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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 13:21

Nous marchions depuis près d'une heure vers le mont Caroux, sommet du parc régional du haut Languedoc. Le village de Douch traversé tôt le matin avec  ses quelques maisons en pierre et son gîte était encore endormi. La montée progressive à travers la forêt de chênes, de hêtres et de pins fut douce à nos pieds grâce aux brindilles qui amortissent le pas. Puis , après avoir goûté le panorama à 360 degrés depuis le Caroux, nous nous sommes retrouvés dans la solitude d'une lande  comme suspendus entre terre et ciel. Là, un banc de bois qui attendait...

A quelques jours de la rentrée scolaire, du démarrage d'une nouvelle année qui peut nous reconditionner dans le rythme "internet", tout de suite, rapidité, réactivité avec le bonus ou malus ( si overdose) des réseaux sociaux qui invitent à une connexion quasi permanente ses adeptes, nous étions vraiment sur une autre planète, la planète terre. Connectés par la marche, le souffle du vent frais du sommet et les  senteurs de la lande, nous n'éprouvions le besoin de rien d'autre, simplement goûter ce qui était offert à nos sens.

Contempler, prendre le temps de se poser, poser son regard sur un paysage simplement, sur des personnes tranquillement. Contempler tient son étymologie du latin contemplatio,  action de considérer attentivement par les yeux et par la pensée. Arrêtons nous sur ce double sens. Je contemple quand mes yeux cherchent à observer attentivement une chose, un objet, une personne, un paysage...Je contemple quand je pose ma pensée sur un objet d'attention durable.

Or ,nous savons par expérience, que notre société de l'internet et des réseaux sociaux aurait tendance à réduire notre durée d'attention captée par de multiples signaux visuels et interactifs sur l'écran. Revenir à la contemplation, c'est se donner du temps pour rester les yeux ouverts sur une même réalité. Contempler, c'est aussi voir ce que mon premier regard ne voit pas, Un château épousant la forme d'une crête d'une falaise calcaire, un mouflon à demi caché par un rocher, ou encore un ciel qui prend une forme symbolique d'animal...

Le banc de bois vieilli, érodé par le temps, les pluies, l'hiver est toujours là sur ses quatre pieds de fer. Je peux le contempler aussi. Et il me parle.

Je suis le banc qui attend

Le banc prêt à tout accueillir

J'en ai vu des randonneurs.

Certains m'ont simplement observé de loin

Comme on observe un vieux près de la mort,

D'autres ont pris le temps de s'asseoir, de respirer

De méditer, de se recueillir en eux- mêmes.

Mais, j'ai un secret :

je suis le banc qui aide à contempler la vie

Celle qui est, ici et maintenant.

Je suis bien un banc vivant.

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 22:09
 

Après les épisodes de gréve dite perlée qui a empoisonné la vie de milliers, voire de quelques millions de personnes en France pendant plusieurs mois jusqu'en juillet, il était évidemment facile de tirer sur le pianiste ( pas celui ou celle qui joue dans les gares et qui nous fait oublier le stress d'attente trop longue) mais la maison SNCF. Aussi, en ce milieu estival, je voudrais donner un coup de  chapeau à cette maison et à ses partenaires territoriaux pour la nouvelle gare ouverte depuis début juillet 2018 et étonnante par plusieurs aspects.

D'abord, pour y accéder, il faut sortir de la principale ville, parfois se perdre en raz campagne pour se faire indiquer la direction par un gentil homme qui semble déjà habitué à ce rôle d'indicateur bénévole.

Pour accéder aux quais, il faut monter via un escalator ou un escalier long sur une haute plateforme qui domine les quais, ce qui devient une norme SNCF France.

Mais ce qui m'a vraiment surpris : l'absence de tout commerce, pas de kiosque journaux, de marchands de souvenirs, bref le commerce est absent.

Et, par contre, deux espaces ont été relativement bien pensées pour les besoins des voyageurs : un espace insonorisé détente pour voyageurs avec un distributeur de petites, moyennes ou courtes histoires à l 'entrée. Pour ma part, j'ai choisir la "short story" avec un Monsieur emmenant son chat au vétérinaire et avec un nom spécifique "Mon chien". De l'autre côté , un espace dédié aux jeunes enfants de moins de 6 ans avec une facilité de surveillance par les parents ou grands parents. J'ai été vraiment ravi de cette découverte étonnante car de fait, j'étais accompagné de  ma petite fille de 3 ans pour attendre un voyageur. Et sur les murs décorés de jeux en bois avec déplacement d'objets, je l'ai sentie vraiment concentrée et joyeuse oubliant tout le reste comment savent souvent le faire instantanément les enfants. Génial, messieurs ( ou mesdames) les concepteurs d'avoir donné finalement priorité aux enfants sur les commerces !

Cependant, je rajouterai juste un ingrédient dans la perspective espace détente et non commercial : un lieu où chacun, chacune pourrait venir se poser, et même s'allonger (avec confort hygiénique), écouter dans un casque éventuellement  de la musique, musique de relaxation avec une lumière tamisée...et là , nous aurions ,au cœur d'un lieu de transit bruyant par nature, un espace de réel ressourcement, ce qui aujourd'hui manque cruellement à beaucoup de lieux publics.

Avis à la SNCF : je suis prêt à faire grève pour soutenir ce projet comme fut géniale l'idée d'installer un piano dans les principales gares. Quelques notes, quelques rythmes bien frappés et nous oublions que nous sommes dans une gare, dans son bruit et son agitation permanente...

Pour les curieux, la gare que j'évoque dans cet article est la gare dénommée Montpellier Sud de  France" située au sud de cette ville  à environ 6 kilomètres du centre ville.

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 21:25

"Regardez la concrétion au dessus de vos têtes. La stalactite semble fusionner avec la stalagmite. Regarder plus finement. En fait, il y a encore 2 centimètres qui les sépare. Il faudra environ 100 ans pour que la stalagmite progresse d'un centimètre en hauteur. Donc, elles fusionnerons dans environ 200 ans !" La jeune guide de la grotte de Clamousse, près de Saint Guilhem le Désert nous interpellait sur la relativité du temps. Aucun des touristes présents, ni même les plus jeunes enfants ne pourront voir cette fusion.

Quel contraste entre cette grotte à température constante de 15 degrés sur toute l'année avec notre actualité estivale constituée d'événements sportifs et politiques avec un niveau d'amplification médiatique exorbitant.

Sans porter de  jugement sur les événements médiatisés en cet été de canicule, je relève simplement comment l'émotionnel nous fait vibrer avec un risque de confusion et de disproportion.

L'équipe de France de football a bien remporté la coupe de monde de football le 15 juillet, 20 ans après la victoire historique en 1998 au Stade de France. Délire dans les rues des grandes villes avec des slogans " on a gagné !" accompagnés de drapeaux bleu blanc rouge. Cette fête qui a eu le mérite d'amplifier des émotions positives dans les rues s'est fondée parfois sur une confusion. Aucun français n'a gagné si ce ne sont les joueurs de l'équipe de France en comptant aussi les remplaçants qui reçoivent leur médaille. Ce phénomène d'identification m'apparait complétement excessif. Avons nous vraiment besoin de cette identification-confusion pour oser faire la fête avec nos voisins ?

Un autre exemple se révèle avec l'affaire dite Alexandre Benalla, conseiller de sécurité du président, projeté devant les médias suite à une violence exercée contre un manifestant à l'occasion du défilé du 1er mai à Paris. Une affaire qui surgit comme Zorro au cœur de l'été après la victoire des bleus. Je suis resté scotché par l'ampleur déployée autour de cette affaire : commission d'enquête de l'assemblée nationale,du sénat en plus de l'enquête judiciaire traditionnelle. Quel arsenal avec certains médias qui ont relayé les auditions heure par heure !

Et si, sans nier le fait de violence et le symbolisme rattaché à son auteur et le fait de victoire d'une équipe emblématique, nous apprenions l'art de prendre distance, de relativiser, de redonner du sens à l'essentiel. Dans 200 ans, qui se rappellera la victoire de l'équipe de France ou l'affaire Benalla ? Dans 200 ans, au fond d'une grotte dans l'obscurité et le silence,  devrait s'unir  une stalactite et une stalagmite.

 

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 23:45

Beaucoup de personnes, jeunes, anciens, de tous pays, de toutes confessions, de tout milieu socioprofessionnel ont stoppé leur activité durant ces quatre semaines intensives de coupe de monde de football en Russie pour regarder ...un ballon !

A quelques heures de la finale  entre la France et la Croatie ce dimanche 15 juillet, plus de 20 millions de téléspectateurs annoncés sans parler de tous ceux et celles qui se masseront, en hordes exhaltées devant des écrans géants dans les grandes villes pour vibrer avec l'équipe de France. Si un individu  d'une autre planète arrivait ce Dimanche sur notre planète Terre, il aurait sans doute quelques interrogations sur cet étrange engouement derrière un ballon et deux équipes de 11 joueurs. Autrement dit, qu'est ce qui crée un tel phénomène planétaire d'attraction aimantée sur ce ballon ?

Quelques chiffres clés d'abord . Une enquête en 2000 conduite par la FIFA (Fédération Internationale de Football)  qui réuni déjà plus de 200 associations nationales,  comptabilisait plus de 240 millions de pratiquants réguliers  de football dans le monde, soit une personne sur 25 terriens. Cette seule statistique (sans compter tous les pratiquants informels qui tapent du ballon rond occasionnellement) place le football comme sport numéro 1 mondial.

Première explication économique : la FIFA, l'ensemble des sponsors et équipementiers des équipes, les retransmissions TV alimentent un formidable marché économique avec des transferts et des salaires de joueurs exorbitants. Cette véritable industrie mondiale du football entretient le culte via les médias, des objets marchandisés que sont devenus les joueurs ( en notant que cette année, plusieurs joueurs de l'équipe de France apparaissent dans des spots publicitaires très personnalisés...). Certes cette explication séduit car elle a le mérite de montrer le vaste marché économique derrière le monde du football mais elle ne saurait tout expliquer.

Par rapport aux autres sports collectifs comme le rugby, le handball, le basket et le volley, qu'est ce qui contribue à la première place du foot  en termes de pratique sportive notamment en Europe  et au sein de pays d'Amérique du Sud comme le Brésil ou l'Argentine ? J'ose avancer plusieurs éléments qui se combinent  pour fabriquer une attractivité très puissante :

- les techniques de gestion du ballon (déplacement, dribble, jeu de tête, duel de deux joueurs sur un ballon , tir au pénalty, tir en corner...) offrent une multiplicité de situations qui , à un haut niveau de jeu comme une coupe du monde  de football, séduisent le spectateur y compris ceux qui ne sont pas des passionnés innés du ballon rond.

- les médias, par l'amplification des commentaires sur les joueurs, contribuent à favoriser des fortes identifications nationales. Si l'équipe de France gagne aujourd'hui, c'est tout Français qui se sentira vainqueur avec son équipe. Les messages (spontanés ou téléguidés ?) de joueurs sur l'attachement à la patrie ces derniers jours jouent favorablement sur ce registre "cocorico".

- et finalement, je me demande si la simplicité des règles du jeu n'est pas un ingrédient discriminant par rapport à d'autres sports collectifs : deux équipes, deux gardiens , un ballon avec la règle de l'équipe vainqueur qui met le plus de ballons dans les filets des cages adverses. A souligner aussi un rapport à l'espace de jeu magique. Le terrain de football est ( à l'exception d'un terrain de base ball très particulier avec des règles peu explicites pour un non initié) le plus grand terrain de sport collectif. 105 mètres de longueur pour 68 mètres de largeur , c'est la norme pour les compétitions de niveau international.

Enfin, j'aimerais conclure cet article par cet objet  qui traverse l'histoire du football depuis son origine au XIXème siècle en Angleterre : un ballon rond. Un ballon qui fait l'objet d'une véritable homologation avec un diamètre de 22 cm, un poids compris entre 400 et 450 gr et une pression spécifique. Un objet qui fait tourner la tête de millions de personnes dans le monde, pour ne pas dire de milliards de téléspectateurs à l'occasion d'une coupe du monde. Et pourtant , ce ballon laissé au milieu d'un stade a peu d'intérêt. Mais les meilleurs artistes du football par leur gestuelle, leur adresse, leur rapidité offrent ce spectacle unique d'un ballon qui circule , nous surprend, nous éblouie, nous fait vibrer d'une émotion non contrôlée quand il rentre dans les cages de l'équipe adverse !

Ce ballon offre aussi une manière , dans une enceinte sportive de plus de 80 000 spectateurs, de créer des communions humaines solidaires quand le débordement est maitrisé. Faire la ola en levant les bras au stade de France, c'est comme se laisser soulever par une vague déferlante qui vous prend et vous emporte. Étrange ballon qui peut faire oublier pour des populations, le temps d'un match de 90 minutes, la réalité de la vie pour rêver, s'enthousiasmer, s'émouvoir, se crisper, ou encore exulter après une victoire. Un ballon qui nourrit des émotions de toutes les couleurs.

 

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 07:46

Toujours cette  manière de provoquer l'autre dans une réunion ! Lui, il cherche vraiment la petite bête quand quelqu'un présente un projet même si celui-ci apparait déjà bien clarifié ! Et elle, n'en parlons pas,  toujours à vouloir se mettre en valeur même si elle n'a pas fait grand chose...Et ces deux là qui jouent systématiquement un rapport de force pour emporter le morceau dans une négociation; et lui qui critique un autre absent avec ironie devant son auditoire pour se placer au dessus du lot . Bref, vous avez sans doute vécu parfois, souvent, ou quotidiennement, ces attitudes qui provoquent en vous un sentiment d’agacement, un soupir de "encore"...sans forcément trouver la parade juste ou même sans chercher à parer tellement vous êtes las de ces manières de faire. En cette période où j'entends les cigales envahir l'espace sonore,( elles aussi pourraient m’agacer par ce bruit constant..), allons jeter un coup d’œil sur ce fond d’agacement qui nous touche souvent plus que nous l'imaginons.

Un exemple concret pour illustrer que l'agacement peut nous servir de révélateur miroir. J'ai eu l'occasion récente de vivre en tant que participant une journée de formation relative à un perfectionnement concernant un outil informatique . Je m'attendais à une approche pratique centrée sur l'outil avec des mises en situations immédiates. Or, la formatrice a d'abord effectué un tour de table qui a duré plus d'une heure 30 avec 9 participants puis a passé une bonne partie de la première demi journée à nous convaincre qu'il était important de comprendre le sens de l'outil avant de l'utiliser...Ainsi, j'ai nourri très rapidement au fond de moi un fort agacement sur cette insistance à nous convaincre alors que j'attendais de la pratique et non du discours.

Premier miroir  en prenant appui sur les besoins ( cf Communication non violente de Marshall Rosenberg) : j'avais un besoin d'expérimenter l'outil, de le tester et la formatrice n'a pas répondu à ce besoin et a crée en moi de la frustration. Rassurez vous, j'ai exprimé ce message en fin de matinée et l'après midi a donné lieu à un début de mise en pratique. Deuxième niveau de miroir : sa posture de formatrice heurte fondamentalement la mienne . En effet, quand j'anime une formation, je passe un temps  raisonnable à créer surtout l'inclusion du groupe en tant que formateur ( en évitant un questionnement de fond qui peut apparaitre inquisiteur) et ensuite j'amène immédiatement chacun à se positionner dans un exercice ou encore un questionnaire d'auto diagnostic, type quiz. Or, j'avais en face de moi quelqu'un qui exprimait tout l'inverse ! Mais il existe aussi un troisième miroir : celui que je peux retourner sur moi-même. Qu'est ce que cet agacement durable dit de moi par rapport à moi ? Et, après un peu de prise de distance, je reconnais que j'avais du mal à contenir mon impatience pour exprimer , de manière diplomatique, à la formatrice que j'avais vraiment le désir de pratiquer l'outil, connaissant déjà une grande partie de son discours.Le troisième miroir m'a confirmé qu'il me reste encore à travailler sur la patience pour choisir le moment opportun pour exprimer une demande qui ait le maximum de chance d'être entendue et prise en considération.

Aussi, petit exercice à vous recommander chaque fois qu'un comportement de lui ou d'elle crée en vous un sentiment d'agacement qui "gratte" votre ego, prenez le temps de regarder avec vos  trois miroirs :

- le miroir de vos besoins : quel(s) besoin(s) est (sont) insatisfait (s) ou en souffrance ?

- en quoi le comportement de l'autre me renvoie au mien ? Opposition, similitude ?

- le miroir de moi avec moi : que révèle cet agacement de mes limites actuelles ?

Et surtout, prenez cet exercice comme un jeu où vous mettez davantage aux commandes la conscience  que l'égo tourné vers son petit ou gros nombril. Et si, en pratiquant cet exercice de miroir, votre regard changeait sur les personnes sources de votre agacement.  A la fin de la journée de formation, j'ai eu l'occasion d'exprimer (le groupe ayant quitté la salle) de manière directe et authentique cette frustration et j'ai perçu en cette formatrice dotée d'une belle énergie, une personne en capacité d'entendre et qui m'exprimait qu'elle avait eu un besoin de prendre confiance avec un groupe nouveau justifiant ce temps long de mise en route du matin...

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 22:21
l'âme cachée dans une formation professionnelle

Dans les formations que j'anime, je touche évidemment l'intellect de mes participants ou encore la sphère émotionnelle quand ils vivent une connexion profonde à eux-mêmes. Ces formations autour de la sérénité, de l'efficacité ou encore de la posture d'acteur de sa vie professionnelle sont loin à priori de l'âme. L'âme que l'académicien français d'origine chinoise, François Cheng considère comme le terreau du désir et de la mémoire. L'âme considérée aussi comme un espace intime d'intériorité à situer plus profondément que notre intellect ou activité purement mentale. Je peux cogiter une journée entière dans une sphère professionnelle sans connecter mon âme. Et pourtant, dans une société en quête d'une nouvelle spiritualité, l'âme est souvent évoquée dans des magazines de développement personnel.

Il y a aussi la belle définition donnée par Frédéric Lenoir, notre expert philosophe des religions, dans son ouvrage sous forme de roman " l'âme du monde" :

"...votre âme spirituelle n'est autre qu'une parcelle infime de l'Ame du monde. C'est par elle que vous ressentez la beauté et l'harmonie du monde...C'est elle qui vous met en quête d'une source qui puisse enfin désaltérer la soif la plus profonde de votre être."

Or, je crois avoir touché un peu de l'âme de mes participants à mes derniers stages grâce à un petit livre magique : "Mon année Haïku (1) : un poème et sa méditation chaque jour pour être plus présent à la vie" écrit par la journaliste Pascale Senk. J'ai eu l'idée spontanée (intuition ?) de proposer à un participant de jouer le rôle de lecteur d'haïkus. Pas n'importe comment . A l'occasion d'une fin de séquence , je l'invitais à se centrer sur une intention précise pour le groupe puis à ouvrir au hasard ( est -ce si sûr ?) une page contenant un haïku . Puis, dans la tradition des haîdjins ( écrivains de haïkus), de lire deux fois le haïku puis de conclure par le commentaire interpellant de Pascale Senk. Et soudain, durant cette lecture, j'avais l'impression que chacun , dans un silence intérieur, se reconnectait à une partie plus profonde de lui-même. Reste aussi à préciser que le haïku "trouvé" n'est jamais tombé à plat, au contraire à l'image de celui-ci :

Au fond d'un tiroir

des trombones

Insectes métalliques

de Igor Quézel-Perron.

Le commentaire de Pascale Senk est incisif. En voici quelques extraits signifiants : Plus les vies professionnelles se sont technicisées, désincarnées, plus on a tendance à voir dans le travail des enjeux relationnels et affectifs...En réalité, travailler est une manière de contribuer au monde.

Aucun participant ne pouvait s'attendre à tant de proximité avec le propos du stage et l'image saisissante de trombones insectes donne la chair de poule. Notre âme a vraiment besoin de sortir de son tiroir pour découvrir la face cachée du monde : sa beauté, sa singularité, et son évolution permanente. Aux âmes, citoyens !

(1) un haïku est un poème d'origine japonaise construit sur une structure tertiaire de trois lignes avec une première et troisième ligne de 5 syllabes et une deuxième de sept.

cf article sur ce blog http://mister-aidant.over-blog.com

2017/10/haiku-la-simplicite-nous-fait-du-bien.html
 
 
 
 
 

 

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 23:46

A l'heure où les médias nous gavent d'articles, de reportages, de spéculations autour de l'IA comme Intelligence Artificielle et l'hypothèse d'un monde futur où nous serons entourés de robots ou encore d'assistants numériques en tout genre, j'observe à l'autre bout une émergence lente et sûre sur les rayonnages des librairies.  Il s'agit de  livres qui nous parlent des arbres de manière vivante. Non point des ultièmes ouvrages sur la typolologie des arbres, leur biodiversité, mais des ouvrages qui explorent la relation directe entre l'homme et l'arbre.

Dans cette sève (sans prétendre citer tous les auteurs estimables), je retiens : le best seller venu d'Allemagne écrit par un agent forestier, Peter Wohlleben " la vie secrète des arbres", celui du français, Jean-Marie Defossez "sylvothérapie le pouvoir bienfaisant des arbres" et le magnifique ouvrage illustré appelant déjà à la contemplation du japonais Yoshifumi Miyazaki, les Shirin Yohu ou les bains de forêt. Quoi de commun entre ces ouvrages ?

D'abord, même si les auteurs ont des activités diverses du forestier, au scientifique en passant par ceux qui ont connu une guérison par l'arbre comme Jean Marie Defossez qui a vu disparaitre son mal de dos au contact d'un palmier, ils ont en commun de vivre l'arbre par une expérience avant tout sensorielle.

L'observer du regard, choisir son arbre par ce regard, par une intuition, sentir son odeur, sa résine,  toucher par les mains, la tête, ou encore le dos le dos son écorce , son tronc. En effet, pour ces amoureux des arbres, ils sont avant tout des êtres vivants en capacité de communiquer entre eux par leurs racines, par des molécules lâchées dans l'air comme moyen d'alerte comme par exemple pour les acacias attaqués par leurs feuilles par des girafes et qui avertissent ainsi les suivants.

Ainsi, un mot relativement neuf émerge avec cette littérature : la sylvothérapie ou l'art de se soigner par le contact avec l'arbre et les forêts. Dans cette perspective, notre chercheur japonais Yoshifumi Miyazaki a prouvé, avec des groupes témoins, les effets physiologiques concrets des bains de forêt : une régulation de la tension artérielle, un renforcement du système immunitaire et une confirmation de ce que chacun a sans doute déjà observé en se promenant durablement dans une forêt, une baisse du stress en jouant une forme de synchronisation homme-forêt.

Rappelons nous que notre homo sapiens et nos hommes préhistoriques vivaient quasi exclusivement dans la nature, au contact des forêts, des lacs, des rivières ou encore dans des cavités qui restaient plutôt naturelles. Encore au XXIème siècle qualifié parfois par Pierre Rabhi (1) de société hors sol, par le fait que nos habitats sont déconnectés de la terre comme nos villes bitumées de plus en plus, l'homme éprouve ce besoin vital de chercher cette nature apaisante. Récemment en visite à New York,

j'ai mieux compris l'importance  de Central Park, poumon vert de 4kms de long sur 1 km de large au cœur de Manhattan. En effet, vivre constamment dans l'enfermement des grattes ciels qui dominent les rues, la circulation continue de jour et de nuit, le niveau de décibel impressionnant avec un métro bruyant et les sirènes hurlantes et crispantes des ambulances pour nos tympans, les new yorkais sont nombreux à pratiquer Central Park pour un footing, une sortie vélo, une ballade simple ou encore un farniente allongé sur le dos, décontracté sur une pelouse autorisée.

Enfin, se connecter à un arbre est souvent proposé avec un petit rituel de salutation pour demander l'autorisation à l'arbre de le toucher, une mobilisation de nos sens pour écouter leur "silence", accueillir ce qui vient sans chercher une cohérence parfaite et quitter l'arbre par un MERCI pour sortir de sa bulle énergétique. Ainsi, l'arbre choisi peut devenir compagnon miroir qui nous parle en toute discrétion...de nous !

C’est lorsque nous sommes affligés et ne pouvons supporter notre vie plus longtemps qu’un arbre a un message pour nous : Calme-toi! Calme-toi! nous dit-il, regarde-moi! La vie n’est ni facile, ni difficile. De telles pensées sont puériles. Laisse parler le divin en toi et tes pensées se tairont. Tu es anxieux parce que ton chemin t’éloigne de ta mère et de chez toi. Mais chaque pas et chaque jour te ramènent à la mère. Ta demeure n’est ni ici, ni là-bas. Ta demeure est en toi ou elle n’est nulle part. Hermann Hesse (extrait)

 

(1) Pierre Rabhi, pionnier de l'agriculture biologique, écrivain et fondateur du mouvement social " Colibri

mister-aidant.over-blog.com/article-pierre-rabhi-et-la-sobriete-heureuse-85109512.html

 

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 20:18

Les syndicats employés de la SNCF promettent trois mois de grève dite perlée d'avril à juin 2018 ( soit 2 jours de grève pour 3 jours de non grève) , autant dire une menace de bras de fer musclé avec le gouvernement pour résister à la réforme du statut historique des cheminots et à la mise en concurrence annoncée. Certes, le droit de grève reste un droit  légitime en France sauf que, dans ce cas précis, j'estime haut et fort qu'il y a un "abus de pouvoir" de la part des syndicats qui prennent véritablement en otage les usagers.

Alors, oui, dans un mouvement réactif, j'aurais spontanément envie de maudire la SNCF et ses syndicats qui jouent trop souvent de ce type de rapport de force au détriment des usagers. Oui, quand on doit chercher pendant plusieurs heures des solutions autres pour revenir de province en passant par Paris en se passant de tout transport ferroviaire. Oui, quand, en tant que grand père, je suis contraint de ramener avec mon épouse ma petite fille de 2 ans par un bus parti de Paris hier soir à 21h 15 pour arriver ce matin à Montpellier vers 8h en passant par les belles villes d'Avignon et de Nîmes. Et en élargissant, j'imagine tous ceux qui travaillent et qui circulent par nécessité par le train, j'imagine aussi des malades tenus de faire des contrôles et devant prendre un train, j'imagine aussi des séniors coincés ici ou là. Bref, les raisons de maudire ne manquent pas.

Pourtant, dans un sursaut de réveil de conscience, et en switchant comme on le dit  en programmation neurolinguistique, j'ai finalement le désir de bénir la SNCF et ses syndicats, et ses cheminots.

Bénir pour nous avoir incités à trouver des astuces de solution inédite, à oser prendre un bus de nuit avec une petite fille de 2 ans. Je bénis aussi la SNCF pour cette aventure inattendue, avec la recherche du point de départ, la gare routière près de l'enceinte de Bercy ( vous connaissez ?), pour débusquer le bon bus où chacun y va de son énergie pour glisser tous ses bagages dans la soute. Je bénis la SNCF pour découvrir comment les 2 arrêts du bus ont été salutaires pour mon dos coincé sur un siège pendant près de 11 heures la nuit !! Oui, je bénis les syndicats  pour m'avoir fait comprendre en une nuit que nous vivons dans un monde SNCF, "Super Nourri et Confort Facile" programmé à l'heure des trains avec un confort dont nous ne mesurons plus très bien la qualité...

Je dois aussi vous confesser, cher lecteur, chère lectrice, que cet acte de bénir n'est pas tout à fait gratuit. En effet, Pierre Pradervand, humaniste, écrivain et homme de grande sagesse suisse, organisateur de stages dénommés "vivre autrement" dans les hauteurs alpestres, a écrit un magnifique texte sur l'art de bénir qui m'est revenu en mémoire. Je vous en livre le début  pour en goûter le sens :

" Au réveil, bénissez votre journée car elle déborde déjà d'une abondance de biens que vos bénédictions font apparaitre. Car bénir signifie reconnaitre le bien infini qui fait partie intégrante de la trame même de l'univers. Il n'attend qu'un signe de nous pour se manifester...."

Et la fin du texte est , de mon point de vue,  la grande leçon de sagesse proposée par Pierre Pradervand :

"Il est impossible de bénir et de juger en même temps. Et par dessus tout, n'oubliez pas de bénir cette personne merveilleuse, totalement  belle dans sa vraie nature, et si digne d'amour que vous êtes."

Ouf ! Bénir la SNCF et ses syndicats m'a donné une grande chance : ne plus les juger !

(1) texte intégral " le simple art de bénir" sur le site de Pierre Pradervand vivreautrement.org

 

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:31

Tout avait commencé presque ordinairement en ce 28 février 2018. Juste, un peu d'étonnement avec une légère giboulée de neige flottante en matinée qui allait disparaitre rapidement dans une ville méditerranéenne comme Montpellier. J'avais pris date ce jour d'un rendez vous avec un des grands spécialistes mondiaux des arbres, Francis Hallé. Par courtoisie, je l'appelle vers 9h pour envisager de reporter notre rendez vous concernant une visite des arbres fragilisés du parc de l'établissement dans lequel je travaille. Mais l'homme ( plus de 70 ans) habitué aux aventures aux quatre coins du monde -il revenait des forêts du Congo- me confirme qu'il viendra sans souci. A 10 heures , contre toute prévision, la neige continue de tomber drue et le parc de mon établissement ressemble à un domaine nordique du Québec , avec l'exception d'arbres méditerranéens comme les micocouliers recouverts de neige. Sous la neige, nous effectuons un parcours des arbres et Francis Hallé de préciser tranquillement : " La neige,ça ne gêne pas, pour les arbres". Compte tenu de routes enneigées dans Montpellier , il était venu ...à pied depuis chez lui. Chapeau bas !

Episode 2. La neige continue de tomber, ne fond pas et Montpellier pourrait devenir une nouvelle capitale nordique. La circulation se bloque partout dans une ville qui ne dispose pas de moyens spécifiques de déneigement comme une station alpine. Une vingtaine de personnes sont bloquées sur l'établissement et nous organisons, grâce aux chambres libres des internes sportifs pendant cette période de vacances scolaires, un accueil d'urgence pour nourrir et héberger ce petit monde. Au réfectoire, avec l'effet "euphorisant" de la neige inattendue, l'ambiance reste bon enfant et les jeunes sportifs auraient même envie de faire la fête. Et là, tout s'enchaine vite pour moi. Dans l'espace d'une heure, je réalise une première séance de coaching prévue car la personne, cadre est venue à pied sous la neige (signe positif de détermination). Dans la foulée, un appel SOS d'un couple ami qui arrive à la gare et qui m'annonce que tous les hôtels sont complets, que le tram ne fonctionne plus et que je propose d'héberger . De la Martinique, un appel inattendu d'une personne que je coache "à distance" pour lequel je n'avais plus de nouvelle et qui m'annonce qu'il "ressort" d'une hospitalisation de plus de 2 mois. Bref, une avalanche à gérer d'un coup. Pourtant, tout va rester fluide jusqu'au bout !

Fin de partie. Dans une ville recouverte de neige qui devient fondante, je vais chercher Christiane et Eric à la gare. Et nous effectuons une traversée de Montpellier, de la place de la Comédie en remontant vers le Peyrou jusqu'au quartier du stade Philippidès avec des visions insolites. Là, des jeunes "snippers" entament une bataille de boules de neige et nous épargnent gentillement. Un skieur en skis alpins déboule tracté par un véhicule, heureux de skier en pleine nuit. Plus loin, un groupe de jeunes qui tente de sortir un véhicule avec pneu crevé d'un bourbier neigeux. Petit coup de main au passage. Enfin, mes hôtes inattendus poussent un grand soupir de soulagement en arrivant dans une chambre chaude après avoir laissé, comme des trappeurs en Alaska, leurs traces dans la neige du parc pour arriver à la résidence.

Que retenir de cette journée blanche  ? Un sentiment de grande présence à l'instant et aux autres pour trouver les solutions les plus adaptées dans un contexte inattendu. Un rapprochement aussi avec quelques personnels un peu "abattus moralement" de devoir rester sur leur lieu de travail. L'humour est une belle arme pour relativiser une situation qui ne fait aucune victime. Bref, une journée qui me rappelle que la nature est première et que l'homme est un animal, certes douée de conscience, mais davantage pour s'y adapter que pour y combattre. Et puis, en franc comtois, la neige réveille en moi cet adolescent qui n'hésitait pas à skier seul dans une forêt immense de sapins et d'épicés du jura, la forêt de la Joux

...avec un grand père qui venait me rechercher en "2 chevaux" à une heure prévue avant que la nuit tombe. Et si cet enfant intérieur avait été réveillé de son sommeil d'adulte pas la neige inattendue au cœur d'une ville méditerranéenne ?

 

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 19:19

Ils sont une dizaine de gamins à s'amuser à côté des deux tremplins de saut à ski, vestiges olympiques. Ils sautent avec leurs skis de fond  sur une petite bosse naturelle perdue entre les sapins et se laissent tomber joyeusement dans la douceur de la neige poudreuse. 50 ans après les jeux olympiques  de 1968 à Grenoble, 50 ans que le petit village d'Autrans a accueilli les épreuves de ski de fond, de combiné nordique ( ski de fond et saut) et de saut. 50 ans pour passer d'un petit village perdu sur le beau plateau rural du Vercors à une station de ski reconnue pour la qualité de son domaine skiable notamment en ski de fond avec le plateau de Gève perché dans une belle et vaste  forêt d'épicéas. A l'occasion d'une balade en raquettes avec notre guide Frédéric, j'ai vraiment perçu comment les enfants d'Autrans baignent dans cet héritage olympique.

Certes, le matériel de ski de fond et l'équipement du fondeur ont énormément évolué. Depuis les chaussettes blanches qui remontaient jusqu'au genoux, nous sommes passés aux combinaisons collantes, imperméabilisés et aérodynamiques. Mais en regardant les portraits des champions de 68 remis au goût du jour sur les pistes, je m'aperçois que le regard du compétiteur attentif et concentré sur sa trajectoire et notamment dans la prise de virage reste bien le même. L'héritage transmis de génération en génération est celui de vivre 4 à 5 mois de l'année (novembre à février-mars) dans un manteau blanc, de se déplacer en ski dès le plus jeune âge et de trouver du plaisir dans le groupe qui va grandir ensemble. Ainsi, concernant le saut, s'ils s'amusent à 10 ans sur un petit sautoir de neige improvisé, certains irons plus tard jusqu'au sautoir de 70 mètres et pour la pépite du haut niveau ,  le sautoir mythique des 90 mètres. Au contact de cette jeunesse bouillonnante , l'héritage olympique se transmet par un vivre ensemble dans le goût de la neige, de la glisse, du pays. Je suis sensible à cette transmission très caractéristique de  ce milieu montagnard loin de nos zones urbaines. Mon père a été ouvreur de piste  de ski de fond en 1968 à Autrans, j'ai été étudiant dans les années 78 à Grenobel et découvert Autrans avec ses courses universitaires endiablées, et en 2018,  j'y suis retourné  avec mon fils. Le goût de ces paysages nordiques, du silence des sapins, du bruit très particulier des skis en skating ( pas de patineur) n'a pas de prix.

Transmettre un héritage, c'est aussi, de mon  point de vue,  transmettre une manière de goûter un environnement, de s'y adapter, et de se l'approprier dans le respect des lieux. L'olympisme des temps modernes mériterait de retrouver  ces racines : transmettre des valeurs incarnées au delà de victoires et de défaites qui font le lot des champions. Rendez vous dans 50 ans à PyeongChang (1) !

(1) ville de Corée du Sud, à l'Est de Séoul, qui accueille pour la première fois en 2018 les jeux olympiques d'hiver.

 
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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