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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 04:42

Enfin, ma respiration se régule. Je ressens les grosses bulles dans l'eau de mer à chacune de mes expirations et je suis moins crispé sur le détendeur dans ma bouche que je serre pour inspirer. A trois mètres de fond, je découvre, pour mon baptême de plongée sous marine, un monde inconnu. Certes, la télévision, avec notamment les célèbres films du commandant Cousteau, m'avaient donné à voir les images toujours belles, impressionnantes, peuplées de formes les plus bizarres de ce monde du silence. Là, j'y suis, le temps semble tourner différemment. Je ressors de l'eau en ayant l'impression d'y être resté 5 minutes alors que je viens d'y passer près de 20 minutes. Ce monde immergé, hors de portée de nos soucis terrestres, m'invite à développer une métaphore.

Comme il serait bon que chaque adolescent et adulte bénéficie d'un accompagnement pour grandir, pour passer des obstacles, pour avancer vers un projet professionnel ! Certains ados et adultes ont la chance de vivre ces passages grâce à un adulte relais, un animateur, un entraineur sportif, ou encore, dans le monde professionnel, avec le soutien d'un coach. Cet accompagnement pourrait s'inspirer de la plongée. Au départ, l'initiateur donne sur la plage puis dans l'eau de manière calme les consignes de base : " cracher dans le masque de plongée pour éviter ensuite la buée, faire un essai d'inspir et expir par la bouche avec ce drôle de dentier dans la bouche appelée détendeur, et reconnaitre les deux gestes de communication. Le pouce faisant un rond fermé avec l'index pour signifier que tout va bien ou au contraire une main s'agitant comme un navire chahuté de gauche à droite pour dire que çà ne va pas." En début d'accompagnement, l'adulte fixe le cadre, rassure et installe une communication qui permet une réactivité de sa part. C'est la base de la relation de confiance : " Il me dit clairement que j'ai le droit d'être mal et que je peux l'appeler avec telle modalité ( téléphone, courriel, ...)". www_ouikend_com-bateme_plonge.jpgC'est la plongée, je sens la présence proche et même la main de mon initiateur qui me fait descendre au fond. Avec un adulte de confiance, j'ose aller au fond de moi, regarder mes zones d'ombre qui bloquent ou freinent ma dynamique de vie. Ma bouteille de plongée me préoccupe un peu car elle balotte sur mon dos et j'ai la hantise qu'elle me retourne comme une crêpe. Que se passerait-il si j'étais retourné sur le dos ?! Que se passerrait -il si mon projet tournait court, si je rencontrais une difficulté inattendue ? Notre cinéma intérieur risque de reprendre le dessus. Pourtant, mon initiateur détourne mon attention sur la présence d'un poulpe caché dans la fissure d'un rocher et qu'il éclaire de sa lampe. Rencontre étonnante, à quelques centimètres de moi. En fait, je n'ai pas peur. Je commençe à me sentir "poisson" au milieu de ces poissons au profil très diversifié, des petits recroquevillés aux longs en forme d'anguille, qui passent, qui trottent sur le sable et se cachent. L'accompagnateur est là pour nous aider à orienter notre regard, non pas sur nos peurs et nos blocages, mais sur la Vie, sur la beauté qui s'offre à nous et nous donne ce goût d'avancer, d'explorer. Niveau-1-Plongee-CMAS-Marseille-PACA-13-copie-1.jpgMoment sublime, l'initiateur a senti que je passais un cap , mes muscles se détendent, ma propulsion avec les palmes est plus tranquille, et ma respiration plus ample et régulière. Je me sens bien tout simplement dans l'instant à vivre. Il me propose alors cette expérience forte. Je m'arrête d'agiter mes palmes et mes bras, et comme un parachutiste en vol libre avant le déclenchement du parachute, j'ouvre mes bras en croix et je "flotte" dans l'eau marine. Le temps s'est arrêté, je n'ai plus à agir, je goûte la sensation d'unité avec ce nouveau milieu. L'accompagnateur attentif à la progression de l'ado ou de l'adulte qu'il accompagne peut lui lâcher la main, l'inviter à regarder où il est arrivé, à prendre le temps d'apprécier ce qu'il vit hic et hunc, ici et maintenant sans chercher le "toujours plus". J'émerge de l'eau, je suis presque déçu que la ballade sous marine soit déjà finie, j'aurais presque envie de replonger dans ce monde du silence. Un monde où la communication avec l'autre est sans parole, par le geste ou le regard. Une communication qui va forcément à l'essentiel de manière non verbale " Cà va ?" , " Regarde, ici" , " C'est super !", une communication transmise par l'eau. Combien un accompagnateur gagne en présence à l'autre en se branchant directement sur l'expression non-verbale de l'accompagné ! Un "Cà va bien" avec un regard triste ou un front plissé cache une autre vérité.

Masque retiré, capuche de la combinaison isothermique relevée, je reprend contact avec le monde terrestre. Je me sens presque euphorique, est ce l'effet d'une forme de suroxygénation  liée à la consommation de l'air dans la bouteille de plongée ? Je retrouve la parole. Une chose a changé : je sais maintenant qu'il existe un autre monde, un monde sans parole, un monde de sensations, un monde dans lequel le temps horloge n'existe plus.  Un monde qui nous vide de nos soucis et nous remplit de quelque chose d'indicible, de quelque chose que l'on a envie de retrouver.

Plongés dans nos quotidiens souvent tumultueux, en forme de zapping à travers de multiples sollicitations, nous rêvons d'un monde idéal, d'un monde à notre écoute, d'un monde plus simple. C'est un rêve légitime. Ce monde peut exister à condition de le faire exister. C'est une question de plongée en soi, au fond de soi, de respiration, d'attention à l'ici et maintenant. C'est possible, de plus en plus d'hommes et de femmes ouvrent ce passage dans le monde.

 

 

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 05:48

C'est la rentrée. Rupture d'un temps libre ou de job d'été pour les jeunes qui vont reprendre le chemin des études; l'heure de se remettre dans la "peau" de l'enseignant pour ces milliers d'instituteurs et professeurs des écoles en collèges et lycées dont les nouveaux vont affronter pour la première fois une salle de classe. Le film "Entre les murs" , palme d'or en 2008 au festival de Cannes, a rappelé, avec réalisme, l'enfer vécu par un certain nombre de ces enseignants malmenés par des élèves pour qui le système scolaire n'a plus ou peu de sens car déconnecté pour eux d'une garantie d'insertion professionnelle ou lié encore à  l'échec à répétition. Dans cette ambiance de questionnement permanent sur un système scolaire à la recherche d'un second soufle, un groupe d'auteurs pluridisciplinaire (1), sortant de la torpeur et de la croyance " le système , ce mammouth, est non réformable" ose pointer des propositions très concrètes. Pour ma part, j'ai retenu ce que nous pourrions appeler les 4 pieds d'une autorité équilibrée et acceptable.

 

Premier pied : la loi, c'est à dire le règlement de la vie dans l'établissement. Sans loi, le jeune n'a pas de repères sur ce que l'institution autorise, interdit, recommande. C'est finalement l'élaboration de règles de vie collective qui contribuent à un "vivre ensemble" social harmonieux ou du moins acceptable. A titre d'exemple, jouer au ballon de basket dans une cour de récréation peut permettre à des jeunes de se défouler. Mais si ce sont 50 jeunes qui tapent le ballon avec un bruit d'enfer, le confort des autres est mis à mal : la règle vise à poser la ligne d'équilibre entre liberté des uns et acceptabilité pour les autres.

 

Deuxième pied : la participation des élèves eux mêmes à l'élaboration des règles de vie en classe. Ce corrolaire au premier pied reste fondamental. Chacun sait bien que l'on adhère d'autant mieux à une règle que l'on y a participé ou au moins été consulté. D'ailleurs, la participation enrichie la règle car les élèves ont souvent l'art de pointer des situations spécifiques, des exceptions à prendre en compte. Evidemment, cela suppose que la règle admette une certaine souplesse de négociation. L'interdiction de fumer dans les enceintes des établissements scolaires est non négociable car émanant de la loi largement rappelée par des textes d'application. Cependant, le constat de véritables "fumodromes" devant le portail de nombreux  lycées en France parait peu cohérent avec l'incitation des pouvoirs publics à réduire le tabagisme notamment chez les jeunes. Ici, une réflexion concertée entre direction de l'établissement, enseignants ( fumeurs et non fumeurs) et lycéens pourrait conduire à des solutions permettant de donner plus de sens à la loi...

 

Troisième pied : le respect mutuel manifeste par des rituels de politesse, d'écoute, de prise de parole et d'entraide. Ce qui pourrait apparaitre comme aller de soi ne l'est plus forcément aujourd'hui avec des modèles d'éducation qui ont pu reléguer au second plan ce que ma génération du baby boum a vécu de manière très imprégné dés l'enfance : les fameuses règles de politesse. Effectivement, si ces règles ne sont vécues que comme contraintes ou soumission à l'adulte dominateur, chacun peut comprendre qu'elles soient bafouées. Or si l'on reprend sens sur ces rituels, une ouverture est à espérer. Rappelons nous que la poignée de main signifiait originellement montrer à l'autre que l'on avait pas d'arme cachée et que ce geste signifiait :" Tu vois, tu peux me faire confiance." Le "bonjour" est aussi une manière de manifester une attention humaine dans un monde grouillant. Pour ma part, je suis toujours étonné de constater que, sur les chemins de randonnée en montagne, le bonjour aux randonneurs croisés va de soi,  parfois ponctué,quand la pente est dure, d'un "bon courage" alors que revenu sur le sol urbain, comme sur une autre planète, il aurait tendance à disparaitre. La pédagogie inviterait donc l'enseignant à expliciter le sens du rituel. Je me rappelle, quand j'étais collégien, que nous nous levions à l'entrée du professeur dans la classe. Je ne suis pas sûr que ce rituel de simple respect soit encore beaucoup utilisé dans nos collèges et lycées.

 

Quatrième pied : la sanction juste, réparatrice, auto-éducative avec le souci d'apporter des réponses urgentes, personnalisées aux jeunes notamment ceux en grande difficulté. Nous touchons là un domaine très sensible qui a fait l'objet de nombreuses réflexions et travaux. Qu'est ce que la sanction juste ? Juste pour le donneur de sanction ? Juste pour le sanctionné ? La sanction comporte toujours deux dimensions : la sanction normative inscrite dans le règlement intérieur ( avertissement, blâme, exclusion provisoire, exclusion définitive....) et le retentissement dans l'affectivité du sanctionné. Un simple avertissement pour l'autorité éducative peut signifier " attention, en cas de récidive de transgression de la règle x, la sanction sera plus lourde" et être reçue durement pour un élève peu habitué aux sanctions et à l'opposé comme une simple formalité pour un "transgresseur coutumier du fait". De mon point de vue, je rejoint l'importance d'une sanction qui soit donnée rapidement après les faits problématiques constatés ( car le temps pour l'adolescent efface les choses et une sanction donnée un mois plus tard par rapport à un fait peut lui sembler incohérent ou exhorbitant) et je partage l'avis de nombreux éducateurs d'utiliser le temps autour de la sanction ( écoute, explication, médiation, conseil de discipline...) pour aider les auteurs d'un comportement de transgression à mesurer les conséquences de leur acte et à répondre, quand ils le pourront, à la question suivante : " Et maintenant, si tu te retrouves dans la même situation demain, qu'est ce que tu pourrais faire ou dire pour respecter la règle, l'autre ?"chaise_ml.png

Ces quatre pieds peuvent soutenir, asseoir l'autorité plus solide, plus légitime de l'enseignant. Cependant, je recommande aussi l'usage d'un dossier que j'appelle : contrat de confiance. Une fois, l'explication des quatre pieds aux élèves par l'enseignant, celui ci pourrait faire une pause, regarder tranquillement ses élèves et avec un ton adapté leur poser la question : " Et maintenant, êtes vous chacun ok pour accepter, respecter ce cadre, et si besoin, venir en  discuter si un point vous semble à revoir ?". Ce moment clé de rituel est une manière de poser ce contrat entre l'institution et les élèves. Et il serait juste aussi ,comme dans tout contrat qui précise les engagements de chaque partie, que l'enseignant expose aussi ses propres engagements éthiques.

Avec cette chaise bien stabilisée sur ses quatre pieds et son dossier pour s'y appuyer avec confiance, je souhaite à tous les enseignants de France et d'ailleurs de prendre le temps de goûter cette assise qui leur évitera de se lever trop souvent pour crier  et ramener l'ordre !

 

(1) ouvrage : Donner toute sa chance à l'école : treize transformations  nécessaires et possibles...

Chronique sociale. 2011

 

 

 

 

 

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 04:33

Nous descendons par une allée toute entourée de feuillage vert en direction de l'étang. Le ciel est dégagé, l'herbe respire comme les saules pleureurs offrent leur abri. Une bordure de fleurs toute en couleurs dessine étonnamment le contour de la France. Au coeur d'un petit village de l'Isère, le jardin de Nathandine révèle l'amour passionnel d'un couple, Marie Annick et Michel pour l'aménagement de Dame Nature. Le temps s'arrête brusquement, nous entrons dans une autre ère. L'oreille se fait attentive aux sons dont le murmure de l'eau qui coule dans l'étang. Le regard est baigné par cette découverte qui va de surprise en surprise. L'homme prisonnier du mental devient, par la magie du lieu, réceptacle à cette offrande de la nature.100_2500.jpg

 

Cet été, j'ai eu l'occasion, avec mon épouse, de vivre cette expérience de bain naturel accompagné de Marie Annick et Michel. Une expérience qui, comme dans l'étang niché au fond du jardin, renvoit l'image de notre jardin intérieur.

Qu'est ce que pourrait être ce jardin intérieur ?

D'abord, en se référant à des auteurs comme Eckhart Tolle (1), apprendre à défricher notre mental, à prendre du recul sur les pensées qui nous agitent constamment toute la journée. C'est spécialement le cas dans les milieux professionnels avec du stress à plus ou moins forte dose. Mettre les mauvaises herbes du mental ( ruminations du passé, peurs anticipatrices de l'avenir) sous l'oeil non jugeant de notre arbre intérieur, l'observateur intérieur. Oui, le climat médiatico-politique agite la crise, nous fait peur....et mon arbre intérieur bien enraciné dans le présent me répond " laisse passer ces pensées comme des nuages gris dans le ciel". N'oublions pas non plus, enracinées souvent  invisibles à notre conscience les fameuses croyantes limitantes bloquant notre énergie et notre élan. " L'homme est un loup pour l'homme" et alors je me méfie de tout premier contact en cherchant à repérer ce qui va m'agresser ! Un peu de compost naturel sur ces croyances pour les réduire ou mieux les transformer en croyance ressource. " Toute nouvelle rencontre est source de croissance et d'ouverture", qu'en pense votre mental ? Après ce défrichage, il s'agit d'aménager, de créer des allées propices à la contemplation, à la réceptivité de la vie. Je ne cours plus après le temps qui passe, je me pose dans l'allée de mon jardin intérieur et je contemple l'étang de mon silence intérieur. 100_2505.jpg

Le calme m'inonde , le temps s'arrête, et je suis là au coeur de mon Etre. Surtout, en bon jardinier désirant entretenir ce qu'il a patiemment semé et aménagé, je reviens régulièrement dans l'allée qui me conduit de la sphère parfois ténébreuse, engourdie, ou encore embrumée du mental au coeur de mon Etre, cet endroit où coule la rivière, celle de mon enfance, celle qui irrigue toute ma Vie.

 

cf site internet http://www.rhone-alpes.culture.gouv.fr/jardins

(1) ouvrage "mettre en pratique le moment présent" d'Eckhart Tolle.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 02:48

Trente pratiquants adultes de 25 à 60 ans, debout  en silence sur le magnifique parquet en bois de sapin de 120 mètres carré , sont attentifs aux explications de l'enseignant en Tai Chi Chuan, François. Peu de mots, une voix douce, intérieure qui préfère donner la "parole" au corps. Chacun est invité par un jeu de  poussée-retenir à déstabiliser son partenaire en face de lui, sans se déstabiliser lui-même. La démonstration est sans appel : les nouveaux, malgré, pour certains d'entre eux, une belle aptitude à l'équilibre et dotés d'une force musculaire significative, finissent tous par être déséquilibrés. Qu'est ce qui fait que les pratiquants expérimentés, sans effort apparent, arrivent à leur fin ? Etonnant : plus  la force exercée en face est musculaire, tonique,  plus le déséquilibre est brutal ! J'en ai été un des premiers témoins..

 

Un peu d'histoire pour trouver l'explication. En Chine, depuis la nuit des temps, les médecins ont cherché à guérir les maladies à partir d'une connaissance du QI ( prononcer tchi), forme d'énergie vitale qui permet l'équilibre de toutes les fonctions dans le corps. Longtemps réservée, voire suspicieuse sur cette approche millénaire, la médecine traditionnelle occidentale commence à s'ouvrir à cette approche, ne serait ce que par le constat de résultats obtenus par l'acupuncture. En effet, l'acupuncteur cherche, à l'aide de fines aiguilles plantées dans la peau, à vérifier dans quelle partie l'énergie est bloquée et , en fonction d'une cartographie des "courants d'énergie" appelés méridiens, il peut alors  rétablir une bonne ( ou du moins une meilleure) circulation de celle ci dans l'ensemble du corps. Des études récentes ont même démontré que la pratique du Qi gong par des malades atteints du cancer a contribué à les aider à mieux supporter les thérapies classiques et à les déstresser. Deux approches, utilisant le Qi se développent en Europe depuis une vingtaine d'années sous l'impulsion de maîtres chinois , le Qi gong et le Tai chi chuan. Le Qi gong, littéralement " s'exercer avec l'énergie", propose des mouvements lents, souples et harmonieux associés à la respiration et vise à réveiller, répartir, restimuler notre énergie vitale souvent bloquée par le stress et les mauvaises habitudes posturales. Le Tai chi chuan, s'appuyant sur les postures du Qi gong, propose au pratiquant un enchaînement lent de mouvements, dans un état de silence, de concentration, plus ou moins nombreux selon les écoles chinoises originelles (d'une vingtaine à plus de 100). ideo-qi.gif

Revenons à notre séance. En fait, les pratiquants expérimentés se sont centrés sur le Qi, leur énergie vitale qu'ils ont appris, peu à peu,  à mobiliser pour répondre à la force traditionnelle musculaire. Cette mobilisation a au moins deux atouts : elle économise notre propre force musculaire, inutile dans certaines situations ou même contreproductive, et (ré)génére une vitalité profonde de vie au quotidien. Ainsi, occidentaux habitués à nous laver chaque matin, à nous brosser les dents comme hygiène de vie, nous pouvons alors comprendre que les chinois, connaisseurs de la puissance du Qi, ont pris pour beaucoup  l'habitude d'une pratique du Qi gong dans les jardins publics le matin avant toute activité professionnelle.

Enfin, pour tous ceux et celles qui ont été touché(e)s par le livre d'Eckhart Tolle, "le pouvoir du moment présent" (1), force est de reconnaitre que les pratiquants de ces deux disciplines ont trouvé un formidable moyen de sortir des ruminations du passé comme des angoisses du futur,en se centrant sur le présent immédiat. Dans l'attention à sa respiration, à son mouvement, au lien entre soi et la nature, entre soi et les autres, cette énergie circulante invisible pour les yeux offre le cadeau inestimable de sortir de la marmite bouillonnante du mental pour s'ouvrir sur l'infinie beauté et coloration de la Vie.

 

(1) best seller traduit en 33 langues  et écrit, suite à une expérience personnelle profonde de transformation intérieure, par Eckhart Tolle, né en Allemagne en 1948 et vivant actuellement au Canada, . Un ouvrage complémentaire " mettre en pratique le pouvoir du moment présent" a été rédigé par l'auteur pour répondre à une forte demande de ses lecteurs et auditeurs à l'occasion de ses conférences très prisées.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 05:24

Un jeune aide une vieille dame à monter un matelas dans son appartement. Elle lui explique qu'elle envisage de vendre cet appartement. Et , comme par hasard, lui est intéressé. Elle se renseigne sur le jeune homme et lui propose finalement l'appartement. Il correspond vraiment à ce qu'il désire et le coût se situe dans ses possibilités financières. Il n'a donc pas à entreprendre de longues recherches dans cette petite ville, il devient le propriétaire...alors que quelqu'un d'autre lorgnait depuis un certain temps sur l'appartement. Hasard ou heureuse coincidence ? A un guichet de banque où elle ne va pas habituellement, une mère de famille évoque la recherche d'un logement pour sa fille dans une grande ville universitaire. Derrière elle, une personne lui indique un loueur potentiel sur cette ville. Le studio est très bien situé, juste à côté du lieu d'étude de la jeune fille et le loyer acceptable, le contrat est conclu. Que d'énergie gagnée quand on sait ce qu'est la recherche d'un studio par un étudiant dans une ville ! Pur hasard ?

Ces deux histoires, qui m'ont été rapportées ponton sur merrécemment, illustrent, de mon point de vue, ce que Carl Jung nommait déjà la synchronicité (1), ces fameuses coincidences troublantes qui prennent sens pour les personnes concernées et qui apportent en général un mieux, un plus ou un questionnement interpellant. Ce peut être aussi une parole entendue, un livre, une image visuelle auxquels nous sommes réceptifs à un moment précis. Hier, nous serions passés à côté mais ce jour là, une résonance intérieure nous alerte.

Pourtant le hasard fait partie de la vie qui n'est pas programmée d'avance , pourriez vous objecter. En contrepoint, voici une histoire étonnante rapportée par le Père Ceyrac, jésuite missionnaire en Inde. Dans une famille extrêmement pauvre de l'Inde, un petit garçon est en train de mourir. Le père, après la dernière visite du médecin, exprime à sa femme tout son désespoir que seul un miracle pourrait le sauver. Or, une petite fille a entendue cette grave confidence entre son père et sa mère. Elle est déterminée pour tout faire et sauver son petit frère. Elle se rend à la pharmacie avec ses modestes économies et demande au pharmacien , le regard plein d'espoir : " Je veux acheter un miracle pour mon petit frère." Le pharmacien lui explique, un peu ennuyé, qu'il ne vend pas de miracle. Mais la demande a été entendue par un homme présent ce jour là dans la pharmacie, il s'agit de Carlton Amstrong, un des grands spécialistes de neurochirurgie. Touché par la demande de la petite fille, il accepte d'opérer gratuitement le petit garçon. Et celui ci guérit finalement. Pur hasard de la présence de ce spécialiste ce jour là dans cette pharmacie indienne ?

Quand nous entrons dans l'ouverture à la synchronicité, nous déployons une forme de radar qui nous rend plus sensibles aux événements répondant à nos désirs. Nos intentions créent, dans notre cerveau, un état d'alerte, une attention, qui peut faciliter, sans crispation, la mise en phase avec les réponses proposées par l'environnement.

Question : comment développer cette ouverture à la synchronicité qui peut faciliter notre vie quotidienne et nous ouvrir à des inattendus répondant à nos désirs profonds ?

Le fait d'être déjà sensible à ce concept de synchronicité intensifie de fait le lien que chacun peut établir dans sa vie entre désir et fait, rencontre, parole, ou image reçue. Quand j'ai proposé aux personnes me racontant les deux histoires au début de cet article d'utiliser le mot synchronicité sur ce vécu, elles ont convenu que ce n'était pas que du hasard...Enfin, c'est aussi une pratique régulière de relecture d'événements survenant dans sa vie qui peut, jour après jour, nourrir cette sensibilité à la vie et la transformer. Est ce que, pour vous, lire cet article à ce moment précis a du sens ?

 

(1) voir article sur ce blog : Vous avez dit " synchronicité" ?

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 23:07

Deux embarcations légères s'avançent l'une en face de l'autre, avec à bord 8 rameurs à l'allure engagée. Un homme, tout de blanc vêtu, se tient debout derrière chacune des embarcations. Il s'agit du jouteur, celui qui porte  une lance de près de 3 mètres de long et un bouclier appelé bavois. Nous sommes dans le port de Mèze au bord de l'étang de Thau en plein été sous un beau soleil méditterranéen. Sport pratiqué depuis le XVIIème siècle sur la côte du Languedoc, les joutes nautiques sont porteuses de rituels qui ont franchi le cap des siècles.

Le jouteur est règlementairement habillé tout de blanc des pieds jusqu'à la chemise. Avant de combattre, les deux jouteurs font un premier passage et se serrent la main puis avant que les embarcations ne se lancent pour l'affrontement, chaque jouteur lève haut sa lance pour signifier qu'il est prêt. Ainsi, si l'harponnage est vif et met à l'eau un, voire parfois les deux proganistes, nul signe de violence, nul signe d'agressivité non contrôlée pendant le déroulement de cette épreuve suivie par des spectateurs assidus .100_2321.jpg

Autre rituel vieux comme le monde, la poignée de main viendrait du fait que, historiquement, cela témoignait que l'on n'avait pas d'arme cachée( poignard par exemple)  sous la manche et que l'on signifiait vouloir établir un rapport de confiance. Aujourd'hui, le rituel s'est mondialisé et chacun le vit de manière sans doute moins suspicieuse.

Les rites de passage de la vie adolescente à la vie adulte semblent marquer le pas en Occident. Le service national, obligatoire pour les hommes jusqu'en 1996, était considéré par beaucoup comme le passage pour un garçon de l'adolescence à l'âge adulte avec la vieille formule " Après ton service, tu seras un homme". Cela peut prêter à sourire mais le constat aujourd'hui marqué par une génération "tanguy" (1) semble indiquer que l'absence de rituel n'aide pas forcément la maturation de l'adolescent vers l'adulte. Peut on considérer l'entrée dans la vie active comme un rituel ? Oui, si effectivement, il y a un moment formalisé, j'oserais dire une "cérémonie officielle" pour signifier ce changement. Or, je ne connais pas d'entreprise proposant ce type de rituel, même si l'année de stage, ou d'alternance peut revêtir le signe du passage.

Dans le monde professionnel et dans les formations au management, il est souvent souligné l'importance pour un manager de prendre en considération les rites de la "boutique" : pause café, anniversaires, pots spécifiques...Cette prise en considération peut aider un nouveau manager ou un nouveau cadre à s'intégrer plus rapidement dans le fonctionnement de l'organisation.

Le monde de l'éducation s'interroge aujourd' hui , devant la montée des actes d'incivilité et de violence dans les collèges et lycées, sur la nécessité de renforcer la communication sur des règles et des rites qui pourraient sembler acquis : prendre la parole en la demandant d'abord au professeur, se dire bonjour le matin en arrivant, ....

Certes, les nouvelles formes de communication via les réseaux sociaux ont tendance à aller au direct sans préalable et sans préambule. Est il si contraignant de rajouter un "bonjour" dans un courriel ou un sms ?

Et je fais un rêve : si, avant chaque réunion entre partenaires sociaux et chaque réunion à enjeux avec des intérêts divergents des acteurs, il y avait un vrai rituel à l'image de notre jouteur. Chacun prend le temps de se saluer, de s'observer, puis le top officiel de démarrage de la discussion est donné...Le judo en donne aussi un bel exemple avec le salut préalable sur le tatami avant de commencer  et en conclusion de l'entrainement. Ce rituel signifie aussi que tout ce qui se passe sur le tatami reste du domaine du jeu et du sport.

Ainsi, nos rituels même s'ils peuvent apparaître ringuards aux jeunes générations, méritent d'être revisités dans leur sens et dans la protection qu'ils sacralisent entre les êtres humains. De la poignée de main ancestrale...au salut du judoka, nous avons toute une panoplie à exploiter !

 

(1) référence à un film dans lequel le fils, jeune adulte préfère rester chez ses parents plutôt que prendre son autonomie. La génération "tanguy" évoque les jeunes qui,approchant la trentaine, font tout pour rester le plus longtemps possible chez papa et maman.

 

Voir aussi article sur ce blog : "le rituel, une stratégie pour changer."

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 21:56

10 h, un samedi matin de juillet, sur l'esplanade au coeur de la belle ville de Montpellier. Un maître de Taî Chi Chuan tout de blanc vêtu, face à un groupe d'une trentaine de participants pose des gestes lents, souples et amples au bord du petit étang.100_2286.jpg

Puis, il s'arrête et invite tous les participants à se regrouper sous un arbre. " Apprenez à regarder l'arbre, ses feuilles et par l'ombre trouver la lumière..."

Curieux  et bien mystérieux langage pour un non initié mais derrière cette simple suggestion se cache une philosophie  puisée chez les maitres chinois qui se transmettent cet enseignement depuis plusieurs siècles.

Le Taî Chi Chuan pratiqué par de nombreux chinois dans les parcs publics des villes est devenu un art de vivre. Cela peut nous sembler un paradoxe  à nous occidentaux entre la lenteur des gestes  et notre monde moderne à TGV ( très grande vitesse) dans l'anticipation, la réactivité ou encore la productivité.

Revenons à l'arbre.

Effectivement, l'arbre dont les vertus écologiques ne sont plus à démontrer ( production d'oxygène, fixation du sol notamment dans les zones côtières sujettes à érosion, fertilisation avec l'humus des feuilles mortes, lieu protecteur de faune et de flore...) offre une autre vertu aux hommes.

Il nous invite, comme le suggèrent notamment les pratiques chinoises de Tai Chi Chuan et de Qi Gong ( prononcer chi kong) à retrouver un enracinement en puisant nos énergies au bon endroit.

Si je suis bien en contact avec le sol, avec l'énergie terre, je deviens vite "enraciné" et plus résistant aux forces contraires. Et si mon corps est bien déployé sans raideur, je reçois aussi une autre énergie, celle du ciel. C'est ce travail sur l'énergie, le Chi pour les chinois, qui donne du sens profond à cette pratique.

Si je regarde un arbre avec attention, je peux me laisser conduire par sa "droiture" , la force de son tronc.

Enfin, l'omb100_2276.jpgre et la lumière projetée par les arbres font écho aussi à notre propre lumière et notre ombre ou partie rejetée de ce que l'on ne veut pas reconnaitre en soi comme le suggère le psychanalyste Carl Jung.

Ainsi, pour revenir à la phrase mystérieuse de ce maitre dans son cours de Tai Chi Chuan, " par l'ombre, vous trouverez la lumière" est une belle expression pour nous décentrer de notre petit moi et oser regarder ce que nous ne regardons pas spontanément dans nos vies... parce que ombrageux ou encore caché.

Et pourtant sans cette ombre, que serait notre lumière ?

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 23:08

En l'espace de quelques jours, j'ai pu entendre des langues très diversifiées dans la belle ville de Montpellier, certes cité cosmopolite mais bien ancrée dans le bassin méditteranéen, pays de la langue d'OC ou d'Occitanie.

Une jeune fille dans le tram : " Je me suis fait massacrer le bras" en évoquant une simple chute qui, en apparence, lui a valu  un léger hématome sur le bras .

Dans le cadre de la visite du magnifique prieuré de Saint Michel de Grammont, la guide, dans un style très épuré évoquait : " le superflu était interdit à l'époque." faisant référence au monastère et à la règle que s'imposaient les moines du moyen-âge et effectivement le site et l'église en particulier sont très dépouillés sans aucune statue. Par ailleurs, devant des passionnés dans un sport, j'ai entendu le langage ininterrompu de celui ou de celle qui n'a de cesse d'engloutir son interlocuteur dans une langue de passion sans forcément se préoccuper du niveau d'attention de son vis à vis qui peut dangereusement se fâner à la longue. Enfin, nous pourrions évoquer à côté de la langue d'exagération des jeunes pouvant traduire cette soif de vivre avec des émotions intenses,  la langue soutenue des conférenciers voulant faire passer un message dans une forme de neutralité intellectuelle,  la langue passion des sportifs, la langue de bois ou xylolalie de nos chers politiques, art où il s'agit de tenir la parole sans se compromettre et en restant le plus universel possible pour éviter la critique.

Toutes ces formes de langue ou de langage ont bien sûr leur justification historique,culturelle ou encore sociologique. Elles nous montrent aussi des univers qui peuvent vite devenir entre elles tour de Babel, chacun se réfugiant dans son propre langage, sa propre représentation du monde. Qui pourra alors tenter de relier toutes ces langues, facteurs aussi du lien social ?palmier.jpg

L'Afrique a inventé la cabane à palabres encore dénommé arbre à palabres, véritable institution dans les villages pour se réunir, prendre le temps de s'écouter et régler autant que possible à l'amiable les petits et gros problèmes du vivre ensemble.

Nous avons probablement à réinventer, ici en Europe, des espaces à palabre  prenant le temps d'écouter nos diverses langues avant de rechercher des solutions.

Invité récemment pour "faire connaissance" au coeur de Montpellier dans une maison au jardin exotique , j'ai pu goûter, avec mon épouse, au milieu de palmiers, de plantes hautes, peuplé de lézards blancs, et assis sur un petit banc de pierre, au sens de l'hospitalité aigu de nos hôtes et à cet autre langage, celui qui reste le plus fondamental, le langage du coeur. Les mots prennent une autre saveur, nous sommes baignés dans un aller-retour, dans un donner-recevoir. Et Françoise Dolto nous rejoint avec son slogan " Tout est langage". Oui, la manière d'accueillir, de retenir ou non sa parole, de poser sa voix en soi ou en dehors de soi, de regarder plus ou moins son interlocuteur...tout peut faire résonance. Ce langage du coeur ou langage de l'intelligence émotionnelle peut simplement s'énoncer avec la formule suivante :

Si nous avons deux oreilles et une seule langue,

c'est pour au moins deux fois plus écouter que parler.

 

Chut ! Je vous écoute...

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 21:08

Les forums de promotion de la vie associative qu'organisent la plupart des villes de France pour mieux faire connaitre à la population la diversité de l'offre d'activité en sont les premières vitrines. Aujourd'hui, le développement personnel, non seulement occupe des rayons entiers dans les librairies et notammnent les grandes librairies franchisées ( pas de pub) mais a pris rang dans l'offre associative. Des techniques de relaxation, de la sophrologie, en passant par le Chi Chong d'origine chinoise, l'aqua gym, l'eutonie, jusqu'à toutes les formes de gymnastique douce centrées sur soi, le monde associatif intègre dans son offre sociale cette recherche du mieux être individuel et collectif. Reste à chacun de trouver son petit bonheur dans un marché où le bouche à oreille fait concurrence à la recherche d'une technique ou d'une activité ciblée.dpersonnel.jpg

Des magazines spécialisés comme Psychologies tentent avec des articles de fond de donner de la visibilité à telle ou telle technique, méthode, philosophie montante dans le hit parade social. Comment cependant s'y repérer ?

En effet, deux risques sont courus par le "cherchant de développement personnel ": celui de vouloir se spécialiser avec risque d'addication à une seule discipline ou école ou encore celui de jouer l'abeille butinante sur de multiples fleurs au nectar différent donc attractif, quitte à changer chaque année d'activité. Je propose au lecteur une vision possible donc critiquable ( et allez y, c'est fait pour çà) sur trois dominantes :

- les démarches visant un travail sur les énergies

- les démarches visant un travail sur la communication avec soi et les autres

- les démarches privilégiant la méditation et l'intériorisation.

 

Les démarches visant un travail sur les énergies :

Elles rassemblent à la fois toutes les techniques de relaxation, de travail sur la détente physique, musculaire, et mentale.

Elles peuvent commencer par de la simple gymastique douce visant un recentrage sur soi jusqu'à des techniques plus élaborées comme le yoga, le chi chong qui invitent à repérer ses zones de tension, ses méridiens et à approfondir son schéma corporel. Bien sûr, j'entends les remarques de pratiquants de ces dernières approches affirmant qu'il ne s'agit pas seulement de technique mais d'une philosophie de vie. Et c'est vrai, ce choix  suppose aussi une forme d'adhésion à son origine même si les professeurs de yoga ou de chi chong en France ont souvent "occidentalisé" la pratique .

 

Les démarches visant un travail sur la communication avec soi et les autres :

Dans ce registre, nous pouvons classer les stage d'écoute, de communication interpersonnelle, de gestion des conflits, d'affirmation de soi....,de communication non violente ( 1) jusqu'à des démarches plus personnelles avec un travail conduit avec un coach dans la déontologie du coaching  et notamment la confidentialité et  la recherche d'autonomie de la personne accompagnée. La croyance partagée dans la plupart de ces démarches est de considérer que plus la personne est lucide sur sa manière de communiquer avec les autres, sur sa manière de fonctionner à l'intérieur d'elle-même, plus elle sera à même de progresser dans sa manière de se relier aux autres avec plus d'efficacité et de sérénité.

 

Les démarches privilégiant la méditation et l'intériorisation :

C'est une catégorie qui peut partager des zones communes  avec les deux premières. En effet, le pratiquant de yoga pourra passer par des phases d'écoute de son corps, de son soufle invitant à l'intériorisation. Celui qui a participé à une session de communication non violente a appris à écouter son moi intérieur ( qu'est ce que je ressens ici et maintenant ? Quel est mon besoin prioritaire ?...). Cependant, dans le courant des psychologues bien repérés comme Christophe André (2), la recherche du silence, de la pensée consciente, ou encore de la pleine consciente fait son chemin y compris en dehors des courants religieux et spirituels.

Dans un monde souvent conditionné  par l'encombrement ( trop d'infos à gérer, à digérer ),  la dispersion ( le fameux zapping où chacun va butiner sur plusieurs programmes tv , activités, sorties...) et l'impatience ( le tout tout de suite du consommateur), cette quête d'intériorité apparait comme un antidote recherché.

Question : existe-t'il une démarche qui intégrerait ces trois types d'approches ?

Rassurons nous, elle n'existe pas ! Le kit livré "énergie corporelle- communication totale- intériorisation" n'a pas encore été mis sur le marché du développement personnel. En effet, de mon point de vue, le développement dit personnel prend sens avec une recherche individuelle de chacun, évolutive au cours de sa vie d'homme et de femme et qui  repose la question règulièrement :

" Qu'est ce qui aujourd'hui peut m'aider à grandir, à croitre avec mon histoire, mes fragilités et mon potentiel  ? La réponse reste donc dans l'intimité de chacun et de sa propre clairvoyance...

 

(1) voir article sur ce blog intitulé : sortir de la violence avec Marshall Rosenberg

 

(2) voir blog Christophe André, psychologue.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 20:23

marche-montpellier.jpgHier, nous étions encore à l'heure de la famille traditionnelle, de la communauté locale de village ou de quartier, du temps inscrit dans le cycle des saisons, l'hiver avec son froid et l'été avec le temps du soleil, des moissons ou encore des vendanges. Ce paysage relève de plus en plus de l'histoire : la famille traditionnelle devenue minoritaire ( deux parents vivant en couple durable avec leurs enfants biologiques), la communauté villageoise gagnée aussi par internet et les moyens d'accès rapide aux centres urbains, et le climat lui-même qui se dérègle. Une nouvelle ère s'avance avec un lien social mis en question dans beaucoup de quartiers pas uniquement sensibles et une montée en puissance des réseaux et des communautés.

Les réseaux sociaux internet comme facebook et twitter avec leur néologisme ( nous parlerons de followers pour ceux qui réagissent à un message déposé et le verbe twitter est rentré dans le langage courant) délivrent dans l'instantané une information planétaire. Ainsi la révolution du jasmin en janvier enTunisie a pu aussi gagner le pays par le net. Si les médias traditionnels semblent bridés en Syrie, le net permet de contacter en direct la violence sur la population civile. Hors ces dimensions politiques internationales, les réseaux sociaux démultiplient les connections sans toujours créer de véritable lien social. Ainsi, des élèves vont même demander à devenir "amis" sur facebook de page gérée par un professeur qu'ils connaissent  !

A côté de ces réseaux dits sociaux, il existe le réseau de proximité, c'est une constellation de personnes ressource sur lesquelle je peux faire appel en terme de soutien, de relais d'information en fonction de la compétence ou du statut de tel ou tel membre. Effectivement, ce réseau de proximité ( à distinguer du réseau internet dont la virtualité quand des internautes ont plus de 1000, 10000 amis n'a plus de sens !) peut être activé en fonction de besoins des uns et des autres. Chacun y est repéré de manière individuelle et peut se rattacher à une association, un groupe politique ou syndicale ou encore à un courant religieux ou spirituel. Les québéçois parlent à ce propos de réseautage.

Autre niveau, la communauté de pratique qui se développe au sein de milieux scientifiques et pédagogiques.

Partons de la définition de l'encyclopédie Wikipédia qui atteste d'un concept relativement nouveau ( 1991) : " la communauté de pratique désigne le processus d'apprentissage social émergeant lorsque des personnes ayant un centre d'intérêt commun collaborent mutuellement et  désigne également le groupe de personnes qui participent à ce processus collaboratif." A la différence du réseau de proximité dont chacun peut mesurer pour lui-même son propre périmètre et sa fluctuation au cours de sa vie et de ses changements de lieu ou de cap professionnel, la communauté offre une dimension plus stable et centrée sur un objet partagé et visant une mutualisation. La motivation de ses membres est  davantage centrée sur un développement professionnel, voire personnel. J'entre dans une communauté de pratique dans un "donner-recevoir" en espérant recevoir...autant que je donne en général.

Enfin, en regard de mon propre vécu, j'ai identifié une troisième dimension à côté des réseaux et des communautés de pratique, je lui ai donné le nom de "cordée".

 Celles et ceux et de ma cordée s'y reconnaitront, je l'espère, et quoiqu'il en soit, je leur donne à tous volontiers la parole pour échanger autour de ce concept. En montagne, quand il s'agit de s'engager dans une voie d'alpinisme ou de passer une zone réputée dangereuse en randonnée alpestre, chacun est relié  par une corde, chacun étant équipé lui-même d'un baudrier protecteur. Le premier de cordée peut , en fonction de la fatigue ou du moment, passer la main et être relayé par le second. Ainsi, la cordée peut être changeante dans son ordre mais immuable dans le nombre. Ils partirent à 6 et revinrent à 6...sauf accident ! Et c'est bien là , la force du lien social durable de la cordée. En pensant clairement à ma cordée que j'ai laissée sur Reims, je sais que je peux compter sur chacun et chacune et que réciproquement ils peuvent compter sur moi. Sans nécessairement qualifier cette cordée d'espace d'amitié ( cela peut effectivement générer de l'amitié mais pas nécessairement), elle est d'abord un lieu de solidarité active,vivante, et de connaissance de l'autre et de reconnaissance de ses capacités, et de ses  talents .

Certes, une cordée n'est pas un idéal de gens qui se font des "bisous" toute la journée, c'est plutôt une expérience de rencontre, de partage vrai, avec les fragilités et les ombres de chacun, qui construit peu à peu cette alliance mutuelle qui rassure, stimule et pousse en avant.

Aujourd'hui, si je crois (avec les limites posées) à l'importance du réseautage, des communautés de pratique,  je crois surtout que nous avons besoin de cordée vivante. En effet, comment avancer vers un sommet , un idéal, seul sans coéquipier, sans soutien réel, lucide et comment gérer un passage à vide, une épreuve, même si la famille est présente, sans cette force extérieure de la cordée ?

Bien sûr, pour un certain nombre, la première cordée, c'est le couple avec l'importance de jouer la réversibilité des rôles ( le premier de cordée n'est pas forcément toujours le même !) mais pour tous ceux qui se situent en dehors d'une vie de couple, la cordée peut s'avérer un espace privilégié de ressourcement et de croissance humaine.

 

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  • : Le blog de Michel BERNARD
  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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