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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 09:26

- Oui, 20 ans après le sommet de Rio sur le développement durable, ce sommet de la Terre m'a déçu. Beaucoup d'Etats ont simplement confirmé des engagements antérieurs.

- Rio, pendant 3 jours ( du 20 au 22 juin 2012), ça a été le grand supermarché des grandes entreprises. Elles ont toutes voulu montrer leur étiquette d'économie verte. En fait, c'était surtout du marketing !

- En 1992, le concept de développement durable faisait rêver à un autre monde. Aujourd'hui, je me rends compte qu'il ne fait plus rêver.

- Finalement, le texte adopté par les Etats a été validé avant le sommet pour s'assurer d'un plus petit dénominateur commun et éviter que l'on colle l'étiquette d'échec à ce sommet suite à celui de Copenhague.

Chaque intervenant de cette table ronde organisée à Montpellier, capitale mondiale de la biodiversité, répondait ainsi à la première question de l'animateur : " Quelle impression personnelle avez vous  suite à votre participation au sommet de Rio en juin dernier ?".

Intervenants tous spécialistes reconnus et à la parole mesurée : un responsable délégué d'un centre de recherche agronomique, un chercheur spécialiste en bilan carbone, un adjoint à la cité de Montpellier délégué sur ces questions, et un consultant en agriculture biologique.

Puis, le débat s'est ouvert avec la salle très attentive et même passionnée sur ces questions engageantes pour l'avenir de notre planète et même de la race humaine.

Et des lueurs d'espoir ont jailli du débat. Le mot clé repris par plusieurs intervenants était de revenir sur " le verre à moitié plein ou à moitié vide". Or, nous étions en fait partis du verre plutôt à moitié vide, vide par la déception, la désillusion, la frustration par rapport à des attentes . Alors, en regardant l'autre partie du verre, le verre à moitié plein,  voici un petit échantillon de gouttes d'eau recueillies :

- On constate aujourd'hui autour des actions concrètes de développement durable , de protection de l'environnement, de solidarité, que ce sont les collectivités locales et la société civile qui bougent le plus. De nombreuses initiatives fleurissent comme l'idée d'une monnaie de troc locale pour éviter les spéculations des systèmes financiers.

- Ce sommet m'a permis d'établir des contacts avec des partenaires d'autres villes susceptibles de créer un réseau d'échanges de pratiques.

- Le Brésil, pays organisateur est apparu  en pointe sur les questions environnementales, notamment sur les limites posées à la déforestation. Un pays qui veut s'affirmer sur la scène internationale avec l'accueil en 2014 de la coupe du monde de football et en 2016 des jeux olympiques. Nous mesurons ainsi que la France est un petit pays dans un monde où les puissances émergeantes bousculent le jeu.

 

Et , après plus de deux heures riches de débat qui auraient pu se prolonger toute la nuit, je suis revenu, non pas déçu mais nourri par ce passage de la déception initiale exprimée par les intervenants aux lueurs d'Espérance. Aussi, une leçon me semble intéressante à tirer de ce processus de débat. Il était sans doute nécessaire sur un plan émotionnel que chacun vide son sac avec authenticité pour ensuite permettre au débat de trouver  un chemin parfois tortueux pour voir les lumières qui s'allument aux quatres coins du monde. En effet, souvent hors des projecteurs médiatiques, des organisations non gouvernementales, des villes ( émissives des 4/5 des gaz à effet de serre), des associations ou encore des pionniers sur tous les continents , hommes et femmes qui croient à un monde plus juste, solidaire soucieux de la préservation des ressources de la terre, agissent tous les jours pour  les futures générations. Celles ci  auront sans doute à pratiquer davantage que nous...la sobriété dans l'usage des biens.

Et si nous ajoutions nos gouttes d'eau pour continuer à remplir le verre.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 07:17

Attaqué par jeu ou par ruse par deux pies qui veulent le débusquer, le petit écureuil vole de branche en branche pour leur échapper. A plus de dix mètres de haut, le spectacle qui s'offre est fascinant. L'écureuil ne semble pas en difficulté : il trouve à chaque fois une branche pour s'y aggripper, dévale le tronc , la tête à 180 degrés vers le bas puis s'élance et rebondit sur une branche. Ce qui m'épate le plus, c'est quand je vois l'écureuil oser aller jusqu'au bout d'une branche qui plie à la limite de la rupture et notre expert en rebond peut même utiliser habilement cette tension pour saisir une nouvelle branche. Osons une métaphore avec nos existences de terriens, même si l'agilité experte de l'écureuil nous dépasse.

Si j'avais à m'inspirer de l'écureuil dans une stratégie au milieu des hommes, je retiens déjà l'importance de réagir vite comme il le fait avec les pies. Dès que l'une s'approche trop près, il prend la fuite. Vous pourriez objecter que la fuite n'est pas très courageux et que les forts préféront l'affrontement, le combat et les plus malins, la négociation du territoire. Dans mon interprétation, je vois plutôt un jeu de l'écureuil narguant les deux pies : vous pourrez toujours chercher à me faire partir, je suis plus rapide, je vous échapperez quoi qu'il en soit. C'est bien là la force de l'écureuil, il montre par l'action cette certitude tranquille qu'il reste le maitre sur le territoire de l'arbre. A nous de trouver, dans nos territoires, le mouvement qui va nous protéger et nous donner une tranquille assurance.

L'écureuil prend tous les angles de progression : il grimpe, il longe une branche, il descend à 180 degrés et il progresse sur des branches souples qui bougent. Et si nous jouions de cette formidable capacité de progression. Une fois, il s'agit de persévérer vers un sommet, un objectif avec détermination, une autre fois d'avancer prudemment sur une direction et parfois, il s'agira de faire machine arrière et de descendre de nos certitudes à toute vitesse ! L'écureuil nous invite ainsi à changer  notre angle de vue. Et si demain, je choisissais de me mettre tête en bas pour observer mon organisation ! Autrement dit, si je regardais plutôt les belles composantes, les talents, les solidarités réelles, les forces de vie plutôt que ce qui fait dysfonctionnement, freine ou paralyse la progression de l'ensemble.

Enfin, dernière leçon de stratégie, l'écureuil ose aller au bout d'une branche qui plie sans se rompre. Et si nous osions aller au bout de nos rêves, de nos projets même si nous pouvons ressentir la fragilité de notre support de progression.

La stratégie de l'écureuil incarne cette aptitude à rebondir en toute circonstance et cette capacité à avancer dans toute direction. Une petite branche est parfois suffisante !

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 04:54

Un jeune homme blond à la coiffure rasta est installé, assis sur le sol, l'air paisible au pied d'un arbre au coeur de la belle cité de Montpellier . Au dessus de lui, levant les yeux sur le grand platane, j'aperçoit une installation sommaire de plancher  de bois sur plusieurs niveaux  . Une maison dans les arbres ! Sans toit, sans murs, et manifestement très sobre, je devine un sac de couchage et quelques unstensibles. Ma curiosité naturelle me pousse à ouvrir le dialogue.

- Vous dormez dans l'arbre la nuit ?

- Oui, nous nous sommes installés là, me répond de manière posée le jeune homme, bientôt rejoint par une jeune fille, manifestement sa compagne.

- Vous gérez un parcours acrobatique dans les arbres ?

- Non, on est là pour faire la révolution intérieure, pour changer le monde et montrer qu'on peut vivre comme çà.

- Ah, bon. Vous faites sans doute partie d'un mouvement ?

- Non, nous ne voulons appartenir à aucun mouvement même si nous en connaissons.

Un homme plus âgé le rejoint et m'explique qu'il est voisin et qu'il ne peut plus dormir chez lui le soir car il fait trop chaud et qu'il rejoint ce jeune couple pour occuper l'espace public.

Ma curiosité est vraiment aiguisée : ce jeune homme n'est pas un sans domicile fixe, n'est pas apparenté à un mouvement, ne se réclame d'aucune cause politique !

- Et comment faites vous pour vivre ?

- Vous savez, quand on fait les marchés et les poubelles, on trouve toujours quelque chose à manger. Il y a tellement de gaspillage. Et ici, à part manger, nous n'avons besoin de rien d'autre.

Et l'homme, plus âgé, de donner sa version de leur expérience :

- Ils ne veulent pas qu'on leur donne une étiquette. Ce ne sont pas non plus des indignés. Moi, je les appelle les chats perchés.

Enfin, je les quitte en leur souhaitant "bonne continuation" dans leur expérience d'occupation de l'espace public, dans la sobriété, la non violence et sans étiquette idéologique.

 

Que dire de cette expérience ?

Elle me scotche car elle est vraiment hors de nos schémas de pensée habituelle.  Et si cette manière de vivre était une façon de rechercher une forme de liberté dans une société  contrainte par la compétivité et l'individualisme. Nous ne sommes plus dans un mouvement hippie des années 60 avec "peace and love" et je serais tenté de donner un nom, une étiquette à cette expérience singulière et isolée. Or, ce qui me vient, c'est encore une question : cette expérience de s'affranchir des contraintes  sociales ( pas de taxe d'habitation, pas de contrat de travail..) tout en occupant un domaine public ( avec une tolérance de l'autorité publique) est-elle vraiment durable ?

Demain, verrons nous au coeur de nos ville, des nouveaux habitants dans les arbres, des chats perchés sans étiquette ? En tout cas, si j'ai entendu un désir de ces "chats perchés", c'est que leur expérience incite d'autres à faire de même.  Utopie naîve ou anticipation d'un monde qui va revenir vers une forme de sobriété à contre courant de la société de consommation ?

Bref encore une question ! Je reconnais  que ces jeunes m'ont touché avec leur manière soft, non agressive et tranquille et m'ont remis sur la voie du questionnement ouvert des modes de vie sociale et contrastés dans notre XXIème siècle.

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 22:39

"40 euros pour aller à Tunis, c'est pas cher !" ...."Et vous êtes 4 !", notre homme tunisien et chauffeur de taxi jaune ne nous lâche pas d'une semelle. Un autre arrive, marchande aussi : " Je suis le moins cher, vous ne serez pas déçus ! Allez ,montez et vous aller découvrir Tunis !". Nous venions à peine de sortir du bateau croisière sur le quai de la Goulette, port commercial à 25 kilomètres de Tunis, que nous nous sommes retrouvés assiégés par une armada de chauffeurs de taxis jaunes.

En fait, avec un couple québéçois, et mon épouse, nous étions résolus à être autonomes et à prendre le train réputé moins cher. Nous ne savions pas encore le combat qui nous attendait .

Arrivés à la petite gare à un kilomètre du port, le guichetier nous indique qu'il ne prend pas l'euro . Etonnant alors que nos chauffeurs de taxi étaient tout à fait prêts à l'accepter. On nous invite gentillemment à faire le change en dinar tunisien. Or les banques dans ce petit bled sont encore loin, nous dit-on et pas encore ouvertes. Nous ne nous décourageons pas et arpentons les 500 mètres jusqu'à la prochaine banque, toujours suivis de près par une escorte jaune non sollicitée. Surprise, l'homme au guichet refuse de faire le change ! Il nous indique une autre banque voisine. Là, l'homme du guichet nous dit qu'il n'a pas encore le cours de la journée...alors que nous sommes en train de découvrir le panneau dans le hall d'accueil ! Bizarre, bizarre, comme c'est bizarre. Nous retournons à une troisième banque, même scénario, le change n'est pas possible mais l'homme qui ressent notre pression montante nous indique finalement la banque postale. Et là, miracle, après avoir patiemment fait la queue, nous recevons nos précieux dinars en demandant un reçu. C'est seulement à ce moment que nous découvrons que notre escorte jaune s'est volatilisée. Le train nous emmena en 20 minutes au coeur de Tunis pour l'équivalent...d'un euro par personne.

Je connaissais la mafia italienne mais je n'avais pas connaissance de cette forme de mafia tunisienne dans laquelle les guichetiers des banques font tout pour dissuader les "riches" européens de changer de l'argent et tout pour qu'ils s'en remettent à leurs complices chauffeurs de taxi. Peut être que l'image peut vous paraitre un tantinet excessive car personne n'est mort et personne n'a été volé ( sauf peut être tous ces millions de touristes qui prennent le taxi sans marchander). Cependant quelle image de la Tunisie contrastante avec celle d'un peuple qui avait réussi un an plus tôt la première révolution africaine sans violence obligeant le président dicdateur Ben Ali à quitter le pays précipitamment. Nous sommes loin dans cette pratique de la révolution du Jasmin.

Epilogue. Heureusement, au cours de notre découverte de la Médina, le grand bazar ou souk de Tunis, nous avons eu la chance de rencontrer un guide non arnaqueur qui nous fit découvrir la ville et son histoire en nous offrant un thé vert aromatisé de menthe et de citron, à l'ombre d'un café bien tunisien. Un moment très agréable et convivial après la course avec harcèlement du matin.

Moralité liée à la psychologie positive : éviter de se laisser enfermer par la première image d'un pays et prendre le temps d'en voir d'autres facettes. Après le Jasmin et sa révolution, je garde en mémoire sensorielle le goût de ce thé vert à l'ombre d'un café tunisien au coeur de la Médina avec cet ancien policier en reconversion.

Si vous posez demain le pied sur le port de la Goulette, vous savez ce qui vous attend et vous avez le choix : le taxi jaune ou le train en passant par la banque postale. La liberté de choix est un bien précieux qui ne se brade pas.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 22:15

Dans l'immense océan de la blogosphère et des sites internet, une fois n'est pas coutume, je vous annonce un nouveau lien de mon blog dénommé : "une psychologue positiviste".

Site souriant, rafraichissant et pétillant crée par une jeune femme de la méditteranée, psychologue et que j'ai eu l'occasion de rencontrer récemment sur Montpellier. Elle incarne, jusqu'au bout du sourire bienveillant, la psychologie positive vivante.

 

Souriez à la vie et la vie vous sourira !

 dai lama

Le Dai-lama et son sourire

 

Beau slogan à la veille de l'intronisation

d'un nouveau président de la République en France.

Ce slogan nous vient de la très charismatique Soeur Emmanuelle , celle qui est partie en retraite à 60 ans au milieu des chiffonniers du Caire.

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 04:58

BONJOUR est un des mots les plus exprimés chaque jour sur notre planète terre et se décline  dans toutes les langues. Si le mot est souvent le même avec la variante française "salut" entre potes, le geste physique d'accompagnement donne lieu à des variantes parfois subtiles.

 Dans la plupart des contextes professionnels, c'est la poignée de main plus ou moins ferme ou virile qui est d'usage. Dans certaines entreprises , la bise sur la joue entre hommes et femmes peut être d'usage. Au sein de cercles familliaux entre frères, cousins, et oncles,  il y a même la bise entre hommes sans que cela prête à une interprétation particulière. Certains jeunes claqueront la main ou le poing entre eux. Bref , il n'y a pas de code gestuel unique. D'ailleurs, concernant le bonjour homme-femme dans des cercles d'intimité amicaux et familiaux, le nombre de bises peut varier de un à quatre ! Attention à bien compter...

Et il m'est arrivé souvent ce temps d'hésitation quand je m'introduis pour la première fois dans un cercle de savoir ce qui est en usage pour éviter toute maladresse fâcheuse. Rappelons à ce sujet, le sens historique de ces gestes. La poignée de main signifiait, à l'époque moyenne âgeuse, que je ne possèdais pas d'arme, de poignard caché dans ma main et que mon interlocuteur pouvait me faire confiance. Beau symbole,  j'ouvre ma main pour dire " Vous pouvez me faire confiance". Quant au baiser sur la joue, la bise, il tire son origine du baiser de Jésus à ses disciples quand il est arrêté au mont des oliviers à Jérusalem, suite à la dénonciation par Judas. Ce baiser signifie à la fois "au revoir", car il sera  torturé et crucifié en référence à la lecture de la bible chrétienne, et en même temps, un encouragement à poursuivre la mission sans lui. Plus de 2000 ans plus tard, le baiser pour dire "au revoir" en quittant un ami, un proche s'est bien préservé. Que dire du baiser qui encourage le receveur à poursuivre sa mission ou son projet ?

Enfin, pour les plus anciens, une bonne nouvelle révélée par une étude anglaise sur le rapport entre poignée de main et longévité. Cette étude est crédibilisée par une analyse concernant plusieurs milliers de séniors en bonne santé de plus de 60 ans. Les personnes âgées de plus de 60 ans qui tendent la main de manière ferme ont 67% de chance de vivre plus longtemps que ceux qui présentent une main molle. Aussi, petit conseil à celles et ceux qui veulent vivre centenaires : commencer l'entraînement au plus jeune âge !

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 10:12

Rappelez vous. C'était en fin d'année 2010, un petit livre à 3 euros qui avait l'air perdu sur les rayons des librairies avec ce simple titre " Indignez vous !" (1). Personne n'aurait misé un euro pour prédire que ce petit fascicule écrit par un homme de 93 ans allait se vendre, que dis-je, s'arracher à plus de 1 million et 500 000 exemplaires ! Aujourd'hui, l'auteur, Stéphane Hessel, 94 ans est toujours dans notre monde et bien dans notre monde. Depuis, il a continué sa production littéraire en duo, une fois avec le sociologue Edgar Morin sur l'espérance, une autre avec le professeur de génétique et philosophe Albert Jacquard sur le stop à l'armement nucléaire dans le monde , et  un interview croisé avec sa sainteté le Dai-Lama. Incroyable vitalité pour cet homme,au physique mince et fragile !

Dans une période fortement marquée par une campagne électorale pour la présidentielle en France, Stephane Hessel nous délivre un beau message d'espérance, une sorte de leçon de vie.

Premièrement, la vitalité et la jeunesse d'esprit ne s'arrête pas à 25 ans ! Nous pouvons rester en dynamique de vie, en créativité au delà des 80 ans. Et d'autres exemples pourraient être cités.

Malgré des épisodes vécus pendant la deuxième guerrre mondiale en tant que prisonnier, d'évasions puis de capture, de torture par la gestapo, il n'a pas gardé de haine contre ces ennemis. L'interview avec le Dai-Lama est touchante sur ce point; Celui ci lui confirmant : " Je vois bien que vous n'avez pas gardé de haine...C'est ce qui fait votre force."

Invité souvent, depuis le raz de marée de "Indignez vous", sur les plateaux de télé au côté de politiques et d'artistes, sa parole est  hors violence, hors parti, hors idéologie toute faite. Il appelle souvent les amateurs de joute verbale  à prendre du recul avec son style paternaliste " arrêtez de vous chamailler" en s'adressant à des personnalités qui pourraient être ses petits enfants. N'ayant, comme il aime à le souligner lui-même, pas d'enjeu personnel à son âge, sa parole gagne une légitimité du sage. C'est celui d'un homme qui a traversé un siècle d''histoire en touchant aussi la grande histoire, en participant notamment à la rédaction de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948.

Cette leçon de vie, de vitalité est à entendre par toutes sphères de la société et en particulier la sphère politique et médiatique. "Arrêtez de vous chamailler et écouter la voix de Stéphane " pourrait être un nouveau slogan d'avenir.

 

(1) voir article sur ce blog "Indignez vous !"

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 06:36

épisode deux :

 LA MEDITATION EN PLEINE CONSCIENCE

 

Elles sont bien rouges et appétissantes. Je les coupe tranquillement avec un couteau affuté et je les pose délicatement dans la coupe en verre. Les fraises remplissent peu à peu chaque coupe. Je suis là tout à elles, comme si rien d'autre n'existait à ce moment là. Puis, les coupes étant remplies, je prends le temps de contempler ce rouge flamboyant. Je respire, empli de leur saveur.

Courir après le bus, faire plusieurs choses à la fois, planifier  dans sa tête ce que l'on fera demain, zapper sur les chaînes de télé et rechercher sans cesse de nouvelles stimulations...

Deux mondes semblent séparer celui des fraises et celui de la course du temps. Pourtant, chacun a déjà probablement vécu ces deux formes d'agir, de faire et d'être.

La méditation de pleine conscience ne condamne pas la course du temps ou encore la pression des sollicitations auxquelles nous pouvons être soumis. Elle n'idéalise pas non plus la contemplation des fraises. Elle invite, chacun à son rythme, à faire cette douce expérience du passage de l'agir au non agir.

Je laisse Christophe André (1), psychiatre de renom et pratiquant lui même la méditation de pleine conscience, nous en parler avec sa plume toute en délicatesse et nuances :

"La non action, c'est la respiration de l'action. C'est comme le silence après le bruit. C'est s'efforcer, dans bien des moments de son quotidien, de ne pas passer tout de suite à autre chose, à une autre action. Décider de prendre le temps, non pas de réfléchir , mais de ressentir, de se laisser doucement envahir par le sillage de ce que l'on vient de faire, et le présent de l'instant.

La pleine conscience nous permet, finalement, de considérablement augmenter notre liberté. Plus je la pratiquerai, plus je ressentirai dans mon quotidien la différence entre réagir ( aveuglément aux impulsions) et répondre (en toute conscience). Et plus je préférerai répondre à ce que me demande le quotidien, avec toute ma conscience, qu'y réagir, l'esprit absent. C'est bien pour cela que les pratiques méditatives peuvent transformer profondément notre rapport au monde,...." (2)

Et si je lisais cet article en prenant le temps, sans réagir trop vite, de goûter simplement ce qui m'est proposé dans l'instant ?

 

(1) voir  article sur l'auteur sur ce blog : l'apprentissage de la sérénité , un puits pour boire une eau fraîche.

 

(2) extrait de "Méditer jour après jour", 25 leçons pour vivre en pleine conscience.

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 06:02

Il est 2h 20 ce 15 avril 1912 au sud-est de Terre Neuve et la température de l'océan est de -2 degrés

Au milieu de l'océan atlantique, un paquebot parti de Southampton en Angleterre, après une étape à Cherbourg en France, se dirige vers New York. C'est le plus grand et prestigieux navire du monde. Près de 270 mètres de long, doté de 10 ponts, de 29 chaudières pour atteindre des vitesses de 23 noeuds ( 42km/h), il offre une capacité d'accueil de plus de 2400 passagers. A 2H 20 du matin, après avoir heurté un iceberg à 23h 40, ce navire réputé insubmersible se coupe en deux et coule au fond de l'océan. Près de 1500 personnes, membres d'équipage et passagers vont y laisser leur vie. Titanic-2-gratuit-film-streaming.jpg

Cent ans  après, ce drame humain et maritime continue d'attiser les passions et les spéculations. Le film " TITANIC" aux 11 oscars du canadien James Cameroun réalisé en 1997 avec Léonardo Di Caprio dans le rôle de Jack, un artiste voulant faire fortune outre atlantique et de Kate Winslet, dans le rôle de Rose, une jeune fille de la bonne société anglaise l'a immortalisé à l'échelle mondiale.

En recoupant les divers témoignages et l'enquête, nul doute sur le fait que ce drame aurait pu être évité. Regardons le avec la focale des croyances .

Des constats de départ. La société White Star Line et son ingénieur ont considéré que ce navire était insubmersible. Aussi, il n'y avait que 20 canots de sauvetage pour une capacité de 1189 places , donc inférieure au nombre total de personnes embarquées comprenant les membres d'équipage ( 880 environ) et les passagers (1317 pour cette première...et dernière traversée ), soit plus de 2000 personnes. La réglementation imposera, après ce drame, un nombre d'embarcations suffisant par rapport aux personnes embarquées. Cette croyance de l'insubmersibilité du navire semble, à priori, d'après les témoignages des rescapés, être aussi une raison qui n'a pas affolé certains passagers peu pressés de prendre place sur des canots : les premiers mis à la mer étaient à moitié remplis ! En amont du heurt de l'iceberg, il est à noter que des navires voisins avaient signaler par radio au titanic ce risque d'iceberg dérivant plus au sud que d'habitude... risque qui n'a pas été analysé par le commandant, Edward Smith pourtant expérimenté. La vitesse du navire n'est pas réduite avec l'idée, l'orgueil d'arriver avec un temps record à la destination finale de New York. Comble de "mauvaise coincidence", le vigile chargé de surveiller la mer n'a pas retrouvé les jumelles et personne ne s'est soucié de ce détail. Quand l'iceberg est décelé à l'horizon dans la nuit, il est à moins de 500 mètres et malgré une manoeuvre désespérée pour l'éviter, le Titanic va le heurter sur le flanc et va prendre l'eau. Moins de 3 heures après le choc, le navire coule. L'appel de détresse du titanic ne sera émis qu' à 0h 15 du matin, plus d'une 1/2 heure après le choc de l'iceberg...comme si on avait cru encore sauver le navire. Globalement la croyance d'insubmersibilité, " Ce navire ne pourra jamais couler vu la rigueur de sa construction, ses pièces étanches..." a été contagieuse et a provoqué une perte de vigilance collective du commandant, en passant par l'officier de vigile ( sans jumelles) ...jusqu'aux passagers, certains jouant tranquillement au bridge, ayant entendu une légère secousse. Reste, dans ce drame collectif, l'incroyable conscience surprenante de l'orchestre  et de son chef qui joua jusqu'au bout pour soutenir, dit-on, le moral des passagers !

Finalement , à peine plus de 700 personnes seront sauvés et recueillis par le carpathia averti par le message de détresse radio du Titanic.

Et si la croyance de départ avait été " premier navire de cette taille, donc vigilance renforçée sur la sécurité avec des consignes adaptées" , l'humilité clairvoyante aurait été préférable à l'orgueil de toute puissance. 1500 personnes auraient été épargnées par la conséquence dramatique d'une croyance naive et collective jamais contredite. Et si nous refaissions l'histoire du Titanic minute par minute sur ces 4 jours uniques  de voyage, qui aurait pu prévoir le drame et l'anticiper ?

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 19:23

A l'issue d'une conférence passionnante relative à la médecine énergétique, l'intervenant demande à une personne volontaire de sortir de la salle. Pendant ce temps, il invite chacun à penser " Je ne veux pas le voir ". La personne revient, il applique le test dit " au clair" en demandant au volontaire de tendre un bras horizontalement et de résister à la pression vers le bas . Constat : dès que l'intervenant a appuyé sur le bras, le "pauvre" volontaire a vu son bras chuter. Puis, l'intervenant demande au volontaire de sortir et propose aux participants une pensée positive " Je suis heureux que tu sois là". Même protocole : le volontaire tend le bras, résiste à la pression exercée vers le bas par l'intervenant et Oh miracle : le bras ne descend presque pas. Démonstration claire : nous sommes influençés dans notre énergie personnelle par l'énergie qui nous entoure et notamment celle dégagée par le groupe de personnes de proximité.

Cette expérience saisissante enseigne l'importance du champs d'énergie qui rayonne ou qui palie ( quand nous sommes stressés ou fatigués) autour de chacun de nous. Ne dit-on pas que cet homme rayonne d'enthousiasme ou encore que cette femme fascine par l'aura qui émane d'elle. Il n'y a pas de secret  : leur champ énergétique produit un rayonnement qui touche l'environnement . Dans nos environnements professionnels , il peut être utile de mieux situer les personnalités énergivores ( qui vous mangent votre énergie) ou au contraire celles qui vous redonnent du tonus.

Autre dimension proche. J'observe de plus en plus, y compris dans la jeune génération , des comportements multivores.

Le multivore a besoin de faire plusieurs choses à la fois. Téléphoner et marcher, manger et téléphoner, parler à une personne tout en pensant à autre chose. Au bureau, les dossiers s'empilent et les post it aussi : il s'agit de répondre par courriel à la société alpha, de téléphoner presque en même temps au collègue et de noter sur un post it la tâche suivante...Tout ce débordement d'activisme pourrait laisser penser à une super efficacité du style " faire le plus de choses en un minimum de temps". Or les études scientifiques, les constats des formateurs en management confirment que les multivores secrètent du stress en voulant courir plusieurs lièvres à la fois avec le risque de se perdre dans une agitation mentale quasi permanente, même si la personne vous dira qu'elle est très bien organisée. En tant que formateur et coach, quand j'entends que la pratique de manger devant son ordinateur semble devenir une norme dans certains milieux professionnels, je suis inquiet pour ces personnes qui se conditionnent à ne même plus s'accorder le temps de la pause méridienne.

Heureusement, il semble que se dessine aussi un courant émergeant de personnes que je rencontre  dans mes stages " efficacité et sérénité en milieu professionnel" et qui veulent, même si les contraintes de charge de travail ou de culture sont lourdes, retrouver le sens de la vie, le sens d'un rythme plus naturel , bref retrouver un second souffle dans leur vie. Je les appellerai les comportements unifiants. La première caractéristique de ce type de comportement est de chercher humblement à réaliser une chose à la fois. Je redis bien une chose à la fois : je téléphone ou je frappe un courriel, je mange avec plaisir un repas ou je lis le journal. Je sors un dossier à la fois sur le bureau pour le traiter. Quel repos pour un cerveau déjà sursollicité par des stimuli toute la journée ! Deuxième caractéristique : la vigilance pour prendre des pauses régulières sur la journée, des pauses pour sortir les yeux de l'ordinateur, le corps du fauteuil, et le mental du dossier xyz. Enfin,  la recherche d'un rythme plus proche du naturel, de la nature originelle de l'homme, homme en lien avec notre mère nature. C'est oser vivre davantage dans le présent, dans le souffle de sa respiration. Dans cette recherche de plus d'unité dans sa vie, la méditation de la pleine conscience ou mindfulness ouvre une porte d'accès pour tous. Elle propose de se poser chaque jour dans le silence, dans une attitude paisible et de laisser passer les pensées comme des nuages, d'accepter ce qui vient au mental sans le juger, d'accepter les émotions, les petits inconforts avec ce regard intérieur distancié. Un point de départ dans cette pratique peut être l'attention portée à la respiration, au souffle. Sentir le souffle, sentir l'air entrer par le nez à l'inspiration, sentir l'air sortir par la bouche à l'expiration. Quand notre esprit s'évade vers une pensée, le souffle peut nous aider à revenir à nous mêmes tranquillement, sans jugement. S'exercer régulièrement à ce retour à la respiration consciente est un moyen de retrouver son ancrage dans une présence à soi. Comme l'écrit  un des pionniers de la pleine conscience, le docteur Jon Kabat-Zinn (1), "nous nous apercevons que pour arriver à cette "pleine conscience", il sera nécessaire de se répéter encore et encore qu'il faut être éveillé et conscient. S'efforcer à regarder, à sentir, à être."

Bien sûr, je ne voudrais pas vous infliger une pensée binaire avec d'un côté les mauvais multivores conditionnés et les bons unifiants clairvoyants. Nous sommes probablement un certain nombre à vivre cette tension entre le  dominant mutlivore dans une société cultivant le culte de la performance à tout prix et le désir originel de retrouver la paix de l'âme en visant une unité entre notre cerveau, notre coeur, nos émotions et notre corps.

Et si nous nous posions de temps à autre cette question qui peut nous aider à revenir du multivore à l'unifiant :

" Maintenant, en ce moment précis, où plane mon esprit ? Suis je éveillé ?"

 

(1) extrait de " Où tu vas, tu es", ouvrage très accessible au grand public et montrant les chemins de la méditation de pleine conscience dont les bénéfices ont été validés par des  recherches scientifiques.

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  • : Le blog de Michel BERNARD
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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