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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 20:43

Elle s'appelle d'un drôle de prénom, Meryem et son nom  est Saget avec une consonnance autour de la sagesse. Elle est une des grandes spécialistes de l'accompagnement du changement en tant que consultante à l'international. Dotée d'un bon sens terrien et d'une belle vision d'avenir, elle est l'auteur de l'ouvrage plusieurs fois réédité : "le manager intuitif". Titre un peu réducteur compte tenu du déploiement de Meryem sur les thématiques du leadership, de la vision profonde partagée et surtout d'une vision renouvelée d'un manager non plus "petit patron " ou encore leader charismatique mais davantage manager facilitateur. Focale sur des convictions fondées sur une longue et riche expérience d'accompagnement d'équipes en entreprises.

C'est quoi, un manager "leader-facilitateur", Meryem ?

Réponse : il sait arbitrer mais ne cherche pas à avoir raison. Il contribue à faire émerger de l'équipe les innovations et les solutions avec des méthodes participatives et collaboratives et un pilotage efficace des productions collectives.

Ce manager du 3ème type,  espèce rare en voie d'émergence ( en restant dans l'optimisme), est à cent lieux du meneur, dictateur, centralisateur, plus ou moins autocrate. Il ne se situe plus au centre du monde ou de l'entreprise. IL navigue avec aisance , comme un skipper dans une régate, dans l'entreprise en "réseau" ouverte, interconnectée.Et il est surtout conscient que son action a un impact sur la vitalité et la bonne santé des hommes et du système. L'avez vous rencontré ? Probablement que les dirigeants, leaders charismatiques des entreprises libérées offrent des traits communs avec ce portrait idéal.

Meryem consacre un vrai chapitre à ce qu'il convient d'appeler le visioning ou encore un processus permettant à une organisation de se doter d'une vision partagée profonde. Largement inspirée par Michael Doyle, elle démontre avec lucidité, les limites de l'entreprise dite pyramidale en donnant plus de poids aux finalités qu'aux normes et réglements. Pour ce faire, un processus qualifié de vision partagée profonde qui n'est surtout pas la cogitation du grand responsable en une nuit sur une feuille de papier qu'il transmet le lendemain à tous ses cadres ! Il s'agit d'une vraie démarche participative contribuant à créer un rêve collectif et un champ des possibles, levier à la motivation et à la fédération des énergies. Et cette démarche n'est pas à planifier dans la précipitation, elle mérite du temps , mêle une dimension rationnelle à une dimension émotionnelle en suscitant même la joie d'avancer vers un cap profondément choisi. Elle prend appui sur des questions fondamentales comme  :

- Que sommes nous devenus aujourd'hui ?

Quels sont nos atouts, nos faiblesses, nos particularités ( inspiration du SWOT)

- Qui voulons nous être et que voulons nous faire à l'horizon de 5 à 10 ans ? Par quoi voulons nous nous distinguer ?

- Que serait-il utile de changer, de faire évoluer, de transformer pour se rapprocher de notre vision partagée ?

Ainsi, le manager du XXième siècle incarne avant tout le rêve collectif de l'entreprise (et non son rêve à lui) et il déploie un art pédagogique pour transmettre la vision autour de lui. Enfin, à côté des réorganisations au forceps, avec dommages collatéraux notamment pour les personnels de main d’œuvre, liées par exemple à des délocalisations, comment  ce modèle diamétralement opposé pourrait-il émerger ? Sans doute avec l'émergence de managers baignés dans une autre culture, un égo davantage "maitrisé" et un sens altruiste plus affirmé dans les comportements.

Et si nous laissions le dernier mot à Michael Doyle, un des pères du visioning :

"Le visioning est un profond voyage à l'intérieur du cœur et même de l'âme d'une organisation. Il permet de révéler le rêve d'une communauté de travail et de l'exprimer sous la forme d'un futur idéal désirable par tous et suffisamment détaillé pour que chacun voie tout de suite comment il peut contribuer concrètement chaque jour à sa réalisation."

 

Je crois que, nombreux sommes nous, au sein des organisations privées comme publiques, à rêver de ce voyage si loin de la pression du quotidien, des risques de "pétage de plomb", ou encore de bore ou de burn-out. Demandons au petit Prince de Saint Exupéry d'allumer une bougie pour nous éclairer vers cette nouvelle étoile dans le ciel d'aujourd'hui.

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 21:22

Ecrit par un forestier allemand passionné, Peter Wohlleben et vendu à plus de 650 000

exemplaires, "la vie secrète des arbres" a véritablement changé mon regard sur l'arbre et la forêt. A travers plus de 20 ans passées dans les forêts, il nous révèle que les arbres sont avant tous des êtres vivants qui respirent, ressentent,  peuvent se stresser, communiquent entre eux et surtout sont doués d'un formidable sens de la solidarité entre eux.

Dans la savane africaine, un acacia dont les feuilles font l'objet d'une tentation par une girafe, va dégager une substance toxique qui va alerter ses voisins. Ainsi tous les acacias seront protégés de la prédation des girafes...même si ces dernières, connaissant ce stratagème, contournent le premier lot d'acacias pour attaquer ceux qui n'ont pas été prévenus. Autre exemple, un hêtre qui a été cerclé (dont on a retiré l'écorce à partir d'un mètre de haut pour le faire mourir) peut résister grâce à l'apport de sucres via les racines de ses congénères voisins. Certains ont même fabriqué de l'écorce pour se revitaliser.

Pour l'homme, la forêt est un immense réservoir d'air vivifiant car les arbres ont un pouvoir énorme d'absorption des substances en suspension dans l'air comme des acides ou des hydrocarbures toxiques. Le volume de filtration de l'air peut atteindre près de 7000 tonnes par an par km2. Marcher et respirer en forêt, et des études scientifiques l'ont démontré, est plus profitable à l'organisme humain qu'une marche en ville en réduisant notamment la pression artérielle.

Stable dans son enracinement et son réseau sous terrain, avec son houpier tendu vers le ciel, dans la verticalité de son tronc, l'arbre incarne la "force tranquille".  Sa durée de vie  peut aller jusqu'à près de 10 000 ans (épicéa dans une forêt suédoise avec une datation au carbone 14) ! Les arbres poussent aussi avec lenteur et progressivement .

Ainsi, les arbres peuvent devenir pour l'homme des amis bien vivants,  source d'inspiration et de ressourcement. Respirer et marcher en forêt, jouer avec un arbre en le prenant par les bras, l'écouter en posant son oreille sur son tronc, en se laissant pendre par les bras ou tout simplement en fermant les yeux et en goûtant l'aspérité de son écorce...sont des gestes qui nous reconnectent souvent à nous-mêmes.

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:59
VIVRE SANS POURQUOI...et avec des COMMENT

VIVRE SANS POURQUOI est le titre de l'ouvrage du philosophe suisse Alexandre Jollien. Après 17 ans de vie en institut spécialisé lié à son handicap d'infirme moteur cérébral, il reprend des études de philosophie, et devient un auteur reconnu. Quel parcours de vie ! Et ce n'est pas fini, pour suivre son maitre spirituel, il décide avec sa femme et ses trois enfants de partir en Corée du Sud. Cet ouvrage ( 2015) relu à l'occasion de la trêve de Noël m'a enthousiasmé par un lien fort entre l'adaptation à cette nouvelle vie audacieuse et la recherche profonde, authentique d'Alexandre dans un cheminement spirituel qui le fait ami de Jésus comme de Bouddha. Il témoigne avec humour à la fois de sa difficulté à créer du lien dans une culture qu'il cherche à apprivoiser et le message de son maitre spirituel de lâcher prise, de vivre ce qu'il a à vivre.  Sa relation avec la méditation ( 1h par jour) le montre en train de faire face à ce qu'il appelle Mental FM et tous ses tourments et ruminations qui reviennent, mais heureusement la grande marmite de la conscience est à même de tout accueillir. Décidément, je me prends trop au sérieux, écrit-il. Trop d''agitation du mental en cours de journée, et hop, un réflexe, descendre en soi à la première occasion. C'est ce qu'il appelle des "mini retraites" à se prescrire  pour retrouver la source. Clair, limpide, maniant humilité et humour, Alexandre nous entraine chapitre après chapitre dans sa folle sarabande coréenne et j'entends une musique douce à mes oreilles.

Sortir des pourquoi. Pourquoi cela n'arrive qu'à moi ? Pourquoi ce drame ? Pourquoi on n'a pas pensé à moi ? Pourquoi autant d'agressivité , de haine, de violence ? Stop. Arrêtons ce cinéma du mental qui ne fait que nous focaliser sur de stériles ruminations qui ne changeront pas le monde. Une alternative ?

Et si je remplaçais le pourquoi par le comment recentré sur ma petite personne un peu dépouillée de son égo. Et comment je pourrais contribuer à moins d'agressivité, moins de violence déjà autour de moi ? Comment partager un peu plus ce qui me fait vivre et nourrit mon Espérance ? Et ainsi, faire de la question un simple point de départ pour agir et avancer même s'il s'agit d'un tout petit pas.

 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 22:58

Un quoi ? Oui, j'ai bien dit un routinologue. Il s'appelle Claude. Camille, 38 ans, surmenée par un travail de commercial, avec un compagnon peu disponible et un fils insupportable est sur le point de craquer. Un accident de voiture de nuit l'a met en contact avec un hôte respirant la bienveillance, Claude.Et l'histoire prend son envolée avec la décision de Camille de s'engager à suivre les instructions de Claude en qui elle met toute sa confiance. Elle part ainsi à la reconquête de sa propre vie.

Avec humour, un ton léger et créatif, Raphaêlle Giordano, coach en créativité et développement personnel, nous entraîne dans un roman dans lequel elle trouve l'art de nous parler avec pédagogie de concepts de programmation neurolinguistique et d'analyse transactionnelle à travers les exercices concrets que Claude, l'étonnant routinologue, une sorte de sage propose à Camille. Ce qui m'a particulièrement touché,  ce sont les mots très imagés utilisés par Claude.

Quelques morceaux choisis :

"Chut, chut, chut ! Arrêtez de nourrir vos rats, Camille. Vos rats, ce sont vos peurs, vos complexes, vos fausses croyances, toute cette partie de vous qui aime bien se plaindre et  jouer les Caliméro.

La suggestion du code rouge suite à une dispute forte relatée par Camille avec son compagnon Sébastien. Il s'agit tout simplement  de convenir d'un petit signe discret que l'un peut communiquer à l'autre pour lui signifier : attention, danger d'escalade dans notre relation !

Une subtilité à bien connaitre pour les personnes comme Camille qui ont tendance à faire passer les besoins des autres avant les leurs, le "fais plaisir " en analyse transactionnelle : distinguer l'empathie mouillée de l'empathie sèche. Mouillée, nous pensons aux larmes, c'est prendre  sur son dos le pathos de celui que j'écoute avec un risque d'absorption de ses émotions négatives. Sèche, l'empathie est  une manière d'écouter avec bienveillance sans se laisser contaminer, sans se laisser aspirer par la toxicité de ses propos.

Cette histoire, au rythme bien ficelé avec des chapitres courts, n'est pourtant pas à l'eau de rose. Camille va connaître un gros découragement et notre routinologue, au lieu de la consoler, lui assène : " Le succès est la capacité d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme" en citant son auteur Winston Churchill. Enfin, nous ne sommes pas arrivés au bout des surprises qui jalonnent toute l'épopée de Camille. Coup de théâtre quand Claude dévoile à Camille qui se cache vraiment derrière l'étiquette de routinologue. Chut ! Gardons le suspens pour vous, futur lecteur.

Un seul bémol de mon point de vue, le titre " Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une ". Difficile à retenir sans trébucher sur l'expression un peu longue même si elle est porteuse de sens.

Petite précision : s'il vous arrive de manquer de motivation, de vous enfermer dans une morosité chronique, de perdre vos repères et le sens de votre vie malgré un confort matériel acceptable, il est probable que vous soyez atteint d'une affection de l'âme qui touche de plus en plus de personnes surtout en Occident.

N'attendez plus, il s'agit peut être d'une routinite aiguê et aller consulter un routinologue près de chez vous.

www.routinologue.com

 

 

 

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 12:39
Une drôle de bête dans notre tête, le hamster

"Il tourne chaque jour dans sa cage cylindrique, notre hamster. Et surtout, il est rare que nous en ayons conscience, vraiment conscience. Ce hamster peut même devenir un monstre qui dévore notre quotidien.'' C'est la conviction profonde qui anime Serge Marquis, médecin québécois. Avec une dose d'humour bien de chez eux, une vraie humilité et un sens pédagogique éprouvé, il nous entraîne sur les traces du hamster... à l'occasion de la présentation à Montpellier de son ouvrage : "On est foutu, on pense trop !". 50 000 exemplaires se sont déjà vendus chez nos voisins canadiens.

Qui est donc cet hamster logé dans notre cerveau et qui peut réagir au quart de tour ? Exemple, dès le matin, sous la douche, vous cherchez le flacon de shampoing et tout d'un coup, vous l'apercevez hors de la douche. "Oh, mais qu'est ce qui a pris à ma fille de ne pas le ramener dans la douche ! Est ce que j'existe, moi ?". Plus tard, sur la route, le feu vient de passer au vert depuis un moment et le véhicule devant vous n'a pas bougé d'un poil, " Mais réveille toi imbécile, t'es peut-être pas pressé, mais moi, on m'attend." Ces petites phrases qui jaillissent spontanément dans notre cerveau tout au long de la journée, sorte de réflexe automatique, nous engluent dans la morosité, le stress et la souffrance. Et Serge Marquis appelle hamster toutes ces pensées spontanées de jugement sur soi, sur l'autre, sur notre passé et sur notre futur. Qui est concerné ? "Tout le monde a son hamster", assure-t'il. Alors, question vitale : comment calmer cette bête ?

Il recommande en premier lieu l'éveil, autrement dit cet éclair de lucidité qui nous fait dire "Ça y est, c'est mon hamster qui s'agite !". Ensuite, il invite à de l'entrainement quotidien pour l' apprivoiser , respirer par le nez, méditer et d'autres processus liés aux sens...J'ai beaucoup aimé la différence qu'il pose entre la pensée mentale ego et la pensée mentale conscience. Ainsi, recevoir une insulte en mode ego et votre hamster va s'insurger, réagir violemment. En mode conscience, nous voyons l'insulte comme une flèche qui vient de pénétrer avec son venin...mais là, elle est cernée par la conscience. L'insulte ne s'imprime plus, elle s'évanouit progressivement.

Plus largement, parmi les stratégies anti hamster et vigilance Ego, l'auteur évoque l'importance de se désidentifier. je ne suis pas ma voiture qu'on vient d'abîmer, je ne suis pas mon travail que je viens de perdre, je ne suis pas non plus la médaille d'or que je viens de gagner, je ne suis pas non plus mes souffrances. "Et si je ne suis aucune de ces pelures identitaires, qui suis je ?" nous interpelle, avec son bel accent "québéquet", Serge Marquis.

Rien de neuf à l'ouest pourraient objecter les pros du développement personnel . Certes, Serge Marquis s’appuie largement sur le courant de la PNL, de la méditation, d'Eckart Tollé et du pouvoir de l'instant présent. Ceci étant, j'ai découvert avec le hamster, une belle métaphore concrète pour repérer la bête à l'instant T et m'aider à me remettre en mode conscience. Chez Serge Marquis, il y a aussi bien autre chose que le hamster qu'il apprivoise lui-même avec un entraînement quotidien. J'ai entendu un homme d'une profonde humilité avec un désir sincère de mettre à la portée de tous des stratégies concrètes pour vivre plus pleinement.

Un chapitre très savoureux à partir la citation de Marie De Hennezel, "Il faut découvrir en nous ce qui ne vieillit jamais" ouvre un bel horizon à tout âge de la vie.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 07:41

Cette petite voix qui nous dit " Tiens, et si maintenant tu prenais tel chemin, tu faisais telle chose même et surtout si ce n'était pas prévu". Cette petite voix au fond de nous, l'entendons nous , l'entendons nous souvent ou pas du tout ?lune nuit 

Catherine Balance l'a bien entendu, tellement bien dans sa vie, elle qui était auteur compositeur, journaliste et qui a passé une partie de sa vie au québec, et l'intuition l'a même guidée pour écrire son premier livre sur le sujet qu'elle vient d'enrichir avec un ouvrage plus récent : " la voix de l'intuition, l'entendre, la reconnaitre, la suivre".(1)

J'aime bien la manière dont Catherine situe l'intuition : petite voix intérieure, image d'intuition, ressenti et qui peut se révéler sur les simples questions suivantes :

Avez vous déjà :

- penser à quelqu'un juste avant qu'il vous appelle au téléphone ?

- avez vous pris une décision sans hésiter ou changé de projet à la dernière minute, sans réfléchir, avec des conséquences bénéfiques pour vous ?

-fait un rêve prémonitoire, c'est à dire qu'il se réalise en tout ou partie ?

-ressenti à l'avance un événement ?

Si vous avez répondu oui à toutes ces questions ou à la plupart, c'est que vous avez déjà expérimenté de manière spontanée l'intuition dans le quotidien de votre vie.

L'auteur, de manière lucide, n'oppose par la raison " rationnelle" ( notre hémisphère gauche) et l'intuition ( hémisphère droit). Elle montre que bien des savants, des inventeurs, des créateurs et scientifiques ont fait appel à l'intuition au départ d'une innovation. Ainsi Albert Einstein s'est imaginé durant un rêve rouler de plus en plus vite depuis le haut d'une colline. Et il dévale si rapidement la pente que les étoiles se déforment. A son réveil, il se demande alors à quoi ressemblerait la lumière pour un observateur qui se déplacerait à sa vitesse....la célèbre théorie de la relativité est donc bien partie d'un rêve et d'une intuition !

Morceau choisi de l'ouvrage :

" Intuition et mental sont tous deux nos messagers intérieurs. Ils empruntent toutefois des chemins très différents. L'intuition va sans doute puiser à la source la plus épurée de notre être, sans réflexion, mais également sans jugement ni conditionnement, alors que le mental se fonde sur ce que nous avons vécu et assimilé comme vrai. Cette vérité personnelle apporte aussi des informations utiles, mais, le plus souvent, tant que l'individu n'agit pas "en conscience", tant qu'il ne s'est pas profondément remis en question, les messages de notre mental traduisent surtout ses peurs et ses croyances, masquant encore ses élans intuitifs."

Et c'est bien sur ce chemin de l'imagination, de la créativité, de l'élan créateur, terme cher à Guy Corneau, que Catherine désire entraîner le lecteur.

L'intuition est accessible à tous, elle est à notre porte  à condition de se donner des occasions de l'ouvrir régulièrement dans notre vie. Faire confiance à son intuition, c'est sortir de nos peurs et croyances limitantes et oser des paroles et des actes qui peuvent nous ouvrir un horizon nouveau et inattendu. Dans un monde porté au rationnalisme, à la performance avec la lithanie de ses indicateurs, laisser place à notre intuition, c'est aussi se donner une respiration saine pour sortir du mental.

 

(1) La voix de l'intuition : l'entendre, la reconnaitre, la suivre; Editions de l'homme

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 00:09

Sandro, professeur de philosophie dans une université new yorkaise vient d'apprendre que sa compagne Tiffany, journaliste, a été retrouvée morte suite à un sacrifice imputé à un peuple indien au fin fond de la forêt amazonienne.

Etranglé par un désir violent de vengeance, il recrute trois mercenaires pour aller détruire cette communauté d'indiens.

Cette intrigue est la toile de fond du dernier roman du talentueux Laurent Gounelle, formateur en ressources humaines et qui s'affirme avec ce troisième roman comme un conteur passionnant pour nous interroger sur nos modes de comportements et nos conditionnements.

Cette histoire pourrait sembler banale par rapport à d'autres romans sauf que trois ingrédients lui apportent une coloration inattendue : le-philosophe-pas-sage.jpg

- le mode de vengeance imaginée de manière diabolique par Sandro est de couper ce peuple indien de sa capacité innée de bonheur, de simplicité au contact de la nature et de relations de coopération naturelle entre tous sans chercher la première place. Et avec un brin d'humour, les moyens de vengeance ressemblent étrangement à certains traits de notre société de consommation comme la communication de ce qui va mal ou ce qui menace la sécurité avec le jungle time tous les soirs.

- la rencontre de Sandro avec une belle indienne nommée Elianta qui a reçu l'enseignement d'un chaman pour soutenir son peuple et lui apporter de la clairvoyance.

- la référence vivante au philosophe romain Marc Aurèle qui, dans les moments de silence, de retour sur lui même, interpelle par petite touche Sandro par rapport à la moralité de son désir de vengeance.

Bien sûr, je ne vous dévoilerai pas le dénouement très surprenant mais je peux déjà vous révéler qu'il montre l'importance de bien vérifier les faits et leur authenticité avant toute entreprise de réparation ou de vengeance. Une erreur d'analyse sur le coupable peut faire s'écrouler comme un château de cartes toute l'énergie investie.

Enfin, à travers "le philosophe qui n'était pas sage", belle lecture à recommander cet été, Laurent Gounelle nous rapproche de Marc Aurèle qu'il fait revivre avec son acte courageux de renoncer à l'exécution  d'un conspirateur.

Après cette décision, à la lueur d'une bougie et sur un parchemin,  Marc Aurèle écrivit : " La meilleure manière de se venger des méchants, c'est de ne pas se rendre semblable à eux".

Sandro sera partagé entre ce fort désir de vengeance impulsif et cette parole de sagesse de Marc Aurèle. Et avec lucidité, il reconnaitra la difficulté de passer de l'adhésion d'une idée comme celle ci à  son intégration dans sa vie, son ressenti et son comportement.

Or, c'est déjà le premier pas : reconnaitre le difficile sans le situer comme inacessible et en faire un questionnement permanent...jusqu'au jour où la conscience laisse émerger un autre état intérieur. 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 07:07

Ce titre pourrait être reçu comme une  provocation pour des managers tiraillés par la pression du quotidien, la concurrence ou encore les tensions interpersonnelles, ou encore les conflits au coeur des entreprises. MANAGER-DANS-LA-JOIE.jpg

Or ce titre n'est pas une virtualité, c'est le titre de l'ouvrage récent de Paul-Hervé Vintrou, manager lui même, consultant et coach ayant une longue expérience à un niveau international. Bref, l'auteur est loin d'être un farfelu.

Les témoignages de dirigeants hommes et femmes ne manquent pas pour illustrer son propos.

Ainsi, Chinian ( nom fictif) qui , victime d'un burn-out, traine des pieds de plomb du matin au soir , indisponible à sa famille et stressé en permanence. Et bien, les pistes de la joie proposées en coaching par Paul-hervé lui ont permis de retrouver un second souffle  et surtout de retrouver un goût de vivre.

En fait, la "recette" de Paul-Hervé tient , comme un bon vin, dans un assemblage de 15 ingrédients majeurs qu'il distille avec humour et exercices d'application à la clé. Sur un ton alerte et convaincant, il se veut un entraineur de la joie pour nous sortir d'une croyance souvent ancrée dans notre inconscient collectif : pour être performant, il faut être sérieux.

Ceci étant, Paul-Hervé ne réduit pas la joie  au seul concept d'optimisme ou de bonne humeur. J'aime bien la manière dont il l'évoque dans un feu d'artifice d'expressions :

" La joie garde une âme d'enfant....La joie est une énergie positive. La joie est généreuse. La joie s'affiche fièrement. La joie n'aime pas les compromis. La joie est une énergie à haute tension. La joie défie les lois de la finance. La joie est précieuse et abordable. ...La joie promet un avenir passionnant".

Ainsi, la joie peut devenir un carburant pour la performance de l'entreprise en fédérant les énergies, optimisant la créativité, ouvrant sur des pistes audacieuses et créant une force intérieure chez ceux qui la cultivent.

Un des premiers ingrédients développé par l'auteur est "cultiver ses racines", autrement dit reprendre conscience et confiance de potentialités qui sommeillent en nous. Dans cette perpective, parmi les pistes proposées, il nous invite à retrouver nos héros, ceux qui nous inspirent en tant que figure de référence d'une part et d'autre part il insiste pour que nous retrouvions du lien avec nos racines de l'enfance, nos activités familiales passées, notre terroir d'origine.

Sans tout dévoiler des 15 ingrédients de ce parcours qui structurent l'ouvrage, j'ai été particulièrement sensible au chapître intitulé "Réjouir mon coeur". Audacieux dans un ouvrage destiné aux managers et finalement à tout un chacun ! Relier ou encore aligner tête-corps- coeur n'est pas un exercice physique extérieur. Se réjouir, c'est rester sensible à toute situation qui nous offre du plaisir, des émotions positives et qu'il est bon d'entretenir comme un feu dans une cheminée. Entre gérer et gémir et jouer et jouir, quel choix vous attire le plus ?

Vous pourriez peut être encore penser que l'ouvrage est léger, tendance , marketing avec son titre accrocheur. Il révèle autre chose, une forme d'intériorité notamment quand Paul-Hervé évoque l'âme du manager . Cultiver son attention sur une chose à la fois, cultiver un silence intérieur, se relier à une spiritualité sont des portes d'accès  à l'âme , à cette fameuse intériorité tant recherchée dans notre monde dit moderne.

Enfin, la joie a une grande qualité : elle est contagieuse et peut, cultivée quotidiennement, devenir durable. Elle pourrait ainsi rejoindre le beau palmarès des énergies propres et renouvelables.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 13:29

"Ce qui est certain, c'est que le changement ne viendra pas des autres !  Yves Dubreuil se rejeta en arrière dans son profond fauteuil et mit les pieds sur son bureau. "

Le ton est donné par  Dubreuil, un étrange coach. Quelques jours plus tôt, il venait de récupérer Allan Greenmor, jeune homme de trente ans, au 2ème étage de la tour Eiffel au moment où celui ci allait commettre l'acte de se jeter en bas. Les-Dieux-voyagent-toujours-incognito.jpg

Cette interpellation sans appel de Dubreuil adressée à Allan est au coeur du deuxième roman de Laurent Gounelle au titre  énigmatique " Les dieux  voyagent toujours incognito". Formateur en communication et développement personnel, il a trouvé ,à travers le roman, une voie originale pour nous renvoyer un miroir saisissant sur nos comportements humains révélateurs de nos fonctionnement intérieurs et psychologiques.

Sans dévoiler tout le suspens de la relation entre Dubreuil et Allan, ce roman m'a séduit par la manière magistrale dont Laurent Gounelle montre les diverses étapes du passage de l'état de victime à celui d'acteur de sa vie. C'est toute la trajectoire d'Allan Greenmor, jeune consultant déprimé dans un cabinet à l'éthique douteuse et venant de vivre une rupture amoureuse jusqu'au nouvel Allan qui défiera finalement son propre patron de manière spectaculaire et inattendue. Quelles sont donc ces étapes ?

 

Etape initiatique.

Elle est constituée par les premières situations que Dubreuil impose à Allan pour le faire sortir de sa petite zone de confort. Par exemple, entrer dans une boulangerie, demander un pain, se raviser, en demander un autre puis finalement , alors que la queue gronde derrière lui, annoncer qu'il ne prend aucun pain. C'est une confrontation difficile au début pour Allan qui lui coûte mais qui va lui permettre petit à petit de quitter ses peurs  pour gagner en confiance avec lui même.

 

Etape de prise de conscience de ses comportements de victime.

Combien de personnes qui râlent en permanence, se plaignent tous les jours auprès de leurs collègues de travail, ont elles conscience que ce type de communication les enferment dans une posture de victime ? Et alors ?

Alors, cet état ne leur permet pas ou peu de trouver par elles mêmes les moyens d'avancer, de sortir de leurs plaintes. Allan le témoigne quand il dit à Dubreuil à l'occasion d'une séance : "

« Je crois avoir eu moins de chance que d’autres dans la vie, à ce jour. A commencer par mon milieu social… ».

En état de victime, nous trouvons toujours des justificatifs, des alibis à ce qui ne nous satisfait pas dans la vie : c'est l'origine sociale ( que dire alors des enfants résilients qui transcendent la souffrance d'une enfance pour devenir des adultes plein de vie..), c'est le système qui favorise les plus nantis, c'est mon patron qui ne m'aime pas, c'est mon voisin qui m'espionne...Bref, je n'ai pas de chance, c'est la faute des autres !

Comment retourner cet état d'esprit autolimitant ?

Encore une fois, par une sortie hors zone de confort et un oser. Et Dubreuil délivre alors à Allan sa formule magique "Embrasse l'univers de ton prochain, et il s'ouvrira à toi."

Autrement dit, dans cette étape, Allan est encouragé à changer son mode d'approche de l'autre. Il est invité à avoir en lui une intention positive, par exemple, chercher réellement à comprendre le point de l'autre plutôt que de chercher à être compris.

 

Etape de changement de croyance :

Enfin, les exercices et les mises en situation auxquelles Allan va être confrontés vont le transformer intérieurement. La  citation inscrite sur le mur du restaurant dans lequel Allan déjeune avec sa collègue Alice "Nous devons incarner le changement que nous voulons voir dans le monde" de Gandhi va faire doucement son chemin.

Après bien des épreuves, des doutes, et des prises de risque  avec lui-même, notre héros pourra enfin se dire : "C'est en se changeant soi-même que l'on devient heureux, pas en changeant ce qui nous entoure". Une révolution dans la vision d'Allan Greenmor qui est passée d'une croyance limitante " Je n'ai pas de chance à cause de mon milieu social (son père l'a abandonné tôt) " à une croyance ressource qui pourrait se formuler " Je peux agir sur mon destin pour plus de bonheur quel que soit le point de départ."

 

Et "Les dieux ne voyagent pas incognito" pourrait être sous titré :

Le hasard n'existe pas et comment Allan Greemor a pris sa vie en main.

Laurent Gounelle, qui a décidément le sens de la formule bien choisie, avait laissé filtrer un indice dès la préface avec cette citation tonique de Soeur Emmanuelle :

La vie est un risque.

Si tu n'as pas risqué, tu n'as pas vécu.

C'est ce qui donne...un goût de champagne.

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 23:36

Le geste  de la main droite ample pour soutenir son propos, l'orateur jeune, sur une voix posée douce sans prétention et sortant de l'intérieur de soi, est en train de présenter sa conviction profonde : la nécessité de consentir à la vie pour vivre vraiment sa vie. Il s'appelle Martin STEFFENS. Il est jeune professeur de philosophie de 35 ans enseignant à Metz et est en train de tisser un fil entre le philosophe Nietzsche  connu pour sa critique du christianisme et  Saint François d'Assise, le saint des pauvres.

Pari osé !martin-steffens.jpg

A l'écoute de ce jeune philosophe, hors sentier battu et enseignant auprès de jeunes, nous sommes entraînés loin de nos rivages habituels. Nous sommes tous nés par "accident" dans le sens où nous ne maîtrisons pas notre naissance et notre milieu d'origine même si nos parents nous ont désiré. C'est par un acte de conscience que nous pouvons passer d'une passivité de la vie subie à une vie choisie. Ce oui à la vie n'est pas une résignation. Se résigner signifierait accepter les épreuves et les souffrances de la vie comme élément du fardeau à prendre ou à laisser. Martin STEFFENS offre une expression neuve : consentir à la vie. C'est d'ailleurs le sous titre de son livre  " Petit traité de la joie". (1)

" Consentir, c'est voir ce qui est, pour ne plus pleurnicher sur ce qui aurait dû être." Ainsi, dans un acte d'acceptation profonde du réel, l'homme peut ouvrir les bras, déployer toute son énergie, du mieux qu'il peut, pour accueillir les épreuves. Découvrant son illusoire toute puissance, l'homme consentant s'ouvre un chemin vers la liberté.

En effet, notre jeune philosophe propose, après le distinguo résignation-consentement, la  distinction espoir-espérance. L'espoir reste une attente impatiente ou angoissée de ce qui n'est pas encore. L'espérance est " attention à ce qui se donne" dans le présent. Ainsi, l'espoir peut nous conduire à la déception quand il n'aboutit pas sur ce qu'il attendait alors que l'espérance nous libère de la peur de rater car elle accueille ce qui se présente dans l'instant.

Aussi, en empruntant le chemin suggéré par Martin STEFFENS,  sommes nous conviés à nous poser la question devant le jour qui se lève :

"Est ce que je dis oui d'avance à ce jour parce que j'aime la vie quel que soit ce qui me sera donné ?".

 

(1) Martin STEFFENS : Petit traité de la joie, consentir à la vie.

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Published by Michel BERNARD - dans livres ressources
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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