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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 21:36

" Il faut que je réagisse à son message", " Je dois faire demain cette réponse à ce collègue", " Il me faut absolument trouver une solution à ce problème", " Je dois me discipliner et mieux m'organiser dans ma gestion du temps".

Combien de fois dans une journée utilisons nous ces expressions " Il faut que" ou encore " Je dois" ?PRISON.jpg

Elles font tellement partie de nos automatismes de langage que bien souvent nous en sommes peu conscients.

Dans mon travail de coach et de formateur, j'ai été amené récemment à interpeller mes interlocuteurs, coachés et participants dans une formation à ces "gros mots" comme je les appelle en souriant.

D'abord , une réaction d'étonnement . Qu'est ce que cela produit finalement d'employer ces mots ? Je ne vois par leur côté dangereux ou pernicieux. Vous exagérez un peu en les pointant systématiquement.

Peut être que oui....peut être que non, à vous lecteur de vous forger votre propre opinion.

Premier constat : en employant "il faut que" ou " Je dois", je me donne une obligation à moi-même. Je me donne un ordre. Cela pourrait apparaitre stimulant pour une bonne cause. Sauf que si je ne réalise par le " Il faut que" ou encore " je dois", bonjour la culpabilisation.

Autre regard, et si je ne fais pas, qu'est ce que je risque avec moi-même ?

En fait, ma propre expérience m'invite à remplacer ces "gros mots" par des mots de liberté avec moi même tout en préservant l'intention initiale.

Je préfère " Je désire revoir mon organisation de mon temps" plutôt que " Je dois revoir ma manière de gérer mon temps".

Je préfère " J'ai besoin de prendre le temps de trouver une réponse adaptée à cette demande" plutôt que " Il faut que je réponde de manière adaptée à cette demande".

Est ce que la nuance vous semble t'-elle plus explicite ?

Pour aller plus loin, il est intéressant d'observer ce qui nous stimule vraiment par notre langage et ce qui peut nous enfermer dans nos propres prisons et visions étroites.

Avec cet article, j'ai le désir de provoquer un questionnement chez vous amis lecteur.

Donc,moralité, si vous vous surprenez avec ces "gros mots", ce n'est pas grave, Docteur, mais je vous invite simplement à expérimenter sur une durée signifiante ( au moins une semaine) leur remplacement par des mots de liberté comme " J'ai le désir de..." , " J'ai besoin de..." ou encore " Je veux...".

Observer ce qui se passe en vous avec ce remplacement. Et surtout, garder votre liberté de choix, de langage,celui qui vous ouvre la porte vers la vie, vers la vitalité.

En évoquant ce sujet, je pense à Marshall Rosenberg, psychologue américain de renom et auteur du processus dit de communication non violente et dont le premier ouvrage traduit en français porte comme sous titre : " Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs".

Repérer ce qui peut faire obstacle, mur dans notre dialogue intérieur me semble un pas important pour progresser vers une liberté intérieure écologique pour soi et pour nos interlocuteurs. Et maintenant, j'ouvre une fenêtre bien brumeuse et j'aperçois dans le ciel un vol harmonieux de flamands roses. Le temps suspend son vol, le langage n'a plus cours.

 

 

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commentaires

L
et je ne vous parle pas des "il faut que tu fasses ci et ça" "tu dois faire cela" et le combiné magique du "tu vois bien qu'il faut que ..." Je parle là de ma mère qui m'a toujours parlé ainsi, qui continue et qui n'admet pas ma réflexion qui remonte à vieux maintenant quand par exemple elle me disait "tu vois bien qu'il faut que je ramasse les feuilles mortes dans la cour" .... je lui dis invariablement "ah ! tu as un patron ? il attend que tu t'exécute ? ou c'est plutôt toi qui a envie de les ramasser, que tu désires le faire, que tu trouves nécessaire de le faire" .... elle s'énerve me disant que c'est juste sa façon de parler ... et moi de répondre "chacun parle en fonction de sa personnalité", moi je ne dis pas tous ces il faut que, car je ne les vois pas appropriés, sauf "il faut que je mette ma ceinture de sécurité, il faut que je paye mon assurance voiture, il fallait que j'améne mes enfants à l'école" ... Cette façon de dire "il faut que" aux autres est vraiment impossible à accepter. Il s'agit là de personne psycho rigides
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M
Bonjour,<br /> Je propose un complément d'analyse de ce fameux il faut, je dois. Qu'en pensez-vous ?<br /> http://www.osonslajoie.com/2017/06/23/dire-faut-dois/
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Qui Est L'auteur ?

  • : Le blog de Michel BERNARD
  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du &quot;mieux apprendre&quot;.
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