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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:41

Savoir dire NON

 

"Non, je ne veux pas çà !" , ou encore " J'ai pas envie de faire cette corvée", "Non, je ne le ferai pas. Point barre".

Ces expressions bien connues d'adolescents face à leurs parents, ados   en quête d'identité et d'affirmation d'eux mêmes semblent se dilluer à l'âge adulte. S'agit-il du fait que le socialement correct  interdisse aux adultes le Non ?

Ou bien cela tient-il aux systèmes d'organisations hiérarchiques dans lesquels dire Non vous fait passer pour un rebelle, un syndicaliste ou encore un opposant ?

Dans le cadre de formations que j'anime ou encore de coaching, je constate que " savoir dire Non" pour bon nombre de personnes adultes ne va pas de soi.  

 

Qu'est ce qui, au fond, peut nous empêcher de dire Non ?

Premier obstacle :  dans sa tête, si je dis Non à sa demande, je risque de couper la relation, je risque de le crisper et de créer une tension avec celui ou celle à qui j'ai envie de dire Non. Or, je ne souhaite pas créer de tension...surtout en ce moment, j'en vis déjà tellement dans mon milieu de travail.

Ainsi la représentation du Non est assimilé à risque, peur vis à vis de la relation.

Dans un milieu professionnel, il est certes vrai qu'un employeur qui dit Non à une demande de congés d'un personnel pour une raison de continuité du service peut effectivement s'attirer de la rancoeur de ce personnel. Le Non peut demander un certain courage quand il est légitime aussi. Dans l'autre sens, une secrétaire à qui son patron demande au dernier moment de faire une demi heure supplémentaire pour boucler un dossier et qui est attendue à une soirée, à son club sportif ou encore auprès de ses enfants, pour dire Non devra peut-être s'armer de courage et de détermination : " Non, Monsieur, vous me le demandez un peu tard, j'ai un engagement ce soir, Je ne peux pas rester au delà  des horaires habituels."

Non est aussi une forme mentale d'abstration . Si je vous demande simplement de ne pas penser à un éléphant rose, que voyez vous ? Evidemment, vous êtes en train de voir un éléphant rose, même si, en réalité, un éléphant rose n'existe pas !

 

Alors, comment s'aider à poser un non ?

En m'appuyant sur la belle démonstration de Thomas d'Ansembourg (1) dans son livre " Cessez d'être gentil, soyez vrai !", dire non à une demande , c'est regarder en soi à quoi je dis oui. Reprenons l'exemple de notre secrétaire, si elle dit non à la demande de son patron, c'est pour dire oui à son besoin de détente dans une soirée prévue, oui à son engagement au sein d'un club, ou encore oui au besoin de passer du temps le soir avec ses enfants avant le repas.

Vous l'avez compris : dire Non à une demande, c'est dire OUI à un autre besoin que nous estimons prioritaire pour nous. Une autre tactique se fait jour. Et si au lieu de tourner dix mille fois dans ma tête comment je vais m'y prendre pour dire non sans froisser, sans me mettre mon interlocuteur à cran ou à dos, et si au lieu de me faire tout un cinéma tordu dans le cerveau, je commençais par la question de départ : " Quel est le besoin que je veux privilégier , qu'est ce qui est prioritaire ?" . Revenons une nouvelle fois à notre secrétaire hésitante et qui ne veut pas s'attirer les foudres du patron. Dans sa tête " ok, j'entends qu'il y a une urgence, je suis la seule secrétaire encore disponible....pourtant j'ai promis cette soirée à mes amis qui m'attendent dans une heure...comment trancher ?" , deux besoins vont être mis sur la balance " besoin de maintenir un lien positif avec son patron d'un côté de la balance et de l'autre besoin de répondre à l'invitation". C'est le dilemme qui peut être réglé par une négociation d'abord avec soi-même. Et intuition féminine : " A priori, je vois que le courrier demandé me coûtera  environ 30 minutes,....je peux demander à mes amis de patienter 30 minutes en les appelant maintenant...". " Et puis, ces 30 minutes, je pourrai les renégocier en moins avec mon patron pour une journée qui pourra m'arranger." Bien sûr, l'exemple pourra vous apparaitre assez simple, cependant commençer par des petites négociations lucides avec soi-même nous prépare aux négociations plus subtiles ou plus complexes. Le point d'ancrage reste la "pesée des besoins en jeu". Pour cela, en pédagogie , j'utilise souvent l'image de la balance en invitant chacun à mettre dans chaque plateau les besoins en jeu en lui-même ou avec son interlocuteur. 

balance

 

 Finalement, nous sommes, au fil des jours, confrontés constamment à des arbitrages de besoin. Besoin d'autonomie et besoin de lien social, besoin de détente et besoin d'efficacité, besoin d'aimer et besoin d'être aimé, besoin de créativité et besoin de vie cool, besoin de sérénité et besoin de stimulation, besoin de gérer son temps avec efficacité et besoin de prendre le temps de vivre, de respirer...

Faites l'exercice présentement : en lisant ce texte, puis en fermant les yeux, quel besoin émerge pour vous en ce moment ? Qu'est ce qui vous donne du goût de vivre ?

En effet, accueillir en vérité ses besoins , c'est apprendre à se connecter à sa source d'énergie et donc à la vie.

 

(1) Thomas d'Ansembourg,  Cessez d'être gentil, soyez vrai ! Etre avec les autres en restant soi-même. Editions de l'homme.

 

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  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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