Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 20:23

marche-montpellier.jpgHier, nous étions encore à l'heure de la famille traditionnelle, de la communauté locale de village ou de quartier, du temps inscrit dans le cycle des saisons, l'hiver avec son froid et l'été avec le temps du soleil, des moissons ou encore des vendanges. Ce paysage relève de plus en plus de l'histoire : la famille traditionnelle devenue minoritaire ( deux parents vivant en couple durable avec leurs enfants biologiques), la communauté villageoise gagnée aussi par internet et les moyens d'accès rapide aux centres urbains, et le climat lui-même qui se dérègle. Une nouvelle ère s'avance avec un lien social mis en question dans beaucoup de quartiers pas uniquement sensibles et une montée en puissance des réseaux et des communautés.

Les réseaux sociaux internet comme facebook et twitter avec leur néologisme ( nous parlerons de followers pour ceux qui réagissent à un message déposé et le verbe twitter est rentré dans le langage courant) délivrent dans l'instantané une information planétaire. Ainsi la révolution du jasmin en janvier enTunisie a pu aussi gagner le pays par le net. Si les médias traditionnels semblent bridés en Syrie, le net permet de contacter en direct la violence sur la population civile. Hors ces dimensions politiques internationales, les réseaux sociaux démultiplient les connections sans toujours créer de véritable lien social. Ainsi, des élèves vont même demander à devenir "amis" sur facebook de page gérée par un professeur qu'ils connaissent  !

A côté de ces réseaux dits sociaux, il existe le réseau de proximité, c'est une constellation de personnes ressource sur lesquelle je peux faire appel en terme de soutien, de relais d'information en fonction de la compétence ou du statut de tel ou tel membre. Effectivement, ce réseau de proximité ( à distinguer du réseau internet dont la virtualité quand des internautes ont plus de 1000, 10000 amis n'a plus de sens !) peut être activé en fonction de besoins des uns et des autres. Chacun y est repéré de manière individuelle et peut se rattacher à une association, un groupe politique ou syndicale ou encore à un courant religieux ou spirituel. Les québéçois parlent à ce propos de réseautage.

Autre niveau, la communauté de pratique qui se développe au sein de milieux scientifiques et pédagogiques.

Partons de la définition de l'encyclopédie Wikipédia qui atteste d'un concept relativement nouveau ( 1991) : " la communauté de pratique désigne le processus d'apprentissage social émergeant lorsque des personnes ayant un centre d'intérêt commun collaborent mutuellement et  désigne également le groupe de personnes qui participent à ce processus collaboratif." A la différence du réseau de proximité dont chacun peut mesurer pour lui-même son propre périmètre et sa fluctuation au cours de sa vie et de ses changements de lieu ou de cap professionnel, la communauté offre une dimension plus stable et centrée sur un objet partagé et visant une mutualisation. La motivation de ses membres est  davantage centrée sur un développement professionnel, voire personnel. J'entre dans une communauté de pratique dans un "donner-recevoir" en espérant recevoir...autant que je donne en général.

Enfin, en regard de mon propre vécu, j'ai identifié une troisième dimension à côté des réseaux et des communautés de pratique, je lui ai donné le nom de "cordée".

 Celles et ceux et de ma cordée s'y reconnaitront, je l'espère, et quoiqu'il en soit, je leur donne à tous volontiers la parole pour échanger autour de ce concept. En montagne, quand il s'agit de s'engager dans une voie d'alpinisme ou de passer une zone réputée dangereuse en randonnée alpestre, chacun est relié  par une corde, chacun étant équipé lui-même d'un baudrier protecteur. Le premier de cordée peut , en fonction de la fatigue ou du moment, passer la main et être relayé par le second. Ainsi, la cordée peut être changeante dans son ordre mais immuable dans le nombre. Ils partirent à 6 et revinrent à 6...sauf accident ! Et c'est bien là , la force du lien social durable de la cordée. En pensant clairement à ma cordée que j'ai laissée sur Reims, je sais que je peux compter sur chacun et chacune et que réciproquement ils peuvent compter sur moi. Sans nécessairement qualifier cette cordée d'espace d'amitié ( cela peut effectivement générer de l'amitié mais pas nécessairement), elle est d'abord un lieu de solidarité active,vivante, et de connaissance de l'autre et de reconnaissance de ses capacités, et de ses  talents .

Certes, une cordée n'est pas un idéal de gens qui se font des "bisous" toute la journée, c'est plutôt une expérience de rencontre, de partage vrai, avec les fragilités et les ombres de chacun, qui construit peu à peu cette alliance mutuelle qui rassure, stimule et pousse en avant.

Aujourd'hui, si je crois (avec les limites posées) à l'importance du réseautage, des communautés de pratique,  je crois surtout que nous avons besoin de cordée vivante. En effet, comment avancer vers un sommet , un idéal, seul sans coéquipier, sans soutien réel, lucide et comment gérer un passage à vide, une épreuve, même si la famille est présente, sans cette force extérieure de la cordée ?

Bien sûr, pour un certain nombre, la première cordée, c'est le couple avec l'importance de jouer la réversibilité des rôles ( le premier de cordée n'est pas forcément toujours le même !) mais pour tous ceux qui se situent en dehors d'une vie de couple, la cordée peut s'avérer un espace privilégié de ressourcement et de croissance humaine.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel BERNARD - dans témoignages
commenter cet article

commentaires

Qui Est L'auteur ?

  • : Le blog de Michel BERNARD
  • Le blog de Michel BERNARD
  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
  • Contact

Profil

  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".