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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 21:10

 

LE SILENCE INTERIEUR, une ressource qui mérite d’être cultivée.

 

Nous sommes une quinzaine d’adultes face à la mer, en silence, baignés par son murmure régulier du flux et reflux sur la plage. Avec mon groupe de marcheurs nordiques, l’animateur que je suis, leur a proposé de vivre une petite nouveauté. 5 minutes les uns à côté des autres tournant notre regard vers la mer en laissant nos yeux se poser, sans chercher à cogiter, juste goûter ce qui est donné à voir. Waouh ! Pour ma part, le halo de réverbération du soleil sur les flots m’attire, me retient et je reste là en oubliant passé et futur. Presque une communion avec le soleil qui nous a réchauffé en cette matinée d’octobre.

Petite expérience qui m’invite à évoquer ce que je considère comme le grand maitre spirituel du XXIème siècle : le silence intérieur. Trop de bruits, trop de de connexion aux outils numériques, trop de suivi médiatique en continuité qui pourraient nous conditionner à n’être que des réceptacles d’information tout azimut dans le contexte actuel d’une crise sanitaire durable. Un remède pour échapper à cet enfermement subtil, indolore en apparence, est la possibilité de revenir à soi, de se retirer pour taire le moteur incessant du mental (plus de 60 000 pensées par jour) pour se reconnecter à soi, à son intériorité ? Oui, ma conviction intime est que ce remède non vendu en pharmacie est le silence intérieur.

Comment l’approcher, comment le définir ?

Je m’appuierai surtout sur des maitres en sagesse de diverses traditions. Le moine zen d’origine vietnamienne, Thich Nhat Hanh, reconnu pour son enseignement pour la paix, précise : « En réalité, le silence vient du cœur…Il y a des moments où nous croyons être silencieux parce qu’autour de nous, il n’y a aucun bruit ; mais à moins de calmer notre esprit, le bavardage continue intérieurement. Ce n’est pas le silence véritable. Il s’agit d’apprendre à trouver le silence au cœur même de toutes les activités. » (extrait les bienfaits du silence). Ainsi, si la méditation aide à cultiver par l’immobilité, la centration sur le souffle et le fait de laisser passer toute pensée comme un nuage dans le ciel,  et donc indirectement le silence intérieur, il est aussi important de pouvoir retrouver ce silence au cœur du quotidien. Retrouver ce silence dans une rue piétonne fréquentée, à la caisse bruyante d’un supermarché ou encore dans une rame de métro aux heures de pointe…pas facile. Et pourtant, l’enjeu est de taille : préserver notre âme, notre connexion interne au cœur du quotidien pour sortir des conditionnements ambiants. Laurence Freeman, directeur spirituel de la communauté mondiale pour la méditation chrétienne souligne les vertus de ce silence intérieur : « Le silence est véridique. Il est guérison. Il pacifie les tourments intérieurs. Il est le remède à la colère destructrice, à l’anxiété, à l’amertume. » Le silence devient ainsi un élément essentiel tant de notre santé psychique que de notre croissance spirituelle.

Comment le cultiver en dehors de nos temps de méditation immobiles ?

Dans cette quête très personnelle, j’ai expérimenté plusieurs manières que je vous partage (sans prétendre à l’exhaustivité). Se reconnecter à des moments de contemplation gratuite dans la nature : s’arrêter à l’occasion d’une randonnée et regarder le paysage pour s’en imprégner sans chercher à analyser (expérience citée en début d’article relative à la contemplation de la mer). C’est ainsi une manière de court circuiter notre mental galopant pour retrouver le canal direct des sens : la vue d’un beau panorama marin, forestier, montagnard, rural… ; l’ouïe pour entendre le bruit des vagues, du vent, des oiseaux, …Autre manière dans le cadre d’une journée de travail : pratiquer la pause respiration . Comment ? Lâcher votre souris, vos compagnons numériques si ce sont vos outils de travail, fermer les yeux et revenir à une respiration profonde d’inspire et d’expire, souffler, bailler, et laisser émerger ce qui émerge. Cette pause sans parole avec soi-même peut devenir un rituel quotidien (recommandé au moins une fois par demi-journée) et peut s’avérer ainsi un antidote puissant à la tendance «  non-stop » d’une journée dans laquelle certains mangent même devant leur ordinateur ! Et il m’arrive parfois, en cours de journée, de manière inattendue, dans la concentration d’une tâche « d’entendre » le silence, de goûter cette douceur intérieure pleine, une forme  de flow (1).

Pour l’heure, j’ai évoqué essentiellement le silence intérieur pour chacun. Je rêve aussi d’une culture du silence partagé dans les lieux de décision politique, économique ou encore au sein du secteur professionnel. Imaginons un conseil des ministres commençant par une minute de silence pour inviter chaque ministre à se reconnecter à lui-même. Cette invitation mériterait d’être adressée aussi aux députés comme aux sénateurs. Quel effet ? Sans doute des énergies moins gaspillées en lutte verbeuse pour plus de lucidité sur l’impact de sa parole ! Et tout simplement évoquons toutes ces réunions professionnelles dans lesquelles chacun est déjà arc bouté sur son dossier à défendre, sa position à sauvegarder…et qui pourraient aussi intégrer un prologue en silence pour que chacun se reconnecte à lui-même.

Et si cultiver le silence intérieur était une manière de nous ouvrir de manière plus authentique aux autres, d’entrer dans des relations moins égotiques, plus tolérantes dans l’accueil des différences de personnalité, de culture, de pensée de religion…. Nous en avons cruellement besoin en ce monde.

Pour aller plus loin, article sur ce blog

Ecouter le silence à l'intérieur, pour plus de conscience de soi et du monde.

  1. Le flow, concept de la psychologie positive, est un état mental atteint par une personne lorsqu'elle est complètement plongée dans une activité et qu'elle se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Fondamentalement, le flow se caractérise par l'absorption totale d'une personne par son activité. (source wikipédia)
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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 17:25

Je suis venu seul,

Volontairement seul dans ce lieu,

Espace plongé dans la fraicheur du silence.

 

Je me sens convoqué à revenir à moi-même.

Mais ce silence me semble parfois oppressant,

J’ai presque envie de fuir, de retrouver mes bruits habituels.

Une voix intérieure m’arrête dans ce cogitus :

« Reste, patiente, laisse toi habiter par lui »

 

Qui lui ?

Le silence, mon moi profond, Dieu, le tout autre ?

Mes pensées tourbillonnent dans ma tête comme des papillons de nuit.

Défilent mes soucis du quotidien, mes obsessions et mes peurs.

J’ai bien du mal à stopper  ce galop effréné du mental.

 

Alors, brusquement, une intuition jaillit, je lui parle.

 

Les pensées polluantes s’éloignent, le ciel s’éclaircit.

J’accepte d’être là, tout simplement ici avec lui.

Le silence me sourit.

Depuis la nuit des temps, des hommes et des femmes ont compris en leur fort intérieur l'importance de se retirer du monde, de se retrouver eux-mêmes dans le silence,  comme Saint Antoine qui , au IVème siècle, passa même 13 ans au désert. A l'heure des écouteurs blancs "vissés" dès le matin dans les oreilles des jeunes comme aussi d'adultes  et reliés à un compagnon numérique, à l'heure de l'information journalière en continue et en répétition sur les médias et les réseaux sociaux, à l'heure où nous acceptons d'être interrompus pas la vibration de nos smartphone toute la journée y compris durant les repas , il est urgent de retrouver, à mon sens, le goût oublié du trésor du silence intérieur. Pourquoi ?

L'être humain, dans sa biologie et notamment celle de son cerveau, a besoin de zones, d'espace temps sans bruit, sans image, sans stimuli permanent extérieur. Cette alternance est un élément de vitalité. Et nous savons bien les méfaits sur  des personnes constamment entourées de bruit sur les openspace au travail, sur les chantiers, dans les grandes surfaces, dans les transports en commun. Une expérience avec des souris exposées à 2 heures de silence par jour a montré qu'elles fabriquaient de nouvelles cellules dans le cerveau stimulantes pour la mémoire et l'apprentissage ( cerveau et psycho de décembre 2016; article de Christophe André.)

L'être humain a besoin de se reconnecter à lui-même avec tous ses sens régulièrement pour rester dans un état de santé. La pratique de la méditation par de plus en plus de personnes témoigne de ce désir de pouvoir se poser, se déposer et même se reposer, rien qu'en écoutant un silence extérieur.

Et pourtant, les méditants le savent bien eux-mêmes, le silence extérieur n'arrête pas le flux de pensées, le vagabondage mental qui est le lot quotidien de chaque être humain. Comme dans une plongée en grande profondeur, il existe des paliers qui peuvent nous entraîner vers un silence de plus en plus intérieur, connecté à la source de vitalité.

Comment s'y prendre pour descendre vers ce silence intérieur ?

Les hommes de sagesse de tout temps, et aujourd'hui le Dalaî Lama ,  reconnu universellement  homme de paix, en méditant quatre heures par jour, nous montrent une voie. Rassurons nous. Il y a un premier niveau qui pourrait consister à se donner l'autorisation de pratiquer des pauses de silence au cours de sa journée. Stopper la machine cérébrale avec son cinéma intérieur permanent en contemplant un paysage en campagne ou en ville. Sur son lieu de travail, trouver un espace pour faire une pause sans compagnon numérique, en fermant les yeux, en respirant profondément et amplement et en relâchant le corps, c'est ce que j'appelle la pause respiration. En milieu urbain, pour celui qui a difficulté à s'isoler du bruit, il y a encore les églises qui offrent un espace ouvert à tous. Ces pauses de silence, de respiration, de "retrouvaille avec soi" peuvent devenir des réflexes, même des rituels pour se rebrancher à son soi, son énergie vitale.

Thierry Janssen,  à l'origine médecin et devenu , avec un parcours professionnel atypique, philosophe de vie, propose  une descente en soi en quatre étapes : instaurer le calme mental et la détente corporelle, ouvrir le cœur, écouter le silence à l’intérieur, et quatrième étape, se désidentifier du moi, laisser se révéler le Soi et connaitre la joie.

Un des fruits de cette descente régulière dans le silence intérieur est la capacité qui grandit d'écouter autrement . Ecouter sans être aspiré par le flot de l'interlocuteur, sans être submergé par le trop plein, écouter avec une oreille intérieure.

Celle qui nous murmure simplement : " Sois présent, totalement présent, c'est tout."

 

 

 

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 21:25

"Regardez la concrétion au dessus de vos têtes. La stalactite semble fusionner avec la stalagmite. Regarder plus finement. En fait, il y a encore 2 centimètres qui les sépare. Il faudra environ 100 ans pour que la stalagmite progresse d'un centimètre en hauteur. Donc, elles fusionnerons dans environ 200 ans !" La jeune guide de la grotte de Clamousse, près de Saint Guilhem le Désert nous interpellait sur la relativité du temps. Aucun des touristes présents, ni même les plus jeunes enfants ne pourront voir cette fusion.

Quel contraste entre cette grotte à température constante de 15 degrés sur toute l'année avec notre actualité estivale constituée d'événements sportifs et politiques avec un niveau d'amplification médiatique exorbitant.

Sans porter de  jugement sur les événements médiatisés en cet été de canicule, je relève simplement comment l'émotionnel nous fait vibrer avec un risque de confusion et de disproportion.

L'équipe de France de football a bien remporté la coupe de monde de football le 15 juillet, 20 ans après la victoire historique en 1998 au Stade de France. Délire dans les rues des grandes villes avec des slogans " on a gagné !" accompagnés de drapeaux bleu blanc rouge. Cette fête qui a eu le mérite d'amplifier des émotions positives dans les rues s'est fondée parfois sur une confusion. Aucun français n'a gagné si ce ne sont les joueurs de l'équipe de France en comptant aussi les remplaçants qui reçoivent leur médaille. Ce phénomène d'identification m'apparait complétement excessif. Avons nous vraiment besoin de cette identification-confusion pour oser faire la fête avec nos voisins ?

Un autre exemple se révèle avec l'affaire dite Alexandre Benalla, conseiller de sécurité du président, projeté devant les médias suite à une violence exercée contre un manifestant à l'occasion du défilé du 1er mai à Paris. Une affaire qui surgit comme Zorro au cœur de l'été après la victoire des bleus. Je suis resté scotché par l'ampleur déployée autour de cette affaire : commission d'enquête de l'assemblée nationale,du sénat en plus de l'enquête judiciaire traditionnelle. Quel arsenal avec certains médias qui ont relayé les auditions heure par heure !

Et si, sans nier le fait de violence et le symbolisme rattaché à son auteur et le fait de victoire d'une équipe emblématique, nous apprenions l'art de prendre distance, de relativiser, de redonner du sens à l'essentiel. Dans 200 ans, qui se rappellera la victoire de l'équipe de France ou l'affaire Benalla ? Dans 200 ans, au fond d'une grotte dans l'obscurité et le silence,  devrait s'unir  une stalactite et une stalagmite.

 

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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 14:39

Dialoguer avec sa peur ?! Quelle idée incongrue !

Quand quelqu'un éprouve une peur, paralysante, envahissante, obsédante qui lui noue la gorge, crée de la tension dans le cou, le ventre , met le cœur en état d'alerte, il n'a souvent qu'une idée en tête : la fuir. Si cette émotion a sa grande utilité pour nous prévenir d'un danger immédiat ( c'est sa fonction originelle liée à notre préhistoire d'homme des cavernes),  comme la vision d'un véhicule qui ne nous a pas vu traverser un passage piéton. Le réflexe de peur nous fait retirer instinctivement le pied in extrémis et nous évite d'être percuté et blessé.

Mais le grand Mais à l'âge de la révolution numérique, de l'intelligence artificielle, d'un monde dit moderne  est le constat que beaucoup de nos peurs sont alimentées par un cerveau mental en ébullition permanente qui peut fabriquer très vite des scénari catastrophes... qui ne se dérouleront jamais ! Peur de ne pas être à la hauteur d'un nouveau job,  de perdre un emploi, peur de ne pas pouvoir rembourser un emprunt, peur avant une réunion qui s'annonce difficile, peur d'être découvert dans sa fragilité, peur de vieillir, peur de certaines maladies etc....toutes rattachées à la racine des peurs : la peur de mourir.

Bonne nouvelle après ce paragraphe qui pourrait "plomber" l'ambiance de l'article. Il existe une autre manière de "traiter la peur" sans médicament ( attention, dans des circonstances de grande fragilité, mieux vaut une consultation médicale et une médication adaptée que s'en remettre à soi-même tout seul). Cette autre manière est remarquablement décrite par Tara Brach, psychologue américaine et professeur de méditation, dans son ouvrage culte : "l'acceptation radicale". Quelle est l'approche proposée ?

Je résumerai cette approche par trois mouvements : se mettre au contact de ses sensations sans les juger; entrer en dialogue avec sa peur; élargir son champ de conscience au delà de la peur. Reprenons tranquillement ces trois mouvements :

Se mettre au contact de ses sensations : "ok, j'ai la gorge nouée, çà gargouille dans le ventre, j'ai des raideurs dans le dos, mon cœur bat vite,..." La méditation peut contribuer à accueillir ces sensations qui n'ont rien d'anormales, elles témoignent de cette émotion que chacun aimerait bien faire disparaitre d'un coup de baguette magique. J'accueille et ainsi je descends un peu plus du mental enfermé dans la cage étroite de la peur.

Entrer en dialogue avec sa peur : c'est d'abord lui envoyer un message direct "Oui,peur "machin", je t'accepte." et l'expérience montre que le ballon bleu de la peur se dégonfle déjà un peu. Et lui poser la question " Qu'est ce qui t'effraie encore, ballon bleu (1) ?". Laisser émerger tout ce qui vient sans tabou ni censure. Si je suis engagé sur un chemin spirituel, je peux "remettre cette peur" à  plus grand que moi, Bouddha, le Christ... . Trouver refuge, retrouver sa source intérieure, retrouver un point d'ancrage pour échapper au torrent d'émotions liées à la peur.

Elargir son champ de conscience . Facile à écrire, pourriez vous objecter. Mais quand chacun est englué dans les méandres d'une peur, cette ouverture est loin d'être naturelle ! A travers,  si besoin, un accompagnement par un thérapeute, une méditation orientée, la respiration peu s'avérer un bon guide. A l’inspire, j'entre en contact avec toutes mes sensations immédiates, je les accueille. A l’expire, je lâche prise et je visualise le ballon bleu de la peur ou les vagues de la peur (1) qui s'éloignent dans l'univers ou l'océan.  J'aime bien la manière dont Tara formule ce final accessible dans un travail avec soi dans le temps : "Ainsi l'énergie ne finira-t-elle pas ensevelie, vouée à pourrir. Au lieu de fortifier en vous le moi craintif qui cherche à fuir l'existence, vous gagnez toujours plus en confiance. Vous vous sentez plus vivant que jamais."

Oser tester, expérimenter. Et si la peur machin, truc, ou bidule était une forme de cadeau caché ? Comment ? En considérant que chaque "voyage avec sa peur" à travers ces trois mouvements est une occasion de transformation et de libération intérieure.

 

(1) en nommant "ballon bleu" ou vagues, c'est une manière de donner un visage à quelque chose d'informel, d'émotionnellement diffus. L'humour est un ingrédient accélérateur dans ce dialogue.

 

 

 

 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 20:50
ombre et lumière de l'aube

ombre et lumière de l'aube

Titre qui peut surprendre : éloge de la vulnérabilité à l'heure de la glorification des gagnants de ce monde : les réussites commerciales, économiques de multinationales, de banques, de starts up, d'artistes ou encore les réussites sportives de ceux qui gagnent et qui affichent leur hégémonie .

Pourquoi faire l'éloge de la vulnérabilité dans un monde qui prône le culte

de la performance, de la gagne ou encore du pouvoir ?

D'abord, j'en appelle à la fragilité de nos structures d'organisation humaine face aux phénomènes météorologiques récents. Le cyclone Irma qui a ravagé l'île de Saint Barthélémy aux Antilles et la crue historique de la Seine que les spécialistes de la protection des eaux ont bien du mal à endiguer. Au XXIème siècle, à l'ère d'une modernité technologique, des robots, de l'intelligence dite artificielle, notre planète reste cependant sous le coup de risques cycloniques, sismiques, ou encore d'inondations ou de réchauffement climatique pour lesquels , les moyens de prévention semblent parfois dérisoires.

La vulnérabilité signe aussi l'acceptation de sa fragilité humaine. Et la psychologie positive montre que cette fragilité est bien une part inhérente à la nature humaine et , qu'au contraire de vouloir la cacher, la nier, en témoigner peut contribuer à un rapprochement du lien social parfois dilué dans nombre de lieux de travail. La fragilité n'est pas nouvelle. Notre psyché  est colorée  de zone de soleil, nos forces de vie, de résilience que Martin Seligman, psychologue américain a su promouvoir avec son questionnaire (1) déjà utilisé par plus de 3 millions de personnes dans le monde . Ces zones de soleil ont aussi leur contre partie avec l'ombre, cette partie que nous avons bien du mal à accepter, à accueillir, et que nous refoulons au plus bas de l'inconscient. Apprivoiser son ombre, comme l'indique le titre du livre de Jean Montbourquette, psychologue québécois, est un chemin qui vise à "repérer" autant que possible , dans un travail patient d'observation de soi, de ses rêves, d'un retour à l'enfant blessé, ce que nous avons rejeté de notre personnalité.

Accueillir sa vulnérabilité, c'est un peu entrer dans la posture d'un artiste sculpteur qui souhaiterait recoller deux parties complémentaires d'un cercle : un demi cercle solaire et un autre demi cercle dans l'ombre. Il y a un enjeu individuel à "recoller ces deux parties" pour trouver davantage de cohérence, d'unité et de liberté intérieure...dans un travail sur soi patient . Il y a aussi un enjeu social car j'observe que les individus qui "héritent" de situation de pouvoir important sur un Etat, une entreprise, ou un business et qui n'ont pas appris à accueillir cette vulnérabilité liée souvent à une enfance  propre à chacun, peuvent se laisser submerger par leur Ego. Quel risque ? A l'image de ce qui se passe aux Etats Unis avec un président "hors norme", Donald Trump , qui peut prendre des positions et des décisions impulsives, irrationnelles, manifestation d'un EGO immature et d'une non reconnaissance de sa fragilité interne.

Dans l'histoire biblique, Saint Paul a insisté sur une conviction qui peut faire débat par son paradoxe "C'est lorsque je suis faible que je suis fort." Sans vouloir jouer les exégètes, il me semble que cette croyance déjà très intuitive pour son temps pourrait se traduire aujourd'hui par : " Accueille ta fragilité, ta vulnérabilité et tu gagneras en force intérieure."

En ce début d'année, je formule un voeu, sous forme d'une intention envoyée à l'univers, pour que davantage de grands leaders  politiques, d'entreprises publiques et privées, d'organisations ancrent leur engagement et leur vision à partir de cette forme de lucidité et d'humilité. Car c'est l'ensemble de l'humanité qui est concernée.

(1) site américain www.viacharacter.org

 

 

 

 

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 23:08

Regarder un enfant, un petit enfant. Il est avec l'instant, il joue avec ses jouets, explore, grimpe, monte, descend, trébuche et recommence sans lassitude. Cet enfant vit chaque seconde comme une nouveauté sans arrière pensée. Il peut nous émouvoir avec ses sourires désarmants ou encore nous pousser à bout avec ses cris , ses pleurs, ses coups de pied rageurs.

En grandissant, cet enfant devenu adulte va créer un rapport au monde qui peut osciller entre le déni et l'acceptation. Bien sûr, idéalement, nous souhaiterions probablement tous vivre l'acceptation de ce qui vient sauf ce qui peut nous révolter comme la mort, la souffrance et la violence. Oscultons d'un peu plus près ces différences pour mieux repérer nos attitudes parfois ambivalentes.

Déni = refus de la réalité, refus de regarder en face les choses.

Je suis en colère et je déclare : 'Non, je ne suis pas en colère' sur un ton sec.

Le déni est aussi un mécanisme de défense face à une souffrance, la perte d'un proche, d'un ami ou d'un enfant. 'Non, ce n'est pas possible. Cet accident de la route n'a pas pu le tuer. C'est un cauchemar...". C'est notamment l'américaine Elisabeth Kubler Ross qui a montré le cycle qui va du déni à l'acceptation avec une phase de colère et de marchandage.

acceptation du réel  = accepter ce qui est même s'il ne me convient pas, me fait souffrir d'une manière ou d'une autre.

Accepter, c'est dire oui à la vie sans forcément se résigner.

Mais voilà, ce beau chemin vers l'acceptation si prisé en développement personnel, repris récemment par Christophe André, psychiatre dans une rubrique sur France Culture, s'enraille de mon point de vue quand manifestement, nous refusons d'accepter des faits proches, des faits intimes qui nous heurtent dans notre conscience, nous choquent, ou encore nous indignent.

Un enfant qui décède tragiquement dans l'âge de la vie sur un "stupide" accident de la route, une maman qui rayonnait en communication et qui se coupe progressivement de sa famille, de son conjoint et de ses enfants adultes dans l'enlisement de la maladie d'Alzheimer.

C'est pourquoi, confronté personnellement à ces refus d'acceptation, je plaide pour un accueil pauvre, humble de nos non -acceptations et pouvoir dire oui en toute simplicité et honnêteté avec soi-même.

Oui, je n'accepte pas ce décès tragique de mon ami...

Oui, je n'accepte pas la perte de communication de ma mère atteinte de la maladie d'Azheimer,

Oui, je n'accepte pas qu'en 2017 l'écart entre pauvres et riches en France et sur la planète terre continue de s'accroitre...

Par ailleurs, je retiens que beaucoup de combattants pour la vie, pour un mieux être social comme l'abbé Pierre ont déclenché leur élan, leur motivation et énergie à partir d'un refus, d'une non acceptation.

Hiver 1954, si loin et si proche, l'abbé Pierre refuse que des hommes et des enfants meurent de froid dans Paris qui atteint des températures sibériques et lance un appel à la générosité des parisiens pour recueillir des couvertures...c'est le début du grand mouvement humanitaire d'Emmaus. Le refus de la misère a conduit à créer un mouvement d'ampleur national toujours actif et  toujours utile en 2017.

Alors, au coeur de cet été où nous pouvons côtoyer des mondes et réalités très variées, petit exercice de réflexion pour soi-même et faire la paix avec nos non-acceptations.

-qu'est ce que je n'accepte pas autour de moi ?

- Comment je regarde ces "non-acceptations" ?

Enfin, à quelle action "éventuelle" m'invite cette non acceptation...en reconnaissant que nous n'avons pas tous une vocation d'abbé Pierre. Et Marc Aurèle, empereur et philosophe romain nous ouvre aussi à une vue plus large :

" Mon dieu, donner moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d'accepter celles que je ne peux changer, et la sagesse de distinguer entre les deux".

 

 

 

 

 

 

 

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 07:27

Il est déjà là. Il frappe à la porte du bureau de manière rude. Vous n'avez même pas le temps de répondre " pas disponible" ou encore " ce n'est pas le moment". Il est campé face à vous, il attend une réponse et vous place en situation désagréable, une sorte de manipulation-domination subtile. Pourtant, après coup, vous estimez en votre for intérieur qu'il abuse d'un pouvoir.

Elle se situe plutôt dans la catégorie "victime, plaignante dans la vie". Elle harcèle toute une administration en passant par le médecin de prévention, l'assistante sociale et bien sûr le pôle Ressources Humaines qui n'en peut plus. Chaque jour, elle manifeste son peu d'entrain à travailler, réclame un changement qu'elle croit possible. Ses collègues ont fini par l'isoler pour avoir la paix car elle leur complique le travail qui n'est pas si simple.

Autre cas, elle s'est retranchée dans son bureau, pratique des tâches qui n'ont pas bougé depuis 30 ans, s'estime indépendante et n'a besoin de personne. Sauf que l'entreprise est un réseau de collaborateurs interdépendants. Elle nie cette réalité y compris devant le PDG, estime que personne n'a pris conscience de tout ce qu'elle fait. Plus elle avance en âge et plus elle s'enferme, elle s'emmure dans ses croyances, sorte de bastion pour cacher...sa peur ?

Ces trois portraits s'inspirant de réalités vécues au sein du monde du travail partagent un point commun. Pour leur entourage, ces trois personnes sont dévoreuses de l'énergie des autres. Elles épuisent leur environnement humain qui peut se sentir parfois vidé, culpabilisé ou encore impuissant devant des comportements répétitifs que je qualifie d'énergivores. C'est une sorte de pouvoir, de pression malsaine entretenue avec plus ou moins de conscience. En face, beaucoup baissent les bras. "Ca fait des années qu'il/qu'elle est comme çà, on ne le/la changera pas..." Comme s'il n'y avait rien à faire, rien à tenter .

Vraiment, croyez vous qu'il n'y a absolument rien à faire ?

Rien à faire si je reste centré sur ces personnes que nous enfermons parfois sous le vocable de CAS. Par contre, en utilisant le processus de communication de Marshall Rosenberg avec cette question de départ :

"Face à cette personne que je qualifie d'énergivore, quel est finalement mon besoin prioritaire ?"

Peut être, ce désir de ne pas me laisser "manger" pour ne pas dire "bouffer" et prendre réellement distance pour sortir de cette contamination. Je prends alors conscience que j'ai vraiment un besoin fort de me protéger. Et là, j'ai à ma disposition une gamme de stratégies possibles :

- limiter les contacts avec la personne dite "énergivore"

- obtenir du soutien d'autres collègues et jouer collectif en partageant mon ressenti.

- aller plutôt chercher du ressourcement du côté des personnes "donneurs d'énergie" et heureusement elles existent aussi, parfois très discrètes et en même temps très présentes.

Et un jour, oser le courage de renvoyer à la personne une demande authentique et ajustée au moment et au contexte du style : "Quand vous vous adressez à moi de cette façon , (en précisant des faits.concrets).., je suis fatigué, parfois agacé. J'ai besoin d'être respecté(e) en tant que personne. Aussi, maintenant, je vous demande chaque fois que vous vous plaignez, de me faire une proposition concrète réaliste qui pourrait améliorer pour vous votre situation. Qu'en pensez vous ?

Il ne s'agit pas de prendre sur soi un nième singe sur ses épaules mais au contraire de s'alléger et de considérer que chacun mérite de porter soi-même son petit ou gros fardeau de plaintes, de rancoeurs, ou encore de déceptions.

Qui vous oblige à porter le poids des autres ? Personne.

 

 

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 09:37

" Vous vous rendez compte, vous me mettez en difficulté. Vous ne mesurez pas l'enjeu. Je risque de perdre de l'argent...Il faut vous activer", sur un ton ferme, direct avec une pointe d'accusation sous entendant " Vous êtes des incapables". Ce message est un des grands classiques des jeux qualifiés de  jeux psychologiques par le père de l'analyse transactionnelle, Eric Berne. Décodons ce qui est  malsain dans cette forme de langage qui nous éloigne d'autres jeux plus sympathiques comme les jeux de société.

A première vue, l'auteur du message exprime une indignation face à un interlocuteur qu'il secoue par le langage pour l'inviter à réagir. Légitime , pourriez vous même penser compte tenu qu'il y a un enjeu financier si l'interlocuteur ne réagit pas. Mais, il y a un grand MAIS. En l'occurrence, l'interlocuteur mis en accusation avait manifestement fait son possible pour répondre déjà à la pression de son interlocuteur. La pression exercée de manière subtile cache plusieurs éléments malsains : un message sous-jacent et culpabilisant (bref, vous êtes un incapable de ne pas avoir trouvé de solution) et une relation de pouvoir ( je ne vous lâcherai pas tant que vous ne m'aurez pas donné satisfaction..). La question posée si nous nous plaçons du côté de celui qui reçoit ce message toxique est finalement "Comment sortir de la pression en évitant de se sentir coupable, humilié et rabaissé ?

Sur le champs, l'expérience montre que ce n'est pas facile car l'effet surprise et l'appât peuvent nous mettre de manière automatique dans une réaction de justification du style :

" Mais nous avons déjà tout fait pour répondre à votre demande. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus..." Une telle réponse de justification est déjà celle d'une victime...face à un  persécuteur.

Et le triangle dramatique de Karpmann, discipline d'Eric Berne resurgit. La victime, à son tour, pourra ensuite chercher un moyen de se venger de ce persécuteur qui profite de la situation. Et, les chaises musicales se mettent en place : un jour victime, le lendemain persécuteur; Ou encore une victime qui cherchera une oreille compatissante, celle d'un sauveur pour tenter de se réconforter...mais en restant victime !Extrait de « boostez votre parcours professionnel avec le mind mapping »

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de "booster votre parcours professionnel avec le mindmapping"

Quels sont alors les autres postures qui pourraient limiter " la casse" ou mieux, éviter de se sentir pauvre victime d'un méchant persécuteur ?

- l'humour décalé, exagéré : " Comment, vous nous dites que nous sommes les grands responsables si vous perdez de l'argent ? Avez vous déjà mesuré ce qui a été fait par notre service, notre entreprise,...pour répondre à votre requête ?" avec renvoi d'une question à son interlocuteur pour se dégager d'une pression accusatrice.

- le renvoi à une question de demande : " Ok, nous avons entendu votre inquiétude et l'enjeu financier. Mais maintenant qu'est ce que vous demandez précisément ?

- le silence qui demande une certaine capacité de présence à soi, d'ancrage qui peut déstabiliser le persécuteur prêt à rebondir sur la moindre réaction.

Dans le réel d'une situation, il semble utile de revenir à soi, à son ressenti avec un bref dialogue intérieur bienveillant avec soi-même :

-ok, j'entends une accusation , une pression, facile...je sens de la peur, de la colère qui monte en moi...je me sens un peu démuni pour trouver une réponse ajustée "socialement" acceptable..." Je prends le temps de me reconnecter par une respiration profonde, un ancrage au sol pour retrouver une stabilité intérieure.

Notre vie quotidienne en famille, au travail est environnée de jeux dits psychologiques qui nous coûtent de l'énergie, engendrent des relations de pression, de pouvoir, de manipulation. Il n'est pas toujours aisé de les décoder sur le champs. C'est un apprentissage dont l'enjeu en vaut la chandelle. Préserver, autant que possible avec son interlocuteur au message toxique, une relation adulte-adulte dans laquelle mon intention première est de créer une saine distanciation entre lui-son message "pression" et moi. Dans ce jeu, une alternative plus subtile existe aussi. Dénoncer le jeu avec un brin d'humour, un zeste de fermeté, et une dose d'empathie :

"J'entends tout ce que vous me dites depuis un moment.

A quel jeu voulez vous me faire jouer ? Moi, je préfère encore le Monopoly.

Alors si nous mettions carte sur table ?

Pas de recette magique dans les jeux, à vous de trouver votre style....Une chose partagée avec beaucoup : apprendre à repérer les amorces ou encore les appâts de jeu. C'est le premier pas pour gagner en lucidité.

 

 

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:24

Radin peut  évoquer le titre du film avec Dany Boon sorti sur les écrans en 2015. Un homme est tellement angoissé par la peur du manque qu'il va jusqu'à limiter ses dépenses en électricité chez lui en se couchant tôt...

Dans un axe diamétralement opposé, à l'occasion d'une session que j'ai animée sur la thématique "Les clés de la sérénité au travail", j'ai eu le désir de proposer un acronyme de quatre postures ou  mouvements qui contribuent activement à notre mieux être.  Cet acronyme est RADA.

R comme Respirer avec son abdomen. C'est ce qui est appelé couramment la respiration abdominale. Plus précisément, les spécialistes du souffle insistent pour souligner qu'inspirer plus d'oxygène est bon pour notre cerveau et qu'expirer profondément et longtemps est encore meilleur. En effet, cette expiration chasse davantage de CO2 et un excès de CO2 peut être rapidement source de perte de connaissance et de troubles de santé. Lorsque nous sommes essoufflés, c'est moins une question de  manque d'oxygène et c'est surtout parce que nous avons besoin d'éliminer le CO2. Conseil pratique : dès le matin, prendre de bonnes et longues respirations en gonflant le bas du ventre autour du nombril. Une astuce : poser la main à plat sur le ventre et constater son déplacement à chaque inspiration. Respirer en conscience est un bon signe de vitalité.

A comme S'Ancrer dans son corps.

Combien de fois par jour prenons nous conscience que nous habitons un corps et que nous ne sommes par réduits à un cerveau sur pattes ? Notre corps traduit ou trahit immédiatement notre état de forme pas seulement extérieur mais aussi intérieur. Un dos voûté, un mal de dos récurrent parlent plus sur soi que tout discours : j'en ai plein le dos.Comment revenir à son corps et en prendre soin ? Sans nécessairement aller dans les hauts lieux de centres de massage, de bien être qui fleurissent de plus en plus, un geste peu déjà nous remettre debout. S'ancrer, oui, s'ancrer dans son corps comme l'ancre maintient le navire près du quai, même s'il peut être agité par de grosses vagues. S'ancrer, c'est à l'image d'un arbre, reprendre conscience de nos racines, nos pieds bien arrimés au sol. S'ancrer assis, c'est retrouver une posture droite, digne et détendue comme en méditation. S'ancrer debout, comme dans un wagon de transport en commun, bus, tram ou métro, c'est s'amuser à garder sans raideur une stabilité malgré les secousses et les coups de frein. Enfin, s'ancrer signifie dans une relation interpersonnelle chahutée, garder les pieds sur terre, l'esprit clair et une forme de force tranquille. S'ancrer comme un arbre qui peut être agité par le vent à sa cime mais qui reste dans sa solidité profonde de son enracinement dans la terre. S'ancrer est une protection contre les agressions de toute sorte.

 

D comme Désencombrer le cerveau et le mental. Les pratiquants de méditation le découvrent dans les premières séances d'initiation. Nous sommes constamment du matin au soir traversés par des pensées, des émotions qui arrivent sans prévenir et parfois se bousculent, se klaxonnent à l'image du périphérique parisien aux heures de pointe. Que faire ? Les maitres en méditation vous répondraient avec humour : il n'y a rien à faire, juste laisser faire et se laisser traverser par ces pensées sans chercher ni à les juger, ni à les contrôler, et encore moins à les "résoudre". Un moyen concret de désencombre notre cerveau, c'est ce que préconise Dominique Loreau, française vivant au Japon et auteur de "l'art de l'essentiel" : désencombrer déjà notre environnement personnel et professionnel. Combien de bureaux, d'établis encombrés de piles de dossiers qui restent, stagnent et créent déjà un effet d'encombrement physique. Préconisation : nous ne pouvons gérer de manière concentrée qu'une chose à la fois. En bonne logique, les personnes dans les bureaux ne devraient disposer devant elle que du dossier en cours. Désencombrer son mental, c'est s'offrir un espace intérieur de silence pour retrouver son essentiel, son être profond.

 

A comme Accueillir ce qui est ici et maintenant. C'est le slogan du XXIème siècle : revenir à l'instant présent car le passé est résolu et nous n'avons plus de prise sur lui et le futur est une virtualité qui n'existe que dans notre cerveau.Et pourtant, rien n'est plus difficile car notre hamster comme le dit Serge Marquis, médecin québécois auteur de "On est foutu, on pense trop" nous déporte sans arrêt sur le souci de demain, du couple,  des enfants, du projet machin, de la relation difficile avec X ou encore d'une tâche ingrate Z que l'on voudrait repousser... STOP ! Un seul mouvement : une respiration avec un ancrage. Et oui, la respiration consciente associée à une conscience de notre ancrage nous ramène immédiatement dans l'ici et maintenant. Une invitation immédiate : arrêter la lecture et respirer tranquillement avec une expiration longue et lente, reprenez simplement conscience du contact des pieds sur le sol....

 

Vous ressentez ? Vous êtes là avec vous-mêmes. Avez vous besoin d'autre chose ?

Cette expérience de RADA est à votre disposition tous les jours à tous les moments. Il suffit d'un instant , d'un réflexe pour retrouver une personne qui est la plus précieuse pour nous, pour exister, pour nous relier aux autres : nous même.

Et je peux même jouer à respirer en deux temps : RA à l'inspiration....et DA dans votre longue et lente expiration.

Bon voyage avec vous-même !

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 21:38

Sagesse, un mot que nous aimerions tellement capter dans les médias et notamment par temps d'élection en France comme aux Etats-Unis et qui semble parfois si loin de propos impulsifs, caricaturaux, voire manipulateurs. Portée par une racine grecque, sophia qui a donné le nom à philosophe, étymologiquement, "celui qui aime la sagesse", la sagesse a traversé des temps de guerre et de paix comme une flamme olympique portée à tour de rôle par chaque relayeur. Mais rude tâche de vouloir définir en quelques mots ce qui peut caractériser les sages comme nos trois amis en quête de sagesse ( titre de leur livre collectif), Mathieu Ricards, Christophe André et Alexandre Jollien. Peut être qu'en s'isolant plusieurs semaines ensemble en milieu rural en Dordogne, ont-ils pris une décision de sagesse pour bien mûrir un ouvrage cohérent avec des apports complémentaires.

La sagesse est définie comme une des 24 forces de caractères dans le fameux test international relatif aux forces de vie et élaboré par deux grands psychologues américains de l'école positiviste, Martin Seligman et Christopher Peterson ( site viacharacter.org). Plus simplement, la sagesse incarne à la fois le discernement, la modération et peut être aussi une forme d'intuition du coeur. Le discernement est notre capacité à situer rapidement et lucidement ce qui est bon pour nous et pour le service. Il est d'autant plus utile quand nous traversons une zone de turbulence qui nous met à plat. Le discernement nous invite à prendre de la distance avec soi et avec des émotions envahissantes. Quant à la modération, c'est une forme de parole qui n'agresse pas, ne cherche pas la caricature et ne stigmatise pas mais au contraire vise à regarder le simple, le vrai et le beau. L'intuition du coeur est souvent rapide et spontanée en terme d'information captée en dehors de tout raisonnement. C'est l'appel à nos sens sensitifs et à notre petite voix intérieure dont nous avons bien besoin. La sagesse n'est pas une abstraction, réservée aux discussion de salon, elle s'éprouve au contact des autres dans la vie quotidienne. Un petit flash personnel pour vous le faire toucher du doigt. Je patiente devant un poste d'essence, une jeune femme me tend un billet de 10 euros en me demandant en échange un plein à 10€, sachant que la voiture est en panne sèche. Après un court moment de "répulsion" ( réflexe acquis devant tous les cas de harcèlement d'argent dans la rue), j'ai accepté de remplir le réservoir. A la fin, ils m'ont remercié du fond du coeur. Dans cette histoire, c'est l'intuition qui m'a fait répondre favorablement car j'eus soudain la vision que c'était honnête, sans détour. La sagesse, petite voix intérieure  m'a guidé directement sans filtre. Dans une acceptation plus large, la sagesse est aussi la capacité à faire référence à une expérience passée pour en tirer les meilleurs enseignements. Les hommes (et femmes) de GRANDE sagesse sont bien souvent des êtres spirituels à l'image du Dalaî Lama, du pape François ou encore des femmes de tempérament comme Soeur Emmanuelle qui, à 60 ans, est partie s'occuper des plus pauvres au Caire en Egypte. Alors, comment cultiver une telle pépite d'or dans sa vie ?

D'abord y penser, y croire et pourquoi pas tenir un petit cahier dans lequel je note des paroles, des intuitions qui ont eu du sens pour moi au cours de ma journée. C'est aussi se donner le droit de dire stop à trop de sollicitations ou encore prendre quelques respirations conscientes avant une décision importante. Bref, la sagesse s'incarne aussi dans l'espace du silence intérieur que nous savons plus ou moins vivre en nous, en dehors des pressions extérieures. Et justement, si nous nous laissions inspirés par un homme, une femme de sagesse pour lequel nous apprécions la posture, l'éthique, la manière posée de parler...Quand je pense au rire constant du Dai Lama avec tous ses interlocuteurs, comment ne pas penser à l'enfant intérieur que chacun de nous porte depuis sa naissance. Et si la sagesse travaillée était en quelque sorte une manière de redonner de la voix à notre enfant intérieur, celui qui étouffe parfois et qui toque à notre porte tous les jours ? Vous l'entendez ?

 

 

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  • : Le blog de Michel BERNARD
  • : ce blog est destiné à ouvrir un espace de reliance entre la psychologie positive, le coaching et le développement personnel.
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  • Michel BERNARD
  • Coach, praticien appreciative inquiry, et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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