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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 07:27

Il est déjà là. Il frappe à la porte du bureau de manière rude. Vous n'avez même pas le temps de répondre " pas disponible" ou encore " ce n'est pas le moment". Il est campé face à vous, il attend une réponse et vous place en situation désagréable, une sorte de manipulation-domination subtile. Pourtant, après coup, vous estimez en votre for intérieur qu'il abuse d'un pouvoir.

Elle se situe plutôt dans la catégorie "victime, plaignante dans la vie". Elle harcèle toute une administration en passant par le médecin de prévention, l'assistante sociale et bien sûr le pôle Ressources Humaines qui n'en peut plus. Chaque jour, elle manifeste son peu d'entrain à travailler, réclame un changement qu'elle croit possible. Ses collègues ont fini par l'isoler pour avoir la paix car elle leur complique le travail qui n'est pas si simple.

Autre cas, elle s'est retranchée dans son bureau, pratique des tâches qui n'ont pas bougé depuis 30 ans, s'estime indépendante et n'a besoin de personne. Sauf que l'entreprise est un réseau de collaborateurs interdépendants. Elle nie cette réalité y compris devant le PDG, estime que personne n'a pris conscience de tout ce qu'elle fait. Plus elle avance en âge et plus elle s'enferme, elle s'emmure dans ses croyances, sorte de bastion pour cacher...sa peur ?

Ces trois portraits s'inspirant de réalités vécues au sein du monde du travail partagent un point commun. Pour leur entourage, ces trois personnes sont dévoreuses de l'énergie des autres. Elles épuisent leur environnement humain qui peut se sentir parfois vidé, culpabilisé ou encore impuissant devant des comportements répétitifs que je qualifie d'énergivores. C'est une sorte de pouvoir, de pression malsaine entretenue avec plus ou moins de conscience. En face, beaucoup baissent les bras. "Ca fait des années qu'il/qu'elle est comme çà, on ne le/la changera pas..." Comme s'il n'y avait rien à faire, rien à tenter .

Vraiment, croyez vous qu'il n'y a absolument rien à faire ?

Rien à faire si je reste centré sur ces personnes que nous enfermons parfois sous le vocable de CAS. Par contre, en utilisant le processus de communication de Marshall Rosenberg avec cette question de départ :

"Face à cette personne que je qualifie d'énergivore, quel est finalement mon besoin prioritaire ?"

Peut être, ce désir de ne pas me laisser "manger" pour ne pas dire "bouffer" et prendre réellement distance pour sortir de cette contamination. Je prends alors conscience que j'ai vraiment un besoin fort de me protéger. Et là, j'ai à ma disposition une gamme de stratégies possibles :

- limiter les contacts avec la personne dite "énergivore"

- obtenir du soutien d'autres collègues et jouer collectif en partageant mon ressenti.

- aller plutôt chercher du ressourcement du côté des personnes "donneurs d'énergie" et heureusement elles existent aussi, parfois très discrètes et en même temps très présentes.

Et un jour, oser le courage de renvoyer à la personne une demande authentique et ajustée au moment et au contexte du style : "Quand vous vous adressez à moi de cette façon , (en précisant des faits.concrets).., je suis fatigué, parfois agacé. J'ai besoin d'être respecté(e) en tant que personne. Aussi, maintenant, je vous demande chaque fois que vous vous plaignez, de me faire une proposition concrète réaliste qui pourrait améliorer pour vous votre situation. Qu'en pensez vous ?

Il ne s'agit pas de prendre sur soi un nième singe sur ses épaules mais au contraire de s'alléger et de considérer que chacun mérite de porter soi-même son petit ou gros fardeau de plaintes, de rancoeurs, ou encore de déceptions.

Qui vous oblige à porter le poids des autres ? Personne.

 

 

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 09:37

" Vous vous rendez compte, vous me mettez en difficulté. Vous ne mesurez pas l'enjeu. Je risque de perdre de l'argent...Il faut vous activer", sur un ton ferme, direct avec une pointe d'accusation sous entendant " Vous êtes des incapables". Ce message est un des grands classiques des jeux qualifiés de  jeux psychologiques par le père de l'analyse transactionnelle, Eric Berne. Décodons ce qui est  malsain dans cette forme de langage qui nous éloigne d'autres jeux plus sympathiques comme les jeux de société.

A première vue, l'auteur du message exprime une indignation face à un interlocuteur qu'il secoue par le langage pour l'inviter à réagir. Légitime , pourriez vous même penser compte tenu qu'il y a un enjeu financier si l'interlocuteur ne réagit pas. Mais, il y a un grand MAIS. En l'occurrence, l'interlocuteur mis en accusation avait manifestement fait son possible pour répondre déjà à la pression de son interlocuteur. La pression exercée de manière subtile cache plusieurs éléments malsains : un message sous-jacent et culpabilisant (bref, vous êtes un incapable de ne pas avoir trouvé de solution) et une relation de pouvoir ( je ne vous lâcherai pas tant que vous ne m'aurez pas donné satisfaction..). La question posée si nous nous plaçons du côté de celui qui reçoit ce message toxique est finalement "Comment sortir de la pression en évitant de se sentir coupable, humilié et rabaissé ?

Sur le champs, l'expérience montre que ce n'est pas facile car l'effet surprise et l'appât peuvent nous mettre de manière automatique dans une réaction de justification du style :

" Mais nous avons déjà tout fait pour répondre à votre demande. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus..." Une telle réponse de justification est déjà celle d'une victime...face à un  persécuteur.

Et le triangle dramatique de Karpmann, discipline d'Eric Berne resurgit. La victime, à son tour, pourra ensuite chercher un moyen de se venger de ce persécuteur qui profite de la situation. Et, les chaises musicales se mettent en place : un jour victime, le lendemain persécuteur; Ou encore une victime qui cherchera une oreille compatissante, celle d'un sauveur pour tenter de se réconforter...mais en restant victime !Extrait de « boostez votre parcours professionnel avec le mind mapping »

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de "booster votre parcours professionnel avec le mindmapping"

Quels sont alors les autres postures qui pourraient limiter " la casse" ou mieux, éviter de se sentir pauvre victime d'un méchant persécuteur ?

- l'humour décalé, exagéré : " Comment, vous nous dites que nous sommes les grands responsables si vous perdez de l'argent ? Avez vous déjà mesuré ce qui a été fait par notre service, notre entreprise,...pour répondre à votre requête ?" avec renvoi d'une question à son interlocuteur pour se dégager d'une pression accusatrice.

- le renvoi à une question de demande : " Ok, nous avons entendu votre inquiétude et l'enjeu financier. Mais maintenant qu'est ce que vous demandez précisément ?

- le silence qui demande une certaine capacité de présence à soi, d'ancrage qui peut déstabiliser le persécuteur prêt à rebondir sur la moindre réaction.

Dans le réel d'une situation, il semble utile de revenir à soi, à son ressenti avec un bref dialogue intérieur bienveillant avec soi-même :

-ok, j'entends une accusation , une pression, facile...je sens de la peur, de la colère qui monte en moi...je me sens un peu démuni pour trouver une réponse ajustée "socialement" acceptable..." Je prends le temps de me reconnecter par une respiration profonde, un ancrage au sol pour retrouver une stabilité intérieure.

Notre vie quotidienne en famille, au travail est environnée de jeux dits psychologiques qui nous coûtent de l'énergie, engendrent des relations de pression, de pouvoir, de manipulation. Il n'est pas toujours aisé de les décoder sur le champs. C'est un apprentissage dont l'enjeu en vaut la chandelle. Préserver, autant que possible avec son interlocuteur au message toxique, une relation adulte-adulte dans laquelle mon intention première est de créer une saine distanciation entre lui-son message "pression" et moi. Dans ce jeu, une alternative plus subtile existe aussi. Dénoncer le jeu avec un brin d'humour, un zeste de fermeté, et une dose d'empathie :

"J'entends tout ce que vous me dites depuis un moment.

A quel jeu voulez vous me faire jouer ? Moi, je préfère encore le Monopoly.

Alors si nous mettions carte sur table ?

Pas de recette magique dans les jeux, à vous de trouver votre style....Une chose partagée avec beaucoup : apprendre à repérer les amorces ou encore les appâts de jeu. C'est le premier pas pour gagner en lucidité.

 

 

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:24

Radin peut  évoquer le titre du film avec Dany Boon sorti sur les écrans en 2015. Un homme est tellement angoissé par la peur du manque qu'il va jusqu'à limiter ses dépenses en électricité chez lui en se couchant tôt...

Dans un axe diamétralement opposé, à l'occasion d'une session que j'ai animée sur la thématique "Les clés de la sérénité au travail", j'ai eu le désir de proposer un acronyme de quatre postures ou  mouvements qui contribuent activement à notre mieux être.  Cet acronyme est RADA.

R comme Respirer avec son abdomen. C'est ce qui est appelé couramment la respiration abdominale. Plus précisément, les spécialistes du souffle insistent pour souligner qu'inspirer plus d'oxygène est bon pour notre cerveau et qu'expirer profondément et longtemps est encore meilleur. En effet, cette expiration chasse davantage de CO2 et un excès de CO2 peut être rapidement source de perte de connaissance et de troubles de santé. Lorsque nous sommes essoufflés, c'est moins une question de  manque d'oxygène et c'est surtout parce que nous avons besoin d'éliminer le CO2. Conseil pratique : dès le matin, prendre de bonnes et longues respirations en gonflant le bas du ventre autour du nombril. Une astuce : poser la main à plat sur le ventre et constater son déplacement à chaque inspiration. Respirer en conscience est un bon signe de vitalité.

A comme S'Ancrer dans son corps.

Combien de fois par jour prenons nous conscience que nous habitons un corps et que nous ne sommes par réduits à un cerveau sur pattes ? Notre corps traduit ou trahit immédiatement notre état de forme pas seulement extérieur mais aussi intérieur. Un dos voûté, un mal de dos récurrent parlent plus sur soi que tout discours : j'en ai plein le dos.Comment revenir à son corps et en prendre soin ? Sans nécessairement aller dans les hauts lieux de centres de massage, de bien être qui fleurissent de plus en plus, un geste peu déjà nous remettre debout. S'ancrer, oui, s'ancrer dans son corps comme l'ancre maintient le navire près du quai, même s'il peut être agité par de grosses vagues. S'ancrer, c'est à l'image d'un arbre, reprendre conscience de nos racines, nos pieds bien arrimés au sol. S'ancrer assis, c'est retrouver une posture droite, digne et détendue comme en méditation. S'ancrer debout, comme dans un wagon de transport en commun, bus, tram ou métro, c'est s'amuser à garder sans raideur une stabilité malgré les secousses et les coups de frein. Enfin, s'ancrer signifie dans une relation interpersonnelle chahutée, garder les pieds sur terre, l'esprit clair et une forme de force tranquille. S'ancrer comme un arbre qui peut être agité par le vent à sa cime mais qui reste dans sa solidité profonde de son enracinement dans la terre. S'ancrer est une protection contre les agressions de toute sorte.

 

D comme Désencombrer le cerveau et le mental. Les pratiquants de méditation le découvrent dans les premières séances d'initiation. Nous sommes constamment du matin au soir traversés par des pensées, des émotions qui arrivent sans prévenir et parfois se bousculent, se klaxonnent à l'image du périphérique parisien aux heures de pointe. Que faire ? Les maitres en méditation vous répondraient avec humour : il n'y a rien à faire, juste laisser faire et se laisser traverser par ces pensées sans chercher ni à les juger, ni à les contrôler, et encore moins à les "résoudre". Un moyen concret de désencombre notre cerveau, c'est ce que préconise Dominique Loreau, française vivant au Japon et auteur de "l'art de l'essentiel" : désencombrer déjà notre environnement personnel et professionnel. Combien de bureaux, d'établis encombrés de piles de dossiers qui restent, stagnent et créent déjà un effet d'encombrement physique. Préconisation : nous ne pouvons gérer de manière concentrée qu'une chose à la fois. En bonne logique, les personnes dans les bureaux ne devraient disposer devant elle que du dossier en cours. Désencombrer son mental, c'est s'offrir un espace intérieur de silence pour retrouver son essentiel, son être profond.

 

A comme Accueillir ce qui est ici et maintenant. C'est le slogan du XXIème siècle : revenir à l'instant présent car le passé est résolu et nous n'avons plus de prise sur lui et le futur est une virtualité qui n'existe que dans notre cerveau.Et pourtant, rien n'est plus difficile car notre hamster comme le dit Serge Marquis, médecin québécois auteur de "On est foutu, on pense trop" nous déporte sans arrêt sur le souci de demain, du couple,  des enfants, du projet machin, de la relation difficile avec X ou encore d'une tâche ingrate Z que l'on voudrait repousser... STOP ! Un seul mouvement : une respiration avec un ancrage. Et oui, la respiration consciente associée à une conscience de notre ancrage nous ramène immédiatement dans l'ici et maintenant. Une invitation immédiate : arrêter la lecture et respirer tranquillement avec une expiration longue et lente, reprenez simplement conscience du contact des pieds sur le sol....

 

Vous ressentez ? Vous êtes là avec vous-mêmes. Avez vous besoin d'autre chose ?

Cette expérience de RADA est à votre disposition tous les jours à tous les moments. Il suffit d'un instant , d'un réflexe pour retrouver une personne qui est la plus précieuse pour nous, pour exister, pour nous relier aux autres : nous même.

Et je peux même jouer à respirer en deux temps : RA à l'inspiration....et DA dans votre longue et lente expiration.

Bon voyage avec vous-même !

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 21:38

Sagesse, un mot que nous aimerions tellement capter dans les médias et notamment par temps d'élection en France comme aux Etats-Unis et qui semble parfois si loin de propos impulsifs, caricaturaux, voire manipulateurs. Portée par une racine grecque, sophia qui a donné le nom à philosophe, étymologiquement, "celui qui aime la sagesse", la sagesse a traversé des temps de guerre et de paix comme une flamme olympique portée à tour de rôle par chaque relayeur. Mais rude tâche de vouloir définir en quelques mots ce qui peut caractériser les sages comme nos trois amis en quête de sagesse ( titre de leur livre collectif), Mathieu Ricards, Christophe André et Alexandre Jollien. Peut être qu'en s'isolant plusieurs semaines ensemble en milieu rural en Dordogne, ont-ils pris une décision de sagesse pour bien mûrir un ouvrage cohérent avec des apports complémentaires.

La sagesse est définie comme une des 24 forces de caractères dans le fameux test international relatif aux forces de vie et élaboré par deux grands psychologues américains de l'école positiviste, Martin Seligman et Christopher Peterson ( site viacharacter.org). Plus simplement, la sagesse incarne à la fois le discernement, la modération et peut être aussi une forme d'intuition du coeur. Le discernement est notre capacité à situer rapidement et lucidement ce qui est bon pour nous et pour le service. Il est d'autant plus utile quand nous traversons une zone de turbulence qui nous met à plat. Le discernement nous invite à prendre de la distance avec soi et avec des émotions envahissantes. Quant à la modération, c'est une forme de parole qui n'agresse pas, ne cherche pas la caricature et ne stigmatise pas mais au contraire vise à regarder le simple, le vrai et le beau. L'intuition du coeur est souvent rapide et spontanée en terme d'information captée en dehors de tout raisonnement. C'est l'appel à nos sens sensitifs et à notre petite voix intérieure dont nous avons bien besoin. La sagesse n'est pas une abstraction, réservée aux discussion de salon, elle s'éprouve au contact des autres dans la vie quotidienne. Un petit flash personnel pour vous le faire toucher du doigt. Je patiente devant un poste d'essence, une jeune femme me tend un billet de 10 euros en me demandant en échange un plein à 10€, sachant que la voiture est en panne sèche. Après un court moment de "répulsion" ( réflexe acquis devant tous les cas de harcèlement d'argent dans la rue), j'ai accepté de remplir le réservoir. A la fin, ils m'ont remercié du fond du coeur. Dans cette histoire, c'est l'intuition qui m'a fait répondre favorablement car j'eus soudain la vision que c'était honnête, sans détour. La sagesse, petite voix intérieure  m'a guidé directement sans filtre. Dans une acceptation plus large, la sagesse est aussi la capacité à faire référence à une expérience passée pour en tirer les meilleurs enseignements. Les hommes (et femmes) de GRANDE sagesse sont bien souvent des êtres spirituels à l'image du Dalaî Lama, du pape François ou encore des femmes de tempérament comme Soeur Emmanuelle qui, à 60 ans, est partie s'occuper des plus pauvres au Caire en Egypte. Alors, comment cultiver une telle pépite d'or dans sa vie ?

D'abord y penser, y croire et pourquoi pas tenir un petit cahier dans lequel je note des paroles, des intuitions qui ont eu du sens pour moi au cours de ma journée. C'est aussi se donner le droit de dire stop à trop de sollicitations ou encore prendre quelques respirations conscientes avant une décision importante. Bref, la sagesse s'incarne aussi dans l'espace du silence intérieur que nous savons plus ou moins vivre en nous, en dehors des pressions extérieures. Et justement, si nous nous laissions inspirés par un homme, une femme de sagesse pour lequel nous apprécions la posture, l'éthique, la manière posée de parler...Quand je pense au rire constant du Dai Lama avec tous ses interlocuteurs, comment ne pas penser à l'enfant intérieur que chacun de nous porte depuis sa naissance. Et si la sagesse travaillée était en quelque sorte une manière de redonner de la voix à notre enfant intérieur, celui qui étouffe parfois et qui toque à notre porte tous les jours ? Vous l'entendez ?

 

 

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 21:46
Se connecter à la paix en temps de terrorisme

Charly Hebdo, le Bataclan, le 14 juillet à Nice, et récemment la commune de Saint Etienne du Rouvray, autant de noms qui évoquent dans notre conscience collective des drames sanglants du terrorisme aveugle qui frappe des cibles symboliques et plongent des familles dans le deuil ou encore créent chez les survivants des blessures physiques et/ou psychologiques difficiles à réparer. Beaucoup d'experts semblent affirmer que cette stratégie perverse sur le sol français très durement touché n'est pas un hasard. Il s'agit de créer un effet de tension civile autour de la religion musulmane ( même si ces actes terroristes n'ont pas grand chose à voir avec...sauf un alibi pseudo religieux), une division au sein de la société par rapport aux migrants, par rapport aux déséquilibrés psychiques qui pourraient apparaitre comme des personnes à potentiel terroriste. Le risque d'amalgame, de simplisme, de résurgence d'une durcissement social est bien pointé.

Heureusement, face à ce risque dans un climat de torpeur où chacun peut se dire " Je n'ai pas intérêt à être au mauvais endroit au mauvais moment...", des voix humaines s’élèvent et se révèlent pour refuser d'être aspirées par cette violence engendrant la violence. Ainsi, Antoine Leiris qui a perdu sa femme Hélène tuée dans le massacre de la salle de spectacle du Bataclan à Paris en novembre 2015, et qui a écrit un livre au titre très engagé : "Vous n'aurez pas ma haine". Père d'un petit garçon de 17 mois, il a exprimé un premier message sur sa page facebook .

"Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes.

Oui, Antoine Leiris, qui se positionne en simple citoyen, ouvre une voie à tous les citoyens sans attendre des leaders de la non violence comme Martin Luther King dans les années 60 aux États Unis ou encore le mahatma Gandhi au moment de l'occupation de l'Inde par la Grande Bretagne.

Comment résister à la tentation du jugement condamnation de ces terroristes auteurs de barbarie sans nom ou encore à la tentation de créer des généralisations sur la personnalité de ces hommes qui acceptent de mourir en tuant autour d'eux des innocents ?

D'abord, prendre distance avec le discours médiatique et la répétition à outrance sur les écrans des sites touchés par le terrorisme. Les faits sont là, dure réalité pour les victimes et familles et grosse secousse émotionnelle et compassionnelle pour beaucoup d'entre nous.

Oser vider, hors oreilles extérieures, ce trop plein, cette exaspération, cette colère et indignation ou autre sentiment violent qui peut surgir mêlant la peur, la colère, le désir de vengeance, etc...

Cet acte de vérité avec soi même, cette vidange émotionnelle, me semble un préalable pour se reconnecter à soi, à une source de bonté et de bienveillance qui sommeille en chaque homme. Et si chacun imaginait au fond de son cœur la réalité d'un espace de paix, de sérénité, un espace dans lequel il pourrait revenir au creux de moments de tension ?

Ce pourra être le sommet d'une montagne pour certains et pour d'autres, une plage avec un lever de soleil...

Pour ma part, cet espace intérieur où je peux me réfugier ressemble à un lac aux eaux transparentes bleutées entouré d'un écrin de sapins. Les rayons du soleil en éclairent la surface et lui donnent une atmosphère de tranquillité éternelle.

Celles et ceux qui pratiquent la méditation ou le recueillement dans le silence alimentent de manière invisible ce courant de paix. Certes , tout ce mouvement individuel et collectif ne fait pas la une des médias et pourtant...

En temps de terrorisme sur médiatisé, une urgence me saute aux yeux , celle de retrouver chacun à sa manière une connexion à son intériorité, à son sage intérieur, à son espace refuge de paix.

La paix n'est pas une espérance extérieure à l'homme, un vœu pieux ou encore la simple absence d'un état de guerre, La paix est cette perle précieuse donnée à chacun à la naissance , ce capital bonté, pour lequel les psychologues positivistes ont démontré qu'il est profondément inscrit dans la nature humaine

( ex : la coopération volontaire observée de jeunes enfants entre eux quand l'un exprime une perte ). Et celui qui symbolisa la fin de l'apartheid en Afrique du Sud et qui a passé plus de 27 ans en prison, Nelson Mandela confiait cette conviction qui l'a fait tenir debout malgré tout :

« J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. (…) L’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer.

La bonté de l’homme est une flamme

qu’on peut cacher mais qu’on ne peut jamais éteindre » .

Et si nous étions, à la veille de l'ouverture des jeux olympiques de Rio de Janeiro au Brésil, des relais vivants et discrets de cette flamme de paix . Dans le monde, plus de 7 milliards d'êtres humains et près de 400 000 nouveaux nés par jour sont concernés.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 21:22

Prescrivez leur du silence. Si j'étais médecin et que l'on me demandait mon avis sur les hommes, je répondrais : " du silence ! Prescrivez leur du silence !" Ce texte exhortatif a été écrit au XIXème siècle par le philosophe danois, Sôren Kierkegaard.

Ce texte me semble encore résonner d'une belle actualité dans un monde envahi par la communication dite instantanée du texto en va et vient. Ce réflexe devenu addictif de sortir son portable au moindre temps libre ( regarder ce qui se passe dans un colloque au moment de la pause...) ou encore du voyageur qui décroche son portable dans un compartiment pour répondre sans prendre même la peine de sortir sur la plate forme. Peux on imaginer de sortir de chez soi en se contentant , en ville, de regarder les façades des immeubles, des commerces sans forcément chercher à parler coûte que coûte à son voisin de balade ?

Peux on imaginer des jeûnes de télé, de portable ordinateur, ou encore de portable téléphonique ?

Impensable , pourriez vous m'objecter dans une société dite connectée aux objets connectés.

Et pourtant, quand nous avons l'opportunité de vivre l'expérience du silence comme je viens de la vivre dans le cadre d'une retraite méditation au monastère La Paix Dieu à Anduze, tout change.

Le silence des lieux, de la chapelle très éclairée par le ciel après les offices des sœurs moniales, me parle au cœur. Je n'ai plus besoin de mots pour me faire entendre. Et manger ensemble en silence me fait redécouvrir le visage de mes compagnons que je ne prenais pas forcément le temps de regarder dans la vie dite courante.

Le silence est tout à la fois porte vers son intériorité, sa présence à soi et une source de fécondité qui nous fait grandir dans l'acceptation de nous-mêmes. D'autant plus quand nous pratiquons une forme de méditation, au sens de se poser et de laisser passer les pensées , les émotions sans filet et sans jugement.

Impose moi ton silence, criait le mystique Jean de la Croix

Silence des mots, silence intérieur, silence tout court.

Si len ce, ce simple mot qui peut transformer une vie.

Silence, on tourne, moteur sur un plateau de cinéma.

Et si mon cinéma intérieur pouvait s'arrêter sur une image fixe.

Un lac à l'eau bleu limpide laissant voir les rochers du fond.

Un lac entouré d'un écrin de sapins sentant bon le printemps.

Silence, un goût à retrouver en soi pour se retrouver vraiment soi.

Prescrivez leur du silence

P

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 21:13
Etes vous colibri ou lion ?

L'histoire du colibri est directement inspirée (1) de Pierre Rabhi, homme de sagesse, pionnier en agriculture biologique, auteur d'ouvrages reconnus dont la sobriété heureuse. Et dans mes contacts notamment avec les jeunes , je constate qu'elle reçoit un bon écho. En effet, elle a un double mérite : elle n'est pas moralisatrice, elle laisse la réflexion ouverte car le colibri est justement l'anti héros. Et elle est très accessible car très courte. Alors, laisser vous entrainer par le colibri et poser vous une simple question à la fin de votre lecture : suis je davantage colibri ou lion dans ma vie ?

Un jour, un feu se déclare dans la grande forêt tropicale. Tous les animaux effrayés se dépêchent de s’enfuir pour échapper aux flammes galopantes. Parmi eux, un grand lion qui sortait d’une longue sieste et était tellement terrorisé qu’il battit sans doute son record de vitesse.

Fuyant la forêt, il aperçoit au dessus de sa tête, un tout petit oiseau, un colibri. Mais, de manière surprenante, le colibri vole dans le sens inverse, en direction du feu. Le lion complètement ahuri lui demande : «  Hé , colibri, tu voles vers le feu, qu’est ce qui te prend ? »

Alors le colibri explique au lion qu’il fait des allers-retours entre un grand lac et la forêt pour éteindre le feu avec les gouttes d’eau retenues dans son bec. Le lion encore plus abasourdi lui lance : « Tu es complètement fou, colibri. Ce n’est pas avec ton petit bec, tes aller-retours entre le lac et la forêt que tu vas éteindre ce grand feu !! Sauve ta peau d’abord. »

Alors le colibri, en vol stationnaire, pris le temps de lui répondre avec assurance :

«  Je sais, lion. Mais je fais ma part. »

Avez vous le désir d'être dans l'oser du colibri ou de rester dans l'égo du lion ?

D'ailleurs, dans notre personnalité aux multiples facettes, il est fort possible que parfois, nous nous trouvions coincés dans nos peurs, nos léthargies, nos manques de courage comme le iion...et parfois, mus par notre instinct de solidarité, nous osions la folie du colibri qui fait sa part malgré tout, malgré la fuite de tous...Un petit oiseau pour un grand défi ! Et si nos petitesses, nos fragilités étaient là pour nous encourager à agir , à faire notre part pour contribuer à un monde meilleur, moins brûlant de toxicités en tout genre, moins pollué  et plus conscient des ressources de la planète à préserver urgemment pour les générations futures...

 

(1) j'ai simplement rajouté le personnage du lion.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 19:35
Christian Bobin, l'homme nature

Christian Bobin, l'homme nature

L'arbre est devant la fenêtre du salon. Je l'interroge chaque matin : "Quoi de neuf aujourd'hui ?". La réponse vient sans tarder, donnée par des centaines de feuilles : "Tout".

Extrait de la présence pure.

Je suis tombé sur Christian BOBIN au hasard de la lecture de  "l'homme-joie". Ce fut quasiment un "coup de foudre" , envoûté par un  langage simple qui touche au plus profond de mon âme.

Peut être connaissez vous déjà bien ce poète né en 1951 et parfois surnommé l'ermite du Creusot tellement il est attaché à cette terre, à son village de Saint Firmin dans la Saône et Loire. En effet, il se déplace exceptionnellement notamment pour la promotion de ses ouvrages.

Son texte se nourri d'observations fines de la nature, des rencontres, de sa famille, de son père atteint par la maladie d'Alzheimer et à qui il rend visite dans une maison de long séjour. Son style va droit au vif : " La maladie d'Alzheimer enlève ce que l'éducation a mis dans la personne et fait remonter le cœur en surface".

Ceci étant, Christian Bobin reste imprégné d'une vision douce et tendre de la vie

"J'écoute parfois les voix sans me laisser distraire par les mots qu'elles portent. Ce sont alors les âmes que j'entends. Chacune a sa vibration propre. Certaines n'émettent que des fausses notes : il faudrait qu'un Dieu retende les cordes, comme un aveugle accorde un piano".

J'ai eu l'opportunité de vivre, oui de vivre un échange téléphonique avec Christian Bobin et au bout de quelques minutes, j'avais l'impression que nous nous connaissions depuis longtemps comme de vieux amis qui se retrouvent. Pourtant Christian  n'est ni psychologue,ni coach ( même s'il a été , dans son passé, infirmier en psychiatrie), et j'ai bénéficié d'une écoute directe sans détour, douce et bienveillante. Je suis encore tout perplexe de la manière dont ses textes percutent mon intériorité. En essayant de mettre trois secondes mon cerveau gauche aux commandes, j'y discerne quelques ingrédients qui font la touche très singulière de ce poète inclassable du XXIème siècle :

- il écrit dans le présent, le présent pur, il écrit ce qu'il observe sans filtre intellectuel.

- il est habité par la nature qui lui parle, tel cet arbre dans la première citation.

- il vit dans le contentement de ce qu'il a, de ce qu'il est, fuyant les excès et cherchant à vivre au rythme de la vie.

Dans un interview à l'express, il confiait : "

La mauvaise énergie est celle qui consiste à essayer de forcer les chemins du ciel. La mauvaise énergie est celle qui veut accélérer chimiquement les battements du cœur. La mauvaise énergie, c'est vouloir tout tout de suite, les applaudissements avant même d'avoir commencé l'effort... Notre époque veut du survitaminé. Elle a oublié la lenteur. J'essaie, par les livres que j'écris, de retrouver cela, de faire revenir la lenteur. "

Ainsi lire, goûter du Bobin avec ce mélange de nature, d'humain, de transcendant est une vraie cure pour retrouver ce chemin vers le beau, le lent et ce qui touche notre intériorité profonde.

Et comme il l'écrit dans un de ses petits ouvrages "magiques", il y a toujours deux livres dans un livre. Le premier seulement est écrit. C'est le deuxième qui est lu, c'est dans ce livre du dessous que le lecteur reconnait ce qui, de l'auteur et de lui, témoigne de l'appartenance à une même communauté silencieuse.

Chut, en écoutant le livre du dessous, c'est un dialogue avec nous-même que réveille Christian Bobin.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 21:33
Agnès LEDIG, une romancière à la plume arc-en-ciel

Roméo, pompier professionnel, suite à une chute de 8 étages en voulant sauver un enfant, se retrouve dans un état grave à l'hôpital. Une infirmière, Juliette ( quel hasard ?) est prise de compassion pour ce nouveau et jeune patient au corps si abîmé après un long coma. Pourtant, quand Roméo prend conscience de son corps qui ne pourra peut être plus remonter sur la grande échelle, il tombe dans le désespoir mais Juliette lui réplique :

- Arrêtez de vous posez en victime. Oui, vous l'avez été, d'un terrible accident, mais ce n'est pas en vous vautrant dans ce statut de victime que vous vous en sortirez. Qui viendra vous plaindre ? Personne. Parce que çà n'avance à rien. Les autres aiment les gens positifs et joyeux, parce que les gens positifs et joyeux leur font du bien. Ceux qui se plaignent sans arrêt ne font pas de bien.....Quand je prends ma garde, j'ai envie que vous me fassiez un sourire, que vous parliez des progrès que vous avez faits, de ceux que vous espérez faire le lendemain, et aussi de quelques trois jolis moments que vous retenez de la journée passée, il y en a forcément, et de vous contenter de cela.

Ce court extrait vient du troisième roman "Pars avec lui" d'Agnès LEDIG,  dont la côte de popularité gagne du terrain, elle qui exerce avant tout le métier de sage femme en libéral et a commençé l'écriture avec la mort d'un de ses enfants. Qu'est ce qui touche tant dans la plume d'Agnès ? Pour ma part , j'ai relevé au moins quatre couleurs  de son bel arc-en-ciel d'écriture.

Première couleur : une densité de personnages habités dans leur fragilité, leur doute, leur fêlure, des personnages loin des John wayne, héros invulnérables et qui sont restitués avec leurs dialogues internes très vivants et qui se confrontent au fil des pages. Ces personnages qui peuvent nous rejoindre quelque part  dans leur ambivalence, adultes, grands parents, ou adolescents. Ainsi, Vanessa, la jeune soeur de Roméo âgée de 14 ans et qui vit une quête d'adolescente instable,  en mal d'affection.

Mon petit Toi chéri ,

J'en ai marre. Personne ne croit en moi. Ils pensent tous que je suis une ratée. On me demande toujours plus. Bien travailler en classe et aller là où on me dit d'aller, enfiler des patins et me tenir droite à table.....Des fois, j'aimerais être déjà adulte. Ou ne plus être là du tout. j'hésite.

Deuxième couleur : des enseignements de vie délivrés et non des leçons de morale. Ainsi Malou, la grand mère très aimée de Juliette qui évoque que le hasard n'existe pas et montre comment les épreuves malgré tout peuvent aussi contribuer à des prises de conscience salutaires.

Troisième couleur : la place importante des symboles et du symbolisme mêlé à l'humour. Deux personnages qui se retrouvent étrangement : Roméo le pompier et sa grande échelle et Juliette, jeune femme subissant un compagnon narcissique et culpabilisant. Le fameux gâteau Paris Brest qu'affectionne particulièrement Malou en souvenir d'un vrai amour connu à Paris en faisant la liaison Paris Brest. Bref, je ne vais pas tout dévoiler de ces symboles, clins d'oeil souvent chargés d'humour ou de profonde sensibilité, comme le sens de l'arc en ciel dans le drame subi par Juliette.

Quatrième couleur : sa plume vraiment arc-en-ciel, talent naturel d'Agnès qui nous entraine dans la tendresse pour la plupart de ces personnages sans tomber dans l'eau de rose car les épreuves et même la violence sont présentes au fil des pages. Cette plume dresse autant le tableau de scènes contrastées entre un compagnon par vengeance pour son ex qui jette toutes les affaires par la fenêtre  jusqu'à des paysages de montagne alpine au contact des  bouquetins

De "Marie d'en haut", en passant par " Juste avant le bonheur"  et " Pars avec lui", j'aurais envie de vous dire que partir en voyage avec un roman d'Agnès Ledig, c'est vraiment goûter à la beauté des âmes, des sensibilités, des écorchures dans la douceur, la bienveillance, entre rire et larmes, avec un mot cher à Agnès : respect.  Mot qu'elle définit elle même : sentiment qui porte à accorder à quelqu'un une considération admirative, en raison de la valeur qu'on lui reconnaît, et à se conduire envers lui avec réserve et retenue. C'est peut être aussi là un des secrets d'écriture d'Agnès Ledig, des personnages parmi d'autres qui encouragent le respect, la bienveillance au delà des douleurs, des souffrances, des résistances à se laisser aimés. Respect Agnès Ledig !

 

 

 

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 20:05

J'ai fait un rêve. Fini les constatations sur la morosité de la météo, du climat social, du climat politique et du yoyo des variations saisonnières sur nos humeurs chagrines. Un rêve dans lequel les médias, notamment les journaux télévisés de 20h font le choix d'autres informations en donnant la parole aux agissants pour plus de solidarité, de soutien aux plus démunis, aux promoteurs d'aide humanitaire à tout niveau, aux développeurs d'invention à visée collective utile, ou encore aux porteurs de parole de sagesse les incarnant dans leur vie.Bref, un monde nouveau où il s'agit davantage de coopérer que de gérer son petit ou grand territoire dont la réalité est une fiction . Qui possède quoi en fait ?

Et j'ai vu surgir comme étoile filante pour nourrir ce rêve une force de vie, une énergie ascensionnelle et qui me semble porter un nom dans notre langage d'aujourd'hui : l'optimisme. L'optimisme n'est pas prendre des lunettes roses pour voir une image rosée de la vie, c'est davantage un regard réaliste qui s'attarde sur ce qui peut donner du goût, du beau, de l'espérance dans un geste, une parole, une réunion, un événement. Cet optimisme de fond ouvre un regard sur le rayon de soleil perceptible à travers une énorme couche de brouillard. Il ose persévérer et en même temps patienter pour trouver des opportunités, ouvrir des fenêtres sur un champ de possibles. Philippe Croizon, amputé des quatre membres, suite à une décharge électrique de 20 000 volts alors qu'il voulait démonter l'antenne de télévision de sa maison, après des mois de galère où il se pose la question de vivre ou de mourir, a fait un choix radical : il choisit la vie. Il se lance un défi qui parait irréaliste : traverser la Manche à la nage avec ce qu'il est ! En 2010, avec des palmes spécifiques, il réussi cet exploit. Lien avec l'optimisme ? Vous l'avez deviné : Philippe a décuplé son optimisme dans la vie. A Paris, les 16 et 17 mai 2014 au printemps de l'optimisme, il a été un des principaux témoins vibrants pour une première réalisée sous l'égide du conseil économique,social et environnemental. Là, ce n'est plus un rêve !

Finalement, le rêve est en marche : cette première mêlant grosses têtes, têtes de tous les jours, jeunes générations, générations plus âgées, élus politiques de tous bord, hommes de médias, chercheurs, enseignants, chefs d'entreprise, et même un grand chef cuisinier a réussi un énorme pari : casser les cloisons entre les hommes et tisser une toile d'énergie collective créative ouverte sur l'avenir. Cet événement ne change pas le monde et pourtant il enclenche un premier pas vers une nouvelle conscience. Nous pouvons, chacun, depuis notre fenêtre, bouger les lignes, non par la force, le pouvoir, ou encore l'argent mais d'abord par un autre regard sur son voisin de palier, de travail , sur son pays et sur le monde. Cet optimiste est loin d'être naif, simplement ,comme le suggère Alexandre Lockart, il ne refuse jamais de voir le côté négatif des choses, il refuse simplement de s'attarder dessus. En effet, celui qui veut cultiver l'optimisme aiguise son regard pour relever, mémoriser, se réjouir de ce qui fait la vie dans ces petites choses du quotidien, le regard bienveillant et souriant de la boulangère, un appel téléphonique encourageant d'un collègue sur un projet, le regard sur deux enfants qui s'amusent comme des fous dans l'eau d'une fontaine. L'optimisme, comme un torrent jailli du rocher, irrigue notre vitalité, renouvelle notre conscience, et nous ouvre à la communion avec le cosmos...

 

LE PREMIER PRINTEMPS DE L'OPTIMISME

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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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