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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 10:22

La montée est lente, pas à pas, dans un paysage lunaire recouvert d'un tapis blanc de neige. Chaque randonneur emprunte le pas du précédent par prudence et aussi pour éviter que la neige ne cède sous la pression du poids. Devant le groupe, notre guide féminine, d'un pas souple et régulier, ouvre la voie dans la neige vierge. Nous sommes à plus de 1600 mètres  avec une vue panoramique baignée de lumière solaire au dessus de la vallée de Louron dans les pyrénées. Cette marche en raquettes à neige me semble aussi ressembler à notre marche dans nos itinéraires de vie.

Comme il peut être confortable de mettre ses pas dans les pas d'un autre, de faire confiance à un guide que l'on sait expérimenté, connaisseur de la montagne et des risques d'avalanche. Nous cherchons souvent une figure d'inspiration, un archétype dirait Carl Jung, le  psychanalyste. Certains vont le trouver dans un éducateur, un enseignant qui pourra servir de modèle, d'autres peuvent se perdre à la recherche du gourou qui sait tout et qui rend dépendant. Or, comme notre guide nous y a invité "Maintenant, dans cette portion de descente, vous pouvez faire votre propre trace, goûter la sensation de fendre une neige vierge, oser allonger le pas et même courir avec ses deux raquettes aux pieds !".

Oui, faire sa propre trace est aussi le défi de l'âge adulte dans unvacances-pyrenees-2012-053.jpg monde qui n'est pas nécessairement blanc ou vierge comme ce territoire pyrénéen. Faire sa trace, c'est déjà oser prendre un itinéraire à soi qui n'est plus celui du voisin, c'est trouver son propre rythme de vie , s'adapter au terrain gelé, dur ou tendre suivant l'ensoleillement. Faire sa propre trace, c'est goûter l'exaltation de bonds en raquettes, comme des rebonds parfois inattendus dans la vie.

En pensant aux ours réimplantés dans les pyrénées et qui hibernent près de 3 mois durant la saison hivernale sous la neige et ,pour les femelles avec la possibilité de mettre bas des petits ours pas plus gros que des pelottes de laine, je suis très étonné que ces animaux puissants et qui peuvent courir à près de 50 km/heure restent quasiment immobiles durant autant de temps. Grande différence avec les humains que nous sommes et qui avons besoin sans cesse de mouvements, de stimulations sensorielles, intellectuelles ou affectives. L'ours, qui sait aussi se comporter de manière autonome, nous questionne sur notre rythme de vie.

Faire sa trace suppose aussi des temps d'observation du paysage pour trouver l'itinéraire le plus sûr et des temps de pause pour refaire ses forces et se réhydrater. Faire sa trace, y compris dans les groupes de randonneurs en raquettes, c'est faire silence en soi et entendre simplement le bruit des raquettes sur la neige, sentir un fond d'air frais montagnard sur ses joues, ouvrir les yeux sur le bleu du ciel couvrant le blanc du sommet.

Et si faire notre trace dans notre existence terrestre, c'était aussi goûter le silence à l'intérieur de  soi pour ouvrir nos sens à ce qui nous est donné dans l'instant, ici au coeur d'une rue piétonne d'une ville, d'une galerie marchande, ou encore là au milieu d'un espace bureautique, d'un atelier de travail.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 04:14

A l'occasion d'une conférence que j'ai animée sur le thème " efficacité et sérénité au travail", j'avais posé aux participants la question starter : " Comment vous mettez vous en forme le matin quand vous allez travailler ?".

Parmi les réponses données, il y a celles et ceux qui , n'étant pas des lève tôt naturellement, ont besoin d'un stimulant après le réveil, souvent symbolisé par la tasse de café, et il y a aussi celles et ceux qui pratiquent des petits rituels d'éveil corporel et/ou mental. Pour l'un et même en couple, ce sera un moment de yoga, pour un autre, des exercices de respiration et d'étirement, et pour certains, une pratique de la méditation de pleine conscience. Sur le trajet en voiture, chacun a son émission fétiche pour se reconnecter à l'actualité ambiante. Bref, le monde adulte pressent bien globalement l'importance de se retrouver soi avant de se reconditionner au monde professionnel.

Sur le lieu professionnel, les habitudes que je repère se concentrent sur le fameux café collectif pris par bureau. J'ai même entendu cette expression savoureuse : " Pendant que je laisse l'ordinateur se mettre en route, je vais prendre un café avec mes collègues". Et justement, nombre parmi nous sommes concernés par un voisin très permanent, silencieux en général la nuit, coloré le jour avec de multiples fenêtres et icônes, l'ordinateur. Aussi, la question de départ mérite d'être complétée souvent par : " Comment je me mets en forme avec mon "cher" ordinateur ?

A l'occasion d'un stage que j'ai animé récemment sur le thème du PEPS, décodé Plan d'Efficacité Professionnelle Sage, une participante a évoqué un site animé par une québéçoise, Marie Pier et qui propose chaque matin, du lundi au vendredi, une page  courte de méditation poétique sur un thème illustré par une photo. J'ai suivi cette suggestion (comme bientôt 100 000 internautes !) et je reçois tous les matins sur mon ordinateur de travail, matin magique. C'est frais, pétillant, écrit avec goût, aussi, je ne résiste par au désir de vous faire partager un extrait de ce fruit plein de saveur :

"On parle souvent de faire ou ne pas faire diverses actions, on élabore sur les étapes à suivre, etc. Mais on mentionne moins souvent un autre facteur super hyper crucial: le «timing». S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est qu’il me faut faire comme les surfeurs et attendre la vague avant de m’élancer – attendre l’élan qui me permettra d’avancer avec fluidité. C’est beaucoup plus efficace et tellement moins fatigant! Lorsqu’on est en mode «faire, faire, faire», on est moins sensible aux mouvements de l’océan et on finit souvent par nager à contre-courant...
Qu’en dites-vous? Écoutez-vous, faites-vous confiance... Et lorsque la vague est bien formée, n’hésitez pas trop avant d’embarquer. ;-)"

 

Et si, se mettre en forme le matin, c'était aussi se préparer à surfer

 

 durant la journée  en patientant face aux contre-courants

 

et en guettant la bonne vague  ?

 

cf matin magique.com



 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 11:39

La conférencière avait martelé à plusieurs reprises, de manière convaincue, le slogan " Il vous faut des objectifs. Sans objectif, vous ne pouvez pas avancer." Or, en observant les réactions non verbales des participants et surtout en écoutant une réaction d'une femme dans l'assemblée ," Vous employez le mot objectif et ce qui me gêne, c'est qu'il a un poids très professionnel. Cà ne donne pas envie ...", j'ai pris conscience que, pour beaucoup d'entre nous, le mot objectif est immédiatement reconnecté au monde professionnel. Et là, toutes les résonnances sont possibles. Quand des personnes vivent les objectifs comme des impératifs de rentabilité et de résultats, par exemple, " objectif de réaliser x entretiens qui débouchent sur au moins 80 % de contrats", le mot objectif est reliée immédiatement à une pression du style "Il faut que...".La floraison des contrats de performance confirme cette tendance à mettre de l'objectif avec indicateur et cible un peu partout.

Aussi, en matière de développement personnel, quand il s'agit d'évoquer le mot objectif, quelques précautions sont de mise. La première, c'est probablement de parler d'objectif choisi librement par la personne. Et dans ce champ, il est opportun de relier l'objectif personnel aux bénéfices attendus pour soi.

Quand vous aurez atteint cet objectif pour vous, quel(s) bénéfice(s) allez vous en retirer ?

Enfin, comme un voilier sur la mer qui met le cap vers une destination précise, l'objectif devient stimulant dès lors qu'il évoque une image mentale, bien réelle dans la tête du "porteur d'objectif".

Quand la navigatrice Maud Fontenoy a envisagé la traversée de l'Atlantique en barque et qu'elle a entrepris, avec son enthousiasme, toute une démarche auprès de partenaires financiers, d'équipementiers,....sa force de conviction était portée par cette image d'arrivée au bout d'un périple marin malgré toutes les incertitudes et les inconnues.

Pour aller encore un peu plus loin sans forcément traverser l'Atlantique, il existe aussi des objectifs appelés auto-concordants. C'est cette appellation que le psychologue et professeur "du bonheur" d'Harvard, Tal Ben Shahar (1) utilise pour qualifier des objectifs personnels. AUTO-CONCORDANTS signifiant à la fois donnant du  plaisir dans leur réalisation et porteurs de sens pour soi. Il démontre, notamment dans son ouvrage " l'apprentissage du bonheur, principes, préceptes et rituels pour être heureux" que ces objectifs contribuent particulièrement à libérer notre énergie et aiguiser notre concentration pour atteindre le but.

Or, Tal Ben Shahar attire notre attention sur la nécessaire conciliation entre sens donné et plaisir. Si je n'éprouve pas de plaisir pour atteindre coûte que coûte le sommet du Mont Blanc, mon objectif pensé, préparé depuis des années, alors mon niveau de bonheur sera relatif. Par contre , si je trouve du plaisir depuis la montée de l'aiguille du goûter à 3800 mètres, et le départ de nuit du refuge jusqu'à l'arrivée à 4810 mètres, l'objectif "Mont Blanc" prend une autre saveur et renforcera durablement un souvenir de réussite et de plaisir associés.

A partir de ce constat, se posent deux questions préalables pour vérifier que nos objectifs personnels sont bien "auto-concordants" :

-  en pesant cet objectif, quel sens, quelle signification pour moi par rapport à mes valeurs ?

- en le visualisant par avance, quel plaisir j'en attends dans sa préparation, son vécu ?

  Et si nous parlions finalement d'objectifs de VIE, d'objectifs qui nous mettent en route, nous donnent du courage dans les creux de vagues, et qui nous mobilisent avec nos ressources et nos limites. Sans être navigateurs, nous avons tous une traversée d'Atlantique qui nous attend dans nos vies, saurons nous la voir, la préparer et nous y engager ?

 

(1) voir  article sur ce blog : "apprendre le bonheur, rêve ou réalité ?"

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 22:40

Vis tes rêves !

Non, ce n'est pas une incantation publicitaire par temps de crise. C'est le slogan du futur rassemblement des scouts de France appelé Jamboree. Et force est de reconnaitre que ce mouvement de jeunes, depuis les fondements au début du XXème siècle par Baden Powell, un général anglais, a traversé toutes les crises pour rester dans le vent avec plus de 38 millions de scouts répartis dans près de 217 pays. 

Vivre ses rêves est sans doute une des facultés spécifiquement humaines qui nous détachent du monde animal.

Dans notre sommeil et durant la phase appelée paradoxale qui correspond à environ 20% de sa durée, nous rêvons même si au réveil, nous avons pas souvenir de nos rêves. Les rêves des enfants, selon les spécialistes, sont plutôt branchés sur l'entourage immédiat et les symboles relèvent des contes lus et entendus, Blanche Neige, Cendrillon, et les trois petits cochons...L'adolescent, à la puberté, va vivre ce passage vers l'âge adulte, avec des rêves emprunts de symboles sexuels, en rupture avec le cocon familial. Quant à l'adulte, ses rêves plus complexes à interprêter mêlent sa personnalité profonde, des événements familiaux comme des éléments de la vie sociale, règles, interdits et obligations. Freud, le père de la psychanalyse, considérait déjà les rêves, dans leur analyse, comme une "voie royale pour parvenir à la connaissance de notre âme." Deux parts de nous se confrontent dans nos rêves : l'animus, le pôle masculin, celui de l'action, de la logique, et le pôle féminin plus dans la réceptivité, la créativité, les émotions. Le rêve, selon les psychanalystes, est un produit de notre inconscient, et participe ainsi à la construction, à la structuration de notre personnalité en reliant le moi profond et le réel vécu par la personne. clair-de-lune.jpg

Nous pouvons alors aussi mieux saisir comment le concept de rêve est important pour exister, tout simplement.

Le rêve, en dehors de la phase de sommeil, est un carburant fondateur de la vision et du projet. Combien d'hommes politiques, De Gaulle ( et la libération de la France en 1945), Martin Luther King ( "I have a dream")   et d'inventeurs , Walt Disney et le dessin animé (alors que la technique du film animé n'existait encore pas au moment de son "rêve"), Léonard de Vinci ( inventant le principe du sous marin et de l'hélicoptère avant l'heure...) ont rêvé tout haut dans leur tête des réalisations qui verront le jour de leur vivant ou après leur mort.

Dans l'inspiration de l'utilisation de notre inconscient, le courant de la pensée créatrice nous indique que " ce qui est pensable est réalisable" ou encore " ce que je peux rêver en images dans mon cerveau, je peux le réaliser." Certes, il ne s'agit pas de s'imaginer gagner le gros lot d'une loterie ( la question de la probabilité statistique reste première) mais plus sûrement de laisser libre cours à ses rêves "éveillés"  venant quelque part de notre moi profond , de les laisser émerger. Quand Gérard d'Aboville a traversé à la barque l'océan atlantique, nous pouvons imaginer qu'il avait rêvé, longtemps rêvé cet exploit insolite. Bien sûr, cela ne dispense pas ensuite la mise en oeuvre d'un projet avec sa phase de planification, de recherche de partenaires, de financement. Mais, dans toutes ces aventures humaines, le grand moteur attractif est bien souvent le rêve, l'image intérieure nourrie d'émotions positives que le rêveur colporte et qu'il vend autour de lui.

Quel rêve portez vous au fond de vous et qui cherche à éclore ?

Ce n'est peut être plus devenir pompier pour le petit garçon que vous étiez ou la petite fille voulant devenir infirmière ! 

Quoi ? Vous ne voyez aucune image. Alors, prenez du repos, retrouvez le sommeil et... au réveil, laisser vos rêves remonter doucement à la surface.  

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 23:49

Savez vous ce qu'est un caldarium?

Jusqu'à ce jour, je ne le savais pas avant d'avoir le privilège d'en découvrir un. Non, je ne parles pas du caldarium historique, les bains chauds sous la Rome Antique. J'évoque un lieu actuel dont la signification sur un panneau à l'entrée vous fait rentrer tout droit au paradis : " Ce caldarium est un paradis voilé dans la brume   où l' âme peut s'éveiller".

Revenons sur terre. Ce jour, j'ai participé à un trail dans une belle station thermale de la méditerranée et l'organisateur avait eu la bonne idée de proposer, après la course, aux 300 premiers inscrits une visite gratuite dans un centre de bien être. Et c'est vrai qu'après 17 kms de montée et descente de garrigue dans des single ( chemins sinueux ne permettant qu'à un coureur de passer) , le réconfort fut appréciable. Bain de plein air à 35 degrés avec geyser d'eau massante, quelle relaxation ! Puis sauna et enfin le paradis du caldarium. chutes-d-eau-sauvages.jpg

Le caldarium est en fait une sorte de hammam rebaptisé avec un terme latin et la brume évoquée est constituée par  des vapeurs d'eau aux essences d'eucalyptus et de pin favorisant une fluidité des voies respiratoires dans un air chaud et  avec près de 90 % d'humidité, . Ce moment fut effectivement très reposant dans une atmosphère étonnante où je ne voyais plus les autres personnes, masquées par la vapeur d'eau. Au delà de ce moment de rêve suspendu dans la brume, j'ai trouvé très poétique la recherche de définition de ce lieu. Je suis admiratif non seulement du jeu de lumière, de brume, d'accueil tout en courtoisie de cet espace de bien-être mais de cette capacité certes commerciale à mettre en mots cet espace de détente.

Paradis voilé dans la brume où l'âme peut s'éveiller.

Reste que je ne sais pas si mon âme s'est effectivement éveillée même si j'ai pu goûter ce moment de présence à moi-même, baigné dans la chaleur du lieu et  hâpé par ses senteurs vivifiantes. Il y a la magie du lieu, le pouvoir évocateur des mots et la reliance des deux déclenche certainement un certain état d'être...sans pour autant nous conduire au paradis !

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 23:57

100_2683.jpgAvez vous déjà essayé l'expérience de ne rien faire ? Je dis bien "ne rien faire" du tout. Ce qui signifie non seulement s'arrêter d'agir, de marcher, de téléphoner, d'écrire, de parler, de bricoler, de lire,....mais de ne rien faire de manière volontaire sans être nécessairement en position de yoga, de zen ou de méditation. C'est vrai que le "ne rien faire" n'est guère valorisé dans notre sociétè du XXIème où il est de bon ton de témoigner de son dynamisme, de son allure rapide, de son sens de l'entreprise pour ne pas dire de la performance. Ne rien faire pourrait nous faire étiqueter dans le camp des paresseux, des "farnienté", ce qui pourrait aussi être très culpabilisant. Or les neurosciences confirment l'importance de mettre au repos régulièrement notre cerveau parfois ou souvent saturé d'informations, de pression au travail ou encore encombré ou agité par de multipes sources de stimulation.

Si l'aventure vous tente pour en mesurer les bénéfices immédiats et notamment face à l'ordinateur, le site "do nothing for two minutes" ou "ne rien faire pendant 2 minutes" est un redoutable test. Il propose de regarder une image de mer et d'écouter simplement les bruits des vagues sans toucher ni sa souris, ni son clavier. Le moindre mouvement entraîne une remise à zéro des 2 minutes. Personnellement, j'ai goûté l'exercice berçé par le bruit des vagues et résisté à la tentation de reprendre la main sur ma souris. Le bruit des vagues apaise l'esprit et le site voisin calm.com propose même des images de rivages variés avec ce mouvement des vagues qui s'abîment tranquillement. Depuis mon enfance, le bruit du roulement des vagues a toujours eu une vertu apaisante. Est ce la régularité du mouvement, ce bruit familier, la symbolique de la mer, l'air marin...qui crée cet effet immédiat ? A chacun de se faire son opinion.

En tout cas, l'exercice mérité d'être répété régulièrement. Enfin, une opération simple de vide du cerveau qui ne demande pas d'artillerie particulière. Un simple clic, une assise confortable détendue et deux oreilles qui se laissent bercer par le bruit de la mer. Deux minutes d'évasion, quel bonheur !

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 21:46

Comme d'habitude, rappelez vous la célèbre chanson de Claude François. Or, s'il est un sujet intéressant à ausculter de temps à autre dans nos vies parfois trépidentes et agitées , c'est bien nos habitudes. Ces petites choses que nous mettons en place dans nos vies , auxquelles nous finissons par ne plus  penser et qui, jour après jour, peuvent conditionner notre humeur, notre vitalité, voire nos manières de regarder le monde et de s'y adapter. A l'occasion d'un stage que j'anime depuis plusieurs années et intitulé "efficacité et sérénité en milieu professionnel", je propose aux participants un diagnostic sur leurs habitudes et réflexes au travail.Je vous livre quelques enseignements de cette "foire aux habitudes" , séquence très ludique d'échanges.

En tentant de faire un premier inventaire de tout le vide-grenier entendu, je commencerai par les habitudes pour se mettre en forme le matin en arrivant sur son lieu de travail.  L'allumage de l'ordinateur est un rituel devenu incontournable pour beaucoup et certains ont besoin du petit café réveil matin et du tour des "popotes" pour se reconnecter. Le "rendez vous avec soi-même", ces 5 minutes prises le matin seul à seul pour poser sur une fiche papier (ou éventuellement informatique) les points forts de sa journée ( priorités, appels téléphoniques, points de vigilance sur tel dossier...) ne semble pas encore une habitude bien ancrée même si les participants en reconnaissent la vraie nécessité. L'ordinateur reste roi avec des suggestions pour insérer des paysages zen, des musiques, des éléments apaisants. Dans les habitudes citées, je pressents bien cette recherche concomittente de garder du plaisir (quand c'est encore possible dans un contexte professionnel) et de rester dans l'efficacité professionnelle. Dans la première recherche, les rituels du "bonjour", du sourire, des temps de pause , de convivialité ont une belle audience. Dans le registre de l'efficacité, la demande s'oriente sur "comment mieux faire face au quantitatif débordant, aux courriels qui innondent l'ordinateur dès le matin, aux dossiers qui s'empilent sans traitement."...Or les pédagogues et neurologues nous rappellent quelques principes de bon sens pour désencombrer nos cerveaux saturés et préserver une concentration utile :

- ne faire qu'une chose à la fois, un dossier après l'autre. zen-au-bureau.jpgPar exemple, ne poser que le dossier actif sur son bureau et garder les autres classés. Et vérifier que je retrouves facilement le dossier classé de manière logique.

- limiter les clics incessants sur la boîte réception courrier de son ordinateur. A moins d'être dans un service SAMU de traitement de l'urgence, le  relevage deux fois par jour, une fois le matin et une fois l'après midi,est une moyenne souvent indiquée par les prescripteurs de sagesse.

- vider le dessus de son bureau de tout dossier au moment de quitter son bureau le soir. Je sais que certains vont crier : "Moi, çà ne me dérange pas, j'ai toujours fonctionné avec un bureau couvert de dossiers. Et je m'y retrouve !". La question est à mon sens celle ci : pourquoi renoncer au plaisir d'arriver le matin devant un bureau net, non encombré et inspirant la quiétude ? A moins que la nature ayant horreur du vide et du qu'en dira-t-on, nous nous sentions plus rassurés avec des piles de dossiers attestant que nous avons beaucoup, oui beaucoup de travail....çà se voit , non ?

Dans la poursuite de ce grand inventaire, nous pourrions aussi citer les habitudes pour faire rupture, pour se retrouver soi, pour retrouver de l'énergie. De la pause respiration ( en respirant par l'abdomen et en étirant le corps, en baîllant...) à la pause conscience ( prendre le temps d'accueillir ce qui vient en réceptivité et en coupant le moteur des pensées), il y a un vrai "travail" pour que certains, notamment marqués par des habitudes de travaillomanes apprennent à respirer au coeur de leur activité. Cette respiration physique, mentale et psychique régulièrement vécue chaque jour  peut s'avérer un moyen préventif contre le stress et  ses conséquences nocives pour la santé.

Enfin, il y aurait un ménage à effectuer dans ses habitudes qui pourrait s'orchestrer autour de trois actions : éliminer les habitudes qui encombrent le cerveau, consolider celles qui nous apparaissent utiles en efficacité et sérénité et oser expérimenter, hors de notre champ habituel, une habitude pour vérifier son effet. Car nous disposons tous d'un droit inestimable : le droit d'expérimenter sans douleur, d'en évaluer le bénéfice et de décider in finé du choix durable.

En ce début d'année 2012, quelle habitude nouvelle pourriez vous expérimenter avec bonheur ?

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 21:01

La troupe d'une vingtaines d'unités progresse dans la nuit en pleine forêt sur un petit sentier humide sur lequel ruisselle le reste d'un petit cours d'eau. Nous sommes le 31 décembre 2011 et les douze coup de minuit approchent. Non, ce n'est pas une troupe militaire. Ce groupe est  composé d'adultes, de couples et d'enfants d'une même famille, marchant prudemment sur ce sentier glissant et boueux les uns derrière les autres ou se tenant la main, comme une procession religieuse derrière le guide organisateur de l'événement.

23H 55 : la troupe s'arrête dans un champs  surplombant la vallée dénommé "la sauvage" et se fait surprendre par un feu d'artifices multicolores. Au coeur de la nuit, après ce spectacle inattendu, c'est l'échange du rituel de bonne année dans la bonne humeur et à la lueur des lampes frontales.

Instant magique, presque surréaliste, avec une vue sur la vallée et le village éclairé sur l'autre versant. Cet épisode vécu en famille évoque pour moi des composantes de nos chemins de  vie.

Pour progresser dans la vie, dans notre croissance humaine et psychologique, nous avons besoin d'abord de guide pour nous montrer la voie, le bon chemin. Ces guides ont pu être nos parents, des professeurs, des éducateurs, des entraîneurs sportifs...Quand nos vies s'obscurcissent sous le poids du stress, des épreuves, des incertitudes de l'avenir, nous avons besoin de voir clair pour orienter nos pas, nos petites décisions de chaque jour. Ces petites lampes que nous accrochons à nos fronts pour progresser de nuit et appelées lampes frontales éclairent devant nous de manière forte un espace suffisant pour poser nos pas avec confiance sur le chemin. Ces frontales sont nos lumières de clairvoyance, nos petites voies intérieures qui nous disent : " Vas y, là, tu peux t'engager même si tu ne vois pas le bout du chemin aujourd'hui." Sans frontale, nous serions perdus ou livrés à la seule lumière du guide qui nous rendrait de fait complétement dépendants de lui.

Revenons à nos grands sentiers très fréquentés, les autoroutes, avec un clin d'oeil à ce message vu durant ces fêtes de fin d'année au dessus de l'une dlune-nuit.jpg'entre elles :"Rester éveillés, rester en vie."

Et si 2012 nous invitait à utiliser nos frontales plus régulièrement pour trouver notre propre chemin de vie , chemin d'éveil sans se laisser abusés ni par les "vendeurs de climat morose sur fond de crise", ni par les gouroux de tout horizon vantant des méthodes miracle pour jouir du bonheur sur ordonnance. Une condition : apprendre à orienter notre frontale, notre petite voie intérieure pour trouver le chemin le plus propice à la réalisation de nos désirs et de nos projets donneurs de vie.

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 17:44

En ce temps de Noêl, à l'occasion des fêtes en familles ou entre amis, nous pouvons être amenés à déguster le pétillant de champagne dont les bulles remontent dans les verres à pied. Ce temps peut être aussi un temps pour revisiter l'année écoulée et regarder de plus près nos propre bulles de vie.

J'ai en mémoire ce que m'avait confié un jour une ancienne championne internationale en triathlon, sport extrême s'il en est, puisque cette discipline combine en enchaînement ( sans pause) une course de natation, une course en vélo puis un final en course à pied. Elle me racontait comment elle avait vécu ce qui représentait près de 12 heures d'effort physique intensif, très concentré avec peu de moments de récupération pour gagner une course prestigieuse. Le terme qui revenait le plus souvent est celui de "bulle". " Je ne voyais  plus les spectateurs, y compris mes supporters au bord de la route . J'étais tellement concentrée que je n'étais plus que moi avec mon vélo et l'objectif de la gagne...". Cette image est souvent reprise par des sportifs de très haut niveau qui ont appris avec des heures et des heures d'entraînement et de conditionnement à se couper du monde extérieur pour être complétement centrés sur la production d'un effort physique axé sur un objectif de rendement et de réussite sportive.  Autant je peux être admiratif sur cette capacité à se couper du monde pour tout donner sur un moment sportif, autant cela m'interroge sur les bulles que nous fabriquons plus ou moins consciemment dans notre monde dit moderne.

"Moi au travail, vu l'ambiance, je me coupe de tout et je vis dans ma petite bulle. Je fais mon job, je parle peu de moi. Je préfère éviter les racontages et les bruits de couloirs...". Ou encore " Moi, quand je suis au travail, je suis hyper concentré sur ma tâchbulles-de-champagne.jpge, je ne vois plus personne, ce qui compte, c'est d'abattre le boulot. Et quand j'ai terminé, je suis content." Deux types de bulles derrière ces commentaires : la bulle de protection de celui qui veut éviter de livrer trop de lui au travail car la confiance n'est pas forcément de mise et la bulle du travaillomane qui garde le nez dans le guidon de peur de le relever et de voir plus loin...Toutes ces bulles ont, bien sûr, leur raison d'être : nous protéger de dangers supposés ou mêmes réels et parallèlement contribuer à une concentration sur un objet. C'est grave, docteur ?

Non, rien de grave, et ces bulles sont finalement le reflet de stratégies d'adaptation que nous adoptons plus ou moins consciemment. La question reste de savoir si nous sommes à même de sortir de ces bulles facilement quand nous quittons tel ou tel rôle social. Le travaillomane saura t'il retrouver un sas d'oxygène et de spontanéité de retour dans sa famille ou avec ses proches ? Le protecteur de sa vie intime saura t'il redéployer sa sensibilité, vivre un authentique  partage social  dans un autre milieu plus amical, plus confiant ?

En regardant ces bulles de champagne qui remontent dans le verre, je me questionne. Et si ces bulles nous invitaient à remonter à la surface ? Imaginer que vous soyez dans cette bulle de champagne. Elle vous remonte tranquillement en ligne droite vers la surface . Au contact de l'air, elle éclate. Que se passe t'il alors, libéré (e) de votre bulle ?

 

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 18:11

DERNIER EPISODE : un colibri pour rester serein

 

La sérénité n'est pas une question personnelle de chacun pour soi pour nourrir sa petite tranquillité dans son petit coin le plus loin possible des lieux de pollution, d'agression, ou de violence. Quand deux ou trois personnes dans un espace de travail, un lieu de vie, dans un quartier cherchent à incarner la sérénité, il se passe forcément quelque chose. L'analyse systémique rappelle que dans tout système, le changement même minime d'un élément entraîne par effet un changement dans le système.

Oser parler de sérénité dans un univers médiatico-politique usant jusqu'à la corde la toile de fond de la crise est un pari pour sortir de la pensée convenue. C'est mettre un peu ou beaucoup de conscience, de clairvoyance pour prendre distance avec les agitateurs de discours sur l'économie, les remèdes, les responsables, les bouc émissaires ou encore les victimes.

Dans ce courant ou ce contre-courant, un homme parmi d'autres tente de réveiller nos consciences. Cet homme, Pierre Rabhi est notamment l'inspirateur de l'agroécologie tenant compte des équilibres entre la biodiversité, le respect de l'environnement et du sol cultivé en particulier et le système économique et social de production.

En quoi cela peut-il conduire vers la sérénité , me direz vous ?

De mon point de vue, j'y vois un chemin possible, parmi d'autres, pour retrouver ce lien entre l'homme et la nature. Cet ancrage, parfois perdu au coeur des zones urbaines, me semble vital aujourd'hui pour restaurer notre lien terrestre avec la terre, les arbres, les fleurs, et même la nature à l'état brute faite de ronces, de buissons plus ou moins opaques au coeur de forêts.

La sérénité, dans ce monde dont la maîtrise échappe de plus en plus aux gouvernements, malgré leur tentative de régulation, au profit des business économiques et financiers, devient un enjeu de société. Comme sur une crête en haute montagne, il s'agit d'éviter de dévisser. Plus clairement, cette marche d'équilibriste vise à éviter de tomber autant dans le camp des victimes indignées   que dans celui des rebelles, aigris, voire violents  condamnant sans appel le système économique actuel.

J'emprunte à Pierre Rabhi la belle histoire du colibri pour ouvrir ce chemin de sérénité au coeur de la crise.

Il y a eu , jadis sur terre, un immense incendie de forêt. Tous les animaux étaient affolés, terrifiés et impuissants. Ils observaient leur terre en train de brûler. Un seul petit animal, un oiseau lui, avait choisi de s'activer. Comme un avion canadair,il allait puiser quelques gouttes dans un lac voisin pour les jeter sur le feu. Mais le roi de la forêt, agaçé par cette agitation lui dit : "Colibri, tu as perdu la tête. Ce n'est pas toi tout seul avec quelques gouttes d'eau qui  vas éteindre ce feu gigantesque ! Arrête. Cà ne sert à rien." Mais notre petit colibri, avec calme, lui répondit : " Je le sais. Mais je fais ma part."

Et si chacun faisait sa part avec persévérance , rajoutant ses gouttes d'eau à celles de ses voisins.

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Published by Michel BERNARD - dans témoignages
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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