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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 23:11

" Je me suis levé, j'ai bu un verre d'eau, et j'ai prié jusqu'à l'aube. C'était comme un grand murmure de l'âme. Cela me faisait penser à l'immense rumeur des feuillages qui précède le lever du jour. Quel jour va se lever en moi ?" Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne.

Cette citation en prologue de l'ouvrage de Christophe André " Les états d'âme : un apprentissage de la sérénité" est une belle ouverture sur le chemin que nous ouvre ce médecin psychiatre parisien déjà auteur de nombreux ouvrages médiatisés.

Les chapîtres résonnent comme la voie douce et délicate de Christophe André et nous entrainent sur des chemins très variés : douleurs et douceurs des états d'âme, le calme et l'énergie, deux facteurs importants de sérénité intérieure, guérir de la maladie matérialiste, compassion, auto compassion et force de la douceur pour conclure sur les sagesses du monde.

De ce parcours très vallonné au coeur de l'âme humaine pour y discerner des lumières vers la sérénité, une quête permanente de l'homme, je retiens notamment deux axes parmi d'autres : la maladie matérialiste et la pleine conscience.

" Trop de choix, trop de stress" . Combien de fois avons nous hésité devant des rayonnages de super ou d'hyper marché, incertains du bon produit au meilleur rapport qualité prix ! En effet , de nombreuses études démontrent  que la profusion de choix est stressante et avec l'hypothèse de plus de regret s'il s'avère que le choix nous parait à l'usage insatisfaisant.

Plus grave, la rapidité, la dispersion, l'abondance bloquent en nous les expériences de lenteur et de réflexion. Nous pouvons alors devenir des victimes déboussolées de ce que Christophe André appelle d'un mot pittoresque, les distracteurs marchands qui polluent et envahissent nos esprits. Caricatural , pensez vous ? Constat complémentaire, le libre service qui se généralise avec le déploiement des grandes surfaces, et maintenant des caisses automatiques sans caissière " humaine" tend à faire augmenter la consommation contrairement au magasin avec vendeur.

Suggestion de l'auteur pour freiner notre course plus ou moins conditionnée de consommateur : faire des exercices de non consommation, aller dans une grande surface après un bon repas, s'exposer à la profusion de nourriture et  se demander ce qu'on  aurait acheté à jeun; boycotter ce qui est placé systématiquement près des caisses. L'auteur rejoint aussi le mouvement de la simplicité volontaire en émergence visant à faire des choix plus conscients  et en privilégiant l'essentiel, l'indispensable face au superflu. En période de crise, cette résistance active à la maladie matérialiste peut trouver sens en terme de solidarité avec les plus fragiles et démunis dont le nombre hélas ne se réduit pas. C'est probablement un bon remède des plus naturels !

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Deuxième axe : la pleine conscience. Rassurez vous, le propos n'est ni new-âge, ni plongeant dans les hautes sphères du mysticisme. L'auteur, à sa manière, nous invite à retrouver le goût du temps présent, habiter le plus souvent possible ce présent, cet ici et maintenant. Des outils peuvent nous y aider comme la méditation qui n'est pas réservée à la seule pratique religieuse et qui s'invite de plus en plus chez Monsieur tout le monde. Des petits trucs qui n'ont l'air de rien : s'arrêter, arrêter une activité en plein milieu et observer ce que je suis en train de faire, ce que je ressents et sur quoi portait ma pensée . Et plus la pression est forte dans la gestion de son temps, et plus l'exercice peut s'avérer salutaire.

Stop, je m'arrête, je prends quelques secondes de vraie respiration profonde (1) et puis je peux repartir,comme une baleine qui a repris soufle avant de replonger à nouveau au fond de l'océan.

Repérer le pilote automatique. De quoi s'agit-il ? De tous nos programmes mentaux qui nous font automatiser des gestes, des réflexes : du brossage de dent le matin, en passant par des tâches répétitives du jour. Certes , ces automatismes nous libèrent le cerveau mais certains ouvrent la boîte des diablotins des ruminations. Je mange machinalement au self et je rumine sur un dossier qui me "mange du temps inutilement selon moi"...Sortir de temps en temps du pilotage automatique, c'est reprendre sa pleine conscience de l'ici et maintenant un peu comme le docteur Vittoz (2) le suggère dans sa méthode : se sentir ouvrir une porte, monter un escalier, ou encore prendre le temps de savourer avec l'odeur, le geste , les lèvres... un café plein d'arôme.

Enfin, dans cette invitation vers la sérénité, je retiens le propos de David Thoreau, philosophe naturaliste américain, " pouvoir regarder le soleil se lever ou se coucher chaque jour, afin de nous relier à un phénomène universel, préserverait notre santé pour toujours."

Oui, de ces pistes vers plus de sérénité, d'intériorité nous aidant à sortir plus facilement des conditionnements sociaux et de nos propres conditionnements de pilotage automatique, il y a un enjeu majeur pour chacun : sa santé !

 

 (1) voir article sur ce blog : slow down

 

(2) voir article sur ce blog : une tasse de thé...pleine de révélation !

 

 Christophe André : " Les états d'âme : un apprentissage de la sérénité" ; Odile Jacob,2009.

site christopheandre.com

 

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Published by Michel BERNARD - dans livres ressources
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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