.

Ou encore, la prise de conscience d'un autre rythme qui fait du bien au corps et au mental.

Certaines activités nous ouvrent davantage vers cette prise de conscience. La marche en pleine nature où l'on suit un sentier sans chercher à chronométrer son temps, une activité culinaire où l'attention pour réussir son plat favori nous invite à un déroulement ajusté, dans le mélange des ingrédients, dans la cuisson, ou encore dans la décoration finale.

Ralentir son rythme, c'est aussi oser s'octroyer de vraies paus100 2505es respiration au cours de sa journée. Je ne parle pas nécessairement de la pause cigarette pour les fumeurs. J'évoque cette pause de quelques minutes où le salarié peut stopper son activité et prendre quelques minutes pour ressaisir l'instant présent, "réhabiter" son corps et rester en conscience avec sa respiration, préservant ainsi son attention sur chaque inspiration et  chaque expiration, . Ce rituel peut changer le cours d'une journée en ramenant de la conscience  dans un automatisme de travail. Il peut aussi raviver un rythme de travail plus en harmonie avec soi-même. L'efficacité n'est pas nécessairement synonyme de rapidité d'exécution, elle peut s'articuler avec la conscience dans le geste et dans le processus de pensée.

Ralentir, c'est oser stopper la machine infernale du mental, de notre cinéma intérieur permanent pour reprendre possession de notre corps et de notre âme. Ainsi, nous nous ouvrons à la possibilité de goûter la Vie dans l'instant, sans retour vers le passé, ni projection vers l'avenir. Ralentir, c'est s'arrêter de temps en temps sur le bord de notre vie pour regarder l'eau de la rivière qui coule.

 

(1) exploit réalisé le 15 octobre 2012 par Félix Baumgartner avec un saut de 39 kilomètres et une vitesse dépassant le mur du son, soit près de 1342 km/h.

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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commentaires

Sebastien 06/06/2013 17:56

Merci à toi :)

Michel BERNARD 06/06/2013 08:48

Merci Sébastien pour ton commentaire. Et j'invite chacun à visiter aussi ton site réussir sa vie, se libérer l'esprit.
Un beau projet pour une vie entière !

Sebastien 05/06/2013 22:10

C'est vrai, on oublie pas parfois d'observer le monde et la vie qui nous entoure.

Dans une société de consommation où le culte de la performance est une religion, la tentation est grande.

Si on s'y attarde pourtant, le bonheur est sur le bord de la route : il suffit juste d'y prêter attention sur son chemin... :)

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  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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