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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 21:28

Près de 70 millions de vues sur You Tube en février 2017.

Qui se cache derrière le succès planétaire de cette vidéo ? Un youtubeur qui a fait un buzz ? Un grand artiste du show biz ? Un homme politique ? Un gag vidéo ? ...Non, ne chercher plus. Il s'agit d'un Monsieur portant un célèbre chapeau décédé à 82 ans en novembre 2016. Son nom : Léonard Cohen. Probablement que ce nom n'évoque rien de particulier pour les jeunes générations. Et pourtant, je vous invite, toute génération confondue, à écouter Hallelujah chanté avec une intériorité sortie de l'âme d'un homme de près de 80 ans revenu sur scène. Mêlant un sens spirituel avec une forme de sensualité dans les paroles, il nous entraîne dans une louange mystique avec des paroles  très mélangées, parfois ambigûes. Peu importe. Ce qui touche, me semble -il, c'est cette manière unique, les yeux fermés, de nous faire rejoindre , avec sa voix intérieure, une dimension du coeur. Rare, tellement rare.

There's a blaze of light in every word

Il y a un éclat de lumière dans chaque mot.

Cette chanson est une vraie lumière inondant d'authenticité, de profondeur, de rêve notre petite planète. Un appel à résister face aux extrémismes de toute sorte, politique ou religieux.

Hallelujah est un hymne célébrant la beauté du monde, une porte ouverte vers l'âme qui vibre dans le monde. Hallelujah ! Hallelujah !

 

Léonard Cohen, chanteur compositeur québéçois

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 22:32

Le meilleur de soi; victime de autres, bourreau de soi-même, la guérison du coeur...tous ces titres  best sellers ont fait connaitre en France ce psychanalyste jungien au drôle d'accent venu du Québec, Guy Corneau. Il vient de nous quitter à l'âge de 65 ans, le 5 janvier 2017. 

J'ai découvert sur le tard cet homme sans jamais l'avoir rencontré. Ce qui me rejoint chez lui, c'est à travers les ateliers qu'il a animés  avec des hommes et des femmes volontaires (et diffusés sur you tube), sa manière très singulière de poser un sourire de douceur pour exprimer et clarifier ce qui se passe dans nos vies, dans leur complexité et le méandre de notre personnage. Le personnage ! Voilà une expression bien à lui pour évoquer d'un trait tout ce que nous avons fabriqué dans notre inconscient depuis l'enfance pour exister, nous protéger, jouer les rôles attendus ou convenus. Mais le fameux personnage étouffe notre vraie personnalité, notre élan créateur, ce qui nous fait vivre vraiment. Guy Corneau avait cet art , art de la parole, du mot juste qui a provoqué probablement de nombreux retournements positifs de vie. Je pense notamment à cette vidéo d'un atelier dénommé "sortir de la prison de nos peurs". Première séquence : un bus s'enfonce dans un paysage tout blanc de neige pour atteindre un hôtel perdu dans la nature. Lieu idéal, selon Guy, pour contribuer à ce que les participants retrouvent la trace de leur personnage, par des jeux de rôle, par le dessin, par la confrontation,... et décident de s'en libérer ...non sans douleur, résistance, et émotions difficiles. J'aime beaucoup la conclusion que Guy exprime à tout le groupe à l'issue de ce séjour du bout du monde : " Je souhaite à chacun d'avoir le courage de sa création. C'est çà qui va changer votre monde et qui va changer le monde environnant...et l'univers."

A 65 ans, amoureux du théâtre, il est même monté sur les planches à Paris pour jouer le rôle d'un psychanalyste avec des sautes d'humeur ( ce qui n'est pas dans la déontologie de la profession) sur un thème  très large : l'amour dans tous ses états. L'héritage de Guy  Corneau est loin d'être épuisé. Comme un skieur de fond au coeur d'un parc national du Québec qui fait sa trace, il nous a ouvert une voie nouvelle. Oser affronter son personnage, le démasquer pour aller à la conquête de son élan créateur, celui qui nous aide à surfer dans les creux de vague de l'existence.

Merci à toi, Guy, le Christophe Colomb de l'âme humaine au doux accent québécois.

 

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 22:22
BLEU ET BLANC

Bleu et blanc

Bleu et blanc

Une trace blanche s’étire dans le ciel,

Et un oiseau aux larges ailes plane

Tout est uni sur le toit des Pyrénées

Bleu et blanc

Je suis assis, regardant

Le soleil, à l’heure solaire, brillant.

Je n’ai plus d’envie,

J’absorbe, avec tout mon corps, les rayons du soleil.

Bleu et blanc,

En bas, la vallée est plongée dans une mer de nuages.

En haut, les sommets verts et gris pointent vers le ciel

Ciel et terre sont unis, sont amis.

Bleu et blanc,

Le vent souffle au pic du Midi

La vallée des hommes est loin, très loin.

Les sommets pyrénéens émergent d’un voile blanc

L’air est pur, tout respire.

Bleu et blanc,

Les télescopes, le téléphérique, les espaces de vie

Symbolisent l’immense travail des hommes depuis un siècle,

Scientifiques, astrophysiciens, porteurs à plus de 2800 mètres.

Le pic, mariage du bleu et du blanc,

Vit le jour comme la nuit avec ses étoiles

Bleu et blanc,

Sans effort, sans chercher ailleurs,

Le temps est suspendu, je respire infiniment.

La trace blanche dans le ciel a finit sa course,

Un avion disparait à l’horizon.

Comme beaucoup de visiteurs, ce court texte témoigne de mon éblouissement de ma journée passée au Pic de Midi de Bigorre cet été. Observatoire perché à 2877 mètres d'altitude et de renommée internationale depuis 1912 , il vit des cohortes de chercheurs, astro physiciens accompagnés de porteurs locaux gravir sa pente avant 1952, date de la création du premier téléphérique.

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 21:36

" Il faut que je réagisse à son message", " Je dois faire demain cette réponse à ce collègue", " Il me faut absolument trouver une solution à ce problème", " Je dois me discipliner et mieux m'organiser dans ma gestion du temps".

Combien de fois dans une journée utilisons nous ces expressions " Il faut que" ou encore " Je dois" ?PRISON.jpg

Elles font tellement partie de nos automatismes de langage que bien souvent nous en sommes peu conscients.

Dans mon travail de coach et de formateur, j'ai été amené récemment à interpeller mes interlocuteurs, coachés et participants dans une formation à ces "gros mots" comme je les appelle en souriant.

D'abord , une réaction d'étonnement . Qu'est ce que cela produit finalement d'employer ces mots ? Je ne vois par leur côté dangereux ou pernicieux. Vous exagérez un peu en les pointant systématiquement.

Peut être que oui....peut être que non, à vous lecteur de vous forger votre propre opinion.

Premier constat : en employant "il faut que" ou " Je dois", je me donne une obligation à moi-même. Je me donne un ordre. Cela pourrait apparaitre stimulant pour une bonne cause. Sauf que si je ne réalise par le " Il faut que" ou encore " je dois", bonjour la culpabilisation.

Autre regard, et si je ne fais pas, qu'est ce que je risque avec moi-même ?

En fait, ma propre expérience m'invite à remplacer ces "gros mots" par des mots de liberté avec moi même tout en préservant l'intention initiale.

Je préfère " Je désire revoir mon organisation de mon temps" plutôt que " Je dois revoir ma manière de gérer mon temps".

Je préfère " J'ai besoin de prendre le temps de trouver une réponse adaptée à cette demande" plutôt que " Il faut que je réponde de manière adaptée à cette demande".

Est ce que la nuance vous semble t'-elle plus explicite ?

Pour aller plus loin, il est intéressant d'observer ce qui nous stimule vraiment par notre langage et ce qui peut nous enfermer dans nos propres prisons et visions étroites.

Avec cet article, j'ai le désir de provoquer un questionnement chez vous amis lecteur.

Donc,moralité, si vous vous surprenez avec ces "gros mots", ce n'est pas grave, Docteur, mais je vous invite simplement à expérimenter sur une durée signifiante ( au moins une semaine) leur remplacement par des mots de liberté comme " J'ai le désir de..." , " J'ai besoin de..." ou encore " Je veux...".

Observer ce qui se passe en vous avec ce remplacement. Et surtout, garder votre liberté de choix, de langage,celui qui vous ouvre la porte vers la vie, vers la vitalité.

En évoquant ce sujet, je pense à Marshall Rosenberg, psychologue américain de renom et auteur du processus dit de communication non violente et dont le premier ouvrage traduit en français porte comme sous titre : " Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs".

Repérer ce qui peut faire obstacle, mur dans notre dialogue intérieur me semble un pas important pour progresser vers une liberté intérieure écologique pour soi et pour nos interlocuteurs. Et maintenant, j'ouvre une fenêtre bien brumeuse et j'aperçois dans le ciel un vol harmonieux de flamands roses. Le temps suspend son vol, le langage n'a plus cours.

 

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 05:16

Encore une fois en moins de trois mois, le bracelet de ma montre chrono se casse. Je retourne chez mon magazin fournisseur, un peu agaçé. Réponse de la vendeuse : " Ce n'est pas le bracelet qui est cassé cette fois ci, c'est la barrette dans l'attache. Or, je n'en ai pas ici. Allez peut être voir dans le magasin voisin. S'ils n'ont pas de solution, revenez me voir pour un nouveau bracelet."fourmi.jpg

Le magasin situé dans une galerie marchande est juste à côté et j'adresse la même question. La vendeuse prend d'abord le soin d'ausculter attentivement le bracelet mais s'étonne tout d'un coup : " Regardez, ce bracelet a une attache soudée. Je ne peux pas remettre de petite barre. Cela suppose de changer de bracelet." J'étais sur le point de regagner l'autre magazin  voisin quand la vendeuse opiniatre me dit : " Attendez. J'ai peut être une solution." Elle cherche dans son arrière boutique et revient : " Regardez, ce bracelet est un bracelet en silicone, plus solide que le plastique et la barrette peut se changer. Qu'en pensez vous ?" Surpris, je constatais en plus que le bracelet était plus doux à porter. Finalement, par courtoisie, je suis repassé dans le magasin de départ, mon fournisseur habituel et j'ai lancé à la vendeuse :

" Votre voisin a trouvé une solution pour moi. Merci."

Cette petite fable de la vie quotidienne tout à fait authentique a été pour moi l'illustration d'une leçon de vie sur la persévérance et la détermination. Je prends la précaution de préciser que je n'en veux pas à la première vendeuse qui a eu l'honnêteté de me renvoyer à la concurrence. C'est surtout l'attitude de fond de la deuxième vendeuse qui retient mon attention.

Décomposons , pour la pédagogie de l'exemple, les comportements successifs :

- elle prend le temps de regarder attentivement le problème globalement et découvre la faille. La barrette ne peut être changée seule.

- elle ne capitule pas et, concentrée, cherche une solution pour répondre à mon besoin.

- elle me présente une solution ( le bracelet en silicone) de manière inattendue sans pression mais avec conviction.

Ce qui me rend admiratif de ce comportement, c'est l'alliance de deux qualités ou forces de caractère dont elle a fait preuve et qui ont retourné la situation à son avantage : la persévérance et la détermination.

Persévérance à l'image d'une fourmi qui sait qu'elle ira au bout de son travail quel que soit le temps ou l'intensité de l'effort à fournir.

Détermination, cette force, cette énergie qui nous concentre sur le but fixé. En l'occurence, trouver une solution adaptée pour un client.

En transposant ces deux belles qualités à nos changements dans la vie quotidienne ou encore dans la vie professionnelle, une question nous est posée : " Et si j'utilisais ce couple  dynamique : persévérance + détermination" pour avancer vers mes objectifs au delà des moments de doute et de découragement ?".

En effet, l'ultime morale de cette histoire de bracelet, c'est que cette vendeuse m'a redonné l'espoir d'un bracelet plus durable. Et j'y crois !


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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 07:38

DEUXIEME PARTIE SUR LA JOIE

 

La réunion de famille est à son comble : les petits enfants sont revenus des quatre coins de France et même du monde, leurs parents sont détendus et les grands parents heureux de ces retrouvailles devenues exceptionnelles quand chacun a pris domicile et travail dans des régions éparpillées . Blagues, histoires drôles, jeux , tout est là pour que pointe Dame Joie sur les visages mais aussi dans les coeurs. Cette joie imprenable n'a pas d'ingrédient spécifique sauf celui d'être la résultante d'hommes et de femmes heureux de se retrouver  en famille et conscients que ce moment a un sens particulier. Pour autant, devons nous attendre ces moments collectifs pour retrouver notre joie, celle de notre enfance ou encore celle que notre enfant intérieur a pu préserver ? Que dire alors aux personnes seules, isolées qui n'auraient alors peu droit à ces moments de joie ?rando-cirque-de-Navacelle-013.jpg

Certes, personne n'est capable de fabriquer de la joie comme un boulanger peut pétrir une pâte pour la transformer en pain. Peux on cependant imaginer trouver la source de la joie au delà des joies collectives spontanées en famille, entre amis, à l'issue d'une rencontre sportive ou encore dans des lieux de fête ?

En utilisant la métaphore de la rivière , j'entrevoie les perspectives d'entretenir la joie, de l'amplifier, et de remonter à sa source.

D'abord, il est opportun de se donner le droit de ne pas sentir la joie. J'ai parfaitement le droit de me sentir mal de temps à autre dans une société qui prône le bonheur à tout prix. Ainsi, en descendant dans ma rivière, je peux observer des poissons ou "poisons" de contrariété, de soucis, de pensées négatives qui m'obsèdent tous les jours. Je suis vigilant pou ne pas chercher à les retenir, je les laisse passer dans ma rivière en les observant simplement sans jugement, sans chercher à les coincer. C'est l'attitude de l'observateur qui prend distance avec ses pensées et ses émotions.

Deuxième mouvement, je prends mon épuisette chaque jour et je retiens les cadeaux qui m'ont été donnés : une joie inattendue en retrouvant telle personne ou ami, un coup de fil qui remonte le moral, un sourire accueillant chez un commerçant, bref, faire mémoire à la fin de sa journée, de tous ces moments où je peux être vraiment reconnaissant (1).

Troisième mouvement, je ne reste pas statique dans ma rivière, je cherche à remonter le courant pour trouver la source. Or, en atteignant cette source, à contre courant de ma vie trépidante qui m'entrainerait plutôt en aval dans le tourbillon des distractions, des encombrements ou encore des énervements, je constate qu'elle est un peu, beaucoup, énormément obturée par des grosses pierres qui en limitent le débit. Que sont ces grosses pierres ?

D'abord tout ce qui m'empêche de reconnaitre les moments de joie dans ma vie, des croyances comme " La joie, ce n'est pas pour moi.", " Au travail, ce n'est pas la joie.", ou bien encore " Restons sérieux dans ce monde grave. La joie n'a plus sa place..." Ces petites phrases en sourdine sont nos pierres qui nous encombrent le passage pour remonter à la joie . Enfin, après avoir déblayé plusieurs lourdes pierres,  je la découvre. Surpris, je m'aperçois qu'elle ne bouillonne pas , elle est une eau tranquille, transparente, scintillante sur laquelle je peux voir un visage souriant animé pars des yeux pétillants. Ce visage, je le reconnais, c'est le mien quand je me sens vraiment porté par une joie intérieure, imprenable, celle qui vient des profondeurs de mon être, celle qui traverse les épreuves.

Cette joie  nous relie à notre énergie vitale, notre élan créateur, notre enthousiasme originel. Cette joie nous transporte dans un univers où nous retrouvons cette harmonie corps-coeur-tête.

Et puis, avec mon épuisette , je peux régulièrement vérifier où en est mon réservoir de joie avec des petites questions simples :

- Est ce que je me rappelle ma dernière joie ? Comment je peux la décrire ?

- Est ce que j'ai "en stock" ,sans remonter au siècle dernier, une anecdote récente, une histoire drôle personnelle qui m'a redonné de la légéreté, du souffle dans une journée ?

Enfin, revenir à ces "joies mémorisées" quand le ciel de mes journées s'assombrie sous les nuages de la contrariété, des soucis ou encore du stress, c'est se donner la possibilité de réveiller notre vitalité profonde.

Un secret de cette joie , elle se dilate quand nous portons notre attention aux autres pour leur faire plaisir. C'est la joie du donneur amplifiée aussi par la joie du receveur.

Retrouver la source de la joie, c'est garder au coeur cette force de vie qui nous fait agir en déployant toute notre énergie orientée vers une direction précise.

Joie, sérénité, élan, enthousiasme, vitalité, force de vie pourraient colorer notre dialogue intérieur et ainsi nous ramener plus facilement à la source...

 

(1) article sur ce blog DIRE MERCI REND HEUREUX !

 



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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 05:59

MANDELA.jpgPREMIERE PARTIE

 

Quand chacun est pris dans ses petits ou gros soucis du quotidien, ou encore dans un stress ambiant au sein d'un milieu professionnel , il ou elle peut rêver de ses futurs congés ou vacances en se disant :" Il faut que je tienne jusque là. Les vacances ne sont pas trop loin. Elles vont me refaire une santé, me sortir de tout çà, ....". Ce rêve de "mieux pour plus tard" nous cache  à  nous même la possibilité de rester dans le temps présent et d'y puiser un ingrédient parfois oublié : la JOIE.

Comment accèder à la joie ?

Comment y accèder quand " tout fout le camp", quand le moral est en berne, quand nous ressentons dans nos tripes que notre environnement est instable et que l'avenir est incertain ?

Bonne nouvelle : ces questions, plusieurs auteurs actuels, philosophes, spirituels, psychologues et coachs se les posent et nous ouvrent des pistes, des fenêtres pour sortir de nos conditionnements d'homme ou de femme du XXIème siècle.

Consentir est le mouvement auquel nous convie le jeune philosophe Martin Steffens. Consentir n'est pas se résigner, "c'est voir ce qui est, pour ne plus pleurnicher sur ce qui aurait dû être.C'est s'offrir au  présent...".. Plus loin dans son ouvrage(1), il évoquera le "Oui à la vie, à toute sa vie" pour se réconcilier avec son passé, les épreuves vécues, les décisions que nous avons pu regretter. Entrer dans le chemin de la joie, c'est déjà consentir à ce que je suis aujourd'hui, avec tout ce que je suis.

Mais qu'est ce que la joie finalement ?.

Pour les psychologues, et notamment à travers le courant de l'intelligence émotionnnelle, la joie est une émotion agréable à l'opposé des émotions plus ou moins désagréables que sont la tristesse, la colère ou encore la peur. Et cette joie provoque un état physiologique bien repérable. Joyeux, nous nous sentons légers, sans souci, libérés de nos tensions et ouverts au partage pour accueillir tout ce qui vient de l'environnement. La joie du sportif qui vient de franchir la ligne d'arrivée en vainqueur : son visage jusqu'à présent tendu par l'effort laisse éclater un sourire, une détente qui le transforme instantanément.  Martin Fourcade, récent champion olympique en biathlon aux jeux de Sotchi nous en offre une image forte : une fois la ligne d'arrivée franchie,  il retire prestement ses skis de fond et dans un geste d'explosion de joie, il les lève vers le ciel ! La joie est belle et bien une énergie qui rayonne autour de soi.

Paul Hervé Vintrou (2), coach de managers et d'équipes, démontre que la joie est bonne pour notre santé et nous permet de décharger nos poids de soucis pour retrouver une légéreté de l'âme. D'ailleurs, nous pourrions tous constater qu'un manager, qui témoigne la joie de vivre au fond de lui, stimule bien plus ses collaborateurs qu'un manager rigide, sérieux, voire triste qui aurait les mêmes objectifs et contraintes à gérer.La joie peut générer du courage, de l'audace en désinhibant les craintes et en nous poussant vers l'action, vers l'oser.

Anselm Grün (3), moine  bénédictin allemand, nous renvoie à nous mêmes : nous sommes responsables de la manière de voir la vie, d'interpréter les événements qui nous surviennent. Certes, nous ne sommes pas des robots pouvant passer avec un coup de "stop and go" de la tristesse à la joie, de la colère à la joie ou encore de la peur à la joie. Il s'inspire du récit biblique de Zaché, ce percepteur d'impôt, petit, roublard qui, à la vue de Jésus, descendit de son arbre pour l'accueillir avec joie. Il nous appartient aussi de rester dans des schémas de pensée plus ou moins négatifs générateurs de sentiments négatifs...ou encore de changer de lunettes pour regarder autrement notre réalité. Bien sûr, quelqu'un peut se  sentir mal dans un environnement qui est stressant, ennuyeux, agressif...Question : que fait ce quelqu'un pour se sentir mieux, un peu mieux dans ce même environnement. Alexandre Jollien, philosophe suisse marqué par une période de vie difficile dans un établissement spécialisé à cause de son infirmité motrice cérébrale le témoigne : " Quand je vais moins bien, je me demande tout de suite : qu'est ce que je peux faire concrètement pour aller mieux ?"

Les portes d'accès à la joie passent par ce changement de posture, ce réflexe salutaire :

descendre de son arbre et aller à la rencontre de soi ou/et de l'autre, ouvrir son regard sur ce qui est vivant en soi et autour de soi, et enclencher une action. A suivre...

 

photo : la joie de Nelson Mandela (1918-2013), ancien président de l'Afrique du Sud.

 

(1) consentir à la vie, une porte sur l'espérance


(2) Manager dans la joie


(3) ANSELM GRUN, moine manager au grand coeur

 






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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 20:11

Michel Giffard, coach de managers et d'équipes et directeur de programmes à HEC, est passionné par une thématique qu'il explore depuis plus de 30 ans : l'intuition. A l'occasion des rencontres nationales des coachs internes à Montpellier, j'ai eu le plaisir de le rencontrer. Belle rencontre d'un coach , auteur reconnu avec plusieurs ouvrages à son crédit et qui a su préserver humilité et simplicité de contact.Michel Giffard

 

Première partie de l'interview

 

Qu'est ce qui vous a conduit à vous intéresser de si près à l'intuition en y consacrant un ouvrage complet (1) ? Qu'est ce qui a été votre déclic ?

Un séjour de sept ans en Afrique noire, une psychanalyse jungienne et un parcours avec Alejandro Jodorowsky m'on amené à rencontrer d'autres niveaux de réalité que la seule rationnalité occidentale. Mon métier de consultant et de coach m'a permis d'explorer une voie médiane à approfondir entre les outils rationnels peu performants et l'irrationnel non maîtrisé, et cette voie, c'est l'intuition.

 

Vous définissez l'intuition comme  " la perception spontanée et rapide d'une information sans l'attention consciente du raisonnement". Et vous affirmez que l'intuition se développe à partir d'une attitude intérieure juste. Dans votre ouvrage, vous citez l'état alpha comme état de conscience favorable à l'accueil des intuitions. Pouvez vous préciser ce qu'est l'état alpha  ?

L'état alpha est l'état naturel que vous traversez au cours des quelques instants qui précèdent l'endormissement ou le réveil. C'est le moment où vous apparaissent vos meilleurs idées et vos plus belles images, le moment où votre vie parait facile, car les décisions à prendre et les actions à mener sont évidentes et simples. C'est aussi un moment fugitif dont vous  n'avez pas toujours conscience ou que vous assimilez au monde inutile des rêves de la nuit. Le nom "alpha" est celui donné à l'onde neuronale émise par le cerveau d'une personne en équilibre entre l'état de veille et le sommeil. Se mettre en état alpha consiste à modifier le rythme cérébral à la demande, pour amener votre cerveau à produire des ondes alpha tout en étant conscient et actif dans le monde extérieur. L'état alpha est un moyen de communiquer avec votre inconscient.  Vous êtes sans doute habitué à ne fonctionner que dans deux états qui s'excluent l'un et l'autre : l'état de veille active et l'état de sommeil passif. Avec l'état alpha obtenu consciemment, vous allez découvrir comment bénéficier des ondes alpha à la demande, comment mieux communiquer avec vous-mêmes et avoir accès à d'autres capacités et d'autres perceptions, tout en maintenant intactes vos capacités d'agir. L'état alpha facilite aussi l'apprentissage accéléré.

 

Comment une personne peut-elle atteindre par elle-même l'état alpha ?

Les réponses varient selon les pratiques des différentes écoles - pleine conscience, sophrologie, yoga, relaxation, méditation, autohypnose,...-mais elles ont toutes un point commun : apprendre l'art de vous relaxer à la demande quels que soient le lieu et le temps dont vous disposez. La relaxation diminue la fréquence des ondes neuronales jusqu'aux ondes alpha.

 

Concernant les scientifiques, vous montrez, notamment à travers l'expérience intuitive d'Albert Einstein, le père de la théorie de la relativité, combien l'intuition a été souvent à l'origine de grandes inventions et de découvertes. Concernant les hommes et les femmes publiques, politiques et médiatiques aujourd'hui en France et dans le monde, qui pourriez vous citer comme modèle d'intuition ou du moins démontrant une capacité à utiliser son intuition pour prendre des décisions pertinentes ?

L'intuition a encore mauvaise presse en Occident et les personnes célèbres reconnaissent rarement qu'elles doivent leur réussite essentiellement à leur intuition. Pour moi, toute personne qui réussit " facilement" dans sa vie professionnelle, capitaine d'industrie, scientifique, artiste,...utilise consciemment son intuition.

L'intelligence intuitive est rarement citée comme compétence à développer ou comme l'un des critères de recrutement en entreprise. Plusieurs enquêtes menées de façon anonyme indiquent qu'une majorité de cadres supérieurs affirment devoir plutôt leur succès à des décisions prises par intuition, et qu'une minorité seulement d'entre eux sont prêts à l'admettre publiquement !

 

A suivre  au prochain article : deuxième partie de l'interview :

l'intuition accessible à tous.

 

(1) Votre intuition au service du succès : amour-santé-travail : la méthode Giffard. Presses du Châtelet.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 06:06

KAIROS est un Dieu proche de CHRONOS, Dieu du temps dans la mythologie grecque. Mais un Dieu différent avec une particularité physique : c'est un jeune homme qui n'a qu'une seule touffe de cheveux sur la tête. En effet, il existerait trois hypothèses quand les grecs rencontraient KAIROS : ils ne le voyaient pas, ils le voyaient mais ne faisaient rien  ou encore ils le voyaient  et  le saisissaient par sa seule touffe pour ne pas le lâcher. Cette dernière option donne tout son sens à KAIROS, saisir précisément la touffe de cheveux, saisir l'opportunité qui passe, et agir au bon moment.KAIROS.JPG

Dès la grèce antique, Kairos trouva des applications pratiques dans plusieurs domaines. En médecine, il s'agissait d'observer le point critique d'une maladie et au médecin d'intervenir à ce moment précis pour tenter la guérison. Dans l'art militaire, le bon stratège sait qu'au delà de son potentiel en hommes et en armes, c'est le choix du moment pour porter l'attaque qui peut être décisif pour gagner la guerre.

Dans nos temps modernes, ceux de Charlie Chapplin, revus et corrigés avec le conditionnement de nos compagnons numériques omniprésents dans le travail, les transports collectifs, les commerces, et les espaces de loisir, il me semble opportun de réhabiliter KAIROS trop souvent caché par CHRONOS et la course au temps, en faire le maximum dans un minimum de temps, planifier, rentabiliser ou encore optimiser son temps.

L'image qui me vient spontanément est celle d'un cycliste sprinter professionnel lancé par ses coéquipiers à plus de 70km/h sur la dernière ligne droite avant l'arrivée d'une étape de plaine du tour de France. S'il déboite trop tôt, plaçé derrière  son coéquipier qui l'emmène, il prend du vent et risque de ne pas tenir les dernièrs mètres et se faire coiffer sur la ligne. S'il attend trop, il n'aura plus le temps pour "sauter" son adversaire et le "griller" sur la ligne d'arrivée. Le grand sprinter expérimenté sent d'instinct le bon moment, celui pour donner le coup de rein tout en puissance, sans se retourner pour ne voir que la ligne d'arrivée. Et là, sublime récompense, il se voit gagnant avant même de franchir la ligne car il sait qu'il ne pourra être dépassé.

Que nous enseigne le Kairos de ce sprinter expérimenté ?

D'abord, c'est l'expérience qui parle. Combien de sprints perdus pour ne pas avoir senti le bon moment qui se joue à la seconde près ? Savoir aussi reconnaître ses sensations internes. Le sprinter expérimenté pourra aussi avouer que ce jour là, il n'a pas la forme pour la gagne. L'art de l'observation rapide et  périphérique pour saisir en quelques secondes la position de tous ses concurrents directs mieux ou moins bien plaçés que lui. Enfin, cette prise de décision totale : j'y vais, j'y crois, et je me concentre totalement sur ma cible, la ligne d'arrivée.

Qui, aujourd'hui, parmi les décideurs politiques, économiques et sociaux, démontre une capacité à saisir le KAIROS ? Effectivement, le KAIROS relève aussi d'une vision claire de la ligne d'arrivée et d'un engagement total. Exercice difficile dans un monde déstabilisé par l'incertitude économique et le jeu des lobbies internationaux.

Je formule un simple voeux pour l'année 2014 qui s'annonce : que chacun, devant sa tâche, puisse cultiver son KAIROS, avec patience, courage et discernement. C'est assurément une force qui peut ouvrir de belles opportunités, même si le ciel actuel peut paraitre sombre avec un plafond bas. KAIROS nous invite à chercher HELIOS, le Dieu du soleil, symbole de lumière et de chaleur. Chaque matin, Hélios sort de l'océan à l'Orient et parcourt le ciel sur son char d'or traîné par quatre chevaux. Chaque soir, il replonge dans l'océan à l'Occident. Kairos, l'art d'agir au bon moment nous ouvre sur l'horizon de tous les possibles...


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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 11:49

Debout les gars, réveillez vous, il va falloir en mettre un coup. Debout les gars, réveillez vous, on va au bout du monde. Ces paroles très rythmées d'une chanson à succès  des années 60-70 sont celles du chanteur  Hugues Aufray, des paroles reprises dans beaucoup de colos de vacances et de lieux d'animation pour les jeunes  au siècle dernier. Et pourtant, elles me paraissent terriblement d'actualité à l'heure où vient de s'éteindre celui qui, après 27 ans vécues en prison, a trouvé l'énergie, la force de conviction , pour le pardon à ses oppresseurs et réconcilier noirs et blancs en Afrique du Sud : Nelson Mandela.invictus.jpeg

Se réveiller pour être debout, c'est un geste souvent machinal que nous effectuons tous les matins au saut du lit. Et pourtant, prenons nous le temps de vivre un "debout" qui nous réveille, qui nous reconnecte à nos forces vives pour partir d'un pas déterminé dans notre journée ?

Dans les traditions, il est souvent fait référence aux êtres éveillés. Qu'est ce qu'un être éveillé ?

Quelqu'un qui rayonne par un charisme particulier, une lucidité sur la vie, le monde et sa propre vie ? 

Bien sûr, nous pensons à ces personnnages charimastiques qui, par leur engagement, ont réveillé les consciences. Soeur Emmanuelle, débarquant à 60 ans en Egypte auprès des chiffonniers du Caire et appelant les nations à se réveiller à une solidarité avec les plus pauvres. Aujourd'hui, Pierre Rabhi, modeste agriculteur d'une ferme sans produits chimiques au coeur de l'Ardèche dans les années 60, devenu un expert reconnu et écouté en bioagriculture et appelant nos consciences à revoir nos modes de consommation pour retrouver le goût d'une sobriété heureuse.

Et si l'éveillé, c'était déjà chacun de nous quand il se donne les moyens d'un réveil matinal le mettant réellement debout ?

Que l'on soit standardiste dans une entreprise, enseignant, éboueur ou contrôleur SNCF..., je préconise un moyen à la portée de tous : l'intention du jour.

Quand je me lève, une fois peut être, la douche prise et le cerveau réactivé au bord d'une tasse de café ou un bol de thé, je peux me poser sans urgence la question : " Aujourd'hui, quelle intention je désire me donner pour vivre cette journée ?"

Laissons remonter la réponse comme la vapeur qui se dégage d'une eau bouillante.

Cette intention peut alors devenir le fil rouge invisible de votre journée. En effet l'intention est la formulation d'une pensée qui oriente et concentre nos énergies ( physiques, intellectuelles et spirituelles) vers une même direction. Elle peut alors donner un élan de vie à notre journée quelles que soient les événements et même les contrariétés qui nous attendent.

Se donner une intention de journée, c'est se donner, à sa mesure, le pouvoir d'orienter notre cap, de surfer sur les événements pour préserver cet élan de vie, cet élan créateur.

Un homme a probablement du vivre pleinement cette démarche pendant au moins 27 ans au fond de sa prison pour tenir debout. Un poème repris dans le film culte de 2009, Invictus ( racontant la victoire de l'équipe de rugby d'Afrique du Sud à la coupe du monde de rugby organisé dans ce pays en 1995, une victoire symbolisant le renouveau d'une nation sortie de l'apartheid) a été , selon le témoignage direct de Nelson Mandela, un soutien aux heures les plus dures de son emprisonnement en lui redonnant la force d'espérer. La ponctuation de ce poème datant de 1875 (1) peut s'avérer un bon starter pour un réveil matinal apte à nous mettre DEBOUT :

" Je suis le maître de mon destin,  je suis le capitaine de mon âme."

 

(1) poème écrit par un jeune homme de 25 ans,  William Henley, sur son lit d'hopîtal à la suite d'une amputation du pied.

 

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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