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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 20:11

Michel Giffard, coach de managers et d'équipes et directeur de programmes à HEC, est passionné par une thématique qu'il explore depuis plus de 30 ans : l'intuition. A l'occasion des rencontres nationales des coachs internes à Montpellier, j'ai eu le plaisir de le rencontrer. Belle rencontre d'un coach , auteur reconnu avec plusieurs ouvrages à son crédit et qui a su préserver humilité et simplicité de contact.Michel Giffard

 

Première partie de l'interview

 

Qu'est ce qui vous a conduit à vous intéresser de si près à l'intuition en y consacrant un ouvrage complet (1) ? Qu'est ce qui a été votre déclic ?

Un séjour de sept ans en Afrique noire, une psychanalyse jungienne et un parcours avec Alejandro Jodorowsky m'on amené à rencontrer d'autres niveaux de réalité que la seule rationnalité occidentale. Mon métier de consultant et de coach m'a permis d'explorer une voie médiane à approfondir entre les outils rationnels peu performants et l'irrationnel non maîtrisé, et cette voie, c'est l'intuition.

 

Vous définissez l'intuition comme  " la perception spontanée et rapide d'une information sans l'attention consciente du raisonnement". Et vous affirmez que l'intuition se développe à partir d'une attitude intérieure juste. Dans votre ouvrage, vous citez l'état alpha comme état de conscience favorable à l'accueil des intuitions. Pouvez vous préciser ce qu'est l'état alpha  ?

L'état alpha est l'état naturel que vous traversez au cours des quelques instants qui précèdent l'endormissement ou le réveil. C'est le moment où vous apparaissent vos meilleurs idées et vos plus belles images, le moment où votre vie parait facile, car les décisions à prendre et les actions à mener sont évidentes et simples. C'est aussi un moment fugitif dont vous  n'avez pas toujours conscience ou que vous assimilez au monde inutile des rêves de la nuit. Le nom "alpha" est celui donné à l'onde neuronale émise par le cerveau d'une personne en équilibre entre l'état de veille et le sommeil. Se mettre en état alpha consiste à modifier le rythme cérébral à la demande, pour amener votre cerveau à produire des ondes alpha tout en étant conscient et actif dans le monde extérieur. L'état alpha est un moyen de communiquer avec votre inconscient.  Vous êtes sans doute habitué à ne fonctionner que dans deux états qui s'excluent l'un et l'autre : l'état de veille active et l'état de sommeil passif. Avec l'état alpha obtenu consciemment, vous allez découvrir comment bénéficier des ondes alpha à la demande, comment mieux communiquer avec vous-mêmes et avoir accès à d'autres capacités et d'autres perceptions, tout en maintenant intactes vos capacités d'agir. L'état alpha facilite aussi l'apprentissage accéléré.

 

Comment une personne peut-elle atteindre par elle-même l'état alpha ?

Les réponses varient selon les pratiques des différentes écoles - pleine conscience, sophrologie, yoga, relaxation, méditation, autohypnose,...-mais elles ont toutes un point commun : apprendre l'art de vous relaxer à la demande quels que soient le lieu et le temps dont vous disposez. La relaxation diminue la fréquence des ondes neuronales jusqu'aux ondes alpha.

 

Concernant les scientifiques, vous montrez, notamment à travers l'expérience intuitive d'Albert Einstein, le père de la théorie de la relativité, combien l'intuition a été souvent à l'origine de grandes inventions et de découvertes. Concernant les hommes et les femmes publiques, politiques et médiatiques aujourd'hui en France et dans le monde, qui pourriez vous citer comme modèle d'intuition ou du moins démontrant une capacité à utiliser son intuition pour prendre des décisions pertinentes ?

L'intuition a encore mauvaise presse en Occident et les personnes célèbres reconnaissent rarement qu'elles doivent leur réussite essentiellement à leur intuition. Pour moi, toute personne qui réussit " facilement" dans sa vie professionnelle, capitaine d'industrie, scientifique, artiste,...utilise consciemment son intuition.

L'intelligence intuitive est rarement citée comme compétence à développer ou comme l'un des critères de recrutement en entreprise. Plusieurs enquêtes menées de façon anonyme indiquent qu'une majorité de cadres supérieurs affirment devoir plutôt leur succès à des décisions prises par intuition, et qu'une minorité seulement d'entre eux sont prêts à l'admettre publiquement !

 

A suivre  au prochain article : deuxième partie de l'interview :

l'intuition accessible à tous.

 

(1) Votre intuition au service du succès : amour-santé-travail : la méthode Giffard. Presses du Châtelet.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 06:06

KAIROS est un Dieu proche de CHRONOS, Dieu du temps dans la mythologie grecque. Mais un Dieu différent avec une particularité physique : c'est un jeune homme qui n'a qu'une seule touffe de cheveux sur la tête. En effet, il existerait trois hypothèses quand les grecs rencontraient KAIROS : ils ne le voyaient pas, ils le voyaient mais ne faisaient rien  ou encore ils le voyaient  et  le saisissaient par sa seule touffe pour ne pas le lâcher. Cette dernière option donne tout son sens à KAIROS, saisir précisément la touffe de cheveux, saisir l'opportunité qui passe, et agir au bon moment.KAIROS.JPG

Dès la grèce antique, Kairos trouva des applications pratiques dans plusieurs domaines. En médecine, il s'agissait d'observer le point critique d'une maladie et au médecin d'intervenir à ce moment précis pour tenter la guérison. Dans l'art militaire, le bon stratège sait qu'au delà de son potentiel en hommes et en armes, c'est le choix du moment pour porter l'attaque qui peut être décisif pour gagner la guerre.

Dans nos temps modernes, ceux de Charlie Chapplin, revus et corrigés avec le conditionnement de nos compagnons numériques omniprésents dans le travail, les transports collectifs, les commerces, et les espaces de loisir, il me semble opportun de réhabiliter KAIROS trop souvent caché par CHRONOS et la course au temps, en faire le maximum dans un minimum de temps, planifier, rentabiliser ou encore optimiser son temps.

L'image qui me vient spontanément est celle d'un cycliste sprinter professionnel lancé par ses coéquipiers à plus de 70km/h sur la dernière ligne droite avant l'arrivée d'une étape de plaine du tour de France. S'il déboite trop tôt, plaçé derrière  son coéquipier qui l'emmène, il prend du vent et risque de ne pas tenir les dernièrs mètres et se faire coiffer sur la ligne. S'il attend trop, il n'aura plus le temps pour "sauter" son adversaire et le "griller" sur la ligne d'arrivée. Le grand sprinter expérimenté sent d'instinct le bon moment, celui pour donner le coup de rein tout en puissance, sans se retourner pour ne voir que la ligne d'arrivée. Et là, sublime récompense, il se voit gagnant avant même de franchir la ligne car il sait qu'il ne pourra être dépassé.

Que nous enseigne le Kairos de ce sprinter expérimenté ?

D'abord, c'est l'expérience qui parle. Combien de sprints perdus pour ne pas avoir senti le bon moment qui se joue à la seconde près ? Savoir aussi reconnaître ses sensations internes. Le sprinter expérimenté pourra aussi avouer que ce jour là, il n'a pas la forme pour la gagne. L'art de l'observation rapide et  périphérique pour saisir en quelques secondes la position de tous ses concurrents directs mieux ou moins bien plaçés que lui. Enfin, cette prise de décision totale : j'y vais, j'y crois, et je me concentre totalement sur ma cible, la ligne d'arrivée.

Qui, aujourd'hui, parmi les décideurs politiques, économiques et sociaux, démontre une capacité à saisir le KAIROS ? Effectivement, le KAIROS relève aussi d'une vision claire de la ligne d'arrivée et d'un engagement total. Exercice difficile dans un monde déstabilisé par l'incertitude économique et le jeu des lobbies internationaux.

Je formule un simple voeux pour l'année 2014 qui s'annonce : que chacun, devant sa tâche, puisse cultiver son KAIROS, avec patience, courage et discernement. C'est assurément une force qui peut ouvrir de belles opportunités, même si le ciel actuel peut paraitre sombre avec un plafond bas. KAIROS nous invite à chercher HELIOS, le Dieu du soleil, symbole de lumière et de chaleur. Chaque matin, Hélios sort de l'océan à l'Orient et parcourt le ciel sur son char d'or traîné par quatre chevaux. Chaque soir, il replonge dans l'océan à l'Occident. Kairos, l'art d'agir au bon moment nous ouvre sur l'horizon de tous les possibles...


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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 11:49

Debout les gars, réveillez vous, il va falloir en mettre un coup. Debout les gars, réveillez vous, on va au bout du monde. Ces paroles très rythmées d'une chanson à succès  des années 60-70 sont celles du chanteur  Hugues Aufray, des paroles reprises dans beaucoup de colos de vacances et de lieux d'animation pour les jeunes  au siècle dernier. Et pourtant, elles me paraissent terriblement d'actualité à l'heure où vient de s'éteindre celui qui, après 27 ans vécues en prison, a trouvé l'énergie, la force de conviction , pour le pardon à ses oppresseurs et réconcilier noirs et blancs en Afrique du Sud : Nelson Mandela.invictus.jpeg

Se réveiller pour être debout, c'est un geste souvent machinal que nous effectuons tous les matins au saut du lit. Et pourtant, prenons nous le temps de vivre un "debout" qui nous réveille, qui nous reconnecte à nos forces vives pour partir d'un pas déterminé dans notre journée ?

Dans les traditions, il est souvent fait référence aux êtres éveillés. Qu'est ce qu'un être éveillé ?

Quelqu'un qui rayonne par un charisme particulier, une lucidité sur la vie, le monde et sa propre vie ? 

Bien sûr, nous pensons à ces personnnages charimastiques qui, par leur engagement, ont réveillé les consciences. Soeur Emmanuelle, débarquant à 60 ans en Egypte auprès des chiffonniers du Caire et appelant les nations à se réveiller à une solidarité avec les plus pauvres. Aujourd'hui, Pierre Rabhi, modeste agriculteur d'une ferme sans produits chimiques au coeur de l'Ardèche dans les années 60, devenu un expert reconnu et écouté en bioagriculture et appelant nos consciences à revoir nos modes de consommation pour retrouver le goût d'une sobriété heureuse.

Et si l'éveillé, c'était déjà chacun de nous quand il se donne les moyens d'un réveil matinal le mettant réellement debout ?

Que l'on soit standardiste dans une entreprise, enseignant, éboueur ou contrôleur SNCF..., je préconise un moyen à la portée de tous : l'intention du jour.

Quand je me lève, une fois peut être, la douche prise et le cerveau réactivé au bord d'une tasse de café ou un bol de thé, je peux me poser sans urgence la question : " Aujourd'hui, quelle intention je désire me donner pour vivre cette journée ?"

Laissons remonter la réponse comme la vapeur qui se dégage d'une eau bouillante.

Cette intention peut alors devenir le fil rouge invisible de votre journée. En effet l'intention est la formulation d'une pensée qui oriente et concentre nos énergies ( physiques, intellectuelles et spirituelles) vers une même direction. Elle peut alors donner un élan de vie à notre journée quelles que soient les événements et même les contrariétés qui nous attendent.

Se donner une intention de journée, c'est se donner, à sa mesure, le pouvoir d'orienter notre cap, de surfer sur les événements pour préserver cet élan de vie, cet élan créateur.

Un homme a probablement du vivre pleinement cette démarche pendant au moins 27 ans au fond de sa prison pour tenir debout. Un poème repris dans le film culte de 2009, Invictus ( racontant la victoire de l'équipe de rugby d'Afrique du Sud à la coupe du monde de rugby organisé dans ce pays en 1995, une victoire symbolisant le renouveau d'une nation sortie de l'apartheid) a été , selon le témoignage direct de Nelson Mandela, un soutien aux heures les plus dures de son emprisonnement en lui redonnant la force d'espérer. La ponctuation de ce poème datant de 1875 (1) peut s'avérer un bon starter pour un réveil matinal apte à nous mettre DEBOUT :

" Je suis le maître de mon destin,  je suis le capitaine de mon âme."

 

(1) poème écrit par un jeune homme de 25 ans,  William Henley, sur son lit d'hopîtal à la suite d'une amputation du pied.

 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 13:49

Lâcher le mot "méditation" dans une conversation et vous êtes assuré d'une réaction entre ceux qui en ont entendu parler, même beaucoup, ceux qui s'y sont essayé de manière très ponctuelle et celles et ceux qui la pratiquent de manière plus ou moins régulière.

Peut on parler d'un phénomène social contemporain ? La question reste ouverte. Pour élargir notre horizon sur les multipes pratiques qui gravitent autour de la méditation (1), j'ai eu l'occasion d'une belle rencontre à Poitiers, celle d'un curé pas comme les autres, Patrice Gourrier. En effet, il cumule avec sa charge de prêtre de paroisse  une fonction de psychologue. Il propose à toute personne la possibilité de suivre un cycle initiatique en MBSR ( le protocole de 8 semaines intensives de méditation conceptualisé par Jon Kabat-Zinn) et il co-anime  des sessions reliant la tradition chrétienne et la tradition bouddhiste.GOURRIER_Patriced.jpg

Selon vous, qu'est ce qui provoque autant d'engouement pour la méditation en ce début du XXIème siècle ? Le mot méditation deviendrait presque un mot courant !

Les mots sont porteurs d'un contenu qui les dépasse. Il en est ainsi du mot "méditation". Pour quelques uns, ce mot peut faire peur car il est, dans leur esprit, synonyme de silence et d'immobilité. Mais aujourd'hui, pour la plupart de nos contemporains, dépassés par un temps qui les dépasse et les avale, il est synonyme de sérénité, d'un idéal de vie auquel ils aspirent.

 

Qu'est ce qui fonde une méditation chrétienne par rapport à une méditation bouddhiste ou encore une méditation dite laîque comme celle promue par Jon Kabat-Zinn ?

La grande différence à mes yeux est que la méditation chrétienne est "adressée". Son premier objectif est cette union à la divinité à laquelle nous sommes appelés.

 

Un chrétien qui pratique la méditation chaque jour est-il vraiment différent d'un chrétien pratiquant ordinaire ? Quel plus la méditation dans une démarche de foi ?

La méditation chrétienne, comme beaucoup d'autres formes de prière, constitue le socle de la vie du chrétien. Le père Maurice Zundel, un grand mystique du XXème siècle, écrivait que la foi n'est pas une morale mais une rencontre. La méditation est l'un des chemins de cette rencontre.

 

Chaque lundi, dans l'église de votre paroisse, de 12h 15 à 13h 45, vous proposez un temps de méditation et vous avez eu la surprise de constater que, déjà , plus de 100 personnes y participent. Avez-vous l'occasion d'échanger avec elles ? Quelles sont leur motivations ?

Pour en avoir rencontré un grand nombre, je puis dire que la plupart de ces personnes ne sont pas des pratiquants réguliers. Ne se retrouvant pas dans l'exercice du culte habituel, elles viennent  en dehors des célébrations car elles ont soif d'infini. Je constate aussi, qu'à la messe qui précède la méditation, de plus en plus de personnes viennent y assister, renouant avec une pratique aujourd'hui disparue.

 

Vous avez la conviction profonde que pour vivre une croissance humaine et spirituelle, il est nécessaire de devenir méditant. Qu'est ce que cela signifie concrètement cet état de méditant ?

La méditation, pour moi, comme la prière n'est ni une technique, ni une manière de faire. C'est une manière d'être au monde qui fait l'union entre la transcendance et l'immanence.

 

Quel petit pas pourriez vous suggérer à une personne qui aurait le désir d'expérimenter la méditation mais qui craint la durée du silence ou encore le vide intérieur ?

Il me semble opportun de lui suggérer de rejoindre un groupe car le groupe est porteur (2)

 

 

Pour aller plus loin :


site de Patrice Gourrier : www.gourrier-meditation.fr


(1) voir article sur ce blog : la méditation appartient au patrimoine de l'humanité


(2) site de la communauté mondiale pour la méditation chrétienne qui donne la liste des groupes de méditation en France et les coordonnées des responsables : 

meditationchretienne.org



 


 



 


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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 01:26

Si la loi de la relativité est bien connue du grand public avec son inventeur, Albert Einstein, il existe une théorie, une loi universelle qui mériterait d'être aussi populaire : la loi de l'attraction.Coucher de soleil

En effet, elle peut changer profondément notre vision du monde et nous offrir l'opportunité de changer d'orbite. Restons pragmatiques en précisant ses trois postulats de base :

1 Tout ce qui nous entoure est constitué d'énergie que ce soit dans le monde humain, animal, végétal ou matériel. Et notamment nos pensées sont des vecteurs d'énergie. Les travaux scientifiques les plus récents le confirment comme en témoigne la journaliste scientifique Lynne Mac Taggart (1)

2 Nous attirons à nous ( consciemment ou non) les expériences qui reflètent nos pensées. Les sceptiques peuvent évidemment objecter que cette conviction parait étonnante. Or, constatons simplement que quand notre humeur est tout simplement maussade, nous réagissions plus négativement aux événements extérieurs et que ceux ci, comme par hasard, sont moins porteurs d'énergie...A contrario, quand nous sommes portés par un enthousiasme de fond ( énergie positive), les rencontres semblent plus fluides et les opportunités s'ouvrir.

3 Ce sur quoi nous portons notre l'attention prend de l'expansion. Autrement dit, si nous réfléchissons constamment à des soucis personnels, familiaux, financiers, ceux ci peuvent grossir dans notre cerveau et occuper une place exorbitante. Dans l'autre perspective, si nous portons notre attention sur la beauté de la nature, des projets enthousiasmants, des rencontres nourrissantes; alors nous cultivons une propension à élargir cette vision et cet état d'être.


Comment exploiter cette loi d'attraction dans son quotidien ?

En premier lieu, c'est bien notre regard qui reste déterminant. La qualité de notre regard est telle qu'il crée la qualité de notre environnement. Ce matin, quand vous vous réveillés, sur quoi,sur quel objet portez vous votre regard ?

Orienter ce regard dans notre journée, c'est orienter notre attention.

A quoi ai je le désir de faire attention aujourd'hui ? A une personne en particulier, à une rencontre, à un projet qui me tient à coeur, ...

Et puis, derrière l'attention vient notre flux permanent de pensées. Si je me compare à un observateur au bord d'une rivière traversée par des bancs de poissons incarnant nos pensées, lesquelles j'ai vraiment le désir de retenir dans mon champ de conscience ?

Aujourd'hui, c'est décidé, je veux attirer des expériences probantes de rencontres nourissantes et stimulantes pour ma réflexion, ma créativité. Et bien, la première étape suggérée par la loi d'attraction, c'est de commencer par ancrer dans son mental des pensées qui me nourrissent et me stimulent. Et pour ce faire, nul besoin de faire appel à un gourou ou même à un coach . Vous êtes, à coup sûr, votre meilleur entraîneur.

Top, demain, premier entraînement au saut du lit. Observer un objet attirant et formuler une pensée positive pour ouvrir la journée.

Et cette loi est aussi vieille que notre monde : Marc Aurèle, empereur romain et philosophe aimait à dire : "Notre vie est ce que nos pensées en font."

 

(1) extrait de l'ouvrage " la science de l'intention" de cet auteur  :

"On sait aujourd'hui que les pensées sont une forme d'émission de biophotons, particules de lumière porteuses d'énergie émise par tous les organismes vivants : plantes, animaux , être humains. Elles créent une énergie qui émane de nous en permanence."

 

Pour aller plus loin : petit cahier d'exercice pour pratiquer la loi d'attraction. Editions jouvence;

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 05:28

"Quand j'étais pilote d'aviation de grande ligne, je ne pensais jamais au crash,seulement aux pannes possibles." Cette phrase de conviction,  plusieurs fois dans cette soirée conférence pour des coachs, Eric nous l'a martelée. En faisant un pont avec le coaching, il m'est apparu intéressant de transposer cette réalité à la posture du coach. Celui ci croit dans les ressources de son client. Et il n'est pas souhaitable qu'il pense au crash pour celui-ci car l'induction pourrait se révéler fatale pour la suite du parcours. Certes, dans une trajectoire d'accompagnement d'un coaché, il peut advenir des passages délicats dans lesquels il est confronté à des options parfois radicales pour sortir des nuages, des zones de pénombre et éviter la panne.avion_air_caraibes.jpg

Eric, pilote d'hélicoptère puis pilote sur des lignes commerciales nous a ainsi invité à faire des ponts, laisser aller notre imaginaire entre ce monde aérien et le nôtre en général plus proche de la terre. Voici donc l'histoire courte de M Centhistoire.

"Attention, décollage dans 3 minutes, veillez garder vos ceintures attachées." M Centhistoire est bien harnaché, pas de risque, juste un petit pincement au coeur quand l'avion s'élance sur le tarmak et qu'il attend durant les quelques secondes qu'il arrache du sol  sa centaine de tonnes. Ouf ! Décollage réussi. M Centhistoire peut piquer un petit sommeil en attendant l'arrivée prévue dans deux heures. Mais, dans son sommeil, une voix vient le bousculer : " Hé, réveille toi, dormeur de l'infini, la vie t'appelle. Tu consommes, tu voyages mais ta vie reste une succession de routine. Reprends ta vie en main !" Secoué, notre bonhomme se réveille et il constate qu'un voyant rouge est allumé dans le compartiment. La voix du commandant de bord se fait entendre : " Nous avons détecté une panne de réacteur. Rassurez vous, nous pouvons continuer notre vol. Veuillez simplement revenir à vos places et garder vos ceintures attachées." Panique dans le cerveau de M Centhistoire :" Et si cette voix faussement rassurante du commandant n'était qu'un bluffle alors que l'avion est vraiment en perdition. Si, dans quelques minutes, quelques secondes, il s'écrasait au milieu de l'océan, et si c'était la fin de ma vie...." Bientôt, le cerveau de M Centhistoire bouillonnant, angoissé refaisait en accéléré tout le parcours de sa vie, ses réussites, ses échecs, ses déceptions, et des rendez vous manqués qu'il aurait pu peut être rattraper... Bref, quand la voix du commandant s'est à nouveau fait entendre : " Mesdames et Messieurs, je tiens à vous rassurer. La panne a été réparée. Nous reprenons notre vol. Notre avion aura seulement un retard de 30 minutes à l'arrivée", M Centhistoire n'était plus tout à fait celui qui avait embarqué. En effet, ces quelques minutes d'angoisse et d'incertitude ont transformé de manière brutale sa vision de la vie. Et, dans l'apparition du premier rayon de soleil à l'approche de la zone d'atterrissage, il se jura une chose : " Ne plus passer à côté d'opportunités, à côté de sa vie et la goûter à pleines dents."

Quand l'avion se posa sur la piste d'atterrissage, M Centhistoire prenait l'engagement avec lui-même de faire décoller sa vie d'une autre manière...

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 23:15

Non, rien de rien...Non, je ne regrette rien. Cet air universellement connu, chanson culte d'Edith Piaf de l'année 1960 refait surface à l'occasion de son cinquantième anniversaire.

Au delà de l'artiste à stature internationale sur scène et à la voix puissante, contrastant avec sa petite taille, je vous propose d'ausculter cette chanson qui nous parle en direct. Et la psychologie positive qui n'était pas encore née à cette époque peut nous aider à nedith-PIAF.jpgous poser des questions toujours actuelles :

Le langage est brut : "le passé "c'est payé, balayé, oublié, je me fous du passé". Il y a une forme de refus d'assumer ce passé qui, pour l'artiste, a été très tourmenté entre une enfance malmenée et des amoureux trop tôt disparus dans des drames. Mais jusqu'où peut on nier ce passé qui, au delà de ses hauts et ses bas, nous a façonné dans notre personnalité ?

"Balayés les amours avec tout ses trémolos, balayés pour toujours, je repars à zéro..."

La chanson veut défier le temps. Tous les drames de sa vie depuis une enfance vécue dans la misère seraient effaçés d'un coup de gomme et Edith éprouvée par les amours et une santé fragile ( polyarthrite et addiction à la morphine) pourrait vraiment repartir sur un nouvel horizon.

Naiveté (?) de la chanson quand on connait la fin tragique d'Edith Piaf  trois ans plus tard.

En fin de compte, la chanson prend le contre pied de la vie d'Edith Piaf : malgré des succès internationaux et notamment aux Etats Unis, l'artiste française  va progressivement et irrémédiablement décliner physiquement dans une dépendance toxico maniaque et mourir à 47 ans.

Non, je ne regrette rien fait vibrer la voix du coeur, la voix de la révolte, la voi x qui veut croire à une nouvelle chance. Je ne connais pas assez la vie d'Edith pour savoir si elle a rejoint la chanson en assumant finalement son passé : je ne regrette rien.

Et je crois que l'essentiel est là , dans ce " je ne regrette rien". En effet, c'est l'expression de quelqu'un qui aurait assumé son passé, reconnu ses errements, ses  erreurs, ses doutes communs à l'ensemble de l'humanité et  pourrait avec force en faire un tremplin pour un avenir transformé. Edith l'a chanté sans pouvoir l'incarner dans sa vie.

Elle nous laisse ainsi sur une question de sens : assumer sa vie, est ce ne rien regretter et tourner la page chaque jour pour guetter la joie ?. Car " ma vie, car mes joies, aujourd'hui, ça commence avec toi !"

 

Pour écouter l'enregistrement émouvant en public d'Edith Piaf,

consulter le site de l'INA : ina.fr



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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 01:26

Crée en 2009 à Montpellier, l'association Happy planète n'a pas grand chose à voir avec une bande de joyeux illuminés ou encore avec des adeptes nostalgiques de l'astrologie planétaire. Elle est inclassable dans les catégories connues des associations, ni sportive, ni culturelle, ni seulement bien être. De mon point de vue, elle incarne, dans son originalité, cette recherche sociale en émergence autour d'une "nouvelle conscience". Que vous dire de cette association pour vous la présenter ?terre-europe-copie-1.jpg

Son président, Franck, a pris l'habitude, dans l'introduction des conférences atelier, de la situer sur deux axes complémentaires : une association à vision holistique et cherchant à relier l'écologie intérieure ( comment se faire du bien à soi de manière saine) et l'écologie de la terre invitant à une démarche collective et rejoignant le courant du développement durable.

Mais cette définition pourrait encore cacher la grande variété des activités proposées à ses adhérents :

depuis des cafés philosophiques comme celui sur le thème de l'instant présent, des conférences sur les thématiques du développement personnel, du coaching jusqu'aux ateliers touchant la créativité, le jeu, la relation à son corps, le rire, et la sensibilisation à des approches nouvelles comme le Wutao et le retour à des formes de danse folklorique appelé balety.

Vous pourriez y lire cependant un joyeux bazar très écclectique. Pourtant, ce qui me semble une belle intuition du départ confirmée par la montée en puissance de l'association et de son impact au coeur de la ville de Montpellier, est révélée par la fréquentation de l'association par des personnes de tout courant de pensée, religieux ou non, politique ou non. Enfin, un espace où tout peut se partager dans le plus grand respect des personnes.

C'est aussi un tremplin où des professionnels du bien être et de la santé viennent se faire connaitre à l'occasion de conférences et ateliers vécus dans une ambiance bonne enfant ponctuées par un temps de "boisson sans alcool" en salle, en plein air et même parfois au bord de la mer.


Happy ?

Oui, manifestement, il y a une forme de joie contagieuse qui germe au coeur de ces rencontres vécues aussi dans le "donner-recevoir" comme l'atelier échange autour d'un livre. Chacun apporte un livre choisi dans sa bibliothèque, le commente, l'argumente et puis, il y a échange avec celui d'un autre participant. Pour l'avoir expérimenté, j'ai été surpris de constater que personne ne s'est battu pour un même ouvrage, et que les transactions régulées par une animatrice se sont réalisées dans une sérénité très appréciable.


Planète ?

Oui, une planète différente par rapport à la société consumériste et matérialiste. Happy planète offre des activités à moindre coût et invite à partager, échanger, s'ouvrir à l'autre ....Ainsi un intervenant formateur un jour peut devenir le lendemain un participant d'une activité.  Nous sommes effectivement loin du schéma classique entre ceux qui auraient le savoir et ceux qui le reçoivent. Et voilà une originalité détonnante d'Happy planète : un participant, s'il  a un désir ou une expérience à faire partager, peut demain se voir proposer un café philosophique et même une conférence !


Sur Happy planète, y a t'il des risques ?

Oui, j'en vois un : celui de développer une autre conscience.  Notre "pensée unique" est secouée , à l'occasion des conférences et ateliers, par la richesse des diverses approches psycho-corporelles. Pour ma part, je me rappelle une conférence concernant la méditation de pleine conscience à laquelle j'ai participé et qui a été déterminante pour m'engager dans cette voie parmi d'autres. Rester ouvert à la  diversité tout en s'engageant dans une voie me semble une attitude que l'association happy planet contribue à promouvoir...pour le bien de tous.

 

Pour en savoir plus, happyplanète.org



 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 06:15

A l'occasion des journées européennes du patrimoine, ce week-end, j'ai l'honneur de demander officiellement à l'UNESCO l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité d'une richesse millénaire souvent oubliée  : la méditation. En effet, depuis ce début de XXIème siècle, elle fait l'objet d'une re-découverte étonnante.

Quelle religion ou courant religieux peut-il réellement revendiquer d'être le berceau de la méditation ?goutte d'eau

Le bouddhisme, inspiré d'un homme de 30 ans au VIème siècle, le bouddha, prend son origine dans la pratique méditative de cet homme trouvant ainsi remède contre les détresses humaines de son époque. Plusieurs courants partant de l'Inde ont émergé au cours de l'histoire. Le bouddhisme thibétain incarné par la haute figure charismatique du Dai-Lama en est un des plus connus. Deux piliers caractérisent cette forme de méditation en silence et si possible en position assise de lotus : le Samatha et le Vipassana.

Le Samatha signifiant "tranquille, paisible" vise à calmer l'agitation du mental par la focalisation de l'attention sur un point d'ancrage : la respiration avec ses deux temps l'inspire et l'expire ou encore la flamme d'une bougie. Le deuxième pilier, le vipassana ou "vision pénétrante" conduit progressivement le méditant à percevoir les choses, les êtres tels qu'ils sont et non tels que l'on souhaiterait qu'ils soient. C'est aussi l'art de l'observation intérieure de ses pensées, ses émotions, ses images tout en gardant une forme de détachement. Le méditant peut être comparé à un observateur sur le bord d'un rivière . Il observe le flux ininterrompu de la rivière avec ses pensées, obsessions, soucis sans se laisser hâpé par eux.

Le taoisme, vieux de près de 2000 ans avant l'ère chrétienne, a inspiré la médecine chinoise et diverses approches faisant appel au Chi ou énergie vitale telles que le Tai chi-chuan ou le Qi gong. Certaines pratiques taoîstes invitent le pratiquant à travailler  sur la circulation de l'énergie vitale et le souffle en prenant une posture d'assise immobile.

L'hindouisme, à la frontière entre un courant religieux et des écoles philosophiques, a conduit à la création d'ashram, lieux de ressourcement autour d'un gourou et notamment en utilisant la pratique du yoga. Et il est assez amusant de constater que les professeurs de  yoga  en France reviennent doucement à des pratiques d'assise et de méditation , notamment en fin de cours.

Et puis, n'oublions pas la pratique méditative, née  dès le IVème siècle, des pères de l'Eglise chrétienne d'orient car en fait elle a été  mise en sommeil durant plusieurs siècles. Dans les années 80, le moine bénédictin anglais, John Main, à travers une initiation à la méditation chez un swami indien, puis la redécouverte des écrits du moine d'orient Jean Cassien, a remis au "goût du jour" une pratique d'assise méditative. Tout en partageant les fondamentaux de la méditation , l'assise, le silence et l'immobilité "souple" du corps en laissant passer les pensées comme des nuages dans le ciel, elle s'en distingue par l'invitation au méditatnt de prononcer intérieurement un mot sacré, marathana qui signifie en araméen, "viens Seigneur Jésus". John Main explique que la répétition douce  de ce mot durant une méditation quotidienne de 30 minutes irrigue une présence à soi, une présence à Dieu sans intermédiaire, sans chercher à penser Dieu, à penser à des images, mais simplement à être .

En marge de cette méditation incarnée dans des religions, rappelons que Jon Kabat-Zinn, professeur en biologie moléculaire aux Etats Unis, s'inspirant de la pratique méditative bouddhiste, a conçu un programme d'initiation de 8 semaines  accessible à tous. Cette proposition dénommée MBSR ( Mind Based Stress Réduction) ,s'inscrivant dans ce que l'on appelle aujourd'hui la mindfullness ou méditation de pleine conscience, n'a  finalemnet rien inventé. Sa grande qualité a été de donner lieu à des études scientifiques validant des effets positifs chez les méditants en matière de réduction du stress, d'augmentation des anticorps ou encore de plus grande stabilité émotionnelle face aux chocs de la vie.

Bref, si la méditation de pleine conscience très médiatisée depuis quelques années a permis de nous faire redécouvrir les vertus du silence habité dans la présence à l'instant, elle confirme (avec l'histoire rapidement évoquée de la méditation), que celle ci ne saurait être rattachée à un courant religieux en particulier. La méditation par essence est universelle, elle ne se laisse pas enfermée dans un dogme, une croyance, ou une culture. Elle appartient à notre patrimoine historique, n'a pas perdu sa saveur, au contraire, dans une société hâpée par la vitesse, le toujours plus vite, elle nous redit sans mot :

" Prend le temps de te poser, prend le temps de respirer,

prend le temps d'être là avec toi."


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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 23:10

" Tu sais, j'ai revu dans ma région des copains de mes 20 ans  et ils n'ont pas vraiment changé. Ils sont restés les mêmes." Cette parole entendue cet été d'un ami de 50 ans à l'occasion d'une reprise de contact téléphonique m'a questionné.

Certes, il ne s'agit pas de regarder le changement physiologique et biologique qui s'opère entre un homme, une femme de 20 ans et un homme, une femme de 50 ans . Tout le monde est bien acqui au fait de performances moindres dans la force physique, l'endurance ou encore des capacités de détente ou de souplesse. A ceci près que , cet été, ayant eu l'occasion d'être spectacteur d'une démonstration de haut vol en kyudo (1) , j'ai été  sidéré par la force tout en intériorité,  souplesse et adresse de 4 maitres japonais âgés de près de 80 ans !

Mais qu'en est il du fond de l'âme, des désirs profonds, de la personnalité marquée par plus de 30 ans de vie, de joies, d'épreuves, et de rencontres ?

Je veux simplement me livrer à quelques observations autour de ces deux questions  :

- les désirs de nos 20 ans restent-ils présents à 50 ans et sous quelle forme ?

- à 50 ans, a t'on encore des désirs de changement  ?

J'entends autour de moi des adultes qui me racontent rêver de faire telle activité qu'ils n'ont pas encore entreprise faute de temps ou de circonstance favorable et quand je creuse avec eux, je constate que ces désirs ne datent pas d'hier mais peuvent remonter à l'adolescence. L'un rêvera de traverser la méditerranée en catamaran, une autre de pratiquer la danse classique, et un troisième de devenir écrivain...Et puis, il y a le constat parfois plus douloureux ou nostalgique de ceux qui constatent que leur condition physique, leur réalité sociale ou économique, leurs capacités actuelles ne leur permettent plus ou pas de réaliser ces rêves d'adolescent. Faut-il s'en attrister, s'en culpabiliser, en faire le deuil ?

Non point. D'abord, ouvrons les yeux sur ces séniors parfois déroutant qui s'engagent dans des activités nouvelles qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de vivre adolescent ou adulte. Ainsi, ce couple rencontré ce week-end. Lui, plus de 70 ans , l'esprit toujours vif et la langue alerte, vient d'acheter une moto et sillonne les routes avec sa belle comme des "petits jeunes" de 20 ans ! Il m'explique au passage que le vendeur a eu une hésitation quand il lui a avoué ne jamais avoir piloté de moto .ete-2013-Biarritz-Cauterets-095.jpg

Pour ma part, avec mes 53 ans, j'ai fait un constat assez amusant sur le cycle du désir. Etudiant à Grenoble à 20 ans, j'ai eu l'envie de m'initier à la méditation. A l'époque, celle qui était repérée dans les années 80 s'appelait méditation transcendentale popularisée par les beatles qui s'en étaient fait les "supporters". Puis, y découvrant une dimension sectaire ( confirmée par la suite), j'ai arrêté cette pratique. Plus tard, j'ai découvert le zen, son assise et sa forme de méditation de deux fois 30 minutes entrecoupée par une marche lente. Je n'ai pas continué cette pratique liée à un groupe que je ressentais trop centré sur son nombril. Récemment, dans la vogue actuelle de la reconnaissance scientifique de la méditation, j'ai eu l'occasion de m'initier au cycle de 8 semaines de la MBSR ou Mind Based Stress Réduction  ( réduction de la méditation par le stress) élaboré par le professeur de biologie américain Jon Kabat-Zinn. J'ai vraiment goûté le silence intérieur qui laisse passer les pensées, les constructions mentales avec une instructrice très imprégnée, humble à la fois et au sein d'un groupe  bienveillant. Puis, j'ai redécouvert cette année une forme de méditation intérieure en accord avec mes valeurs profondes. Finalement, plus de 30 ans après ma première initiation, je redécouvre la méditation avec , sous doute moins de forcing et plus de lâcher prise sur le résultat et les bénéfices attendus, et je me suis engagé dans une pratique quotidienne.

Alors, à vous adultes de 50 ans et plus, la question pourrait être : quel désir m'a habité naguère que j'ai peu ou pas creusé et qui cherche à resurgir ? Laisser le émerger puis poser vous délicatement la question : et si je lui donnais corps pour  vérifier sa consistance ?

Le moine bénédictin Anselm Grûn, grand spirituel de notre temps, et accompagnateur de nombreux adultes, a pris l'habitude de questionner ceux qui viennent le voir de la manière suivante : " Quand vous étiez enfant, quelle activité vous donnait du plaisir, de la joie, de l'élan ?"

Bien sûr, il n'invite pas les femmes à revenir au jeu de la dinette, de l'infirmière ou aux hommes à celui du cowboy ou encore du pompier. Mais derrière ces activités, qu'est ce qui en faisait l'attrait au fond : l'imitation de l'adulte, l'imagination, la création, le sens de la justice, l'organisation d'un groupe, ....

Ce pont entre l'enfance et l'âge adulte  me semble présenter un grand mérite. C'est celui de nous recentrer sur notre enfant intérieur, celui qui nous fait vibrer, rire, remuer, nous étonner, nous émerveiller...L'avons nous baillonné pendant 30 ans, étouffé au fond d'une cale remplie de nos rationnalisations d'adulte ou bien est il une composante bien vivante de notre personnalité ?

Et si un changement positif pour les plus de 50 ans était de réveiller cet enfant intérieur pour lui donner toute sa place et ainsi retrouver un élan vital parfois émoussé, amoindri par les chaos du chemin ?


(1) art originaire du japon proche du zen qui vise à tirer des flèches sur une cible avec un arc simple en bois et dans la concentration d'un état présent à soi et un lâcher prise sur le résultat.


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