Le doute et la confiance : ennemis ou alliés ?
LE DOUTE ET LA CONFIANCE : ENNEMIS OU ALLIES ?
" La confiance en soi s'enracine dans la conscience et l'estime de soi, elle se confronte dans la gestion de nos peurs, de nos échecs et de nos épreuves." (1)
Michael Andropolis, la quarantaine, séparé de sa femme, s'entraîne en secret pour se qualifier au marathon, soit 42, 195 kms, épreuve finale des jeux olympiques. Or, on apprend qu'il a été grand marathonien dix ans plus tôt aux Etats Unis et même qualifié aux jeux olympiques et que, par peur de l'adversaire, il a renonçé à prendre le départ ! Depuis, Michael est sorti du cercle de la haute compétition mais rêve de revanche.
Cette histoire, je l'emprunte volontiers au magnifique film RUNNING ou en français " le vainqueur ", film des années 1980 avec un superbe Michael Douglas dans la peau, le style de notre marathonien s'entraînant dans les rues de New-York au petit matin. Image symbole ( après déjà plusieurs dizaines de kilomètres le long des rues) quand il rejoint sa fille de 8 ans qui l'attend dans la rue ( devant la maison de sa femme) prête à enfourcher son vélo pour parcourir à ses côtés le chemin jusqu'à son école.
Michael porte en lui le doute permanent : sa désescalade sportive après son échec aux jeux olympiques l'entraine dans une rupture conjugale et le film démarre avec le troisième échec : il est renvoyé de son employeur, un marchand de chaussures car il arrive en retard...suite à son entraînement matinal en costume cravate, sa tenue de travail !
Comment Michael va remonter la pente ? Comment va t'il retrouver des ressources et la confiance en lui ?
Une scène semble au virage de sa descente et de sa remontée. Il est en bout d'une queue interminable au bureau des allocations chômage, (notre pôle emploi local ) et les employés font la pause café tranquillement derrière le guichet alors que des chômeurs piétinent en sueur, fatigués, à la queue leu leu depuis plus de trois heures. Michael explose, sort du rang et jette sa colère sur les employés en leur disant même qu'ils doivent leur emploi à ceux qui font la queue. Applaudissement des chômeurs mais Michael claque la porte et choisit de chercher lui même un travail. Ainsi, il passe d'un état de victime à celui d'acteur de sa vie. Dans la foulée, il réussit les qualifications américaines et se retrouve qualifié aux jeux olympiques. Son ex épouse sur le point de divorcer, le fait citer en exemple dans l'école de ses filles et lui qui passait pour un marginal à accompagner sa fille à l'école en courant en costard cravate devient le héros des enfants qui courent avec lui jusqu'à leur école.
Enfin, ultime combat : son ex coach lui demande surtout de terminer le marathon , de ne pas abandonner car c'est cette image de sportif non fiable qui lui colle à la peau.
Michael terminera le marathon, après une chute, dans un état second incroyablement joué par un Michael Douglas titubant sur les dernières mètres du stade olympique de Montréal, le visage volontaire, et porté par tout un public admiratif de l'héroîsme de celui qui va jusqu'au bout malgré la souffrance.
Et la première personne qui le soutient pour franchir la ligne d'arrivée en vainqueur sur lui-même, c'est sa femme qui l'a rejoint sur les jeux olympiques !
Décryptons, à partir de cette renaissance , quelques ingrédients autour de la confiance en soi.
Acte 1 : la rebellion, il ne supporte plus cet état de dépendance...miroir renvoyé dans la queue du bureau du chômage. Il croit au fond de lui à ce rêve, de revenir faire les jeux olympiques.
Même s'il rencontre sceptiscime de son ex entraineur et des nouveaux jeunes marathoniens qui ne le connaissent même pas au départ des qualifications américaines. Mais au lieu de l'affaiblir, le sceptiscisme le renforce dans sa hargne de montrer sa valeur : longtemps, il gardera la première place devant tous les autres aux qualifications américaines.
Ce premier succès en se qualifiant le réhabilite aux yeux de son épouse qui l'encourage à nouveau pour son rêve de jeux olympiques. Ce soutien est primordial : la confiance en soi a besoin de trouver un miroir proche qui peut confirmer.
Enfin, la parole finale de son ex coach : " Je m'en fous que tu cherches à gagner comme tu dis, ce que je veux ,c 'est que tu termines pour faire honneur à ton pays !". Effectivement , dans l'orgueil renaissant, Michael prend la tête à mi course mais il chute sur un asphalte détrempé par la pluie. Cependant, après un temps cloué au sol, il se redressera pour relever le défi du coach : terminer la course coûte que coûte. Armé de cette nouvelle confiance, il va réussir à aller jusqu'au bout de lui même, au delà de la souffrance et avec la bénédiction des juges puisqu'il arrivera de nuit !
Que retenir de cette histoire au delà de la belle épopée sportive sur le thème de la revanche de l'homme qui doute ?
D'abord que le doute permanent est effectivement une limite à la confiance en soi. Cependant, si ce doute est confronté à une situation inacceptable, intolérable, il peut réveiller une énergie pour passer de victime à acteur de sa vie.
Et chacun sait qu'une épreuve peut devenir catalyseur de changement profond pour soi et dans son mode de vie.
Deuxièmement, le rebond passe par le fait de retrouver du lien positif autour de soi, de retrouver des personnes qui croient en celui qui revient du doute. "Oui, ce que tu dis, ton rêve, tu peux le faire. Je crois en toi"
Troisièmement, la confiance est un mélange subtil d'autonomie ( le rêve de Michael n'appartient qu'à lui et peut apparaitre irréaliste pour certains) et de soutien de l'environnement ( famille,...).
Enfin, se faire confiance, c'est aussi accepter la part de doute qui peut nous submerger de temps à autre. Revenir à la confiance, c'est rester accroché à son rêve, à son objectif et se donner les moyens de le réaliser quels que soient les aléas et les inattendus du parcours....à vivre en marathonien lucide sur ses ressources !
(1) extrait page 85 de l'ouvrage de l'auteur du blog, Michel BERNARD
"Développer des relations de coopération en milieu professionnel, sortir des rapports de forces " Chronique sociale;2006.
LES METAPHORES, MIROIRS REVELANTS EN COACHING
LES METAPHORES, MIROIRS REVELANTS EN COACHING
Dans l'histoire des gros cailloux et du vieux professeur ( cf catégorie petites histoires de ce blog), les gros cailloux peuvent prendre plusieurs sens selon celui qui dit l'histoire ou encore celui qui l'écoute. Gros cailloux de nos priorités dans la vie, gros cailloux de nos valeurs, gros cailloux de nos plus grands projets, gros cailloux des faits marquants de notre vie...La métaphore offre un éventail infini d'utilisations en mettant l'imaginaire à la première place.
Depuis le grand thérapeute et psychiatre Mitlon Erikson ( 1901-1980) qui a été un des premiers à utiliser la métaphore et les histoires pour provoquer la prise de conscience et le changement chez ses patients, le monde du coaching s'est aussi emparé de cet outil puissant, ce miroir révélant : la métaphore.
Du grec metaphora qui signifie transport, la métaphore présente plusieurs atouts dans l'utilisation par le coach dans une visée aidante pour permettre à la personne coachée d'accèder et d'utiliser les ressources nécessaires pour franchir une problématique ou atteindre un objectif professionnel. Premier atout, elle sort la personne de l'utilisation de l'hémisphère gauche, hémisphère , pour faire court, qui est celui du rationnel, de l'analyse, du raisonnement et ouvre la porte davantage sur l'hémisphère droit , le plus délaissé par notre éducation scolaire, celui qui favorise un traitement plus holistique, panoramique de l'information, de l'espace, et des émotions...en rappelant que nous mobilisons nos deux hémisphères en permanence. Deuxième atout, la personne est décentrée de sa problématique sur laquelle elle peut avoir tendance à s'enfermer, la métaphore ouvre une nouvelle fenêtre pour respirer un air rafraîchissant et contempler un autre paysage. Troisième atout, la créativité, l'usage d'une métaphore peut entrainer la personne qui l'entend à se l'approprier et à la prolonger avec ses propres représentations. Illustrons.
A l'occasion d'un bilan de coaching, j'ai demandé à mon "coaché" de dire à sa façon comment il avait vécu cette démarche nouvelle pour lui. Il a réfléchi puis il m'a dit : " C'est un peu comme un Paris-Dakar (1), je savais d'où je partais, avec l'émergence d'un objectif, d'un but, j'ai visualisé l'arrivée Dakar. Mais entre les deux, le parcours est dans l'inconnu avec des options à choisir, des moments d'hésitation, de remise en cause. J'ai apprécié d'avoir atteint l'arrivée..." Et je me sers assez couramment de cette belle métaphore sportive pour préciser que celui qui tient le volant, c'est bien la personne qui a demandé le coaching et le coach reste , dans une forte alliance, le co pilote qui alerte sur le parcours, les options possibles en terme de stratégie ou encore propose un arrêt pour aider le pilote à prendre la décision la plus adaptée au contexte...plutôt que de se perdre dans le désert !
La démarche NEWS ( cf site trouver sa voie en lien sur ce blog) offre directement une métaphore à partager entre le coach et le coaché : la boussole avec ses 4 points cardinaux. Le NORD, c'est le questionnement sur "où je veux aller ? Quel est mon but, mon objectif principal ?", l'EST invite à creuser ses ressources, ses ressorts de motivation, ses valeurs et vérifier si elles sont en cohérence avec le Nord. L'OUEST ( WEST dans la terminologie de NEWS) invite à travailler sur le "comment ?" alors que l'E
ST était centré sur le "pourquoi ?". Comment atteindre le Nord ? Quelles stratégies, quels outils choisir ? N'oublions pas le SUD qui , contrairement à une évocation de soleil, de midi est utilisé pour signifier les obstacles, les limites qui empêchent la personne d'atteindre son NORD.Selon le concepteur de NEWS, Aviad Goz , ces obstacles résident principalement dans les peurs et les croyances limitantes. D'ailleurs, sur le site "trouver sa voie", je vous recommande la belle métaphore du chameau, du lion et de l'enfant à la croisée des chemins pour celle ou celui qui envisage une autre orientation dans sa vie.
Avec son sac magique rempli de métaphores qui peuvent aussi se construire dans la spontanéité de l'échange, le coach dispose d'un réservoir pour provoquer le changement dans la perception du réel ou encore dans la posture de la personne. Et le changement de regard est souvent prélude à l'engagement dans une autre manière d'être et d'agir.
Et en guise d'apéritif, je vous invite à lire l'histoire du dompteur et de l'éléphant de Paulo Coelho.
Un dompteur de cirque parvint à dresser un éléphant en recourant à une technique très
simple : alors que l'animal est encore jeune, il lui attache une patte à un tronc d'arbre très
solide. Malgré tous ses efforts, l'éléphanteau ne parvient pas à se libérer. Peu à peu, il
s'habitue à l'idée que le tronc est plus fort que lui.
Une fois qu'il est devenu un adulte doté d'une force colossale, il suffit de lui passer une
corde au pied et de l'attacher à un jeune arbre. Il ne cherchera même pas à se libérer.
Comme ceux des éléphants, nos pieds sont entravés par des liens fragiles. Mais comme
nous avons été accoutumés dès l'enfance à la puissance du tronc d'arbre, nous n'osons
pas lutter. Sans savoir qu'il nous suffirait d'un geste de courage pour découvrir toute notre
liberté.
Alors, avez vous vu votre force actuelle,votre potentiel d'adulte et le petit arbuste qui vous retient entravé par une simple corde ? Un coup de patte et vous êtes libre ! Quand déciderez vous de donner ce coup de patte ou encore ce coup de pied de libération ?
Vous avez sans doute remarqué que le monde animal est propice à la métaphore et Jean de La Fontaine, auteur réputé de fables, dont les jeunes français sont baignés dans leur enfance et leur scolarité , pourrait l'illustrer par bien d'autres histoires.
(1) course rallye auto et moto organisée jusqu'en 2007 entre Paris et Dakar. Depuis 2008 , cette course se déroule en Amérique du Sud.
UNE TASSE DE THE PLEINE...DE REVELATION !
Une tasse de thé pleine...de révélation !
Un jour, un grand savant occidental, déja très réputé pour ses travaux scientifiques sur le bonheur, appris qu'il y avait en Inde un sage tellement reconnu que les personnes accouraient de partout , uniquement pour le rencontrer et repartaient souvent avec un cri du coeur :" Qu'est ce qu'il m'a appris ! J'ai plus appris à son contact que durant toute ma vie !"
Très intrigué par ce charisme, le grand savant décida de le rencontrer. Sur place, le sage laissa le grand savant se présenter, parler de ses diplômes, de ses publications, de ses conférencesà succès, puis il l'invita à prendre une tasse de thé. Alors qu'il versait le thé dans sa tasse, le savant embarqué dans sa démonstration verbale, continuait à parler de lui. Le savant, lui, l'écoutait simplement d'une oreille bienveillante, tout en continuant à verser le thé qui finit par déborder la tasse. Tout à coup, le savant découvrant , au milieu d'une phrase, ce débordement, s'arrête net et lui demande sur un ton de reproche : " Mais, qu'est ce que vous faites ? Vous ne voyez pas que ma tasse déborde !"
Alors, le regardant du fond des yeux, le vieux sage reposa la théière et lui dit, sur un ton calme et un peu malicieux :
"Cette tasse débordante vous ressemble beaucoup. Elle est pleine et elle ne peut plus rien recevoir."
Quelques jours plus tard, la presse internationale se fit l'écho d'un grand savant qui avait décidé de prendre une année sabbatique dans sa recherche pour se consacrer à une tâche qu'il n'a pas voulu préciser.

Cette petite histoire me rappelle aussi la théorie du docteur suisse Vittoz du début du xxème siècle qui mit au point une méthode dite méthode Vittoz encore enseignée aujourdh'ui pour apprendre à réguler l'activité du cerveau. Il distingue deux facettes : l'émissivité et la réceptivité.
Le cerveau est émissif quand nous émettons des pensées, des raisonnements, bref quand il produit de l'activité. Cette compétence est largement développée par le système d'apprentissage scolaire. L'autre facette est la réceptivité, c'est la faculté de notre cerveau de se mettre en écoute de son environnement intérieur et extérieur. J'entends ce qui remue au fond de moi, mes émotions, mes états d'âme et j'entends aussi la pluie qui tombe, le bruit de mes pas dans la neige, le silence d'une forêt de sapins... Cet état nous a rarement été enseigné dans notre jeunesse sauf à prendre des cours de méditation, de technique d'accueil de soi comme le zen ou le yoga.
Revenons à notre sage de l'Inde et notre savant occcidental. Qu'est ce qui les différencie ?
Et bien, notre savant reste enfermé dans la sphère de l'émissivité croyant que parler, parler le fait exister et reconnaitre alors que le sage a appris à exister dans l'accueil bienveillant et l'écoute du coeur.
Il ne s'agit pas, dans mon propos, de juger l'émissivité comme négative, elle a toute sa place dans notre vie sociale. La question est : " Comment j'équilibre dans ma vie quotidienne mon émissivité et ma réceptivité ?" Suis je tendance " émissif"(ve) ou " réceptif(ve) ?
Regarder la tasse de thé que l'on vous sert...et vous saurez !
LES GROS CAILLOUX
LES GROS CAILLOUX
Cette histoire, vous la connaissez probablement car elle est un "best seller" à l'occasion des formations, souvent racontée avec enthousiasme par les formateurs. Pourtant, je vous invite à l'écouter , à la lire avec un regard neuf. En vous mettant dans la peau de ce vieux professeur. Imaginer le. Qu'est ce qu'il peut bien apprendre ( à son âge) à tous ces jeunes et brillants chefs d'entreprises venant de toute la planète ? Saura t'il être à la hauteur ? Cette histoire à double fond démontre aussi une autre expérience. A vous de la décrypter !
Un jour, un vieux professeur fut engagé pour faire une intervention sur la gestion du temps à l'occasion d'un colloque international réunissant les plus brillants cerveaux d'entreprises du monde entier. Or, compte tenu de la richesse du nombre des intervenants, l'organisateur lui octroya seulement 15 minutes. Le vieux professeur hésita avant de répondre : " Quel message délivrer en 15 minutes ?" puis, après mûre réflexion, il accepta.
Le jour J est arrivé. Devant plus de 100 paires d'yeux tournés vers lui au centre de l'amphithéâtre, le vieux professeur, sans mot, commença par un regard circulaire à les regarder paisiblement et lentement puis il leur annonça : " Nous allons faire une expérience." Silence d'étonnement et de curiosité.
De son cartable en cuir, il sortit un bocal ressemblant à un bocal de chimiste se terminant par un goulot puis, avec un geste lent, il y plaça à l'intérieur, un par un, des cailloux gros comme des balles de tennis. Quand le bocal fut rempli de cailloux, il se tourna vers sa nombreuse assistance et demanda : " Le bocal est-il plein ?"
Tous répondirent sans hésitation : " Oui" et il ajouta " Vraiment ?"
Alors, il replongea vers son cartable en cuir pour en extraire un sac de gravier qu'il versa dans le bocal jusqu'à ras bord. Et il demanda à nouveau : " Le bocal est-il plein ?"
Cette fois, la brillante assemblée ayant compris le sens de la démonstration répondit : " Probablement que non !" et il ajouta : " Bien !".
Puis, il y sortit de son cartable en cuir un sac de sable qu'il vida pour remplir le bocal et demanda : " Le bocal est-il plein ?" . "Non" répondirent en coeur tous les participants.
" Bien !" dit le vieux professeur avec un brin de malice. Il saisit alors la carafe d'eau posée sur la table de conférence et il versa l'eau jusqu'à ras bord du goulot dans le bocal.
Levant les yeux sur sa brillante assemblée, il posa la question : " Qu'est ce que j'ai voulu vous démontrer à travers cette expérience ?"
Parmi les chefs d'entreprise présents, l'un d'eux ayant fait le lien avec le thème du jour " la gestion du temps" leva la main et répondit : " Oui, je crois avoir compris votre démonstration. Vous venez de nous démontrer que, même si notre emploi du temps parait déjà très plein , nous pouvons encore essayer de le remplir encore, comme avec le gravier, le sable et l'eau pour être plus performants."
Avec un doux regard malicieux, notre vieux professeur se contenta de dire : " Ce n'est pas ce que j'ai voulu démontrer. Alors, qu'est ce que j'ai démontré ? Voulez vous le savoir ?"
Grand silence dans toutes les rangées de l'amphithéâtre, chacun ayant l'impatience de connaître enfin le pourquoi de cette étrange expérience.
" Ce que j'ai voulu vous démontrer, c'est que, si je n'avais pas plaçé les gros cailloux d'abord, jamais je n'aurais pu tous les mettre dans le bocal".
Devant l'évidence de cette réalité, se fit un profond silence dans la salle.
Et le vieux professeur de conclure :
" Et vous, dans votre vie, quels sont vos gros cailloux ? Votre entreprise, votre famille, réaliser vos rêves ou encore autre chose ? Et que faites vous de vos gros cailloux sur votre agenda ? "
Et sous un tonnerre d'applaudissement, le vieux professeur quitta la salle en se contentant de lever une main de remerciement.
Première décryptage de cette histoire avec les gros cailloux :
Les gros cailloux nous ramènent à nos valeurs profondes et à la place que nous leur donnons réellement dans la gestion quotidienne de notre temps. Sommes nous en cohérence : effectivement là où je passe le plus de temps , cela concerne bien mes valeurs prioritaires. Ou bien en non cohérence, je passe du temps professionnel en dehors de mes valeurs premières. Dans ce dernier cas, prendre conscience de cet écart est un premier pas de lucidité et le deuxième pourrait être de réfléchir à une stratégie de gestion du temps pour "mettre en premier sur les pages papier ou électronique de mon agenda mes gros cailloux". Utopie ou idéalisme pourraient objecter certains quand on est soumis à des pressions professionnelles de toute sorte. Sauf si vous regardez les gros cailloux non comme des choses, des activités à caser dans un emploi du temps mais davantage comme une manière d'être, de communiquer, de vivre. Si j'ai comme gros cailloux la valeur "simplifier ma vie dans l'esprit développement durable", peut être que je peux m'interroger sur mes déplacements professionnels et vérifier que je peux les réduire en kilométrage, les revoir en covoiturage ou encore avec un moyen non polluant, la marche ou le vélo.
Une Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie ( ADEME) régionale a ainsi proposé un challenge à tous ses cadres en les invitant à réduire de moitié leurs déplacements polluants avec prêt de vélo et tickets de bus offerts.
Deuxième décryptage avec le vieux professeur :
Quelles valeurs communique ce vieux professeur à tous ces "cerveaux " brillants venus du monde entier ?
D'abord la simplicité. Simplicité d'une expérience sans jargon, sans effet de manche, une expérience qui est elle-même démonstration.
La dimension inter-active. Il questionne régulièrement son assemblée qui suit de bout en bout l'expérience. Il s'agit d'un modèle pédagogique qui peut inspirer nos pratiques.
Enfin, il centre le sujet non sur lui même, ni même directement sur les participants mais sur un objet : un bocal, des gros cailloux, du gravier , du sable et de l'eau. La connaissance passe par ce médium, un objet qui devient aussi métaphore.
En programmation neurolinguistique, il pourrait être dit que ce vieux professeur se révèle un enseignant qui mérite d'être modélisé dans ces trois dimensions : la simplicité, l'inter-activité et l'usage d'un médium pour faire passer la connaissance. Sans oublier deux ingrédients qui donnent une douce tonalité à l'expérience : l'humour malicieux ( le non verbal du sourire malicieux) et l'humilité. Il n'attend pas de signe de reconnaissance particulier et il a accepté le défi des 15 minutes qu'il a relevé...sous un tonnerre d'applaudissements.
Nous avons sans doute tous le goût de rencontrer ce vieux professeur, ce maître de sagesse qui ouvre les esprits à la réflexion et laisse à chacun le soin et le temps de donner sa réponse.
Alors, où en êtes vous avec vos gros cailloux ?