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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 20:31

En 1163, le roi décide de réaliser de grands travaux dans Paris. Il choisit de se rendre directement lui-même sur un de ces lieux au coeur de Paris, sur l'île de la cité. En arrivant sur place, il aperçoit trois tailleurs de pierre très concentrés sur leur travail. Sans micro et sant télévision, il s'adresse au premier :

- Que faites vous, mon brave ?

- Cà ne se voit pas. Je taille une pierre, répond l'homme sur un ton bourru.

Le roi se tourne alors vers le deuxième tailleur de pierre :

- Et vous, pouvez vous me dire ce que vous faites ?

- Moi, Monseigneur, je travaille ici pour nourrir toute ma famille.

A ce moment, le roi observe le troisième tailleur de pierre resté en retrait de l'échange et toujours concentré sur le travail de la pierre. Prudemment, le roi s'avance vers lui et lui demande :

- Et vous, qu'est ce que vous faites ?

Arrêtant de frapper la pierre, le tailleur se redresse et regarde fièrement le roi :

- Moi, Monseigneur, je bâtis une cathédrale !eglise-soir.jpg

 

Cette histoire aujourd'hui très popularisée, longtemps, j'ai considéré qu'elle nous invitait à devenir semblable au troisième tailleur, celui finalement qui donne un sens   fort à son action. Noter aussi que s'agissant de Notre Dame de Paris dont les travaux ont commençés en 1163 pour s'achever en 1245, beaucoup d'ouvriers n'ont pas vu la construction finale dans toute sa beauté. En fait, je constate que je me reconnais bien souvent dans les trois tailleurs de pierre, . Le premier tailleur a , pourrait-on dire aujourd'hui, le nez dans le guidon  : il tape la pierre sans se poser de question métaphysique. Que l'on soit à un guichet de poste, caissière dans un supermarché,  enseignant, médecin, ouvrier sur un chantier de travaux publics , dans un bureau x ou une entreprise y, combien sont amenés à vivre le travail comme tel. Le deuxième tailleur, c'est celui qui reconnait le besoin prioritaire derrière le travail, nourrir sa famille. Ce qui n'est pas négligeable. Et c'est un acte aussi d'authenticité avec soi-même de se poser la question : quel(s) besoin(s) je nourris finalement dans mon travail ? En élargissant la panoplie au delà de la nécessité économique, il y aurait sans doute , en fonction des environnements professionnels, du besoin de réalisation de soi, de considération, de reconnaissance, ou plus simplement un besoin de sécurité. Le troisième tailleur nous invite à lever les yeux au delà de l'action immédiate et des besoins pour se poser la question : " A quoi je cherche à contribuer à travers cette activité professionnelle ?" . La question peut sembler incongrue pour certaines professions "dures" où le besoin économique est dominant. Pourtant, je persiste à penser que cette question posée régulièrement à soi en posant notre burin de tailleur de pierre peut provoquer un autre niveau de conscience apte à :

- redéclencher une énergie nouvelle. Bâtir une cathédrale me semble plus exaltant que taper sur un caillou !

- nous relier aux autres dans l'activité. Si je construis une cathédrale, ce n'est pas seul : je suis un maillon d'une immense chaîne du tailleur de pierre, aux autres corps de métier jusqu'à l'architecte concepteur de la cathédrale. C'est donc un bon moyen de redynamiser un sens collectif.

Et puis, ce sens plus profond, cette contribution peut être colorée à notre manière avec notre propre vision. Pour un tailleur de pierre chrétien, on peut facilement imaginer qu'il s'agit  pour lui de contribuer à une oeuvre divine. Pour un autre, ce pourra être de contribuer à construire un édifice beau et visible par tous dans la cité.

Et si nous prenions le temps de poser notre burin, pour nous poser deux  questions :

1) là, dans mon activité professionnelle ou bénévole, à quelle cathédrale j'apporte ma pierre, à quelle oeuvre collective finalement je contribue et je désire contribuer ?

 

2) Et si je dessine ma cathédrale aujourd'hui, à quoi ressemble t'elle ?

A votre imagination, avec formes et couleurs, en levant les yeux vers le ciel.

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 08:07

37 à 35 , voilà ce qui a permis ce Dimanche à la belle équipe de France de handball de l'emporter finalement contre une tenace équipe danoise après une heure de jeu prolongée par deux mi temps de 5 minutes...car le score était de 31 à 31 à l'issue du match réglementaire. Bien malin qui pouvait alors assurer la certitude de la victoire pour une équipe !

En effet, même si nos bleus ont conquis leur quatrième titre de champion du monde et apparaissent comme une équipe experte pour gérer la pression jusqu'au bout, les qualités du gardien danois incroyable de réflexe (stoppant notamment un pénalty décisif vers la fin du match) et du mental d'acier des joueurs auraient pu faire basculer le score final. Notre cocorico national est préservé mais chapeau messieurs les danois !

Cette histoire sportive à haute dose d'émotions nous rappelle, dans nos vies secouées par les événements heureux ou moins palpitants, que rien n'est jamais joué à l'avance. Tout reste toujours possible, le pire peut être mais j'ose dire aussi le meilleur. Ecoutons l'histoire du cheval blanc .

cheval-blanc.jpg

 

Un  vieux chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu'il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu'on lui proposait une fortune pour l'animal, il répondait : " Ce cheval est beaucoup plus qu'un animal pour moi, c'est un ami, je ne peux pas le vendre."

Un jour, le cheval disparaît et ses voisins se rassemblent devant l'étable et font leur commentaire : "Pauvre idiot, il était prévisible qu'on te le vole. Qu'est ce qui t'a pris de ne pas le vendre ! Quel malheur !" Mais le vieux chinois se contenta de répondre : "N'exagérons rien. Disons que le cheval ne se trouve pas dans l'étable. C'est un fait. Tout le reste n'est qu'une appréciation de votre part. Comment savoir si c'est un  bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu'une partie de l'histoire. Qui sait ce que ce cheval va devenir ?"

Les gens se moquèrent de lui et le considéraient comme un simple d'esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint.  Il n'avait pas été volé. Il s'était simplement évadé et avait ramené une douzaine de chevaux sauvages. Et les villageois allèrent trouver le vieux chinois.

" Tu avais raison, ce n'était pas un malheur mais une bénédiction."

chevaux-sauvages.jpg

- Je n'irais pas jusque là, répondit le vieux chinois. Contentons nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c'est une chance ou une malchance ? Ce n'est qu'un épisode. Peut-on connaître le contenu d'un livre en ne lisant qu'une phrase ?

Les villageois repartirent convaincus que le vieil homme délirait. Recevoir douze chevaux était vraiment un cadeau du ciel. Comment le nier ? Le fils du vieux chinois entreprit le dressage des chevaux sauvages. L'un deux le jeta à terre et le piétina. Il se retrouva handicapé et paralysé des jambes. Alors, les villageois vinrent revoir le vieux chinois :

- Mon pauvre ami ! Tu avais bien raison. Ces chevaux sauvages ne t'ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est handicapé. Qui donc t'aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre.

- Voyons, réagis le vieux chinois. N'allez pas si vite. Mon fils est paralysé des jambes, c'est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petites étapes. Nul ne peut prédire l'avenir.

Plusieurs mois plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes du village furent mobilisés et enrôlés dans l'armée sauf le fils du vieux chinois à cause de son handicap.

- Oh ! Mon bon ami, se lamentèrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste avec toi tandis que nos fils vont se faire tuer.

- Je vous en prie, répondit le vieux chinois, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l'armée, le mien reste à la maison. C'est tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui. Seul Dieu sait si c'est un bien ou un mal.

 Que retenir de l'histoire du cheval blanc et du vieux chinois ?

D'abord sa grande aptitude à prendre du recul et à refuser tout jugement prématuré et catégorique sur la situation. Son ouverture d'esprit qui l'empêche de s'enfermer  dans le jugement " C'est bien ou c'est mal" .  Enfin, sa manière d'amortir les chocs de la vie. Voir son fils handicapé ne peut laisser indifférent.  L'émotion vécue n'est cependant pas dite dans le texte.

Ce vieux chinois est peut être aussi, dans sa sagesse, en train de nous redire, avec la poésie du cheval blanc, " regarde la vie avec un oeil ouvert non jugeant, tolérant y compris pour tes voisins et tu verras s'ouvrir des horizons inattendus... "

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 06:31

LES METAPHORES, MIROIRS REVELANTS EN COACHING

 

Dans l'histoire des gros cailloux et du vieux professeur ( cf catégorie petites histoires de ce blog), les gros cailloux peuvent prendre plusieurs sens selon celui qui dit l'histoire ou encore celui qui l'écoute. Gros cailloux de nos priorités dans la vie, gros cailloux de nos valeurs, gros cailloux de nos plus grands projets, gros cailloux des faits marquants de notre vie...La métaphore offre un éventail infini d'utilisations en mettant l'imaginaire à la première place.

Depuis le grand thérapeute et psychiatre Mitlon Erikson ( 1901-1980) qui a été un des premiers à utiliser la métaphore et les histoires pour provoquer la prise de conscience et le changement chez ses patients, le monde du coaching s'est aussi emparé de cet outil puissant, ce miroir révélant : la métaphore.

  

Du grec metaphora qui signifie transport, la métaphore présente plusieurs atouts dans l'utilisation par le coach dans une visée aidante pour permettre à la personne coachée d'accèder et d'utiliser les ressources nécessaires pour franchir une problématique ou atteindre un objectif professionnel. Premier atout, elle sort la personne de l'utilisation de l'hémisphère gauche, hémisphère , pour faire court, qui est celui du rationnel, de l'analyse, du raisonnement et ouvre la porte davantage sur l'hémisphère droit , le plus délaissé par notre éducation scolaire, celui qui favorise un traitement plus holistique, panoramique de l'information,  de l'espace, et des émotions...en rappelant que nous mobilisons nos deux hémisphères en permanence. Deuxième atout, la personne est décentrée de sa problématique sur laquelle elle peut avoir tendance à s'enfermer, la métaphore ouvre une nouvelle fenêtre pour respirer un  air  rafraîchissant et contempler un autre paysage. Troisième atout, la créativité, l'usage d'une métaphore peut entrainer la personne qui l'entend à se l'approprier et à la prolonger avec ses propres représentations. Illustrons.

PARIS-DAKAR.jpg

A l'occasion d'un bilan de coaching, j'ai demandé à mon "coaché" de dire à sa façon comment il avait vécu cette démarche nouvelle pour lui. Il a réfléchi puis il m'a dit : " C'est un peu comme un Paris-Dakar (1), je savais d'où je partais, avec l'émergence d'un objectif, d'un but, j'ai visualisé l'arrivée Dakar. Mais entre les deux, le parcours est dans l'inconnu avec des options à choisir, des moments d'hésitation, de remise en cause. J'ai apprécié d'avoir atteint l'arrivée..." Et je me sers assez couramment de cette belle métaphore sportive pour préciser que celui qui tient le volant, c'est bien la personne qui a demandé le coaching et le coach reste , dans une forte alliance, le co pilote qui alerte sur le parcours, les options possibles en terme de stratégie ou encore propose un arrêt pour aider le pilote à prendre la décision la plus adaptée au contexte...plutôt que de se perdre dans le désert !

La démarche NEWS ( cf site trouver sa voie en lien sur ce blog) offre directement une métaphore à partager entre le coach et le coaché : la boussole avec ses 4 points cardinaux. Le NORD, c'est le questionnement sur "où je veux aller ? Quel est mon but, mon objectif principal ?", l'EST invite à creuser ses ressources, ses ressorts de motivation, ses valeurs et vérifier si elles sont en cohérence avec le Nord. L'OUEST ( WEST dans la terminologie de NEWS)  invite à travailler sur le "comment ?" alors que l'ELION-PAISIBLE.jpgST était centré sur le "pourquoi ?". Comment atteindre le Nord ? Quelles stratégies, quels outils  choisir ? N'oublions pas le SUD qui , contrairement à une évocation de soleil, de midi est utilisé pour signifier les obstacles, les limites qui empêchent la personne d'atteindre son NORD.Selon le concepteur de NEWS, Aviad Goz , ces obstacles résident principalement dans les peurs et les croyances limitantes. D'ailleurs, sur le site "trouver sa voie", je vous recommande la belle métaphore du chameau, du lion et de l'enfant à la croisée des chemins pour celle ou celui qui envisage une autre orientation dans  sa vie.

  

Avec son sac magique rempli de métaphores qui peuvent aussi se construire dans la spontanéité de l'échange, le coach dispose d'un réservoir  pour provoquer le changement dans la perception du réel ou encore dans la posture de la personne. Et le changement de regard est souvent prélude à l'engagement dans une autre manière d'être et d'agir.

Et en guise d'apéritif, je vous invite à lire l'histoire du dompteur et de l'éléphant de Paulo Coelho.

Un dompteur de cirque parvint à dresser un éléphant en recourant à une technique très

 

 simple : alors que l'animal est encore jeune, il lui attache une patte à un tronc d'arbre très

 

 solide. Malgré tous ses efforts, l'éléphanteau ne parvient pas à se libérer. Peu à peu, il

 

s'habitue à l'idée que le tronc est plus fort que lui.

 

Une fois qu'il est devenu un adulte doté d'une force colossale, il suffit de lui passer une

 

corde  au pied et de l'attacher à un jeune arbre. Il ne cherchera même pas à se libérer.

 

Comme ceux des éléphants, nos pieds sont entravés par des liens fragiles. Mais comme

 

 nous avons été accoutumés dès l'enfance à la puissance du tronc d'arbre, nous n'osons

 

pas lutter. Sans savoir qu'il nous suffirait d'un geste de courage pour découvrir toute notre

 

 liberté.

 

Alors, avez vous vu votre force actuelle,votre potentiel d'adulte et le petit  arbuste qui vous retient entravé par une simple corde ? Un coup de patte et vous êtes libre ! Quand déciderez vous de donner ce coup de patte ou encore ce coup de pied  de libération ?

 

Vous avez sans doute remarqué que le monde animal est propice à la métaphore et Jean de La Fontaine, auteur réputé de fables, dont les jeunes français sont baignés dans leur enfance et leur scolarité , pourrait l'illustrer par bien d'autres histoires.

 

(1) course rallye  auto et moto organisée jusqu'en 2007 entre Paris et Dakar. Depuis 2008 , cette course se déroule en Amérique du Sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 22:20

Une tasse de thé pleine...de révélation !

Un jour, un grand savant occidental, déja très réputé pour ses travaux scientifiques sur le bonheur, appris qu'il y avait en Inde un sage tellement reconnu que les personnes accouraient de partout , uniquement pour le rencontrer et repartaient souvent avec un cri du coeur :" Qu'est ce qu'il m'a appris ! J'ai plus appris à son contact que durant  toute ma vie !"
Très intrigué par ce charisme, le grand savant décida de le rencontrer. Sur place, le sage laissa le grand savant se présenter, parler de ses diplômes, de ses publications, de ses conférencesà succès, puis il l'invita à prendre une tasse de thé. Alors qu'il versait le thé dans sa tasse, le savant embarqué dans sa démonstration verbale, continuait à parler de lui. Le savant, lui, l'écoutait simplement d'une oreille bienveillante, tout en continuant à verser le thé qui finit par déborder la tasse. Tout à coup, le savant découvrant , au milieu d'une phrase, ce débordement, s'arrête net et lui demande sur un ton de reproche : " Mais, qu'est ce que vous faites ? Vous ne voyez pas que ma tasse déborde !"
Alors, le regardant du fond des yeux, le vieux sage reposa la théière et lui dit, sur un ton calme et un peu malicieux :
"Cette tasse débordante vous ressemble beaucoup. Elle est pleine et elle ne peut plus rien recevoir."
Quelques jours plus tard, la presse internationale se fit l'écho d'un grand savant qui avait décidé de prendre une année sabbatique dans sa recherche pour se consacrer à une tâche qu'il n'a pas voulu préciser.

images-copie-1.jpg
Cette petite histoire me rappelle aussi la théorie du docteur suisse Vittoz du début du xxème siècle qui mit au point une méthode dite méthode Vittoz encore enseignée aujourdh'ui pour apprendre à réguler l'activité du cerveau. Il distingue deux facettes : l'émissivité et la réceptivité.
Le cerveau est émissif quand nous émettons des pensées, des raisonnements, bref quand il produit de l'activité. Cette compétence est largement développée par le système d'apprentissage scolaire. L'autre facette est la réceptivité, c'est la faculté de notre cerveau de se mettre en écoute de son environnement intérieur et extérieur. J'entends ce qui remue au fond de moi, mes émotions, mes états d'âme et j'entends aussi la pluie qui tombe, le bruit de mes pas dans la neige, le silence d'une forêt de sapins... Cet état nous a rarement été enseigné dans notre jeunesse sauf à prendre des cours de méditation, de technique d'accueil de soi comme le zen ou  le yoga.
Revenons à notre sage de l'Inde et notre savant occcidental. Qu'est ce qui les différencie ?
Et bien, notre savant reste enfermé dans la sphère de l'émissivité croyant que parler, parler le fait exister et reconnaitre alors que le sage a appris à exister dans l'accueil bienveillant et l'écoute du coeur.
Il ne s'agit pas, dans mon propos, de juger l'émissivité comme négative, elle a toute sa place dans notre vie sociale. La question est : " Comment j'équilibre dans ma vie quotidienne mon émissivité et ma réceptivité ?" Suis je tendance " émissif"(ve) ou " réceptif(ve) ?
Regarder la tasse de thé que l'on vous sert...et vous saurez !

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 20:41

LES GROS CAILLOUX

 

Cette histoire, vous la connaissez probablement car elle est un "best seller" à l'occasion des formations, souvent racontée avec enthousiasme par les formateurs. Pourtant, je vous invite à l'écouter , à la lire avec un regard neuf. En vous mettant dans la peau de ce vieux professeur. Imaginer le.  Qu'est ce qu'il peut bien apprendre ( à son  âge) à tous ces jeunes et brillants chefs d'entreprises venant de toute la planète ? Saura t'il être à la hauteur ? Cette histoire  à double fond démontre aussi une autre expérience. A vous de la décrypter !

 

Un jour, un vieux professeur fut engagé pour faire une intervention sur la gestion du temps à l'occasion d'un  colloque international réunissant les plus brillants cerveaux d'entreprises du monde entier. Or, compte tenu de la richesse du nombre des intervenants, l'organisateur lui octroya seulement 15 minutes. Le vieux professeur hésita avant de répondre : " Quel message délivrer en 15 minutes ?" puis, après mûre réflexion, il accepta.

Le jour J est arrivé. Devant plus de 100 paires d'yeux tournés vers lui au centre de l'amphithéâtre, le vieux professeur, sans mot, commença par un regard circulaire à les regarder paisiblement et lentement puis il leur annonça : " Nous allons faire une expérience." Silence d'étonnement et de curiosité.

De son cartable en cuir, il sortit un bocal ressemblant à un bocal de chimiste se terminant par un goulot puis, avec un geste lent, il y plaça à l'intérieur, un par un, des cailloux gros comme des balles de tennis. Quand le bocal fut rempli de cailloux, il se tourna vers  sa nombreuse assistance et demanda : " Le bocal est-il plein ?"

Tous répondirent sans hésitation : " Oui" et il ajouta " Vraiment ?"

Alors, il replongea vers son cartable en cuir pour en extraire un sac de gravier qu'il versa dans le bocal jusqu'à ras bord. Et il demanda à nouveau : " Le bocal est-il plein ?"

Cette fois, la brillante assemblée ayant compris le sens de la démonstration répondit : " Probablement que non !" et il ajouta : " Bien !".

Puis, il y sortit de son cartable en cuir un sac de sable qu'il vida pour remplir le bocal et demanda : " Le bocal est-il plein ?" . "Non" répondirent en coeur tous les participants.

" Bien !" dit le vieux professeur avec un brin de malice. Il saisit alors la carafe d'eau posée sur la table de conférence et il versa l'eau jusqu'à ras bord du goulot dans le bocal.

Levant les yeux sur sa brillante assemblée, il posa la question : " Qu'est ce que j'ai voulu vous démontrer à travers cette expérience ?"

bocal_pierres-150x150.jpg

Parmi les chefs d'entreprise présents, l'un d'eux  ayant fait le lien avec le thème du jour " la gestion du temps" leva la main et répondit : " Oui, je crois avoir compris votre démonstration. Vous venez de nous démontrer que, même si notre emploi du temps parait déjà très plein , nous pouvons encore essayer de le remplir encore, comme avec le gravier, le sable et l'eau   pour être plus performants."

Avec un doux regard malicieux, notre vieux professeur se contenta de dire : " Ce n'est pas ce que j'ai voulu démontrer. Alors, qu'est ce que j'ai démontré ? Voulez vous le savoir ?"

Grand silence dans toutes les rangées de l'amphithéâtre, chacun ayant l'impatience de connaître enfin le pourquoi de cette étrange expérience.

" Ce que j'ai voulu vous démontrer, c'est que, si je n'avais pas plaçé les gros cailloux d'abord, jamais je n'aurais pu tous les mettre dans le bocal".

Devant l'évidence de cette réalité, se fit un profond silence dans la salle.

Et le vieux professeur de conclure :

" Et vous, dans votre vie, quels sont vos gros cailloux ? Votre entreprise, votre famille, réaliser vos rêves ou encore autre chose ? Et que faites vous de vos gros cailloux sur votre agenda ? "

Et sous un tonnerre d'applaudissement, le vieux professeur quitta la salle en se contentant de lever une main de remerciement.

 

 

Première décryptage de cette histoire avec les gros cailloux :

Les gros cailloux nous ramènent à nos valeurs profondes et à la place que nous leur donnons réellement dans la gestion quotidienne de notre temps. Sommes nous en cohérence : effectivement là où je passe le plus de temps , cela concerne bien mes valeurs prioritaires. Ou bien en non cohérence, je passe du temps professionnel en dehors de mes valeurs premières. Dans ce dernier cas, prendre conscience de cet écart est un premier pas de lucidité et le deuxième pourrait être de réfléchir à une stratégie de gestion du temps pour "mettre en premier sur les pages papier ou électronique de mon agenda mes gros cailloux". Utopie ou idéalisme pourraient objecter certains quand on est soumis à des pressions professionnelles de toute sorte. Sauf si vous regardez les gros cailloux non comme des choses, des activités à caser dans un emploi du temps mais davantage comme une manière d'être, de communiquer, de vivre. Si j'ai comme gros cailloux la valeur "simplifier ma vie dans l'esprit développement durable", peut être que je peux m'interroger sur mes déplacements professionnels et vérifier  que je peux les réduire en kilométrage, les revoir en covoiturage ou encore avec un moyen non polluant, la marche ou le vélo.

Une Agence de l'Environnement  et de la Maîtrise de l'Energie ( ADEME) régionale a ainsi proposé un challenge à tous ses cadres en les invitant à réduire de moitié leurs déplacements polluants avec prêt de vélo et tickets de bus offerts.

 

Deuxième décryptage avec le vieux professeur :

Quelles valeurs communique ce vieux professeur à tous ces "cerveaux "  brillants venus du monde entier ?

D'abord la simplicité. Simplicité d'une expérience sans jargon, sans effet de manche, une expérience qui est elle-même  démonstration.

La dimension inter-active. Il questionne régulièrement son assemblée qui suit de bout en bout l'expérience. Il s'agit d'un modèle pédagogique qui peut inspirer nos pratiques.

Enfin, il centre le sujet non sur lui même, ni même directement sur les participants mais sur un objet : un bocal, des gros cailloux, du gravier , du sable et de l'eau. La connaissance passe par ce médium, un objet qui devient aussi métaphore.

En programmation neurolinguistique, il pourrait être dit que ce vieux professeur se révèle un enseignant qui mérite d'être modélisé dans ces trois dimensions : la simplicité, l'inter-activité et l'usage d'un médium pour faire passer la connaissance. Sans oublier deux ingrédients qui donnent une douce tonalité à l'expérience : l'humour malicieux ( le non verbal du sourire malicieux) et l'humilité. Il n'attend pas de signe de reconnaissance particulier et il a accepté le défi des 15 minutes qu'il a relevé...sous un tonnerre d'applaudissements.

Nous avons sans doute tous le goût de rencontrer ce vieux professeur, ce maître de sagesse qui ouvre les esprits à la réflexion et laisse à chacun le soin et le temps de donner sa réponse.

 

Alors, où en êtes vous avec vos gros cailloux ?

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  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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