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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 23:08

Regarder un enfant, un petit enfant. Il est avec l'instant, il joue avec ses jouets, explore, grimpe, monte, descend, trébuche et recommence sans lassitude. Cet enfant vit chaque seconde comme une nouveauté sans arrière pensée. Il peut nous émouvoir avec ses sourires désarmants ou encore nous pousser à bout avec ses cris , ses pleurs, ses coups de pied rageurs.

En grandissant, cet enfant devenu adulte va créer un rapport au monde qui peut osciller entre le déni et l'acceptation. Bien sûr, idéalement, nous souhaiterions probablement tous vivre l'acceptation de ce qui vient sauf ce qui peut nous révolter comme la mort, la souffrance et la violence. Oscultons d'un peu plus près ces différences pour mieux repérer nos attitudes parfois ambivalentes.

Déni = refus de la réalité, refus de regarder en face les choses.

Je suis en colère et je déclare : 'Non, je ne suis pas en colère' sur un ton sec.

Le déni est aussi un mécanisme de défense face à une souffrance, la perte d'un proche, d'un ami ou d'un enfant. 'Non, ce n'est pas possible. Cet accident de la route n'a pas pu le tuer. C'est un cauchemar...". C'est notamment l'américaine Elisabeth Kubler Ross qui a montré le cycle qui va du déni à l'acceptation avec une phase de colère et de marchandage.

acceptation du réel  = accepter ce qui est même s'il ne me convient pas, me fait souffrir d'une manière ou d'une autre.

Accepter, c'est dire oui à la vie sans forcément se résigner.

Mais voilà, ce beau chemin vers l'acceptation si prisé en développement personnel, repris récemment par Christophe André, psychiatre dans une rubrique sur France Culture, s'enraille de mon point de vue quand manifestement, nous refusons d'accepter des faits proches, des faits intimes qui nous heurtent dans notre conscience, nous choquent, ou encore nous indignent.

Un enfant qui décède tragiquement dans l'âge de la vie sur un "stupide" accident de la route, une maman qui rayonnait en communication et qui se coupe progressivement de sa famille, de son conjoint et de ses enfants adultes dans l'enlisement de la maladie d'Alzheimer.

C'est pourquoi, confronté personnellement à ces refus d'acceptation, je plaide pour un accueil pauvre, humble de nos non -acceptations et pouvoir dire oui en toute simplicité et honnêteté avec soi-même.

Oui, je n'accepte pas ce décès tragique de mon ami...

Oui, je n'accepte pas la perte de communication de ma mère atteinte de la maladie d'Azheimer,

Oui, je n'accepte pas qu'en 2017 l'écart entre pauvres et riches en France et sur la planète terre continue de s'accroitre...

Par ailleurs, je retiens que beaucoup de combattants pour la vie, pour un mieux être social comme l'abbé Pierre ont déclenché leur élan, leur motivation et énergie à partir d'un refus, d'une non acceptation.

Hiver 1954, si loin et si proche, l'abbé Pierre refuse que des hommes et des enfants meurent de froid dans Paris qui atteint des températures sibériques et lance un appel à la générosité des parisiens pour recueillir des couvertures...c'est le début du grand mouvement humanitaire d'Emmaus. Le refus de la misère a conduit à créer un mouvement d'ampleur national toujours actif et  toujours utile en 2017.

Alors, au coeur de cet été où nous pouvons côtoyer des mondes et réalités très variées, petit exercice de réflexion pour soi-même et faire la paix avec nos non-acceptations.

-qu'est ce que je n'accepte pas autour de moi ?

- Comment je regarde ces "non-acceptations" ?

Enfin, à quelle action "éventuelle" m'invite cette non acceptation...en reconnaissant que nous n'avons pas tous une vocation d'abbé Pierre. Et Marc Aurèle, empereur et philosophe romain nous ouvre aussi à une vue plus large :

" Mon dieu, donner moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d'accepter celles que je ne peux changer, et la sagesse de distinguer entre les deux".

 

 

 

 

 

 

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 22:50

 

Deux scènes : un papy cigarette au bec tenant sa petite fille dans la mer près de la plage, plus loin, au bord du canal de Sète au Rhône, un pêcheur, clope à la bouche et smartphone vissé à l’oreille, avec un œil sur la canne à pêche…Scènes de paradoxe de mon point de vue.

Le premier semble bienveillant avec sa petite fille mais, bon sang, pourquoi garder une cigarette sous le nez de la petite alors qu’il a de l’eau jusqu’au thorax ? Le deuxième qui pourrait, comme beaucoup de pêcheurs, vivre la tranquillité du lieu, uniquement attentif à sa ligne a besoin d’une cigarette allumée et d’un smarphone branché ?

 

Et rappelons le paradoxe numéro un du tabagisme en France. Les cigarettes sont en vente libre dans les bureaux de tabac avec une mention sur le bord du paquet : fumer tue ou autre slogan sensé dissuadé à l’achat ou la consommation excessive. Vous avez donc le droit d’acheter ce qui vous tue ! Imaginerait-on un café ou une brasserie vendant de l’alcool avec comme indication sur la bouteille de bière : l’alcool vous tue !

Plus de 80 000 décès par an, soit plus de 200 par jour liés à la consommation directe de tabac (la première cause de mortalité évitable en France; source : Ministère des solidarités et de la santé) et près de 1500 à 3000 par effet du tabagisme passif ( les personnes exposées au contact fréquent de fumeurs) ne semblent pas des arguments choc avec toutes les campagnes de santé pour réduire de manière significative ce mal français qui touche tout autant les jeunes que les moins jeunes.

Si nous voulons jouer un peu dans la cohérence d’une démarche préventive et respectueuse de la liberté individuelle, il me semble que deux options se présentent :

-supprimer la vente des cigarettes en France. Les mauvaises langues vont crier à l’utopie en pensant que l’Etat avec les prélèvements de la SEITA ne s’y risquera pas sans parler d’une grève massive des gérants de tabac presse.

- supprimer la mention « FUMER TUE » sur les paquets de cigarette. Et encourager par l’intermédiaire des professionnels de santé, pharmaciens, médecins,…la simple question « Vous fumez ? Combien de cigarettes par jour ? Vous savez que vous réduisez votre durée de vie ? C’est ok pour vous ?"

Je rêve de voir des pêcheurs pêcher avec une ligne et sans plus. Je rêve de grands parents faisant la pause « stop tabac » quand il s’agit de s’occuper de leurs petits enfants. Heureusement, je crois qu’ils existent encore.

Faire une chose à la fois pourrait être le slogan de demain au cœur d’une société qui pousse chacun à faire plusieurs choses à la fois.

Quand je pêche, je pêche, quand je m’occupe de ma petite fille, je m’occupe de ma petite fille.

Et nous rejoignons Montaigne, amateur du bien vivre qui disait déjà au XVI ème siècle : "Quand je danse,  je danse et quand je dors, je dors."

Avons nous encore besoin de fumer ?

 

pour aller plus loin : www.tabac-info-service.fr

 

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 22:43

Lettre ouverte au Président de la République

d’un simple citoyen

 

Je ne vous écris pas cette lettre au nom d’un parti politique, d’une organisation professionnelle, ou encore d’un mouvement religieux. Je vous écris, Monsieur le Président, en tant que simple citoyen et parce que vos premiers propos semblent ouvrir une brèche d’Espérance dans un renouveau du lien entre le pouvoir d’un président, d’un gouvernement et ses citoyens. Mon intention est d’appeler votre attention sur trois points qui pourraient modifier favorablement ce lien entre gouvernement et citoyens pour redonner une confiance en nos gouvernants.

 

S: une communication non seulement cohérente avec les promesses de votre campagne mais sobre et congruente. C’est-à-dire confirmer ce qui a été dit et dire ce qui aura été fait pour garantir une crédibilité à votre action et redonner confiance et espoir par rapport à la parole d’un Président de la République. Je ne demande pas la perfection à votre nouveau gouvernement qui restera un ensemble d’hommes et de femmes aux compétences diverses mais j’ai besoin de percevoir une unité d’action rassurante. Par exemple, une communication ritualisée une fois par mois avec présentation d’un bilan devant les médias et complété par un dossier d’information facile d’accès (sur le site du 1er ministre) et pédagogique sur l’action gouvernementale pourrait contribuer à plus de compréhension et renforcer un lien de confiance mal mené dans le passé.

 

S Vous avez inscrit parmi les valeurs du mouvement En Marche qui a soutenu votre candidature la bienveillance. Quand je constate encore la violence de débats politiques stériles et votre désir de préserver la bienveillance, je suis rassuré. A partir de ce désir, vous avez la possibilité de promouvoir depuis les écoles jusqu’aux grandes écoles en passant par les sphères du pouvoir une réelle communication bienveillante active s’inspirant par exemple du processus du psychologue américain, fondateur du centre international pour la communication non violente, Marshall Rosenberg (1). Cet outil concret de langage au quotidien fondé sur l’expression des sentiments, des besoins pour se respecter soi et son interlocuteur, me semble servir l’esprit citoyen que l’Etat souhaite renforcer depuis notamment les attentats de Paris en 2015. Concrètement, des modules de formation pourraient être mis en place à divers niveaux en s’inspirant de la démarche de formation de formateurs du commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) concernant la laïcité.

 

S Enfin, il me semble urgent et important de donner une place majeure aux questions relatives à la transition écologique qui relèvent de la sphère nationale et internationale. Des experts, des hommes de sagesse comme Pierre Rabhi (2) alertent depuis plusieurs décennies les gouvernements sur des choix radicaux et engagés pour préserver la planète Terre et l’avenir des nouvelles générations. Les discours d’intention ne suffisent plus. En appui du Ministère de la transition écologique et solidaire confié à Nicolas Hulot, je vous suggère la création d’ un véritable conseil de sages autour de vous et du gouvernement pour conforter cet engagement qui devra convaincre, faire barrage à certains lobbies et sensibiliser l’ensemble des français. L’écocitoyenneté ne doit pas rester une ambition pour demain, elle mérite de s’incarner pour tous dès l’éducation des plus jeunes jusqu’aux membres du gouvernement dont le comportement mérite d’être exemplaire. Réduire les dépenses de luxe et de carburant notamment pourrait être incarné par vous-même et l’ensemble des ministres et de leurs conseillers…

En résumé, les trois points d’attention avec leur suggestion concrète :

S Une communication congruente sobre et un communiqué mensuel en direct via les médias

 

S Une démarche de formation à la communication bienveillante active (CBA) à tous les étages de la République

 

S Un comité des sages auprès du gouvernement consulté en amont de choix en matière d’écologie

 

Je vous communique ce courriel que je publierai aussi sur mon blog comme une bouteille à la mer. Je ne sais pas quel en sera son sort, petite goutte sans doute au milieu d’un océan de courriels reçus à l’Elysée. J’en adresse également une copie à votre premier ministre.

 

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de ma considération respectueuse,

 

Michel BERNARD, citoyen de Montpellier

 

  1. Auteur notamment de « Les mots sont des fenêtres ou bien des murs. Initiation à la communication non violente »

 

  1. Auteur notamment de « Vers la sobriété heureuse »
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 21:28

Près de 70 millions de vues sur You Tube en février 2017.

Qui se cache derrière le succès planétaire de cette vidéo ? Un youtubeur qui a fait un buzz ? Un grand artiste du show biz ? Un homme politique ? Un gag vidéo ? ...Non, ne chercher plus. Il s'agit d'un Monsieur portant un célèbre chapeau décédé à 82 ans en novembre 2016. Son nom : Léonard Cohen. Probablement que ce nom n'évoque rien de particulier pour les jeunes générations. Et pourtant, je vous invite, toute génération confondue, à écouter Hallelujah chanté avec une intériorité sortie de l'âme d'un homme de près de 80 ans revenu sur scène. Mêlant un sens spirituel avec une forme de sensualité dans les paroles, il nous entraîne dans une louange mystique avec des paroles  très mélangées, parfois ambigûes. Peu importe. Ce qui touche, me semble -il, c'est cette manière unique, les yeux fermés, de nous faire rejoindre , avec sa voix intérieure, une dimension du coeur. Rare, tellement rare.

There's a blaze of light in every word

Il y a un éclat de lumière dans chaque mot.

Cette chanson est une vraie lumière inondant d'authenticité, de profondeur, de rêve notre petite planète. Un appel à résister face aux extrémismes de toute sorte, politique ou religieux.

Hallelujah est un hymne célébrant la beauté du monde, une porte ouverte vers l'âme qui vibre dans le monde. Hallelujah ! Hallelujah !

 

Léonard Cohen, chanteur compositeur québéçois

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 22:32

Le meilleur de soi; victime de autres, bourreau de soi-même, la guérison du coeur...tous ces titres  best sellers ont fait connaitre en France ce psychanalyste jungien au drôle d'accent venu du Québec, Guy Corneau. Il vient de nous quitter à l'âge de 65 ans, le 5 janvier 2017. 

J'ai découvert sur le tard cet homme sans jamais l'avoir rencontré. Ce qui me rejoint chez lui, c'est à travers les ateliers qu'il a animés  avec des hommes et des femmes volontaires (et diffusés sur you tube), sa manière très singulière de poser un sourire de douceur pour exprimer et clarifier ce qui se passe dans nos vies, dans leur complexité et le méandre de notre personnage. Le personnage ! Voilà une expression bien à lui pour évoquer d'un trait tout ce que nous avons fabriqué dans notre inconscient depuis l'enfance pour exister, nous protéger, jouer les rôles attendus ou convenus. Mais le fameux personnage étouffe notre vraie personnalité, notre élan créateur, ce qui nous fait vivre vraiment. Guy Corneau avait cet art , art de la parole, du mot juste qui a provoqué probablement de nombreux retournements positifs de vie. Je pense notamment à cette vidéo d'un atelier dénommé "sortir de la prison de nos peurs". Première séquence : un bus s'enfonce dans un paysage tout blanc de neige pour atteindre un hôtel perdu dans la nature. Lieu idéal, selon Guy, pour contribuer à ce que les participants retrouvent la trace de leur personnage, par des jeux de rôle, par le dessin, par la confrontation,... et décident de s'en libérer ...non sans douleur, résistance, et émotions difficiles. J'aime beaucoup la conclusion que Guy exprime à tout le groupe à l'issue de ce séjour du bout du monde : " Je souhaite à chacun d'avoir le courage de sa création. C'est çà qui va changer votre monde et qui va changer le monde environnant...et l'univers."

A 65 ans, amoureux du théâtre, il est même monté sur les planches à Paris pour jouer le rôle d'un psychanalyste avec des sautes d'humeur ( ce qui n'est pas dans la déontologie de la profession) sur un thème  très large : l'amour dans tous ses états. L'héritage de Guy  Corneau est loin d'être épuisé. Comme un skieur de fond au coeur d'un parc national du Québec qui fait sa trace, il nous a ouvert une voie nouvelle. Oser affronter son personnage, le démasquer pour aller à la conquête de son élan créateur, celui qui nous aide à surfer dans les creux de vague de l'existence.

Merci à toi, Guy, le Christophe Colomb de l'âme humaine au doux accent québécois.

 

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 22:22
BLEU ET BLANC

Bleu et blanc

Bleu et blanc

Une trace blanche s’étire dans le ciel,

Et un oiseau aux larges ailes plane

Tout est uni sur le toit des Pyrénées

Bleu et blanc

Je suis assis, regardant

Le soleil, à l’heure solaire, brillant.

Je n’ai plus d’envie,

J’absorbe, avec tout mon corps, les rayons du soleil.

Bleu et blanc,

En bas, la vallée est plongée dans une mer de nuages.

En haut, les sommets verts et gris pointent vers le ciel

Ciel et terre sont unis, sont amis.

Bleu et blanc,

Le vent souffle au pic du Midi

La vallée des hommes est loin, très loin.

Les sommets pyrénéens émergent d’un voile blanc

L’air est pur, tout respire.

Bleu et blanc,

Les télescopes, le téléphérique, les espaces de vie

Symbolisent l’immense travail des hommes depuis un siècle,

Scientifiques, astrophysiciens, porteurs à plus de 2800 mètres.

Le pic, mariage du bleu et du blanc,

Vit le jour comme la nuit avec ses étoiles

Bleu et blanc,

Sans effort, sans chercher ailleurs,

Le temps est suspendu, je respire infiniment.

La trace blanche dans le ciel a finit sa course,

Un avion disparait à l’horizon.

Comme beaucoup de visiteurs, ce court texte témoigne de mon éblouissement de ma journée passée au Pic de Midi de Bigorre cet été. Observatoire perché à 2877 mètres d'altitude et de renommée internationale depuis 1912 , il vit des cohortes de chercheurs, astro physiciens accompagnés de porteurs locaux gravir sa pente avant 1952, date de la création du premier téléphérique.

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 21:36

" Il faut que je réagisse à son message", " Je dois faire demain cette réponse à ce collègue", " Il me faut absolument trouver une solution à ce problème", " Je dois me discipliner et mieux m'organiser dans ma gestion du temps".

Combien de fois dans une journée utilisons nous ces expressions " Il faut que" ou encore " Je dois" ?PRISON.jpg

Elles font tellement partie de nos automatismes de langage que bien souvent nous en sommes peu conscients.

Dans mon travail de coach et de formateur, j'ai été amené récemment à interpeller mes interlocuteurs, coachés et participants dans une formation à ces "gros mots" comme je les appelle en souriant.

D'abord , une réaction d'étonnement . Qu'est ce que cela produit finalement d'employer ces mots ? Je ne vois par leur côté dangereux ou pernicieux. Vous exagérez un peu en les pointant systématiquement.

Peut être que oui....peut être que non, à vous lecteur de vous forger votre propre opinion.

Premier constat : en employant "il faut que" ou " Je dois", je me donne une obligation à moi-même. Je me donne un ordre. Cela pourrait apparaitre stimulant pour une bonne cause. Sauf que si je ne réalise par le " Il faut que" ou encore " je dois", bonjour la culpabilisation.

Autre regard, et si je ne fais pas, qu'est ce que je risque avec moi-même ?

En fait, ma propre expérience m'invite à remplacer ces "gros mots" par des mots de liberté avec moi même tout en préservant l'intention initiale.

Je préfère " Je désire revoir mon organisation de mon temps" plutôt que " Je dois revoir ma manière de gérer mon temps".

Je préfère " J'ai besoin de prendre le temps de trouver une réponse adaptée à cette demande" plutôt que " Il faut que je réponde de manière adaptée à cette demande".

Est ce que la nuance vous semble t'-elle plus explicite ?

Pour aller plus loin, il est intéressant d'observer ce qui nous stimule vraiment par notre langage et ce qui peut nous enfermer dans nos propres prisons et visions étroites.

Avec cet article, j'ai le désir de provoquer un questionnement chez vous amis lecteur.

Donc,moralité, si vous vous surprenez avec ces "gros mots", ce n'est pas grave, Docteur, mais je vous invite simplement à expérimenter sur une durée signifiante ( au moins une semaine) leur remplacement par des mots de liberté comme " J'ai le désir de..." , " J'ai besoin de..." ou encore " Je veux...".

Observer ce qui se passe en vous avec ce remplacement. Et surtout, garder votre liberté de choix, de langage,celui qui vous ouvre la porte vers la vie, vers la vitalité.

En évoquant ce sujet, je pense à Marshall Rosenberg, psychologue américain de renom et auteur du processus dit de communication non violente et dont le premier ouvrage traduit en français porte comme sous titre : " Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs".

Repérer ce qui peut faire obstacle, mur dans notre dialogue intérieur me semble un pas important pour progresser vers une liberté intérieure écologique pour soi et pour nos interlocuteurs. Et maintenant, j'ouvre une fenêtre bien brumeuse et j'aperçois dans le ciel un vol harmonieux de flamands roses. Le temps suspend son vol, le langage n'a plus cours.

 

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 05:16

Encore une fois en moins de trois mois, le bracelet de ma montre chrono se casse. Je retourne chez mon magazin fournisseur, un peu agaçé. Réponse de la vendeuse : " Ce n'est pas le bracelet qui est cassé cette fois ci, c'est la barrette dans l'attache. Or, je n'en ai pas ici. Allez peut être voir dans le magasin voisin. S'ils n'ont pas de solution, revenez me voir pour un nouveau bracelet."fourmi.jpg

Le magasin situé dans une galerie marchande est juste à côté et j'adresse la même question. La vendeuse prend d'abord le soin d'ausculter attentivement le bracelet mais s'étonne tout d'un coup : " Regardez, ce bracelet a une attache soudée. Je ne peux pas remettre de petite barre. Cela suppose de changer de bracelet." J'étais sur le point de regagner l'autre magazin  voisin quand la vendeuse opiniatre me dit : " Attendez. J'ai peut être une solution." Elle cherche dans son arrière boutique et revient : " Regardez, ce bracelet est un bracelet en silicone, plus solide que le plastique et la barrette peut se changer. Qu'en pensez vous ?" Surpris, je constatais en plus que le bracelet était plus doux à porter. Finalement, par courtoisie, je suis repassé dans le magasin de départ, mon fournisseur habituel et j'ai lancé à la vendeuse :

" Votre voisin a trouvé une solution pour moi. Merci."

Cette petite fable de la vie quotidienne tout à fait authentique a été pour moi l'illustration d'une leçon de vie sur la persévérance et la détermination. Je prends la précaution de préciser que je n'en veux pas à la première vendeuse qui a eu l'honnêteté de me renvoyer à la concurrence. C'est surtout l'attitude de fond de la deuxième vendeuse qui retient mon attention.

Décomposons , pour la pédagogie de l'exemple, les comportements successifs :

- elle prend le temps de regarder attentivement le problème globalement et découvre la faille. La barrette ne peut être changée seule.

- elle ne capitule pas et, concentrée, cherche une solution pour répondre à mon besoin.

- elle me présente une solution ( le bracelet en silicone) de manière inattendue sans pression mais avec conviction.

Ce qui me rend admiratif de ce comportement, c'est l'alliance de deux qualités ou forces de caractère dont elle a fait preuve et qui ont retourné la situation à son avantage : la persévérance et la détermination.

Persévérance à l'image d'une fourmi qui sait qu'elle ira au bout de son travail quel que soit le temps ou l'intensité de l'effort à fournir.

Détermination, cette force, cette énergie qui nous concentre sur le but fixé. En l'occurence, trouver une solution adaptée pour un client.

En transposant ces deux belles qualités à nos changements dans la vie quotidienne ou encore dans la vie professionnelle, une question nous est posée : " Et si j'utilisais ce couple  dynamique : persévérance + détermination" pour avancer vers mes objectifs au delà des moments de doute et de découragement ?".

En effet, l'ultime morale de cette histoire de bracelet, c'est que cette vendeuse m'a redonné l'espoir d'un bracelet plus durable. Et j'y crois !


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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 07:38

DEUXIEME PARTIE SUR LA JOIE

 

La réunion de famille est à son comble : les petits enfants sont revenus des quatre coins de France et même du monde, leurs parents sont détendus et les grands parents heureux de ces retrouvailles devenues exceptionnelles quand chacun a pris domicile et travail dans des régions éparpillées . Blagues, histoires drôles, jeux , tout est là pour que pointe Dame Joie sur les visages mais aussi dans les coeurs. Cette joie imprenable n'a pas d'ingrédient spécifique sauf celui d'être la résultante d'hommes et de femmes heureux de se retrouver  en famille et conscients que ce moment a un sens particulier. Pour autant, devons nous attendre ces moments collectifs pour retrouver notre joie, celle de notre enfance ou encore celle que notre enfant intérieur a pu préserver ? Que dire alors aux personnes seules, isolées qui n'auraient alors peu droit à ces moments de joie ?rando-cirque-de-Navacelle-013.jpg

Certes, personne n'est capable de fabriquer de la joie comme un boulanger peut pétrir une pâte pour la transformer en pain. Peux on cependant imaginer trouver la source de la joie au delà des joies collectives spontanées en famille, entre amis, à l'issue d'une rencontre sportive ou encore dans des lieux de fête ?

En utilisant la métaphore de la rivière , j'entrevoie les perspectives d'entretenir la joie, de l'amplifier, et de remonter à sa source.

D'abord, il est opportun de se donner le droit de ne pas sentir la joie. J'ai parfaitement le droit de me sentir mal de temps à autre dans une société qui prône le bonheur à tout prix. Ainsi, en descendant dans ma rivière, je peux observer des poissons ou "poisons" de contrariété, de soucis, de pensées négatives qui m'obsèdent tous les jours. Je suis vigilant pou ne pas chercher à les retenir, je les laisse passer dans ma rivière en les observant simplement sans jugement, sans chercher à les coincer. C'est l'attitude de l'observateur qui prend distance avec ses pensées et ses émotions.

Deuxième mouvement, je prends mon épuisette chaque jour et je retiens les cadeaux qui m'ont été donnés : une joie inattendue en retrouvant telle personne ou ami, un coup de fil qui remonte le moral, un sourire accueillant chez un commerçant, bref, faire mémoire à la fin de sa journée, de tous ces moments où je peux être vraiment reconnaissant (1).

Troisième mouvement, je ne reste pas statique dans ma rivière, je cherche à remonter le courant pour trouver la source. Or, en atteignant cette source, à contre courant de ma vie trépidante qui m'entrainerait plutôt en aval dans le tourbillon des distractions, des encombrements ou encore des énervements, je constate qu'elle est un peu, beaucoup, énormément obturée par des grosses pierres qui en limitent le débit. Que sont ces grosses pierres ?

D'abord tout ce qui m'empêche de reconnaitre les moments de joie dans ma vie, des croyances comme " La joie, ce n'est pas pour moi.", " Au travail, ce n'est pas la joie.", ou bien encore " Restons sérieux dans ce monde grave. La joie n'a plus sa place..." Ces petites phrases en sourdine sont nos pierres qui nous encombrent le passage pour remonter à la joie . Enfin, après avoir déblayé plusieurs lourdes pierres,  je la découvre. Surpris, je m'aperçois qu'elle ne bouillonne pas , elle est une eau tranquille, transparente, scintillante sur laquelle je peux voir un visage souriant animé pars des yeux pétillants. Ce visage, je le reconnais, c'est le mien quand je me sens vraiment porté par une joie intérieure, imprenable, celle qui vient des profondeurs de mon être, celle qui traverse les épreuves.

Cette joie  nous relie à notre énergie vitale, notre élan créateur, notre enthousiasme originel. Cette joie nous transporte dans un univers où nous retrouvons cette harmonie corps-coeur-tête.

Et puis, avec mon épuisette , je peux régulièrement vérifier où en est mon réservoir de joie avec des petites questions simples :

- Est ce que je me rappelle ma dernière joie ? Comment je peux la décrire ?

- Est ce que j'ai "en stock" ,sans remonter au siècle dernier, une anecdote récente, une histoire drôle personnelle qui m'a redonné de la légéreté, du souffle dans une journée ?

Enfin, revenir à ces "joies mémorisées" quand le ciel de mes journées s'assombrie sous les nuages de la contrariété, des soucis ou encore du stress, c'est se donner la possibilité de réveiller notre vitalité profonde.

Un secret de cette joie , elle se dilate quand nous portons notre attention aux autres pour leur faire plaisir. C'est la joie du donneur amplifiée aussi par la joie du receveur.

Retrouver la source de la joie, c'est garder au coeur cette force de vie qui nous fait agir en déployant toute notre énergie orientée vers une direction précise.

Joie, sérénité, élan, enthousiasme, vitalité, force de vie pourraient colorer notre dialogue intérieur et ainsi nous ramener plus facilement à la source...

 

(1) article sur ce blog DIRE MERCI REND HEUREUX !

 



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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 05:59

MANDELA.jpgPREMIERE PARTIE

 

Quand chacun est pris dans ses petits ou gros soucis du quotidien, ou encore dans un stress ambiant au sein d'un milieu professionnel , il ou elle peut rêver de ses futurs congés ou vacances en se disant :" Il faut que je tienne jusque là. Les vacances ne sont pas trop loin. Elles vont me refaire une santé, me sortir de tout çà, ....". Ce rêve de "mieux pour plus tard" nous cache  à  nous même la possibilité de rester dans le temps présent et d'y puiser un ingrédient parfois oublié : la JOIE.

Comment accèder à la joie ?

Comment y accèder quand " tout fout le camp", quand le moral est en berne, quand nous ressentons dans nos tripes que notre environnement est instable et que l'avenir est incertain ?

Bonne nouvelle : ces questions, plusieurs auteurs actuels, philosophes, spirituels, psychologues et coachs se les posent et nous ouvrent des pistes, des fenêtres pour sortir de nos conditionnements d'homme ou de femme du XXIème siècle.

Consentir est le mouvement auquel nous convie le jeune philosophe Martin Steffens. Consentir n'est pas se résigner, "c'est voir ce qui est, pour ne plus pleurnicher sur ce qui aurait dû être.C'est s'offrir au  présent...".. Plus loin dans son ouvrage(1), il évoquera le "Oui à la vie, à toute sa vie" pour se réconcilier avec son passé, les épreuves vécues, les décisions que nous avons pu regretter. Entrer dans le chemin de la joie, c'est déjà consentir à ce que je suis aujourd'hui, avec tout ce que je suis.

Mais qu'est ce que la joie finalement ?.

Pour les psychologues, et notamment à travers le courant de l'intelligence émotionnnelle, la joie est une émotion agréable à l'opposé des émotions plus ou moins désagréables que sont la tristesse, la colère ou encore la peur. Et cette joie provoque un état physiologique bien repérable. Joyeux, nous nous sentons légers, sans souci, libérés de nos tensions et ouverts au partage pour accueillir tout ce qui vient de l'environnement. La joie du sportif qui vient de franchir la ligne d'arrivée en vainqueur : son visage jusqu'à présent tendu par l'effort laisse éclater un sourire, une détente qui le transforme instantanément.  Martin Fourcade, récent champion olympique en biathlon aux jeux de Sotchi nous en offre une image forte : une fois la ligne d'arrivée franchie,  il retire prestement ses skis de fond et dans un geste d'explosion de joie, il les lève vers le ciel ! La joie est belle et bien une énergie qui rayonne autour de soi.

Paul Hervé Vintrou (2), coach de managers et d'équipes, démontre que la joie est bonne pour notre santé et nous permet de décharger nos poids de soucis pour retrouver une légéreté de l'âme. D'ailleurs, nous pourrions tous constater qu'un manager, qui témoigne la joie de vivre au fond de lui, stimule bien plus ses collaborateurs qu'un manager rigide, sérieux, voire triste qui aurait les mêmes objectifs et contraintes à gérer.La joie peut générer du courage, de l'audace en désinhibant les craintes et en nous poussant vers l'action, vers l'oser.

Anselm Grün (3), moine  bénédictin allemand, nous renvoie à nous mêmes : nous sommes responsables de la manière de voir la vie, d'interpréter les événements qui nous surviennent. Certes, nous ne sommes pas des robots pouvant passer avec un coup de "stop and go" de la tristesse à la joie, de la colère à la joie ou encore de la peur à la joie. Il s'inspire du récit biblique de Zaché, ce percepteur d'impôt, petit, roublard qui, à la vue de Jésus, descendit de son arbre pour l'accueillir avec joie. Il nous appartient aussi de rester dans des schémas de pensée plus ou moins négatifs générateurs de sentiments négatifs...ou encore de changer de lunettes pour regarder autrement notre réalité. Bien sûr, quelqu'un peut se  sentir mal dans un environnement qui est stressant, ennuyeux, agressif...Question : que fait ce quelqu'un pour se sentir mieux, un peu mieux dans ce même environnement. Alexandre Jollien, philosophe suisse marqué par une période de vie difficile dans un établissement spécialisé à cause de son infirmité motrice cérébrale le témoigne : " Quand je vais moins bien, je me demande tout de suite : qu'est ce que je peux faire concrètement pour aller mieux ?"

Les portes d'accès à la joie passent par ce changement de posture, ce réflexe salutaire :

descendre de son arbre et aller à la rencontre de soi ou/et de l'autre, ouvrir son regard sur ce qui est vivant en soi et autour de soi, et enclencher une action. A suivre...

 

photo : la joie de Nelson Mandela (1918-2013), ancien président de l'Afrique du Sud.

 

(1) consentir à la vie, une porte sur l'espérance


(2) Manager dans la joie


(3) ANSELM GRUN, moine manager au grand coeur

 






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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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