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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 22:10

Installé dans un train TGV roulant à pleine vitesse dans la nuit et qui m'emporte de Montpellier vers Paris , mon voisin dort et récupère de sa nuit, que faire ?

Lire "mettre en pratique le pouvoir de l'instant présent" d'Eckart Tollé , ouvrir l'ordinateur et avancer un travail, ou me rendre à la voiture bar pour me délasser le corps en marchant ?

Non, je fais un autre choix : je glisse le cd audio " l'art du bonheur dans un monde incertain" dans mon ordinateur portable, je coince les oreillettes blanches dans mes oreilles même si les propos entendus auraient sans doute profité positivement à tous les passagers de la rame et j'écoute.

Emporté à plus de 200 km/h dans un jour en train de se lever, je garde mes oreilles attentives à un message étDALai-LAMA.jpgonnant d'un homme dont le rayonnement est devenu universel : sa sainteté le Dalaï-Lama. 

Dès le premier chapître, il place le bonheur dans la relation entre soi et la communauté. Mais quelle communauté ? En effet, il observe que notre monde occidental s'est très vite individualisé, les voisins de palier en ville ne se connaissent plus forcément et une enquête aux Etats Unis, à quelques annnées d'intervalle, montrait qu 'en moyenne un américain avait trois amis proches il y a quelques années et qu'aujourd'hui, la moyenne est descendue à deux. Aussi, avec douceur, le Dalaï-Lama nous pose la question : " A quelle communauté nous sentons nous vraiment reliés ?" A celle de notre quartier, de notre paroisse, de notre travail, de notre association, ou encore celle plus virtuelle d'un réseau social sur internet ? Selon lui, l'homme occidental souffre d'un manque de sentiment d'appartenance, à l'opposé du peuple tibétain malgré l'occupation chinoise. Notre bonheur, reprend-il, dépend de cette relation entre le "je" et le "nous".  Et effectivement, en faisant un pont avec la pyramide de Robert Dilts, expert en programmation neurolinguistique, celui-ci place , en haut de celle ci, l'appartenance à un groupe qui peut aussi donner sens à sa vie. Observons que les personnes très engagées dans un combat social, humanitaire, pour la justice sont généralement reliées à un groupe existant ou encore un groupe qui s'est constitué sous l'influence de leur charisme.

Le bonheur vu avec le sourire malicieux et la sagesse du Dalaï-Lama, devenu dès 15 ans chef de l'Etat du Tibet, ne s'écrit pas seul comme pourraient le laisser croire certaines approches du développement personnel. Pour le cultiver, il s'agit d'abord de s'interroger sur notre lien à la communauté, notre forme de lien social. Trois petites questions pour faire un petit pas vers ce bonheur local  :

- Suis je en bon terme, relié avec mon et mes voisins de quartier, de village ?

- Suis je prêt à coopérer à cette communauté locale ?

- Sinon, qu'est ce qui m'en empêche vraiment ?

Enfin, il est frappant de constater qu'en matière de terminologie, le terme "communauté" renvoie ou bien à des communautés religieuses, ou bien à des collectiviés territoriales qui sont constituées en communauté de communes et d'agglomération dans les grandes villes.

Et en écho avec les mouvements solidaires autour du développement durable, le slogan "moins de bien, plus de lien" prend tout son sens. Et je construit un dernier pont : " Plus de lien, plus de sentiment d'appartenance et plus de raison d'exister vraiment".

A vous maintenant, quel sera votre pont ?

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:45

Avec sa grande barbe autour du visage illuminé par un sourire radieux, Anselm Grün, âgé de 67 ans  incarne déjà en soi une forme de sagesse des temps modernes. L'homme sort des clichés traditionnels du moine bénédictin qu'il est devenu à l'âge de 19 ans car il n'a pas quitté, depuis cet engagement précoce,  l'abbaye de Mûnsterschwarzach implantée en Bavière. anselm-grun.jpg

Se définissant comme un soigneur des âmes, il est père abbé et manager ou cellérier d'une abbaye de plus de cent moines, conseille des grandes entreprises allemandes et propose un accompagnement psychologique et spirituel à de nombreuses personnes venant le solliciter.

Et il est de plus en plus reconnu comme un auteur international de "best sellers" dans un domaine reliant le spirituel, la psychologie et le développement personnel avec, à son actif, plus d'une trentaine d'ouvrages. Comment expliquer un tel attrait du public pour cet homme appelé à vivre dans le retrait de la vie monastique ?

D'abord, ce qui attire quand on pénètre dans la lecture de ces ouvrages, c'est la clarté, la luminosité du style sans tomber dans le simplisme d'explication car les références sont nourries autant aux sources des Pères de l'Eglise que de sources psychologiques modernes. Ainsi, dans un de ses ouvrages phares "Invitation à la sérénité du coeur", il montre que les techniques de méditation pour trouver la paix remontent aux premiers siècles avec Evagre le Pontique, moine oriental et Jean Cassien qui, dès le IIIème siècle, se retira dans le désert d'Egypte.

Quand il accompagne une personne, il pose régulièrement cette question: " A quel moment, vous êtes vous sentie le mieux dans votre enfance, à quel moment avez vous pu jouir de l'instant en vous oubliant totalement ?". Avec force de clairvoyance, il estime que chacun peut trouver son propre chemin de croissance humaine et spirituelle en tenant compte de son enfance, de ce qu'il a éprouvé en joie et désir et que l'adulte recherche à retrouver d'une manière ou d'une autre dans sa vie. Généreux car répondant à de multiples sollicitations  les plus variées pour donner des enseignements de sagesse, il rappelle souvent que la paix, le repos de l'âme pour lutter contre le stress et l'intranquillité de l'esprit , c'est aussi apprendre à sortir de l'agitation qui "vient souvent du fait que nous voulons faire trop de choses à la fois et que nous sommes entourés de trop d'objets".

Et si la voie de la sérénité intérieure passait par un désencombrement de nos vies...

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 22:36

1952, l'oeil du photographe Willy Ronis est arrêté par un jeune garçon qui semble s'envoler avec sa baguette de pain sous le bras.enfant-baguette-bis.jpg Cette photographie en noir et blanc demeure  un grand classique et semble éternelle. Pourtant, nous ne sommes plus en 1952 mais 60 ans plus tard. Ce petit garçon en short avec sa longue baguette de pain sous le bras, comme j'aimerais à nouveau le croiser au coin d'une rue. Qu'est ce que cette photographie de l'instantanéité d'un quotidien nous révèle t'elle qui traverse le temps en préservant toute la force de l'émotion ?

Je crois que l'ensemble est un appel à la joie de vivre au coeur de la banalité du quotidien. Partons de l'atmosphère générale. La rue semble plutôt laide, sans décor avec un mur noirci. Mais elle  illuminée, presque transfigurée par le regard rireur et jovial de ce jeune garçon. Et puis, il n'est pas statique, il nous entraîne dans son élan. Un pied est hors du sol et l'autre semble à peine posé : il survole l'espace du trottoir. Remontons. L'oeil est frappé par la longueur démesurée de la baguette de pain qui semble aussi  longue que la taille de son porteur ! Pourtant, elle ne l'écrase pas. Au contraire, il la tient d'une main ferme sans être raide et son autre main est , comme ses jambes, dans le mouvement. Tout ce petit corps mince se propulse avec légèreté vers l'avant, vers demain. Enfin, la lumière sur ce visage joyeux nous saisit dans l'émotion.La bouche rieuse, les yeux ouverts sur l'avenir et teintés d'un brin de malice , ce visage nous parle et nous dit :" Que c'est bon la vie !".

Prenons un peu de distance et ressaisissons l'ensemble. Un petit lutin, probablement à l'heure méridienne, s'élance avec fierté, rire et élan sur un trottoir, porteur d'une baguette de pain pour sa famille.

C'est le petit prince des temps modernes. Il nous fait signe avec un clin d'oeil : " Et si nous portions nos baguettes de pain avec ce même enthousiasme rieur ?" A vous de transformer en 2012 la métaphore attachée à la baguette de pain...

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:28

A plus de 1000km/h, l'homme vient de rentrer dans l'atmosphère puis il déclenche son parachute et quelques minutes plus tard, il se pose comme une libellule (1) . L'exploit à la hauteur de la marque qui le sponsorise est aussi à l'image d'un monde qui cherche à dépasser sans cesse les limites humaines. Jusqu'où ?

Dans un autre espace, j'écoute ce message : " J'ai choisi mon camp, celui de la lenteur. J'éprouvais trop d'affection pour les méandres du Lot, un petit paresseux, et pour cette lumière qui en Septembre s'attarde sur les derniers fruits de l'été et décline insensiblement. J'admirais ces gens, hommes ou femmes qui, peu à peu, le temps d'une vie, avaient donné forme à un visage de noblesse et de bonté....La lenteur, c'est à mes yeux, la tendresse, le respect, la grâce dont les hommes et les éléments sont parfois capables....La lenteur est un choix de vie : il conviendrait de ne pas brusquer la durée et de ne pas nous laisser bousculer par elle, une tâche salubre, urgente, dans une société où l'on nous presse et où souvent nous nous soumettons de bon coeur à un tel harcèlement."

Dans notre société à tgv, à très grande vitesse dans laquelle nous recevons des prescriptions, des sollicitations, des informations tout azimut via nos courriels, nos iphones ou autres compagnons numériques, j'éprouve de plus en plus cette nostalgie pour ce retour à la lenteur du temps qui passe, des saisons qui se succèdent sans se rattraper.

Est ce bien réaliste de vouloir revenir à des rythmes plus lents comme le suggère l'auteur du message, Pierre Sansot, philosophe et auteur d'un titre étonnant " Du bon usage de la lenteur" ? 

Oui, je réponds oui pleinement car notre horloge interne est toujours la même depuis la nuit des temps. Notre vie est rythmée par le cycle circadien de 24 heures régulant notre température, notre tension artérielle, nos secrétions hormonales contrôlant notre faim et notre sommeil. Si nous nous éloignons trop de ce rythme ( nuit raccourcie, travail en continu, activisme forcené...), nos médecins nous rappellent que nous risquons de tomber dans la maladie, le stress chronique, ou même le burn-out qui signifie au sens littéral la brûlure.

Pas simple cependant de sortir des conditionnements au toujours plus vite, plus efficace, au zapping, enchaîner des choses très vite ou encore le "multitâchisme" ou vouloir faire plusieurs choses à la fois. Qu'est ce qui peut alors, comme un parachute, ralentir notre dérive vers le "toujours plus" ?

L'épuisement, la maladie inattendue qui nous réveille à nos propres limites et qui agit comme un clignotant orange.

Ou encore, la prise de conscience d'un autre rythme qui fait du bien au corps et au mental.

Certaines activités nous ouvrent davantage vers cette prise de conscience. La marche en pleine nature où l'on suit un sentier sans chercher à chronométrer son temps, une activité culinaire où l'attention pour réussir son plat favori nous invite à un déroulement ajusté, dans le mélange des ingrédients, dans la cuisson, ou encore dans la décoration finale.

Ralentir son rythme, c'est aussi oser s'octroyer de vraies paus100 2505es respiration au cours de sa journée. Je ne parle pas nécessairement de la pause cigarette pour les fumeurs. J'évoque cette pause de quelques minutes où le salarié peut stopper son activité et prendre quelques minutes pour ressaisir l'instant présent, "réhabiter" son corps et rester en conscience avec sa respiration, préservant ainsi son attention sur chaque inspiration et  chaque expiration, . Ce rituel peut changer le cours d'une journée en ramenant de la conscience  dans un automatisme de travail. Il peut aussi raviver un rythme de travail plus en harmonie avec soi-même. L'efficacité n'est pas nécessairement synonyme de rapidité d'exécution, elle peut s'articuler avec la conscience dans le geste et dans le processus de pensée.

Ralentir, c'est oser stopper la machine infernale du mental, de notre cinéma intérieur permanent pour reprendre possession de notre corps et de notre âme. Ainsi, nous nous ouvrons à la possibilité de goûter la Vie dans l'instant, sans retour vers le passé, ni projection vers l'avenir. Ralentir, c'est s'arrêter de temps en temps sur le bord de notre vie pour regarder l'eau de la rivière qui coule.

 

(1) exploit réalisé le 15 octobre 2012 par Félix Baumgartner avec un saut de 39 kilomètres et une vitesse dépassant le mur du son, soit près de 1342 km/h.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 23:35

 Je me définis comme reliant des frontières. En effet, je suis née en Amérique Latine, en Uruguay, dans le Sud et je suis actuellement dans le Nord, professeur d'économie à Paris. Je suis, par ma formation, un chercheur qui utilise des concepts théoriques et en même temps, je milite sur le terrain avec des organisations non gouvernementales comme Justice et paix." Cette voix au doux accent chantant d'Amérique du Sud animée par un visage souriant détonne dans la galaxie des experts en économie. C'est celle d'Elena LASIDA (1), une des rares économistes qui touche les coeurs sans chercher à déballer tout son savoir avec la panoplie  de schémas, de statistiques ou de prédictions habituelles. img-1-copie-1.png

Ayant eu le privilège de l'écouter à l'occasion d'une conférence intitulée " Quand l'économie interroge le sens de la vie ", j'ai été très réceptif à son questionnement reliant l'économie au social :

" En quoi nos formes d'activité économique contribuent-elles au lien social ?"

Force est de constater que circuler dans un hypermarché et remplir son caddie puis passer à la caisse limite le lien social, s'il en est un, avec la caissière à moins d'avoir l'heureux hasard de croiser des connaissances entre le rayon des surgelés et celui des fruits et légumes.

Concernant les AMAP ou Associations de Maintien de l'Agriculture Paysanne, elles proposent la vente de produits  de la ferme ( fruits et légumes)  directement du producteur au consommateur. Leur développement et leur succès croissant auprès des consommateurs témoigne d'un autre lien social. La relation économique prend souvent le temps du lien entre agriculteur et consommateur, surtout si celui ci se déplaçe sur la ferme elle-même.

Et que penser de ce que j'ai découvert ce week-end dans un petit village de l'isère, le distributeur automatique de baguettes de pain ! A priori très rentable pour le boulanger local qui en a installé plusieurs dans divers villages environnants. Est ce que cette forme de vente, qui peut certes faciliter la recherche de la baguette de pain quand ochatenay-septembre-2012-024.jpgn a loupé l'heure d'ouverture de la boulangerie, est elle vraiment productrice de lien social ? Dans ces villages, se donne-t'on rendez vous devant le distributeur pour se rencontrer et tailler la causette comme, naguère, à l'occasion du passage de la camionnette du boulanger dans le village ?

Cette généralisation de distributeurs automatiques, y compris dans le tissu rural, pourrait un jour conduire au distributeur de médicaments plutôt qu'à la pharmarcie. Que restera t'il alors comme espace de vente direct entre producteur et consommateur ?

Peut être, l'été, les quelques baraquements de vente de fruits  le long des routes touristiques du sud de la France ?

Réconcilier le rapport économique avec le lien social apparait à contre temps du mouvement général et pourtant, il est porteur de sens pour nos générations et les suivantes.

Alors, Monsieur le boulanger, si vous mettiez seulement des biscottes dans vos distributeurs plutôt que du pain ?

Et si vous pouviez choisir votre caissière dans votre hypermarché entre Claudine, Alexandra ou Sophie ? Ah, un espoir, il semblerait que le coiffeur ou la coiffeuse préserve une clientèle encore identifiée et fidélisée pour une partie et où l'on cause de tout et de rien et c'est çà aussi le lien social.

Aussi, j'espère que nous ne deviendrons pas tous chauves dans quelques années avec le réchauffement climatique !

 

(1) dernier ouvrage d'Elena Lasida : le goût de l'autre. La crise, une chance pour réinventer le lien.

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 19:14

Bienveillant ou encore veiller au bien. Parmi les professionnels de santé et du social, cette attitude apparait normale. Leur fonction est bien de veiller pour les uns à la santé physique, psychologie des patients et pour les autres, aux conditions d'insertion sociale et professionnelle. En écoutant des témoignages d'éducateurs, d'enseignants ou encore de conseillers en orientation, je me rend compte que le niveau de stress face à des comportements agressifs, rebelles et même manipulateurs de certains de leur public les met en situation de tension et pour certains de  burn out ou, en bon français, d'épuisement professionnel. Or, bien souvent, leur témoignage démontre une grande conscience professionnelle, le souci de l'autre même si cet autre n'a aucune reconnaissance du bien qu'on lui donne.

Tous ces "bons samaritains" habités d'authenticité, de valeurs éthiques fortes ont peut être oublié ou mis entre parenthèse une attitude envers eux-mêmes : l'auto-bienveillance ou se donner du bon à soi-même.

Jusqu'où aller dans la bienveillance quand l'autre reste un mur ou de marbre ?

Jusqu'où accepter que la bienveillance ne rencontre pas d'écho de reconnaissance minimum ?

Jusqu'où accepter ou se conditionner à des horaires de "folie" au risque d'y laisser sa santé, et cela peut concerner des médecins ?

Jusqu'où accepter des comportements de déni, de provocation dans sa classe sans bouger ?

Bref, la liste risque d'être une belle litanie que l'actualité alimente en permanence.

Alors, j'invite simplement, dans l'esprit Kaizen (1), à ce que chacun et chacune se pose ces trois petites questions :

 

Première question : suis je vraiment bienveillant avec moi-même au quotidien, avec mon corps, mon mental et mon âme ?

 

Deuxième question : quand mes besoins fondamentaux de respect, de repos et récupération, sont bafoués par l'humiliation, la pression ou encore la menace, comment est ce que je réagis ?

 

Troisième question : est ce que je prends du temps chaque jour pour me donner du bon, me faire un petit plaisir, m'autocongratuler pour une réussite, goûter un moment de paix avec moi-même dans le silence de mon âme,... ?

 En effet, ce n'est pas la société, l'employeur, ni les amis ou encore la parenté qui peuvent nous donner de la bienveillance avec nous-mêmes. Il n'y a qu'une personne qui peut se poser la question, la méditer et y répondre : c'est vous !

 

(1) lire article KAIZEN ou la stratégie des petits pas.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 22:29

kaizen-copie-1.jpgQui n'a jamais souhaité améliorer sa vie et faire un bond dans un changement pour un corps plus svelte, une estime de soi plus forte ou encore pour se libérer  de complexes de toute sorte ? Les méthodes et outils les plus variés offerts par les stages de développement personnel ne manquent pas. Cependant, une petite voie ou peut être aussi une petite voix est à entendre au fond de soi : la voie du kaizen. Terme japonais, kaizen signifie "bon changement".

Retour sur les origines. 1945 : le japon vaincu à l'issue de la 2ème guerre mondiale capitule. Son industrie est au plus bas. Ces dirigeants, plutôt que de contraintre les ouvriers à redoubler d'effort ont eu l'intuition et la subtilité de proposer une manière différente de relever le défi. Question posée : " Quel petit pas pourrions nous faire pour améliorer notre production et notre productivité ?". Le résultat dépassa toutes les espérances puisque le Japon s'est non seulement relevé mais s'est affirmé, à la fin du XXème siècle, comme une des principales puissances économiques .

Adapté par le psychologue américain Robert Maurer (1) aux situations personnelles de ses patients, le kaizen, stratégie des petits pas, s'est révélé très efficace notamment pour désinhiber les peurs liées au changement. Explication de texte. Le changement est souvent source de peur ou du moins d'appréhension. Une restructuration dans une entreprise fait peur face à l'inconnu du lendemain comme un désir de changement personnel , s'il est associé à un défi trop grand, un pas trop important d'un coup. Car il peut aussi bloquer et même paralyser la personne. Si je vous donne comme directive de perdre 10 kilos en 15 jours, retrouver un travail en 3 semaines pour un demandeur d'emploi qui galère depuis plusieurs mois, ou encore si des parents se disent qu'ils doivent trouver une solution dans la semaine pour leur enfant qui devient de plus en plus difficile...il est fort probable que cela produise une tension, une crispation peu propice au changement lui-même ! La force du kaizen, c'est de courcircuiter le schéma classique du cerveau reptilien qui nous faire réagir à la peur par une réponse très instinctive du style " fuir ou combattre" pour ouvrir un espace plus sécurisant et poser un premier petit pas.

Exemple de petites questions kaizen :

- qu'est ce qui pourrait me permettre d'entamer un régime alimentaire dans la durée ?

- qui pourrait me soutenir dans cette période difficile de demandeur d'emploi en dehors des institutions ?

-quel petit changement pourrions nous imaginer dans notre comportement envers notre fils (fille) ? question pour des parents à bout relatif à un enfant dit "difficile".

Vous le voyez, des questions accessibles et qui ont le mérite de donner de la confiance.

Dans la stratégie en cascade proposée par Robert Maurer, les petites questions peuvent ensuite déclencher des petites actions et inciter des petites récompenses à se donner.

Exemple : plutôt que de vouloir reprendre une activité physique trop rapidement pour un retraité qui était sédentaire, choisir de commencer par 5 minutes de marche dans son quartier puis augmenter tout doucement pour arriver éventuellement aux 30 minutes d'activité physique recommandées à tous par l'organisation mondiale de la santé. Et surtout , se donner une petite récompense suite à la mise en application de l'action : par exemple, prendre un bon ravitaillement à l'issue de cet échauffement avec une gourmandise appréciée. En effet, le kaizen est à l'opposé de l'effort ascétique dur et invite à préserver le plaisir dans le changement. Avis aux amateurs !

Pour ma part, je constate que plus je l'utilise, plus il m'apporte des réponses simples et immédiates et plus j'ai envie de l'utiliser. C'est contagieux.

Question : quelle question pourriez vous vous posez, à l'issue de la lecture de cet article, pour en tirer le meilleur profit ?

 

(1) Robert Maurer : " Un petit pas peut changer votre vie : la voie du kaizen"

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:21

Pas une semaine sans que j'entende parler de méditation (1) dans des journaux, périodiques ou sur les ondes de radio ou de télévision. Cet été, la revue cerveau et psycho a consacré un dossier complet sur la méditation, la semaine dernière France Culture interviewait Christophe André, un médecin formé à la méditation et auteur d'ouvrages remarqués. Pourquoi un tel engouement des médias pour la méditation ?

Je propose ici quelques pistes qui méritent d'être confrontées à l'analyse de chacun. D'abord, cette percée médiatique dans notre monde occidental survient au coeur d'une société en crise et notamment frappée par une crise économique de grande ampleur. Beaucoup parmi nous se sentent déstabilisés si ce n'est touchés directement par le chômage, le burn out ou un stress à la limite du supportable. A quelle certitude pouvons nous nous raccrocher ? Reconnaissons que le discours politique ne rassure pas et même les experts économiques sur la sortie de crise ne donnent pas une visibilité unique et cohérente. Alors, quand la science vient valider, avec de nombreuses publications, l'efficacité de la méditation par rapport au stress, nous disposons là de quelque chose d'accessible, non sujet aux aléas des politiques sociales et économiques. La méditation représente aussi un retour sur soi-même, sur ses ressources intérieures qui ne dépend que de nous mêmes. Enfin, cette approche au confluent entre les religions ( la méditation est un élément important du boudhisme) et des pratiques de développement personnel intrigue, fascine ou en tout cas attire la curiosité. Comment, la méditation est même recommandée pour des patients atteints de troubles physiques et psychiques au sein d'unités hospitalières et proposée par des médecins formés à cette pratique ?

Dans un univers de consommation et de surtimulation avec internet, l'iphone et autres objets technologiques, la méditation apparait à contre courant. Elle ne nécessite aucun matériel spécifique, aucune technologie de pointe : elle peut se pratiquer sur une simple chaise, un banc ou encore un coussin. Et ils sont de plus en plus nombreux celles et ceux qui osent entreprendre cette remontée à contre courant...peut être pour se retrouver eux-mêmes !

 

(1) voir autres articles sur ce blog sur la méditation :

la méditation a changé ma vie; méditer pour descendre au fond de son océan; passer de l'agir au non agir; mindfulness ou la méditation de pleine conscience.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 04:43

 20 juillet 1969,  l'astronaute américain Neil Amstrong, qui vient de décéder, pose le premier pied humain sur la lune avec une formule devenue célèbre : " C'est un petit pas pour un homme mais un pas de géant pour l'humanité". Marcher sur la lune est l'accomplissement de toute une recherche scientifique menée par la Nasa américaine et rendue possible par le choix du gouvernement américain d'engager un budget énorme à la hauteur de ses ambitions face au bloc soviétique dans les années 60. Plus de quarante après, les expéditions sur la lune se sont arrêtées, le mur de Berlin est tombé,  et peut être sommes nous invités à "revenir sur terre", à regarder plus simplement notre marche sur terre.DSC03855.JPG

C'est l'acte physique le plus partagé dans le monde quelles que soient les cultures . Nous marchons pour aller à notre travail chaque jour, nous marchons pour aller prendre un bus, un tram ou un métro, nous marchons pour nos déplacements urbains. En vacances, il y a la petite marche pour se rendre à la plage ou pour d'autres, la marche randonnée en montagne ou même la marche plus longue sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle de plus en plus pratiquée. Et plus dramatiquement, des hommes des femmes et des enfants marchent pour fuir les lieux de combat et trouver des campements de réfugiés.

Remarquons au passage, dans notre société du XXIème siècle,  l'apparition de moyens de déplacements plus ou moins sophistiqués et coûteux :  trottinette électrique, vélo électrique, gyropode sur route et sur mer, kite surf, stand up paddle (1), ... Et si nous revenions aux vertus de la marche sans rien et sans bâtons (2).

Je ne parles pas de toutes les fois où je marche sans faire attention à ma marche. Je marche avec un ami dans la rue et je parle en marchant. Je marche avec les écouteurs branchés sur mon mp3. Je marche en pensant à mon prochain projet, dossier, truc ou machin. Je marche sans être là et en étant ailleurs. Je marche comme si cela allait de soi. Les personnes qui se retrouvent, après un accident, dans un fauteuil roulant mesurent plus que d'autres toute la valeur de l'acte de pouvoir marcher avec deux jambes.

Marcher avec conscience se pratique dans des ateliers d'art interne comme  le qi kong, le zen ou encore dans les stages de développement personnel. La consigne est souvent celle ci : " Rallentissez votre rythme, mettez votre conscience dans vos pieds et sentez". Et là, nous redécouvrons la dépose de notre talon sur le sol, la relance par la pointe du pied, notre manière plus ou moins souple de passer du talon à la pointe du pied. Il se passe  souvent une sensation nouvelle pour les pratiquants : le mental est débranché, nous sommes nos pieds, nous sentons vraiment le déplacement de chaque pied, le contact avec le sol et sa tonalité, parquet, sol plastifié, béton, herbe, gravier ou autre. Dans notre vie quotidienne, cette pratique de la marche consciente nous ouvre aussi  un chemin nouveau. Je marche et je suis là avec mon rythme, ma respiration, le contact avec le sol, j'habite l'instant. Tiens, et si je ralentissais mon pas. Et si je respirais plus amplement, plus tranquillement. Et si maintenant, je m'arrêtais pour observer...les arbres sur mon trajet que je n'avais jamais remarqués, cet écureuil agile qui saute de branche en branche.

Marcher avec conscience régulièrement, c'est un petit pas pour soi mais pratiquée par de plus en plus de personnes, ce pourrait être un grand pas pour l'humanité. En effet, marcher avec conscience, c'est se donner la possibilité naturelle de ne plus être suspendus au gré d'un mental qui s'emballe parfois et qui crée fossé, rupture, conflit entre les hommes. C'est apprendre à vivre davantage reliés entre terre et ciel et à goûter pas après pas cette sensation d'unifier notre corps, notre mental et notre âme.

 

(1) le stand up paddle est une planche sur laquelle le pratiquant est debout et se propulse sur l'eau ( mer, rivière ou lac) avec une seule rame.

 

(2) la marche avec bâtons fait référence à la marche nordique dont la pratique se développe notamment chez les séniors. Elle mobilise tous les muscles du corps, allège la pression sur les pieds et les articulations. Elle est bénéfique pour le maintien et le renforcement d'une condition physique générale.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 20:30

Plus d'une  heure que j'attends dans cette clinique en service urgence pour consulter un médecin et effectuer une radio. La salle d'attente est surchargée, je ne peux même pas m'asseoir et , en plein été, la chaleur est accablante pour tous. Enfin, mon numéro est appelé, je rencontre un médecin mais il me faudra encore une demi-heure d'attente pour réaliser la radio. Et en prime, une infirmière me laisse "poireauter" un bon quart d'heure dans la pièce fermée sans fenêtre, cloîtrée à demi obscure de la radiographie avant que la porte ne s'ouvre et laisse apparaitre le radiésthésiste. Ouf ! L'attente est finie. Cette expérience d'attente longue sans certitude du temps, chacun de nous en a vécu avec plus ou moins d'émotion négative allant de l'impatience, à l'irritation, et même parfois  à la colère quand les nerfs sont à bout. Pourtant, à y regarder de près, nous sommes concernés très fréquemment par l'attente et pas uniquement dans une salle d'attente d'hôpital.

L'attente de l'automobiliste à l'entrée de Paris quand le bouchon des arrivants se gonfle le matin, l'attente à la caisse d'un supermarché, l'attente sur le quai de gare, de tram ou de bus. L'attente d'un(e) ami(e) à un rendez vous donné sur un lieu précis. L'attente des résultats d'un examen, d'une réponse à une demande, ou encore l'attente d'un accord pour être aidé dans un projet...L'attente des parents dans la grossesse et l'accouchement d'un enfant. L'attente des personnes âgées isolées et quêtant la visite de l'aide à domicile...

Comment chacun vit-il ces diverses attentes ?

Moment perdu, temps gaspillé, stress pour certains qui veulent rentabiliser tous les moments de l'existence. Occasion de souffler, de sortir du rythme imposé pour d'autres. A quoi pense t'on dans ces moments d'attente ? A la manière dont nous pourrons rattraper ce temps perdu ? A des préoccupations ou ruminations professionnelles ou personnelles qui reviennent en boucle ? Ou encore , dans une salle d'attente, le réflexe conditionné sera de se jeter sur le premier magazine ou dans une fille de bouchon routier mettre la radio ...Et parfois "prendre son mal en patience"  et engager une conversation d'attente avec un voisin ou une voisine dans la même situation.

Et si ce temps d'attente était un temps béni pour nous inviter à nous recentrer sur l'instant présent ?

Tiens, je prends le temps de me poser sur ce siège de salle d'attente et de découvrir l'environnement, les couleurs, l'odeur... Là, dans cette queue de caisse de supermarché, je prends le temps d'observer les gestes de la caissière très affairée ou cet enfant qui joue avec un objet acheté par sa mère. Ou encore, dans ma voiture, je me recentre sur ma respiration pour la rendre plus ample, et retrouver un calme intérieur. Attendre devient alors une belle opportunité de nous confronter à nous mêmes, à notre capacité d'accueil de notre impatience, de notre vide ou vagabondage mental, et à trouver peut être une troisième voie pour la vivre pleinement comme un temps qui compte.

Florent Pagny, avec sa chanson "Savoir aimer", le déclame à sa façon :

Savoir attendre, goûter à ce plein bonheur qu'on vous donne comme par erreur.

Pour ma part, je garde le plein bonheur et j'élimine l'erreur. Attendre, c'est aussi ne pas vouloir tout maîtriser autour de soi et d'abord le temps. Attendre, c'est renoncer au mythe de l'homme autocontrôlant et entrer dans le rythme des saisons. Le temps de semer, le temps d'arroser et d'entretenir sa terre, le temps de l'hivernage et le temps du printemps, de la récolte.

Attendre , compte tenu du temps cumulé au fil de nos vies humaines, mérite d'être regardé comme un art.  Art de revenir au présent, à soi, art d'observation des autres, du lieu, art de maintenir son mental dans le renoncement  au "tout, tout de suite" pour l'orienter vers  l'écoute de soi, de ce que je peux me dire à ce moment là sans précipitation, ni regard extérieur.

Attendre, c'est une belle occasion de parler de soi à soi !

 

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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