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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 19:19

Odette vit seule dans un petit appartement (son mari est décédé il y a dix ans) avec ses deux enfants adultes, une fille "maussade" en mal d'amour et un fils coiffeur et homosexuel. Elle est vendeuse dans une grande surface au rayon "maquillage". Elle pétille la joie de vivre dans un quotidien fait d'ordinaire. Ici, elle réconforte une cliente frappée par son mari avec beaucoup de douceur, de pudeur et d'humour : " Vous vous êtes encore pris une porte sous l'oeil. Vous voulez un conseil : vous pouvez dénoncer la porte et puis vous pouvez aussi changer de porte !". Le ton est donné, poétique, sensible avec Catherine Frot dans le rôle d'Odette.

affiche-Odette-Toulemonde-2006-1.jpg

Tout semble simple, banal jusqu'au jour où l'homme qui lui a "sauvé la vie" , dit-elle, arrive près de chez elle pour dédicacer ses ouvrages. Il s'agit du grand romancier Balthazar Balzan. Sa vie bascule quand elle le retrouve à sa porte un soir. Lui, le grand, le vénérable écrivain se dit détruit par la critique, sans force pour se battre et en plus trahie pas son épouse....

Odette va s'employer à lui redonner le moral en acceptant qu'il dorme quelques jours chez elle.

En quoi cette belle histoire inspirée du roman d'Eric-Emmanuel Schmitt, auteur à succès nous parle t'elle du bonheur ?

Tout simplement par l'attitude d'Odette qui nous offre un modèle de simplicité bienveillante.

Elle accueille son écrivain de rêve sans changer son ordinaire. Ainsi, le soir pour arrondir ses fins de mois, elle fait du travail de "remplumage" de vêtements de danseuses de cabaret et elle continue ce travail avec lui à ses côtés.

Elle refuse ses avances sachant instinctivement que ce n'est pas le moment. Elle fait face "sans bruit et sans rancune " à des rumeurs malveillantes sur son lieu de travail, la jalousie de l'une de ses collègues ayant généré une hostilité collective...malgré toute la bonne humeur journalière qu'elle communiquait à toutes.

Par ailleurs, elle se montre fragile, sensible , comme le premier jour de la rencontre avec son écrivain où elle est incapable, bloquée par l'émotion , de dire son prénom. Ainsi la dédicace que l'auteur écrira sera à "Dette" et non Odette !

De mon point de vue, dans un monde où la suspicion est parfois au bout du fusil  : concernant le dopage dans le sport ou encore concernant la corruption en politique, où la méfiance prend souvent le dessus sur la confiance, Odette nous apporte un bouquet de fraîcheur. En effet, même s'il s'agit d'un roman cinématographique de 2007, le message d'Odette me semble terriblement d'actualité :

" Arrêter de vous plaindre. Vivez ce qui vous est donné

et trouver votre puits de ressourcement."

Petit clin d'oeil à la programmation neurolinguistique qui affirme dans ses postulats de base que tout comportement, même s'il peut apparaitre négatif ou agressif, part au fond d'une intention positive de son auteur. Et dans le comportement d'Odette vis à vis des ses enfants, de ses collègues, de son écrivain, ou encore de son épouse...vous trouverez une illustration toute en sensibilité de cette bienveillance accordant aux autres le bénéfice de vouloir à priori bien faire malgré tout.

 

Cet été, si vous cherchez de la fraîcheur qui fait du bien au moral, au coeur et au mental, allez puiser chez Odette Toulemonde, le livre ou le DVD !

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Published by Michel BERNARD - dans films
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 12:39

LE DOUTE ET LA CONFIANCE : ENNEMIS OU ALLIES ?

 

 

" La confiance en soi s'enracine dans la conscience et l'estime de soi, elle se confronte dans la gestion de nos peurs, de nos échecs et de nos épreuves." (1)

 

 

Michael Andropolis, la quarantaine, séparé de sa femme, s'entraîne en secret pour se qualifier au marathon, soit 42, 195 kms, épreuve finale  des jeux olympiques. Or, on apprend qu'il a été grand marathonien dix ans plus tôt aux Etats Unis et même qualifié aux jeux olympiques et que, par peur de l'adversaire, il a renonçé à prendre le départ ! Depuis, Michael est sorti du cercle de la haute compétition mais rêve de revanche.

Cette histoire, je l'emprunte volontiers au magnifique film RUNNING ou en français " le vainqueur ", film des années 1980 avec un superbe Michael Douglas dans la peau, le style de notre marathonien s'entraînant dans les rues de New-York au petit matin. Image symbole ( après déjà plusieurs dizaines de kilomètres le long des rues) quand il rejoint sa fille de 8 ans qui l'attend dans la rue ( devant la maison de sa femme) prête à enfourcher son vélo pour parcourir à ses côtés le chemin jusqu'à son école.

Running.jpg

Michael porte en lui le doute permanent : sa désescalade sportive après son échec aux jeux olympiques l'entraine dans une rupture conjugale et le film démarre avec le troisième échec : il est renvoyé de son employeur, un marchand de chaussures car il arrive en retard...suite à son entraînement matinal en costume cravate, sa tenue de travail  !

Comment Michael va remonter la pente ? Comment va t'il retrouver des ressources et la confiance en lui ?

Une scène semble au virage de sa descente et de sa remontée. Il est en bout d'une queue interminable au bureau des allocations chômage, (notre pôle emploi local ) et les employés font  la pause café tranquillement  derrière le guichet alors que des chômeurs piétinent  en sueur, fatigués, à la queue leu leu depuis plus de trois heures. Michael explose, sort du rang et jette sa colère sur les employés en leur disant même qu'ils doivent leur emploi à ceux qui font la queue. Applaudissement des chômeurs mais Michael claque la porte et choisit de chercher lui même un travail. Ainsi, il passe d'un état de victime à celui d'acteur de sa vie. Dans la foulée, il réussit les qualifications américaines et se retrouve qualifié aux jeux olympiques. Son ex épouse sur le point de divorcer, le fait citer en exemple dans l'école de ses filles et lui qui passait pour un marginal à accompagner sa fille à l'école en courant en costard cravate devient le héros des enfants qui courent avec lui jusqu'à leur école.

Enfin, ultime combat : son ex coach lui demande surtout de terminer le marathon , de ne pas abandonner car c'est cette image de sportif non fiable qui lui colle à la peau.

Michael terminera le marathon, après une chute, dans un état second incroyablement joué par un Michael Douglas titubant sur les dernières mètres du stade olympique de Montréal, le visage volontaire, et porté par tout un public admiratif de l'héroîsme de celui qui va jusqu'au bout malgré la souffrance.

Et la première personne qui le soutient pour franchir la ligne d'arrivée en vainqueur sur lui-même, c'est sa femme qui l'a rejoint sur les jeux olympiques !

 

Décryptons, à partir de cette renaissance , quelques ingrédients autour de la confiance en soi.

Acte 1 : la rebellion, il ne supporte plus cet état de dépendance...miroir renvoyé dans la queue du bureau du chômage. Il croit au fond de lui à ce rêve, de revenir faire les jeux olympiques.

Même s'il rencontre sceptiscime de son ex entraineur et des nouveaux jeunes marathoniens qui ne le connaissent même pas au départ des qualifications américaines. Mais au lieu de l'affaiblir, le sceptiscisme le renforce dans sa hargne de montrer sa valeur : longtemps, il gardera la première place devant tous les autres aux qualifications américaines.

Ce premier succès en se qualifiant le réhabilite aux yeux de son épouse qui l'encourage à nouveau pour son rêve de jeux olympiques. Ce soutien est primordial : la confiance en soi a besoin de trouver un miroir proche qui peut confirmer.

Enfin, la parole finale de son ex coach : " Je m'en fous que tu cherches à gagner comme tu dis, ce que je veux ,c 'est que tu termines pour faire honneur à ton pays !". Effectivement , dans l'orgueil renaissant, Michael prend la tête à mi course mais il chute sur un asphalte détrempé par la pluie. Cependant, après un temps cloué au sol, il se redressera pour relever le défi du coach : terminer la course coûte que coûte. Armé de cette nouvelle confiance, il va réussir à aller jusqu'au bout de lui même, au delà de la souffrance et avec la bénédiction des juges puisqu'il arrivera de nuit !

marathon-de-Paris.jpg

 

 

Que retenir de cette histoire au delà de la belle épopée sportive sur le thème de la revanche de l'homme qui doute ?

D'abord que le doute permanent est effectivement une limite à la confiance en soi. Cependant, si ce doute est confronté à une situation inacceptable, intolérable, il peut réveiller une énergie pour passer de victime à acteur de sa vie.

Et chacun sait qu'une épreuve peut devenir catalyseur de changement profond pour soi et dans son mode de vie.

Deuxièmement, le rebond passe par le fait de retrouver du lien positif autour de soi, de retrouver des personnes qui croient en celui qui revient du doute. "Oui, ce que tu dis, ton rêve, tu peux le faire. Je crois en toi"

Troisièmement, la confiance est un mélange subtil d'autonomie ( le rêve de Michael n'appartient qu'à lui et peut apparaitre irréaliste pour certains) et de soutien de l'environnement ( famille,...).

Enfin, se faire confiance, c'est aussi accepter la part de doute qui peut nous submerger de temps à autre. Revenir à la confiance, c'est rester accroché à son rêve, à son objectif et se donner les moyens de le réaliser quels que soient les aléas et les inattendus du parcours....à vivre en marathonien lucide sur ses ressources !

 

(1) extrait page 85 de l'ouvrage de l'auteur du blog, Michel BERNARD

"Développer des relations de coopération en milieu professionnel, sortir des rapports de forces " Chronique sociale;2006.

 

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  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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