CHEMINS CITOYENS POUR CHANGER DE CAP (Suite)
Cet article fait suite au précédent qui présentait les trois premiers chemins.
Chemin 4 : Inventer un nouveau récit du futur pour le faire advenir
Nous sommes actuellement biberonnés depuis notre tendre enfance au système productiviste et consumériste comme s’il n’y avait pas d’autre alternative.
Des ateliers comme la fresque des nouveaux récits (3) nous encourage à imaginer un autre monde.
Et nous savons que pour faire advenir un futur désirable, il est besoin de l’imaginer d’abord dans sa tête, processus de tous les inventeurs de génie ex : :Léonard de Vinci et le sous-marin…Albert Einstein et la théorie de la relativité…
Pour illustrer cet imaginaire, je vous partage un extrait issu d’une production écrite à l’occasion d’un atelier relatif à la fresque des nouveaux récits
Imaginez un avenir où les quartiers se transforment en oasis de convivialité et de partage, où les rues appartiennent aux rires des enfants et aux discussions des voisins. Découvrez l’histoire inspirante d’une école et de son quartier qui, grâce à la participation active des habitants, devient un modèle de transformation écologique et sociale, incarnant un futur désirable et serein pour tous. Plongez dans ce récit captivant où chaque pas vers la transition écologique fait naître un environnement plus humain et chaleureux :
« Ils ont décidé d’organiser un pedibus, un trotibus, un vélobus et quoi encore ? Tout cela se met en place de manière un peu foutraque. 100 places réservées pour que tout cela soit rangé. Les policiers municipaux bloquent les rues pour sécuriser un espace pendant une demi-heure, matin, midi et soir, où les enfants et les parents peuvent venir tranquillement à l’école avec leurs enfants.
C’est le bazar dans le reste du quartier mais au moins je suis tranquille moi ! Et aussi pendant ce temps-là je peux sortir mon chien. J’en profite pour voir mes vieux copains qui amènent maintenant leurs petits enfants à l’école. Avant, ils n’étaient pas rassurés pour le faire à cause des voitures. Par contre, c’est un peu bruyant, moins de voitures, mais alors beaucoup de cris d’enfants et des parents qui restent discuter sur le parvis pendant de longues minutes après le démarrage des cours ! Maintenant, ils parlent d’empêcher l’accès à internet et au téléphone devant l’école pour faciliter les échanges en vrai !
Zone blanche qu’ils disent… et pourquoi pas ? »
Question :
dans votre quartier de ville ou dans votre village,
si vous vous autorisiez à rêver ,
en plus humain, en plus beau, , en plus solidaire, en plus joyeux, qu’est ce qui émerge ?
Chemin 5 : s’inspirer de la voie du méditant militant
Cette expression est celle de Michel Maxime Egger engagé dans ce qui est appelé en Suisse le laboratoire de la transition intérieure.
Délicat et difficile de résumer cette voie profonde de changement intérieur qui apparait comme un préalable au changement de comportement. Aussi, en vous invitant à aller creuser directement avec les écrits de Michel Maxime Egger, je vous propose de mettre la lumière sur trois composantes parmi d’autres :
- 1 Prendre du temps quotidien avec soi dans le silence pour sortir de la course aux stimulations ( smartphone, réseaux sociaux, tv, radios ; pub sur panneau…),
C’est la posture du méditant qui choisit au moins une fois par jour de s’asseoir en silence sans rien faire, sans chercher d’objectif, simplement connecté à l’ici et maintenant et, pour les chrétiens, une assise qui contribue à une connexion au divin. Pour tous, y compris ceux qui ne pratiquent aucune méditation, ce temps d’intériorité est possible et peut nous reconnecter à notre être profond.
Ex : dans une salle d’attente d’un médecin, plutôt que de dégainer son smartphone, rester assis, se mettre à l’écoute de sa respiration et accueillir le lieu, les couleurs, les éléments et les personnes autour de soi.
- 2 Pour sortir des comportements centrés sur notre EGO, revisiter son aspiration profonde, quel est au fond mon désir dans ce monde ?
« La question est de savoir qui est aux commandes quand j’agis. Est-ce que c’est l’ego autocentré et autosuffisant, avec sa volonté de puissance, son besoin de reconnaissance et de pouvoir, son désir de s’affirmer, d’imposer son vouloir et ses idées ? Ou bien est-ce une autre énergie, plus grande que moi : la force de la terre ou du divin qui agit à travers moi ? » (4)
- 3 Apprendre à sortir du mental galopant et dispersé ( environ 60 000 pensées par jour !) pour descendre au niveau du cœur profond,
Dans Le petit Prince de Saint Exupéry, le fameux secret délivré par le renard avant que le Petit Prince le quitte :
« L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur ».
Et si tous les citoyens français et du monde pratiquaient ces 5 chemins,
waouh, quel changement collectif !!!
Question finale :
Voyez-vous un sixième chemin que je n’aurais pas évoqué ?
Un participant a réagi à cette question en évoquant une expérience avec des jeunes de divers pays qui ont fait silence et qui ont porté un message collectif à travers une exposition.
Oui, au-delà du « travail sur soi » que chacun peut expérimenter et consolider par une pratique régulière avec ces 5 chemins, il y a effectivement la dimension collective incontournable pour un changement de cap. Et il est intéressant de souligner le concept du point de bascule.
« Selon l’éditorialiste américain Malcolm Gladwell, ce fameux tipping point (point de bascule) se trouve quelque part aux alentours de 10 % d’une population, seuil à partir duquel une minorité engagée et adoptant de nouveaux comportements peut changer la norme sociale et entraîner dans son sillage la majorité silencieuse. C’est également ce que pense Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’Économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale. » (extrait du site Bon Pote).
En France, les 10 % correspondent à 6 millions et 800 000 habitants. Le niveau de conscience de l’importance de ces chemins semble grandir et il ne tient qu’à chacun d’entre nous d’en devenir l’humble messager pour contribuer à cette bascule… enjeu de vie pour les jeunes générations !
CHEMINS CITOYENS POUR CHANGER DE CAP
Cet article est une transcription d'une partie de conférence que j'ai animée le 11 décembre 2025 au centre dominicain de Montpellier et dont le titre était : Comment rendre possible et désirable le monde de demain pour les jeunes générations ?.
/image%2F0995719%2F20251212%2Fob_ea0cdd_img-20250601-wa0004.jpg)
Pour des raisons de longueur de format, cette retranscription est réalisée en deux articles. Voici le premier article qui évoque 3 chemins pour changer de cap. Le deuxième article précisera deux autres chemins complémentaires.
Ce changement de cap que je viens d’évoquer avec la 3ème histoire racontée par Joanna Macy (1), écopsychologue américaine de renommée mondiale, est porté par une myriade d’acteurs engagés dans le monde et en France : les scientifiques du GIEC ( Valérie Masson Delmotte, climatologue française…), les associations de protection de l’environnement ( France Nature Environnement), les activistes de terrain ( Camille Etienne, notre Greta Thunber avec une vidéo virale au temps de la Covid « Réveillons-nous » tournée en montagne sur le massif des Ecrins), les ONG comme OXFAM, bref des organisations regroupant ensemble des millions de citoyens.
Soyons conscients de cette force collective citoyenne
portée par toutes ces organisations et associations !
Le pape François, en amont de la cop de Paris en 2015, a diffusé une encyclique « Laudato Si » qui a reçu une audience très large au-delà du seul monde chrétien. Elle reste toujours d’une actualité « brûlante » :
« J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous…… Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités. »
Comment vraiment changer de cap en tant que citoyens,
engager cette conversion écologique ?
En réponse, je vous propose 5 chemins (non limitatifs) convergents qui, s’ils sont empruntés demain par un nombre signifiant de terriens pourrait créer un vrai changement, une vraie bifurcation. Explorons ces 5 chemins ensemble. Probablement que vous en pratiquiez déjà une bonne partie…C’est aussi une manière de proposer à votre réflexion 5 questions majeures !
Chemin 1 : Se relier à des sources inspirantes pour rester acteur
En premier lieu, discerner les sources d’information crédibles non inféodées à des lobbies politiques ou économiques. Deux exemples parmi d’autres car financés uniquement par le don de leurs adhérents et lecteurs : Reporterre et Bon Pote. Apprendre aussi à diversifier ses sources pour préserver un esprit critique au sens de développer des convictions fondées sur des faits et des constats avérés.
Concernant les sources inspirantes, en dehors des sources d’information, il me parait important de repérer pour chacun ses acteurs vivants ou spirituels qui nous donnent le punch, la vitalité pour avancer dans ce changement. Pour ma part, je pourrais citer en particulier Michel Maxime Egger ( que j’ai rencontré), sociologue suisse, écothéologien et auteur de plusieurs ouvrages dont « sortir du consumérisme ». Je suis souvent « régénéré » quand je me reconnecte à ses vidéos en écoutant ses paroles sur un ton calme, chaleureux, vivant et son regard clair. Il m’inspire pour garder Espérance et lucidité en même temps. Je pourrais aussi citer Thérèse de Lisieux et sa petite voie qui me console quand je mesure ma fragilité de terrien et qui m’encourage dans mes petits pas.
Question : quelles sont mes sources d’inspiration?
Chemin 2 : rester connecté régulièrement à la nature, enraciné dans la gratitude du vivant
Robert Greenway, éco psychologue américain :
« Sans lien intime avec la nature, l’homme devient malade »
La pandémie de la COVID 19 a bien confirmé ce besoin, ce désir inné de nature chez l’homme qui en a été privé par la réglementation du confinement. Les enfants qui ont eu la chance de vivre régulièrement au contact de la nature préservent cette sensibilité à l’âge adulte. Cette connexion produit gratitude, respect et contemplation. Concrètement, c’est trouver son espace OASIS dans une forêt, un jardin public ou chez soi si vous disposez d’un coin de nature C’est un lieu dans lequel je me sens bien, détendu, apaisé sans chercher à faire quelque chose.
Question : Si je me reconnais un espace OASIS, où est -il ?
Chemin 3 : Se questionner sur ses vrais besoins pour résister au conditionnement de l’hyper consommation
C’est l’essence du chemin proposé depuis plusieurs années par Pierre Rabhi, agro écologiste, conférencier de renommée, écrivain notamment du « best-seller » « Vers une sobriété heureuse » . Pour sortir de l’hyperconsommation qui nous conditionne, c’est faire le choix en conscience d’une sobriété. Cette sobriété nous ouvre à une autre abondance, celle de l’être, de la relation. « Moins de biens pour plus de liens. »
Exemple d’application pratique. Avant un achat, prendre le temps de discerner à partir des 3 questions consécutives suivantes :
1 Est-ce que j’en ai besoin ?
2 Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?
3 Est-ce que j’en ai besoin maintenant ?
Si je réponds non à une des questions, je peux alors renoncer à cet achat avec lucidité.
Ex : notamment dans les périodes de plus en plus fréquentes de solde, de black Friday…
Question :
Avez-vous déjà expérimenté la tentation d’un achat important et y renoncer avec lucidité ?
(1) voir article sur ce blog https://mister-aidant.over-blog.com/2019/07/joanna-macy-trois-scenarios-pour-le-futur-a-vous-de-choisir.html