Annulation des Jeux olympiques d'hiver 2030 en France
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Annulation des Jeux olympiques d’hiver 2030 en France
La décision vient de tomber ce 12 juillet 2026 à 14h 05. Réuni à Genève, le Comité International Olympique ( CIO), suite au désistement de la France organisatrice des Jeux Olympiques d’hiver, a validé l’annulation complète des prochains Jeux olympiques et Paralympiques d’hiver prévus en 2030. Retour sur la chronologie des événements qui ont conduit à cette décision unique dans les annales de l’histoire de l’olympisme.
24 juillet 2024. A l’occasion du congrès du Comité International Olympique et du vote des 195 délégués, les Jeux Olympiques d’hiver sont attribués à la France. Deux régions sont engagées au sein du comité d’organisation : la région Auvergne Rhône Alpes pour accueillir les épreuves de ski alpin , de ski de fond, et de biathlon ( Haute Savoie et Savoie) et la région Provence Alpes Côte d’Azur pour les épreuves de snowboard et ski acrobatique ( Hautes Alpes) et le hockey sur glace et le patinage ( Nice).
2 octobre 2024. L’Etat français signe une garantie pour couvrir l’éventuel déficit du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et paralympiques ( Cojop). Condition exigée par le Comité International Olympique pour l’attribution définitive des JO à la France.
Février 2025. Le Cojop (1) est installé dans la banlieue lyonnaise avec son président, Edgar Grospiron, champion olympique de ski bosse à Albertville en 1992. Parallèlement, est installé à Marseille un établissement public dénommé Solideo Alpes 2030 crée par l’Etat pour gérer le fonds de dotation d’1,1 milliard relatif à toutes les opérations d’aménagement et d’ouvrages spécifiques.
Entre décembre 2025 et février 2026 . Un rapport confidentiel de l’inspection générale constate un déficit prévisionnel du Cojop évalué entre 850 et 900 millions d’euros. Suite à cette révélation et à des difficultés liées à la gouvernance, plusieurs membres permanents de l’organisation du Cojop démissionnent.
29 Mars 2026. Plusieurs associations de protection de la montagne alpine et de la nature dont « Sauvons les Alpes » montent aux créneaux et organisent à Lyon et à Marseille deux grandes manifestations pour protester sur la mise en danger des Alpes et le surendettement prévisible. 420 000 manifestants à Lyon et 335 000 à Marseille sont recensés.
20 avril 2026. La pétition pour demander un référendum citoyen lancée le 29 mars par le collectif des associations « Stop protection Alpes » (SPA) obtient près de 3 millions de signatures dans tout l’hexagone.
8 mai 2026. Devant l’importance de la levée citoyenne, l’Etat met en place avec la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) un référendum citoyen. Près de 81 % des français ayant répondu ont validé le renoncement aux Jeux Olympiques d’hiver pour la France.
18 juin 2026. Le président de la République, après concertation avec le Cojop et les deux présidents de Région, annonce officiellement devant les médias le désistement de la France pour les JO 2030.
12 juillet 2026. Réuni en session exceptionnelle à Genève, le Comité International Olympique annonce l’annulation des Jeux Olympiques d’hiver 2030.
Comment sommes-nous arrivés à cette décision complétement impensable au moment de la candidature de la France en 2024, dans l’euphorie des Jeux Olympiques d’été à Paris ?
Julia Bonhomme, présidente de l’association « Sauvons les Alpes » et membre du collectif « Stop Protection Alpes » résume l’argumentaire qui a progressivement convaincu la grande majorité des citoyens y compris des français habitant en dehors des deux régions concernées.
« Cinq arguments font consensus et ont été largement documentés dans le rapport que nous avons remis aux parlementaires et au gouvernement et intitulé « Protéger les Alpes pour les futures générations ».
1 dès le départ de ce projet porté essentiellement par des politiques, l’absence de consultation citoyenne de la population est flagrante. Le tribunal administratif de Marseille a reconnu cette absence au niveau notamment de la budgétisation et des choix d’implantation des épreuves.
2 Un coût pharaonique pour l’Etat de plus d’un milliard d’euros avec une incertitude extrême sur les partenariats privés qui se sont retirés au fil des polémiques. Bref, avec la garantie signée par l’Etat, c’était accroitre de manière exorbitante la dette nationale de la France déjà conséquente.
3 Une réelle mise en danger de la montagne alpine avec plusieurs composantes. Des lieux de compétition en dessous de 1000 mètres ( Le Grand-Bornand et La Clusaz) qui, avec le réchauffement climatique, demanderaient une compensation en neige artificielle significative et une utilisation exorbitante de l’eau au détriment des usages domestiques. Et sans parler des centaines d’hectares détruits par les constructions de parkings, de nouvelles voies routières, et de bâtiments d’hébergement et de logistique. Une bétonisation qui va à l’encore de la loi « zéro artificialisation nette » (ZAN) de 2021 visant à limiter ou interdire les constructions nouvelles pour préserver les espaces nature et les espaces agricoles.
4 des choix d’implantation d’installation ne tenant pas ou peu compte de leur impact environnemental. Exemple : la commune de Méribel initialement retenue avec une desserte ferroviaire s’est retirée et c’est la station de Val d’Isère qui est retenue alors qu’elle ne bénéficie d’aucun accès ferroviaire direct (gare la plus proche à Bourg-Saint-Maurice à 40 minutes) et nécessitant un deuxième village olympique.
5 Dans une vision 2050 d'une France en nécessité d’adaptation climatique, les sports d’hiver réclamant des moyens importants en infrastructure, en électricité, en eau ( neige artificielle) seront réservés à une clientèle de luxe qui pourra s’offrir des appartements high tech en haute altitude et venant aussi de l’étranger comme cela se développe déjà maintenant. Selon la dernière enquête du CREDOC de 2023, seulement 9% des français partent en vacances l’hiver à la montagne.
Bref, un projet anachronique qui ne répond pas à l’intérêt général et qui pourrait fragiliser de manière durable la belle montagne alpine déjà touchée par le réchauffement climatique et la fonte des glaciers. »
Nous avons souhaité recueillir l’avis d’un jeune espoir français médaillable olympique , Maxime Belleux.« C’est effectivement une immense déception de ne pas pouvoir vivre ces Jeux Olympiques chez moi car je suis haut savoyard. Ceci étant, nous avons toujours nos championnats du monde chaque année. Mais en écoutant les responsables des associations du collectif « Stop Protection Alpes », j’ai vraiment compris que le cumul des risques mettant en danger la montagne alpine et le coût financier avec un endettement exorbitant pour la France sont des facteurs prioritaires surtout en pensant aux jeunes générations. Je préfère finalement ne pas être champion olympique et être fier de dire à mon fils, qui aura 2 ans demain, quand il sera plus grand : « Avec près de 150 sportifs de haut niveau réunis au sein du collectif « sportifs pour une montagne durable », j’ai fait le choix mûri de voter pour l’annulation de ces Jeux. »
Certes, ce scénario est évidemment une fiction ( à partir du 29 mars 2026) mais qui, de mon point de vue, se situe à contre-courant du scénario catastrophe qui est en train de se mettre en place si ces Jeux Olympiques ont effectivement lieu. Les noms des associations du collectif sont fictifs.
A souligner cependant que ce narratif utilise des arguments validés et documentés par plusieurs associations réelles qui se mobilisent : Résilience Montagne avec sa dynamique et pugnace présidente Valérie Paumier (2), France Nature Environnement Auvergne Rhône Alpes qui a lancé une pétition pour réclamer une vraie consultation citoyenne avec le soutien du média en ligne GreenVoice (3). Et sans oublier le collectif Citoyen J O P 2030 avec un site très documenté, des manifestations publiques et des recours devant le tribunal administratif pour obtenir la transparence sur les budgets engagés par l’établissement public Solideo Alpes 2030. (4)
Ma seule intention, à travers cette fiction, ce récit est de convoquer l’imaginaire de chacun pour contribuer à un futur désirable pour tous. Cyril Dion, écologiste engagé, écrivain et co réalisateur du film « Demain » nous le rappelle : les histoires que nous choisissons de raconter aujourd’hui façonnent le monde dans lequel nous vivrons demain. Alors quelle histoire choisissez-vous de raconter ?
(1) site officiel du CIO et des JOP 2030