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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 19:14

Bienveillant ou encore veiller au bien. Parmi les professionnels de santé et du social, cette attitude apparait normale. Leur fonction est bien de veiller pour les uns à la santé physique, psychologie des patients et pour les autres, aux conditions d'insertion sociale et professionnelle. En écoutant des témoignages d'éducateurs, d'enseignants ou encore de conseillers en orientation, je me rend compte que le niveau de stress face à des comportements agressifs, rebelles et même manipulateurs de certains de leur public les met en situation de tension et pour certains de  burn out ou, en bon français, d'épuisement professionnel. Or, bien souvent, leur témoignage démontre une grande conscience professionnelle, le souci de l'autre même si cet autre n'a aucune reconnaissance du bien qu'on lui donne.

Tous ces "bons samaritains" habités d'authenticité, de valeurs éthiques fortes ont peut être oublié ou mis entre parenthèse une attitude envers eux-mêmes : l'auto-bienveillance ou se donner du bon à soi-même.

Jusqu'où aller dans la bienveillance quand l'autre reste un mur ou de marbre ?

Jusqu'où accepter que la bienveillance ne rencontre pas d'écho de reconnaissance minimum ?

Jusqu'où accepter ou se conditionner à des horaires de "folie" au risque d'y laisser sa santé, et cela peut concerner des médecins ?

Jusqu'où accepter des comportements de déni, de provocation dans sa classe sans bouger ?

Bref, la liste risque d'être une belle litanie que l'actualité alimente en permanence.

Alors, j'invite simplement, dans l'esprit Kaizen (1), à ce que chacun et chacune se pose ces trois petites questions :

 

Première question : suis je vraiment bienveillant avec moi-même au quotidien, avec mon corps, mon mental et mon âme ?

 

Deuxième question : quand mes besoins fondamentaux de respect, de repos et récupération, sont bafoués par l'humiliation, la pression ou encore la menace, comment est ce que je réagis ?

 

Troisième question : est ce que je prends du temps chaque jour pour me donner du bon, me faire un petit plaisir, m'autocongratuler pour une réussite, goûter un moment de paix avec moi-même dans le silence de mon âme,... ?

 En effet, ce n'est pas la société, l'employeur, ni les amis ou encore la parenté qui peuvent nous donner de la bienveillance avec nous-mêmes. Il n'y a qu'une personne qui peut se poser la question, la méditer et y répondre : c'est vous !

 

(1) lire article KAIZEN ou la stratégie des petits pas.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 22:29

kaizen-copie-1.jpgQui n'a jamais souhaité améliorer sa vie et faire un bond dans un changement pour un corps plus svelte, une estime de soi plus forte ou encore pour se libérer  de complexes de toute sorte ? Les méthodes et outils les plus variés offerts par les stages de développement personnel ne manquent pas. Cependant, une petite voie ou peut être aussi une petite voix est à entendre au fond de soi : la voie du kaizen. Terme japonais, kaizen signifie "bon changement".

Retour sur les origines. 1945 : le japon vaincu à l'issue de la 2ème guerre mondiale capitule. Son industrie est au plus bas. Ces dirigeants, plutôt que de contraintre les ouvriers à redoubler d'effort ont eu l'intuition et la subtilité de proposer une manière différente de relever le défi. Question posée : " Quel petit pas pourrions nous faire pour améliorer notre production et notre productivité ?". Le résultat dépassa toutes les espérances puisque le Japon s'est non seulement relevé mais s'est affirmé, à la fin du XXème siècle, comme une des principales puissances économiques .

Adapté par le psychologue américain Robert Maurer (1) aux situations personnelles de ses patients, le kaizen, stratégie des petits pas, s'est révélé très efficace notamment pour désinhiber les peurs liées au changement. Explication de texte. Le changement est souvent source de peur ou du moins d'appréhension. Une restructuration dans une entreprise fait peur face à l'inconnu du lendemain comme un désir de changement personnel , s'il est associé à un défi trop grand, un pas trop important d'un coup. Car il peut aussi bloquer et même paralyser la personne. Si je vous donne comme directive de perdre 10 kilos en 15 jours, retrouver un travail en 3 semaines pour un demandeur d'emploi qui galère depuis plusieurs mois, ou encore si des parents se disent qu'ils doivent trouver une solution dans la semaine pour leur enfant qui devient de plus en plus difficile...il est fort probable que cela produise une tension, une crispation peu propice au changement lui-même ! La force du kaizen, c'est de courcircuiter le schéma classique du cerveau reptilien qui nous faire réagir à la peur par une réponse très instinctive du style " fuir ou combattre" pour ouvrir un espace plus sécurisant et poser un premier petit pas.

Exemple de petites questions kaizen :

- qu'est ce qui pourrait me permettre d'entamer un régime alimentaire dans la durée ?

- qui pourrait me soutenir dans cette période difficile de demandeur d'emploi en dehors des institutions ?

-quel petit changement pourrions nous imaginer dans notre comportement envers notre fils (fille) ? question pour des parents à bout relatif à un enfant dit "difficile".

Vous le voyez, des questions accessibles et qui ont le mérite de donner de la confiance.

Dans la stratégie en cascade proposée par Robert Maurer, les petites questions peuvent ensuite déclencher des petites actions et inciter des petites récompenses à se donner.

Exemple : plutôt que de vouloir reprendre une activité physique trop rapidement pour un retraité qui était sédentaire, choisir de commencer par 5 minutes de marche dans son quartier puis augmenter tout doucement pour arriver éventuellement aux 30 minutes d'activité physique recommandées à tous par l'organisation mondiale de la santé. Et surtout , se donner une petite récompense suite à la mise en application de l'action : par exemple, prendre un bon ravitaillement à l'issue de cet échauffement avec une gourmandise appréciée. En effet, le kaizen est à l'opposé de l'effort ascétique dur et invite à préserver le plaisir dans le changement. Avis aux amateurs !

Pour ma part, je constate que plus je l'utilise, plus il m'apporte des réponses simples et immédiates et plus j'ai envie de l'utiliser. C'est contagieux.

Question : quelle question pourriez vous vous posez, à l'issue de la lecture de cet article, pour en tirer le meilleur profit ?

 

(1) Robert Maurer : " Un petit pas peut changer votre vie : la voie du kaizen"

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:21

Pas une semaine sans que j'entende parler de méditation (1) dans des journaux, périodiques ou sur les ondes de radio ou de télévision. Cet été, la revue cerveau et psycho a consacré un dossier complet sur la méditation, la semaine dernière France Culture interviewait Christophe André, un médecin formé à la méditation et auteur d'ouvrages remarqués. Pourquoi un tel engouement des médias pour la méditation ?

Je propose ici quelques pistes qui méritent d'être confrontées à l'analyse de chacun. D'abord, cette percée médiatique dans notre monde occidental survient au coeur d'une société en crise et notamment frappée par une crise économique de grande ampleur. Beaucoup parmi nous se sentent déstabilisés si ce n'est touchés directement par le chômage, le burn out ou un stress à la limite du supportable. A quelle certitude pouvons nous nous raccrocher ? Reconnaissons que le discours politique ne rassure pas et même les experts économiques sur la sortie de crise ne donnent pas une visibilité unique et cohérente. Alors, quand la science vient valider, avec de nombreuses publications, l'efficacité de la méditation par rapport au stress, nous disposons là de quelque chose d'accessible, non sujet aux aléas des politiques sociales et économiques. La méditation représente aussi un retour sur soi-même, sur ses ressources intérieures qui ne dépend que de nous mêmes. Enfin, cette approche au confluent entre les religions ( la méditation est un élément important du boudhisme) et des pratiques de développement personnel intrigue, fascine ou en tout cas attire la curiosité. Comment, la méditation est même recommandée pour des patients atteints de troubles physiques et psychiques au sein d'unités hospitalières et proposée par des médecins formés à cette pratique ?

Dans un univers de consommation et de surtimulation avec internet, l'iphone et autres objets technologiques, la méditation apparait à contre courant. Elle ne nécessite aucun matériel spécifique, aucune technologie de pointe : elle peut se pratiquer sur une simple chaise, un banc ou encore un coussin. Et ils sont de plus en plus nombreux celles et ceux qui osent entreprendre cette remontée à contre courant...peut être pour se retrouver eux-mêmes !

 

(1) voir autres articles sur ce blog sur la méditation :

la méditation a changé ma vie; méditer pour descendre au fond de son océan; passer de l'agir au non agir; mindfulness ou la méditation de pleine conscience.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 04:43

 20 juillet 1969,  l'astronaute américain Neil Amstrong, qui vient de décéder, pose le premier pied humain sur la lune avec une formule devenue célèbre : " C'est un petit pas pour un homme mais un pas de géant pour l'humanité". Marcher sur la lune est l'accomplissement de toute une recherche scientifique menée par la Nasa américaine et rendue possible par le choix du gouvernement américain d'engager un budget énorme à la hauteur de ses ambitions face au bloc soviétique dans les années 60. Plus de quarante après, les expéditions sur la lune se sont arrêtées, le mur de Berlin est tombé,  et peut être sommes nous invités à "revenir sur terre", à regarder plus simplement notre marche sur terre.DSC03855.JPG

C'est l'acte physique le plus partagé dans le monde quelles que soient les cultures . Nous marchons pour aller à notre travail chaque jour, nous marchons pour aller prendre un bus, un tram ou un métro, nous marchons pour nos déplacements urbains. En vacances, il y a la petite marche pour se rendre à la plage ou pour d'autres, la marche randonnée en montagne ou même la marche plus longue sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle de plus en plus pratiquée. Et plus dramatiquement, des hommes des femmes et des enfants marchent pour fuir les lieux de combat et trouver des campements de réfugiés.

Remarquons au passage, dans notre société du XXIème siècle,  l'apparition de moyens de déplacements plus ou moins sophistiqués et coûteux :  trottinette électrique, vélo électrique, gyropode sur route et sur mer, kite surf, stand up paddle (1), ... Et si nous revenions aux vertus de la marche sans rien et sans bâtons (2).

Je ne parles pas de toutes les fois où je marche sans faire attention à ma marche. Je marche avec un ami dans la rue et je parle en marchant. Je marche avec les écouteurs branchés sur mon mp3. Je marche en pensant à mon prochain projet, dossier, truc ou machin. Je marche sans être là et en étant ailleurs. Je marche comme si cela allait de soi. Les personnes qui se retrouvent, après un accident, dans un fauteuil roulant mesurent plus que d'autres toute la valeur de l'acte de pouvoir marcher avec deux jambes.

Marcher avec conscience se pratique dans des ateliers d'art interne comme  le qi kong, le zen ou encore dans les stages de développement personnel. La consigne est souvent celle ci : " Rallentissez votre rythme, mettez votre conscience dans vos pieds et sentez". Et là, nous redécouvrons la dépose de notre talon sur le sol, la relance par la pointe du pied, notre manière plus ou moins souple de passer du talon à la pointe du pied. Il se passe  souvent une sensation nouvelle pour les pratiquants : le mental est débranché, nous sommes nos pieds, nous sentons vraiment le déplacement de chaque pied, le contact avec le sol et sa tonalité, parquet, sol plastifié, béton, herbe, gravier ou autre. Dans notre vie quotidienne, cette pratique de la marche consciente nous ouvre aussi  un chemin nouveau. Je marche et je suis là avec mon rythme, ma respiration, le contact avec le sol, j'habite l'instant. Tiens, et si je ralentissais mon pas. Et si je respirais plus amplement, plus tranquillement. Et si maintenant, je m'arrêtais pour observer...les arbres sur mon trajet que je n'avais jamais remarqués, cet écureuil agile qui saute de branche en branche.

Marcher avec conscience régulièrement, c'est un petit pas pour soi mais pratiquée par de plus en plus de personnes, ce pourrait être un grand pas pour l'humanité. En effet, marcher avec conscience, c'est se donner la possibilité naturelle de ne plus être suspendus au gré d'un mental qui s'emballe parfois et qui crée fossé, rupture, conflit entre les hommes. C'est apprendre à vivre davantage reliés entre terre et ciel et à goûter pas après pas cette sensation d'unifier notre corps, notre mental et notre âme.

 

(1) le stand up paddle est une planche sur laquelle le pratiquant est debout et se propulse sur l'eau ( mer, rivière ou lac) avec une seule rame.

 

(2) la marche avec bâtons fait référence à la marche nordique dont la pratique se développe notamment chez les séniors. Elle mobilise tous les muscles du corps, allège la pression sur les pieds et les articulations. Elle est bénéfique pour le maintien et le renforcement d'une condition physique générale.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 20:30

Plus d'une  heure que j'attends dans cette clinique en service urgence pour consulter un médecin et effectuer une radio. La salle d'attente est surchargée, je ne peux même pas m'asseoir et , en plein été, la chaleur est accablante pour tous. Enfin, mon numéro est appelé, je rencontre un médecin mais il me faudra encore une demi-heure d'attente pour réaliser la radio. Et en prime, une infirmière me laisse "poireauter" un bon quart d'heure dans la pièce fermée sans fenêtre, cloîtrée à demi obscure de la radiographie avant que la porte ne s'ouvre et laisse apparaitre le radiésthésiste. Ouf ! L'attente est finie. Cette expérience d'attente longue sans certitude du temps, chacun de nous en a vécu avec plus ou moins d'émotion négative allant de l'impatience, à l'irritation, et même parfois  à la colère quand les nerfs sont à bout. Pourtant, à y regarder de près, nous sommes concernés très fréquemment par l'attente et pas uniquement dans une salle d'attente d'hôpital.

L'attente de l'automobiliste à l'entrée de Paris quand le bouchon des arrivants se gonfle le matin, l'attente à la caisse d'un supermarché, l'attente sur le quai de gare, de tram ou de bus. L'attente d'un(e) ami(e) à un rendez vous donné sur un lieu précis. L'attente des résultats d'un examen, d'une réponse à une demande, ou encore l'attente d'un accord pour être aidé dans un projet...L'attente des parents dans la grossesse et l'accouchement d'un enfant. L'attente des personnes âgées isolées et quêtant la visite de l'aide à domicile...

Comment chacun vit-il ces diverses attentes ?

Moment perdu, temps gaspillé, stress pour certains qui veulent rentabiliser tous les moments de l'existence. Occasion de souffler, de sortir du rythme imposé pour d'autres. A quoi pense t'on dans ces moments d'attente ? A la manière dont nous pourrons rattraper ce temps perdu ? A des préoccupations ou ruminations professionnelles ou personnelles qui reviennent en boucle ? Ou encore , dans une salle d'attente, le réflexe conditionné sera de se jeter sur le premier magazine ou dans une fille de bouchon routier mettre la radio ...Et parfois "prendre son mal en patience"  et engager une conversation d'attente avec un voisin ou une voisine dans la même situation.

Et si ce temps d'attente était un temps béni pour nous inviter à nous recentrer sur l'instant présent ?

Tiens, je prends le temps de me poser sur ce siège de salle d'attente et de découvrir l'environnement, les couleurs, l'odeur... Là, dans cette queue de caisse de supermarché, je prends le temps d'observer les gestes de la caissière très affairée ou cet enfant qui joue avec un objet acheté par sa mère. Ou encore, dans ma voiture, je me recentre sur ma respiration pour la rendre plus ample, et retrouver un calme intérieur. Attendre devient alors une belle opportunité de nous confronter à nous mêmes, à notre capacité d'accueil de notre impatience, de notre vide ou vagabondage mental, et à trouver peut être une troisième voie pour la vivre pleinement comme un temps qui compte.

Florent Pagny, avec sa chanson "Savoir aimer", le déclame à sa façon :

Savoir attendre, goûter à ce plein bonheur qu'on vous donne comme par erreur.

Pour ma part, je garde le plein bonheur et j'élimine l'erreur. Attendre, c'est aussi ne pas vouloir tout maîtriser autour de soi et d'abord le temps. Attendre, c'est renoncer au mythe de l'homme autocontrôlant et entrer dans le rythme des saisons. Le temps de semer, le temps d'arroser et d'entretenir sa terre, le temps de l'hivernage et le temps du printemps, de la récolte.

Attendre , compte tenu du temps cumulé au fil de nos vies humaines, mérite d'être regardé comme un art.  Art de revenir au présent, à soi, art d'observation des autres, du lieu, art de maintenir son mental dans le renoncement  au "tout, tout de suite" pour l'orienter vers  l'écoute de soi, de ce que je peux me dire à ce moment là sans précipitation, ni regard extérieur.

Attendre, c'est une belle occasion de parler de soi à soi !

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 13:37

Pourquoi les arbres nous font-ils tant de bien ?

 

En cette période estivale où l'arbre est déjà synonyme d'ombrage solaire, de recherche de fraîcheur par temps de canicule, je m'interroge sur la valeur psychologique des arbres dans leur immense diversité et dont la plupart vivent bien au delà de la durée moyenne d'une vie humaine (1). J'ai eu la belle occasion de rencontrer récemment Francis HALLE, spécialiste reconnu mondialement en matière de botanique des arbres. Et j'emprunte volontiers le titre de cet article à un chapitre de son dernier livre (2).

 Certes, l'arbre en tant que plante répond déjà à quatre fonctions pour l'être humain : servir à la consommation notamment avec toutes les catégories de fruits continentaux ou exotiques, contribuer à la composition d'un médicament, contribuer à la fabrication des matières premières comme le papier ou encore servir de bel ornement autour des lieux de vie et des habitations. Mais Francis HALLE nous montre que l'arbre répond à des besoins encore plus subtiles.

Une enquête menée à Chicago, ville réputée (hélas) pour le taux de sa criminalité, a démontré que les habitants des quartiers difficiles qui avaient la chance de voir un ou des arbres devant leurs fenêtres (et non pas seulement du béton) avaient des relations plus calmes avec leurs enfants et leurs voisins. La raison : l'arbre apaise l'esprit agité et le fait de pouvoir laisser reposer son regard sur un feuillage réduit la fatigue mentale et augmente la faculté d'attention. Et les zones urbaines dans cette ville à plus forte densité d'arbres sont les zones dans lesquelles le taux d'agressions est le plus faible ! Explication : les arbres stimulent la rencontre en dehors des appartements et les gens dehors peuvent davantage surveiller l'environnement et notamment les enfants moins livrés à eux-mêmes. Intéressant de constater cet effet "arbothérapeutique" en cascade car la présence d'arbres modifie le style de vie dans ces quartiers.

En dehors de ce cas spécifique, je constate pour ma part que l'arbre et la forêt sont des espaces de ressourcement essentiels autour des villes. A Londres, les anglais vont régulièrement dans les grands parcs londoniens ( Hyde park, Green park...) à la pause méridienne et profiter de la pelouse pour se détendre en sortant du travail. L'été, sur le littoral méditteranéen, la recherche de pinède composée de pins parasols est très recherchée par les touristes près des étangs pour trouver un peu de fraîcheur par temps de canicule. Quant aux pratiquants de gymnastique chinoise de bien être comme le  tai chi chuan ou encore le qi gong, ils aiment pratiquer en plein air ( quand c'est possible) et souvent à proximité d'arbres, comme si l'énergie de l'arbre les attirait naturellement...

L'arbre reste en tout temps un formidable être vivant offert au symbolisme. Pensons aux arbres de décision, à l'arbre avec ses branches et ses sous branches  pour dessiner une carte heuristique, ou encore à l'arbre droit en gymnastique... micocoulier-4.jpg

En psychologie positive, je vous propose  trois dimensions de l'arbre pour nous aider à repérer notre croissance intérieure  :

 

Les racines qui incarnent nos valeurs "racine", celles qui nous font tenir debout au delà des épreuves de la vie.

 

Le tronc qui garde la trace de notre vécu depuis la naissance protège notre âme. Ce tronc, c'est notre cuirasse de "ressources" capable de nous stimuler pour trouver des solutions, sortir d'une impasse ou encore faire face à une adversité.

 

Le feuillage et ses fruits constitue notre fécondité sur terre, ce que nous produisons non seulement en tant que faire ou en tant qu'activité mais aussi en tant qu'être humain doué de sensibilité, d'empathie avec son environnement ou encore de créativité. 

Dessiner son arbre, c'est assurément descendre au plus profond de son humanité pour se la révéler.

 

(1) des pins de la californie ont plus de 5000 ans et l'arbre le plus âgé, le Lomatia  situé en Tasmanie  aurait plus de 43 000 ans, donc né à l'époque de l'homme de Neanderthal !

 

(2) " Du bon usage des arbres : un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques", Actes Sud; 2011.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 06:22

" Méditer, c'est aller au fond de l'océan où tout n'est que calme et tranquille. Une multitude de vagues a beau agiter la surface de l'océan, ses profondeurs n'en sont pas affectées pour autant, elles demeurent dans le silence. Tous nos tourments quotidiens s'évanouissent d'eux mêmes. Une paix  s'intalle en nous" . Sri Chinnoy

L'été qui brûle avec sa chaleur est bien une invitation à stopper nos affaires courantes pour nous mettre au repos. L'occasion de revisiter  la méditation, pratique émergente dans notre monde , à l'image d'une plongée sous marine dont j'ai fait l'expérience récemment.

Sur le bateau de plongée, tous vos sens sont en alerte. Le regard est attiré par le bleu de la mer, les oreilles sont baignées par le bruit du bateau et le vent marin. Le mental se prépare à effectuer une plongée surtout quand il s'agit d'une initiation comme ce fut mon cas.

Avant d'entrer en méditation, nous sommes ballotés par tout ce qui se présente autour de nous. Notre cerveau très alerte peut passer d'un souvenir de vacances sur un bord de plage à une préoccupation sociale ou familiale en un quart de secondes ou encore à ce qui est programmé de faire dans notre journée. Parfois, la houle cérébrale est si forte que des allers retours incessants se heurtent comme les vagues se brisent sur les rochers.

Plongée. Tout notre corps descend progressivement dans l'eau marine. Les sons terrestres disparaissent. La respiration, par le détendeur relié à la bouteille d'air, est exclusivement par la bouche et elle est la plus présente en sonorité. Je m'entends inspirer et surtout expirer. C'est rassurant dans un milieu aquatique où la communication humaine ne peut se faire que par signe visuel. L'index et le pouce joints en forme de cercle signifient : "Ok, tout va bien".

Plonger en méditation, c'est aussi revenir à soi, à sa propre respiration, ce soufle de vie. Reprendre conscience de son inspire et de son expire. Ce simple mouvement intérieur nous coupe déjà d'une part de l'agitation incessante du cerveau pensant. Comme le plongeur, ce premier palier nous relie plus intimement à nous mêmes.

Le fond marin est atteint. Beauté des coreaux , d'une daurade qui passe son chemin, d'une étoile de mer reposant sur le sable et de failles dont l'obscurité intrigue. Le monde du silence a arrêté nos montres. Le temps au fond n'est plus un temps chronologique. L'hypervigilance du plongeur dans son exploration lui commande de rester toujours en alerte. Alerte sur sa consommation d'air, alerte sur la proximité de ses coéquipiers surtout en eau trouble, alerte pour gérer sa flottabilité au fond lestée par des plombs et éviter l'erreur du débutant, une remontée trop rapide.

Au fond de la méditation, il existe un espace dans lequel le temps n'a plus prise. Les pensées de surface se contentent de passer comme les poissons autour du plongeur. Le méditant est simplement là , assis sur une chaise, un banc , à genoux ou encore en position de lotus. Quelle que soit sa position physique, il est en accueil de ce qui se présente à lui. Et si une étoile de mer radieuse se présente à son observation, comme le plongeur, il se contentera de l'observer, de la laisser vivre dans son milieu naturel. Détachement et présence.

Retour à la surface pour le plongeur. La remontée avec une charge de près de 20 kilos sur le dos, gilet stabilisateur et bouteille d'air n'est pas très aisée par l'échelle de plongée à l'arrière du bateau. Ouf ! Tout le matériel est retiré. J'en ressent un profond sentiment de libération. Les plongeurs remontent l'un après l'autre. Le ciel méditteranéen est au zénith, bleu sous un soleil réchauffant. Cet air marin recharge l'esprit encore plein d'émotions indicibles révélées par les profondeurs de la mer.

La méditation se termine. Le méditant reprend pied dans son environnement, le contact avec la pièce dans lequel il se trouve. Est il plus léger, plus lourd de cette exploration intérieure ? Toutes les situations sont observables. Mais quelque chose d'infime a pu bouger. Cet air autour de lui, cette ambiance autour de ses pensées, il y a un zeste de quelque chose de nouveau. Comme le plongeur qui a goûté ce plaisir unique au fond de l'océan, le méditant aspire à retrouver cette profondeur avec lui même.

Et si finalement méditer , c'était explorer nos fonds marins pour mieux nous connaitre, pour mieux nous retrouver. L'exploration peut nous faire découvrir des fonds troubles, des épaves comme de belles étoiles de mer.

 

Articles sur ce blog pour aller plus loin :

Mindfulness ou la méditation de pleine conscience

passer de l'agir au non agir


 


 

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 21:58

Première moisson de médailles pour la France au début de ces 30 èmes jeux olympiques à Londres. Un visage émerge, celui d'une jeune fille de 25 ans, Céline Goberville toute surprise d'avoir atteint la deuxième place de sa spécialité et récompensée par une médaille d'argent pour sa première participation aux jeux olympiques. Ce qui a attiré mon attention, c'est la manière très "self control" avec laquelle cette jeune sportive de talent a fait face à son premier direct sur un plateau de télévision.

photo_Cecile-Oberville.jpg

Gracieuse, un léger sourire sur les lèvres sans exagération, le regard  clair et concentré, Céline Goberville donnait l'impression de faire ce plateau de télévision comme une vieille habituée. Quelle est donc sa recette ? Je vais poser une simple hypothèse à partir des éléments de l'interview.

D'abord , elle pratique le pistolet depuis l'âge de 9 ans coachée par son père, ancien tireur de haut niveau et entraineur de niveau national. Ce sport exige trois qualités essentielles : la recherche du calme intérieur,  la concentration mentale et une parfaite coordination entre le geste de tension du bras armé du pistolet, de la respiration en apnée au moment du tir et la vision de la cible. A la question du journaliste "quelle est la qualité essentielle qui vous a aidée dans ce sport pour réussir ?", sans hésitation et de manière très convaincue, Céline Goberville a répondu : " La gestion des émotions". De mon point de vue, elle donnait la clé de lecture quant à sa communication déjà très professionnelle dans un direct de télévision qui génère souvent un certain stress ou un stress certain surtout quand il s'agit d'une première fois. Cette championne a démontré sa capacité à la fois à exprimer de manière posée ses émotions, sa surprise de sa deuxième place, sa fierté pour elle, sa famille et sa discipline, et l'envie de faire partager sa joie ni excessive, ni retenue. Pour ma part, j'ai été très admiratif de cette posture toute en modération si tranchée par rapport à d'autres sportifs qui s'expriment parfois de manière hâchée sur un coup d'émotion ou avec des formules toutes préparées pour ne pas se laisser piégés par les journalistes.

Céline Oberville, pistolière comme elle se nomme elle-même dans l'interview, a fait une démonstration d'une intelligence émotionnelle dont beaucoup de sportifs de haut niveau pourraient s'inspirer.

Rappelons que ce concept mis en valeur par le psychologue américain Daniel Goleman (1) prend en considération en particulier les capacités suivantes :

- la connaissance de soi et le pouvoir de nommer ses émotions sans jugement et sans refoulement ( les nommer pour soi, c'est prendre distance avec elles)

- la capacité de les exprimer à autrui sans se laisser envahir par elles ( comme la colère) et dans le respect humain.

- la capacité d'être en empathie avec celles de nos interlocuteurs ( entendre la peur sans prendre peur pour autant !)

- la capacité à contrôler des émotions excessives pour rester dans un self control et maintenir la relation humaine.

Bravo à cette championne qui a fait la preuve en quelques minutes d'un potentiel en intelligence émotionnelle, atout majeur  pour un sportif de haut niveau soumis à des pressions fortes et constantes et plus largement dans la gestion de sa vie personnelle et professionnelle.

Question subsidaire : cette intelligence émotionnelle est-elle l'héritage d'une éducation familiale ? Tous les pronostics sont ouverts quand on sait que le père est le coach direct et durable de sa fille qui éprouve un très grand respect et estime à son égard.

 

(1) auteur du best seller "L'intelligence émotionnelle, accepter ses émotions pour développer une intelligence nouvelle ", collection j'ai lu.



 

 

 

 

 

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 22:23

"Un peu moins de bruit pour s'entendre beaucoup mieux", c'est le slogan qui apparait depuis le début de l'été sur certains panneaux publicitaires de la ville de Montpellier illustré par un homme qui semble être un mime et un clown à la fois.

Si ce slogan invite, avec une dose d'humour, chaque voisin à baisser d'un niveau le volume de sa chaîne hifi, de sa télévision ou encore de son instrument de musique pour éviter les querelles de voisinage surtout après l'heure fatidique des 22 heures, il m'interroge aussi sur la valeur sociale du silence.

Il y a celles et ceux qui recherchent le bruit, le bruit dans les discothèques, les concerts, le bruit pour vibrer, déchirer, se laisser hâpés tout entier par les ondes musicales. Il y a celles et ceux qui recherchent le silence d'une église  ou encore d'un monastère retiré pour tenter de se retrouver soi. Et puis, il y a aussi celles et ceux vieux et jeunes qui souffrent de la solitude et qui recherchent le son d'une voix y compris par le canal de la télévision pour sortir d'un silence avec soi-même.

Silence de mort dans certains lieux professionnels aseptisés où chacun est retranché dans son bureau, silence, on tourne sur les lieux de tournage de films. Silence oppressant à l'issue d'un examen oral où le candidat attend le moindre signe d'approbation d'un jury qui se veut impartial donc froid et limitant le moindre geste verbal et non verbal.

Et puis, il existe des silences qui expriment la vie. Silence entre deux amoureux qui se rencontrent et se comprennent hors des mots. Silence d'une communauté monastique après une lithurgie où chacun se recueille dans l'église encore résonnante de leurs chants et psalmodies.

Silence que l'on convoque quand la nature évoque cet infini à travers un coucher de soleil sur la mer, un lever d'aurore sur la montagne encore embrumée, silence de contemplation qui remplit l'âme.

Aujourd'hui harcelés par une société de consommation, nous pouvons basculer entre le bruit ambiant des grandes surfaces et le désir de nous retirer pour retrouver ce silence, ce silence qui peut aussi appeler le silence intérieur, celui de l'âme.

Et si, dans ce silence là, c'est moi même que j'apprenais à mieux entendre !

Anselm Grûn, moine bénédictin allemand très reconnu par ses nombreux ouvrages (1) cherchant à relier le spirituel et le psychologique, nous ouvre une porte sur ce chemin :

"La spiritualité, c’est avoir un cœur large. En nous, il y a toutes les émotions et toutes les passions mais il y a aussi un lieu de calme, de silence, qu’il faut arriver à atteindre. Dans ce lieu, , je suis libre des jugements des autres, de leurs attentes, Aucune blessure ne peut m’atteindre, je suis sain, entier, et c’est dans ce lieu que se trouve mon moi authentique."

Et si l'été et le temps de vacances nous permettait de rechercher avec détermination ce lieu de silence, pas forcément au bout d'un chemin montagneux, au milieu de l'océan, ni même dans le silence d'un lieu spirituel, mais plus profondément en soi ?

 

(1) Anselm Grûn, Apprendre à faire silence; collection DDB

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:51

Socrate questionne Alexandre :

- Se sentir tributaire des autres ne te rend-il pas amer ?

- Je pense, au contraire, qu'il s'agit d'une richesse.....Mon incapacité à atteindre une parfaite autonomie me montre quotidiennement la grandeur de l'homme. Au coeur de ma faiblesse, je peux donc apprécier le cadeau de la présence de l'autre et à mon tour, j'essaie avec mes moyens de leur offrir mon humble et fragile présence.

Alexandre Jollien,  devenu écrivain et philosophe a connu un parcours humain étonnant. Il passe près de 17 ans dans une institution spécialisée en Suisse en tant qu' infirme moteur cérébral, et est promis à intégrer un atelier protégé pour fabriquer  des boîtes à cigares. Mais une heureuse découverte change son destin.  Il se découvre une passion pour la philosophie et entreprend des études dans un milieu dit normal. Il se lie d'amitié avec le philosophe grec Socrate, un peu plus vieux que lui !

A travers son premier livre "Eloge de la faiblesse"(1), Alexandre Jollien nous questionne avec Socrate sur le sens de la faiblesse et le périmètre de la normalité . Un dialogue à la saveur rafraichissante pour l'âme humaine,  jouant entre le vécu de sa vie en institution, le questionnnement socratique et des intuitions lumineuses.

A mon tour, je vais questionner Alexandre :

- Comment expliques tu, Alexandre, avoir pu échapper à ce qui était prévu pour toi après le passage en institution ?J'imagine que tes éducateurs ont du être supris quand tu as réussis des études de philosophie.

- En fin de compte, plaçé dans un contexte stimulant, je vis mes capacités se développer rapidement. Et puis, la philosophie-en tant que lutte contre les clichés, les poncifs- m'a beaucoup aidé à opposer la raison à tout ce fardeau de préjugés et de sentiments négatifs, à lutter contre l'irrationnel, la peur, la cruauté. (2)

Le témoignage d'Alexandre sur la faiblesse est éloquent. Quand il évoque, au sein de l'institution, son camarade Jérôme paralysé au fond de son lit ne sachant à peine parler qui lui dit : "Caa bva ?". Jérôme représente pour Alexandre la manière dont " le soi disant faible", non productif pour la société peut se révéler une vraie force de soutien pour d'autres.

A la fin de ce dialogue socratique dans lequel les questions sont aussi importantes que les réponses, Socrate demande à Alexandre sa définition de l'anormalité : "L'anormal est peut-être ce qui s'écarte de ce que l'on considère comme une conduite acceptable, répond Alexandre."

Socrate en vient à lui montrer que des comportements en institution n'ont rien d'anormal mais que sortis de ce contexte, ils peuvent paraitre dérangeants. La frontière entre normalité et anormalité bouge en fonction de l'endroit où je me place. Dans une société survalorisant la réussite, la compétition, le défi et celles et ceux qui, soit disant, réussissent, il est certain que le faible, la personne handicapée peut être perçue dans le hors norme, l'anormal. Cependant  pour Alexandre, à travers son parcours dans  lequel " les faibles" de l'institution l'ont aidé, comme il dit, à apprendre le dur "métier d'homme", le regard est tout autre.

Et laissons la dernière question à Socrate : "la faiblesse assumée peut-elle devenir féconde ?"

En tout cas, Alexandre, philosophe auteur de plusieurs ouvrages remarqués, est une réponse en lui-même.

 

(1) Eloge de la faiblesse, 1999. Collection Marabout.

(2) extrait de réponses données par Alexandre Jollien dans son ouvrage.

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  • : Le blog de Michel BERNARD
  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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