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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 06:25

EPISODE 4 : LE "DRIM" DE LA SERENITE.

 

Montpellier, j'anime un atelier-conférence organisé par l'association happy planet days. J'inscris sur un tableau blanc 4 portes avec 4 lettres : D, R, I et M. Le Drim ou encore le dream, le rêve de la sérénité. Quelles sont ces quatre portes magiques à ouvrir pour accéder à la sérénité ?

Revenons sur terrre, pour préciser que j'ai présenté ces quatre  portes souvent mises en avant aujourd'hui dans la sphère de la psychologie positive ou encore du développement personnel.

 

 porte D comme Désencombrer son cerveau.

Notre cerveau mérite d'ailleurs que l'on s'occupe régulièrement et sérieusement de lui. Attention aux surchauffes des neurones au travail et veillons à son alimentation. Le cerveau consomme 25% de l'oxygène apporté au corps et est constitué d'environ 80% d'eau. S'oxygéner, surtout quand nous travaillons dans des bureaux plutôt fermés et boire de l'eau régulièrement dans sa journée sont des réflexes de santé. Enfin, dans des milieux professionnels dans lesquels la quantité d'information par courriel, téléphone, fax, réunions en tous genres et documents à télécharger bombarde notre cerveau parfois jusqu'à saturation, il est temps de poser quelques règles de désencombrement. Première règle : se concentrer sur une chose à la fois ou encore, à la manière d'un proverbe, ne pas courir deux lièvres à la fois. Une anecdote. Jeune professionnel, j'avais été reçu par un grand patron d'une association. A un moment, je lui pose une question technique. Il se lève, ouvre un placard fermé derrière lui et revient avec un dossier. Je précise que le bureau est vide de dossier et que ceux ci sont rangés, classés derrière lui dans des armoires fermées. Il m'avait alors expliqué qu'un de ses "maîtres" de formation lui avait enseigner l'art de désencombrer son bureau pour traiter un seul dossier à la fois. Effectivement, il se dégageait de cet homme plutôt robuste et posé, une impression de calme. Deuxième règle : éliminer ! Notre organe supérieur adore les opérations vide-grenier. Vider une messagerie une fois par semaine du "trop plein", faire chaque jour sa liste d'actions prévues et les rayer au fur et à mesure de leur réalisation. Ecrire immédiatement des petites tâches dans son agenda ou tableau de bord plutôt que de vouloir tout mémoriser au risque d'oublier. Enfin, je laisse la parole au docteur suisse Vittoz (1) qui, avec intuition, dans sa méthode dite de rééducation du contrôle du cerveau, invite à pratiquer régulièrement des exercices de réceptivité mentale pour couper à l'émissivite quasi permanente du cerveau à produire des idées, des pensées, voire des ruminations ou encore des obsessions. Ecouter le son d'une belle cloche jusqu'à son extinction, observer un avion dans le ciel le plus longtemps possible jusqu'à son effacement de notre vue...Ces exercices nous conduisent naturellement à ouvrir la deuxième porte.

 

porte R comme Respirer et habiter son corps.

Point n'est besoin de pratiquer des exercices sportifs intensifs pour respirer et réhabiliter son corps. Nous avons tendance à respirer par le haut, comme nous pensons par la tête. La respiration, à l'écoute des traditions orientales comme le yoga, le zen ou encore le qi kong, est plus profonde. Elle part de l'abdomen. Et nous pourrions même dire que tout le corps respire. Pratiquer au début de sa journée plusieurs respirations profondes, en associant si besoin un mouvement pour l'amplifier, a déjà un effet sur l'oxygénation du cerveau. Respirer et habiter son corps, c'est rester en éveil sur les tensions qui apparaissent en cours de journée. Un dos qui fatigue avec des muscles du trapèze trop sollicités. Plein le dos. Quelques mouvements d'étirements en respirant sont déjà des bouées salvatrices en cours de journée. Habiter son corps, c'est reconnaitre que nous ne sommes pas des cerveaux sur deux pattes et reconnaitre toute  la vitalité qui nous habite des pieds ( la réflexologie témoigne que le massage des pieds agit sur tous les organes avec des zones spécifiques pour chacun) ...à la tête ! Les yeux méritent une attention particulière surtout pour celles et ceux qui vivent des journées scotchés ,par nécessité professionnelle, devant un écran d'ordinateur. Le palming invite à placer ses mains en creux devant ses deux yeux  en les croisant au niveau du front pour faire le noir complet et ainsi permet d'ouvrir ses yeux dans une cavité noire sans lumière. C'est très reposant pour le nerf optique et il y a un effet de relâchement des tensions musculaires autour des yeux. Quelques minutes toutes les deux heures, comme la pause au volant pour les automobilistes, et vous retrouvez une vue plus nette et moins de fatigue visuelle en fin de journée. Notre corps reste notre meilleur armure contre les agressions extérieures, que ce soit la pollution de l'air, la pollution de messages agressifs ou simplement stressants. Marcher de manière consciente avec tout son corps, sentir le contact du sol à chaque pas, sa respiration rythmée, le balancement des jambes..et nous voilà propulsés vers la troisième porte.

 

Porte I comme se reconnecter à l'INSTANT PRESENT100 2276

Quand sommes nous ni dans le passé à repenser, à analyser un vécu, une situation ou encore à projeter dans un futur à organiser le lendemain, un projet, ou prévoir une tâche à réaliser ?  Vivre l'instant présent semble une quête légitime à laquelle chacun aspire mais qui ne semble pas si simple à mettre en pratique. Certains retrouvent cette qualité de l'instant dans la pratique d'une passion qu'elle soit sportive ou culturelle. Grimper une paroi rocheuse, dessiner une toile, ou encore marcher dans la nature en humant l'air de sapins ou la fraîcheur d'un sous bois peuvent nous reconnecter à nous mêmes dans l'instant présent. Dans une recherche plus absolue, le courant de la méditation de la pleine conscience suggère des temps d'arrêt d'activité dans un lieu calme pour laisser venir les pensées comme des nuages dans le ciel. Sans chercher à les arrêter, à les juger. Ces exercices de pleine conscience ont plusieurs vertus : reposer un cerveau souvent en hyperactivité ou encore prisonnier de son cinéma intérieur et gagner en lucidité sur ce qui tournoit régulièrement comme nuages dans notre ciel intérieur. Là aussi, le docteur Vittoz, précurseur, avait imaginé des exercices d'actes conscients : ouvrir et fermer une porte en sentant la poignée de porte comme l'enchainement de tous les mouvements, y compris le déplacement de l'air ou encore prendre une tasse de café en étant dans le geste de la prise de tasse jusqu'à humer l'arôme et porter la tasse à ses lèvres. Vivre l'instant présent nous ouvre à notre espace intérieur, notre lac intérieur. Nous pouvons lâcher davantage l'ego pour nous rapprocher de l'essence pourrait dire Carl Jung. Autrement dit, l'instant présent, c'est la porte de l'intériorité du moi, de l'âme, celle qui nous fait homme ou femme de manière  unique.

 

Porte M comme MERCI

En Californie, une étude conduite en 2003 a proposé de répartir des étudiants en trois groupes. Le premier notait durant une semaine cinq événements suscitant en eux un sentiment de reconnaissance. Le deuxième groupe notait chaque semaine  cinq soucis et le troisième était invité à noter cinq événements au choix. Résultats : à l'issue de dix semaines d'expérimentation, les participants du premier groupe ( ayant noté cinq événements positifs pour eux) ressentaient plus d'optimisme, de satisfaction dans leur vie quotidienne et étaient moins sujets à des migraines  ou à des troubles physiologiques. Que nous enseigne cette expérience ? D'abord que notre manière de filtrer les événements et de les connoter positif ou négatif est déterminante pour situer notre niveau d'optimisme et de satisfaction dans la vie quotidienne. Enfin, que cette manière de filtrer, de recueillir, de relire les événements peut se travailler et s'orienter. C'est la bonne nouvelle ! Cultiver le MERCI aux événements de sa journée, le cultiver tous les jours y compris dans les périodes creuses ou de grisaille, c'est orienter notre aptitude à l'optimisme, à l'élan de vie. Ce que ne dit pas l'expérience, c'est aussi que cette forme de relecture de journée partant de ce qui a été perçue, reçue comme cadeau ou élément positif, donne du sens tout simplement à notre quotidien.

 

Quatre portes pour un DRIM, un rêve. Un rêve ? Qu'est ce nous empêche finalement de les ouvrir là où nous sommes ? Le manque de temps ? Des habitudes quotidiennes autres ? La fatigue en fin de journée qui rendrait la relecture des 5 événements fastidieuse ? A chacun de regarder la porte qu'il souhaite ouvrir en priorité. Oui, un dernier mot. Derrière chacune de ces portes, est gravé le même message :

" Merci d'avoir ouvert cette porte. Tu vas rejoindre toutes celles et ceux qui l'ont franchi. Et plus vous serez nombreux sur ce chemin de sérénité et plus vous serez une force vivante pour lutter contre les maux du monde. La sérénité est le combat de la conscience au coeur du brouhaha de la vie."

 

(1) voir article sur ce blog : une tasse de thé...pleine de révélation !

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 14:10

EPISODE 3 : (RE) DONNER DU SENS A SON TRAVAIL

 

Notre XXI ème siècle , siècle des nouvelles technologies envahissant tous nos espaces de vie les lieux de travail, les lieux de vie, comme les moyens de transport collectif ( qui n'a pas observé la prolifération de ces deux bouts d'écouteurs blancs ou noirs coincés dans les oreilles de ses voisins dans un bus, un tram ou un métro urbain ?) interroge aussi sur le sens, sens de la vie et sens au travail. Qu'est ce qui fonde finalement le sens au travail, pour ne pas dire le bonheur au travail ? Ce sens sera aussi à appréhender comme moyen de prévenir  les situations de stress, de détresse, de désengagement, d'ennui, ou encore, les situations extrêmes de burn-out ou d'épuisement physique et psychologique nécessitant un arrêt de travail prolongé.

Nos "cousins" québéçois, avec une longueur d'avance, me semble t'il, ont investi depuis plusieurs années  des recherches sur le concept de santé mentale au travail . Et je vais m'appuyer sur le travail d'enquête de plus de dix ans et de conceptualisation d'Estelle Morin, psychologue et professeur à HEC de Montréal pour préciser le sens au sein d'un environnement professionnel.

Estelle MORIN a ainsi défini, à partir d'une analyse d'enquête auprès de salariés de divers secteurs professionnels, six composantes ou caractéristiques pouvant être associées à un travail qui a du sens.

  • L'UTILITE DU TRAVAIL.

Chacun, quel que soit son environnement, atelier, bureau, chantier, salle de cours, magasin ou moyen de transport, désire se rendre utile, sentir que son travail contribue à la société, au collectif. Cette utilite peut notamment se vivre quand le salarié se sent associé à un projet de développement au sein de son entreprise.

 

  • LA RECTITUDE MORALE DES PRATIQUES

Ce sujet est devenu particulièrement sensible en temps de crise quand les médias mettent en exergue que la crise profite à certains sur le dos des autres...Le respect des valeurs humaines, de l'équité de traitement pour un emploi comparable, de la justice, de la non discrimination raciale, sexiste et  le respect de la dignité humaine apparaissent un socle et un barrage face aux violences perverses observées sur certains lieux professionnels ( mise au placard, intimidation pour provoquer le départ, harcèlement sexuel et/ou moral...). En France, cette rectitude peut être explicitée au sein de réglement intérieur, de charte ou encore de projet. Le respect d'un certain nombre de "règles du jeu" clairement exposées dans un texte officiel peut contribuer à garantir le respect des valeurs humaines et fonder une forme d'éthique professionnelle.

  • L'AUTONOMIE

Certes, le niveau d'autonomie dans un poste de travail est très variable : de la standardiste contrainte sur des créneaux horaires  au cadre professionnel qui construit son emploi du temps sans horaire fixe, il y a un différentiel notoire. Ceci étant, l'autonomie au sens éthymologique, c'est "faire sa propre loi", s'autoriser à. Jusqu'où chacun , en fonction du style de management de son employeur, de la culture d'entreprise, et de son niveau de responsabilité, peut-il élargir son périmètre d'action ?

 

  • LES OCCASIONS D'APPRENTISSAGE ET DE DEVELOPPEMENT

Qui ne rêve de continuer, sur son lieu de travail, d'apprendre de nouvelles connaissances, de nouvelles techniques, de nouvelles habiletés et d'acquérir ou de renouveler des compétences ? La formation professionnelle dénommée aujourd'hui en France, à travers une loi,  "tout au long de la vie" peut être un bon vecteur d'évolution dans la mesure où le salarié peut réinvestir sa formation sur son lieu de travail. Cet axe est l'antidote à la routine qui peut enfermer et robotiser le salarié.

 

  • LA COOPERATION ET L'ENTRAIDE MUTUELLE

Cette réalité est très forte dans certains milieux professionnels dans lesquels la coopération, l'entraide mutuelle sont des valeurs premières : chez les pompiers, les personnels roulants dans la sncf, les chauffeurs routiers...Cet esprit de famille peut permettre à certains de tenir en cas de coup dur ( accident, épreuve personnelle...). Les réseaux collaboratifs sur la toile internet contribuent également à élargir le cercle de ces coopérations qui dépassent les frontières des entreprises et même des pays.

 

  • LA CONSIDERATION ET LA RECONNAISSANCE

De mon point de vue, cette composante du sens au travail est au coeur des problématiques de management des entreprises. Qui n'a pas entendu des témoignages de salariés n'ayant jamais reçu le moindre "Merci" dans leur façon de travailler . Pour ma part, à l'occasion de stages de management que j'anime, j'insiste sur l'importance des signes de reconnaissance réguliers que les cadres en situation hiérarchique peuvent communiquer à leurs collaborateurs. Et je rajoute : " N'attendez pas l'entretien d'évaluation annuelle pour adresser des compliments à vos collaborateurs !". Chacun, en général, garde une bonne mémoire de signes de reconnaissance reçus de sa hiérarchie avec deux conditions importantes : la sincérité et l'argumentation sur un fait précis. Le " C'est bien ce que vous avez fait !" n'éclaire pas la personne sur ce qui est réellement apprécié. Une autre manière plus explicite : " Quand je constate que vous avez su gérer l'organisation du colloque...de A à Z et que tous les participants unanimes ont remercié notre service de cette qualité, je suis fier de vous et vous remercie pour votre engagement. C'est le professionnalisme de notre service qui est reconnu. Merci." Vous mesurez bien la différence ! Le Merci  est un mot qui mériterait d'être démultiplié, affiché tous les jours sur tous les lieux de travail. Il peut concerner des petites choses auxquelles la hiérarchie est sensible comme des tâches d'anticipation ou des initiatives simples prises pour faciliter la vie d'un service.

 

Ainsi, vous disposez d'une grille d'évaluation de votre travail sous le projecteur de ces 6 composantes du sens : l'utilité du travail, la rectitude morale ou éthique des pratiques professionnelles, l'autonomie dans le poste, les occasions d'apprendre et de se développer, le niveau de coopération et d'entraide et la réalité des comportements hiérarchiques en matière de communication  de messages de considération et de reconnaissance.

Les observations de terrain d'Estelle MORIN sont très édifiantes et devraient interroger toutes les directions d'entreprises privées et publiques.

Si ces composantes du sens sont défaillantes, inexistantes ou remises en cause à l'occasion de restructuration, de plan de récession, les salariés adoptent de fait des stratégies défensives : une présence au travail sans investissement, ce qui peut s'appeler le présentéisme, avec des risques d'erreur, d'oubli, d'accident et des comportements de retrait, d'agressivité, ou encore de conflit. Le stress continu peut aboutir à une détresse et un état d'épuisement.

Par contre, si ces composantes sont prises en considération dans l'organisation ( ou la réorganisation) du travail, les effets sont assurément visibles : un engagement du salarié dans son travail, une conscience professionnelle, une utilisation de ses compétences, une recherche de coopération, bref un bien être ou un mieux être professionnel...dont l'entreprise bénéficiera par jeu de boomerang.

Tenant compte d'une espérance de vie moyenne de 79 ans aujourd'hui en France ( 48 ans en 1900 !), le temps de l'activité professionnelle des actifs situé entre 18 ans et 65 ans en moyenne, reste un espace temps signifiant pour "travailler" sa sérénité. Elle se fonde, de mon point de vue, d'une part sur le sens que chacun peut investir dans son activité professionnelle et d'autre part sur sa santé  tant physique que psychologique au travail. Et tous les détails ont du sens ! Par exemple, placer une ou des plantes près de son ordinateur pour réduire les effets nuisibles des champs électromagnétiques. Et bonus en plus, les plantes nous offrent, dans des espaces asceptisés, modernisés, un lien direct avec notre Mère Nature. Respirer la nature est aussi une porte vers la sérénité. A quand des jardins au coeur des entreprises, des hopîtaux, et des administrations ?

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:13

2-flamands-roses.jpgEPISODE 2 : ACCUEILLIR TOUT LE REEL POUR ETRE LIBRE

 

 

Nous sommes en route, avec ma compagne, vers la mer et avons prévu une belle promenade le long du rivage devant des flots agités en ce mois de novembre. Et puis notre conversation dévie sur un sujet délicat et la tension monte. L'état d'esprit positif, plein d'élan qui était le mien vient d'un coup d'être parasité par un agacement qui me contrarie. L'atmosphère paisible devient lourd et le ciel qui s'assombrit est un peu à l'image de ce que je ressent. La belle promenade risque de devenir un chemin de croix ! Que faire ? Et si, avec conscience, j'accueille en moi cet énervement avec bienveillance sans déni, sans complaisance. Oui, je suis énervé, je me sens un peu impuissant à redresser cet état de tension entre nous. J'accueille ce moment un peu pénible...

La vie nous apprend tous les jours, comme les vagues de la mer, que nous passons par des hauts et des creux,  des états d'âme légers, heureux, positifs à des états plus troubles, inquiets, agités, en tension. Et puis des événements nous contrarient : je n'ai pas atteint l'objectif fixé, j'ai eu l'impression d'être manipulé, humilié, agressé dans telle situation sans pouvoir bien réagir. Nous sommes alors tentés de réagir de diverses manières.

 

- la culpabilisation. Vraiment, j'ai été nul, j'aurais du réagir et je ne l'ai pas fait. Je m'en veux mais le mal est fait. Décidément, je n'ai pas progressé sur ce plan là. Ici, notre petit égo nous referme sur la coquille étroite de notre nombril. La culpabilisation ferme l'horizon et n'offre pas de perspective.

- la résignation. Dans un  monde en crise, qu'est ce que je peux faire ?  Les Etats eux même sont fragilisés et peu armés devant les puissances des lobbies économiques. Se résigner, c'est se considérer comme victime, victime du système, victime des autres. Dans cette attitude, l'énergie est tournée vers la plainte qui faire fuire l'autre. La plainte n'a jamais fait avancer le monde.

- la rebellion. Pas question de me laisser faire par cette personne . Je vais lui montrer qui je suis et ce qui l'en coûte de me tenir tête. La rebellion nous fait entrer dans un rapport de forces. Je conteste une situation, une ou des personnes, un système et j'entre en rebellion. Les extrémistes de tout bord, de toute religion, ont malheureusement fait la démonstration de ce que coûte cette rebellion par la force et par la violence. 

Alors que nous reste-t'il pour réagir sans perdre notre authenticité et en orientant notre énergie vers ce qui peut bouger favorablement pour nous ?

Il reste une porte, certes étroite, qui invite à consentir au réel, à l'accueillir tel qu'il est. Certes, comme le diraient les praticiens en programmation neurolinguistique, nous avons tous nos filtres pour regarder ce réel et la carte n'est pas le territoire. Aussi, consentir à ce réel, c'est d'abord accueillir ce qu'il provoque en moi. Une contrariété, une boule au ventre....un sentiment d'injustice, de colère, d'impatience. OK, j'accueille. Je ne me confonds pas avec tout ce flot de sensations et d'émotions. Maintenant, je suis face à ma liberté d'agir. Qu'est ce que je veux et peut faire. Une sagesse de la Rome antique  enseignait : " Demande à ton Dieu le courage de changer ce que tu peux changer et la sérénité d'accepter ce que tu ne peux pas changer et la sagesse de discerner les deux."

Dans certaines situations, le premier pas, après l'accueil, ce peut être lucidement de renoncer à se culpabiliser, se résigner, se révolter pour préserver son énergie pour une cause qui en vaut la chandelle. Un auteur spirituel va même plus loin et considère que "l'on ne peut transformer de manière féconde le réel que si l'on commence par l'accepter".

D'ailleurs, avec un certain regard sur notre journée, beaucoup d'événements, de rencontres, de sollicitations peuvent être perçues comme des contrariétés par rapport à nos petits plans prévisionnels d'organisation et nos petites tranquillités personnelles.

Consentir au réel , c'est l'accueillir en restant bienveillant avec nous mêmes, nos états d'âmes, nos fragilités et nos peurs. Quel gain ? Sans tomber dans le langage du consumérisme, il m'apparait que cette posture d'ouverture, de lâcher prise à nos résistances internes ouvre la voie de la liberté intérieure. Tant que je choisis, je suis libre. Et paradoxalement, choisir ce qui me contrarie, me pèse, me révolte ( non comme complice des injustices) , c'est m'ouvrir à un agir possible fondé sur une sérénité intérieure.

A l'occasion de la promenade à pied le long de la mer et des étangs de la méditteranée, nous avons reçu le cadeau d'une escadrille de centaine de flamands roses, toutes voiles déployées dans un vol planant au dessus de nos têtes. Nous avons été saisis d'émerveillement devant un tel spectacle naturel. L'agacement du début était loin. Libres, nous le sommes aussi pour garder en mémoire ce qui nourrit l'âme, la relation et l'espérance.

Accueillir tout le réel, le relire, le trier, c'est ouvrir une porte vers la liberté intérieure, soeur de la sérénité.

 

 

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 06:30

EPISODE 1 : OUVRIR DES PORTES EN TEMPS DE CRISE

 

Encore un nouveau plan de rigueur pour la France. La crise européenne éclabousse chaque Etat. Chaque gouvernement, dans la dramaturgie des images véhiculées, bombardées par les médias, jour après jour, veut démontrer que la catastrophe économique a été évitée. La Grèce est montrée du doigt comme le mauvais élève, l'Italie n'est pas loin. Notre environnement médiatico- politique est envahi par une atmosphère où finance, budget, et argent sont au centre. Le mot crise est entré dans le langage courant de l'homme de la rue. Bon nombre resserrent la ceinture de leurs dépenses pour tenir les fins de mois, le paiement du loyer ou encore survivrent. Est ce bien raisonnable alors de proposer, dans un tel contexte national et international, de rechercher la SERENITE ? Est ce bien réaliste ?

Oui, sans arrogance, ni provocation, j'ose évoquer, dans le courant de la psychologie positive, des portes qui peuvent aider chacun à revenir au centre de lui-même, à se retrouver pour goûter, y compris au coeur de l'épreuve ou de la tempête, la vie qui passe, celle qui est la première nourriture pour tout être humain.

Qu'est ce que d'abord la SERENITE ?

Pour certains, elle se représente  sous la forme du repos du corps et de l'âme. L'absence de préoccupation mentale, un état d'âme heureux porté à la contemplation. Pour d'autres, la sérénité reste un rêve jugé inaccessible parce que trop enlissés dans le bourbier des soucis ou des épreuves.

Effectivement, la sérénité est un état intérieur émotionnel qui stabilise notre mental. Dans un état de sérénité, le cerveau néo cortex, le cerveau pensant, n'est plus, ni dispersé sur trente six fronts, ni encombré par mille et une préoccupations. La sérénité a ce goût du présent qui nous remplit sans nous encombrer ni nous vider. Le rêve éternel serait de vivre constamment dans cet état. Rassurons nous, même les saints et les grands mystiques, dans leur témoignage, racontent comment ils ont souvent lutté contre des forces intérieures, ont même connu des nuits spirituelles, qui les ont  éloignés de l'état de sérénité. L'état de sérénité est finalement recherché consciemment ou inconsciemment par tout homme en quête de bonheur. Quand cet état est trouvé, il procure effectivement du soulagement, de la joie et ce désir de revenir boire à la source.

Comment y revenir sans se tordre le cerveau ou se crisper sur ce désir légitime ?

Beaucoup d'auteurs mettent en avant une démarche de lâcher prise face à nos résistances. La sérénité n'est pas tant une conquête de croisé mais davantage un chemin dans notre vie quotidienne. Une porte parmi d'autres : transformer nos pensées en images mentales. Rien de révolutionnaire. Marc Aurèle, empereur romain et philosophe disait déjà : " Notre vie est ce que nos pensées en font." Si je peux imprégner mon cerveau de pensées optimistes et ancrer des images apaisantes, joyeuses, je peux nourrir en moi des stimuli vers la sérénité. Un petit exercice pratique peut nous y aider.coucher de soleil sur mer

Posez vous sur votre chaise ou fauteuil. Prenez le soin de bien vous installer, de sentir le contact avec le sol, le dossier. Prenez le temps de revenir tranquillement à votre respiration...

Fermez les yeux et ouvrez un écran blanc sur votre front comme un écran de cinéma.

Maintenant, imaginez une scène qui vous apaise, vous donne de la chaleur, de la joie de vivre. Cette scène peut être puisée dans votre vécu personnel ou encore crée avec des images de paysage .

 

Le soir tombe sur l’horizon de la mer dont le flot est calme. Le ciel est encore dans le bleu qui s’habite d’un voile jaune et rouge. Au loin, trois voiliers dessinent leur profil, passant lentement devant le cercle solaire. Je suis là sur la plage de sable fin. Je respire l’air marin. J’entends le bruit régulier et apaisant des vaguelettes sur le rivage. Je goûte cet instant. Je suis là, je vois, j’entends, je vis. Tout simplement.

 

Prochain épisode : accueillir tout le réel.

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 07:52

SMALL IS BEAUTIFUL, ou en traduction littérale " petit est formidable". Est ce si sûr ?

Dans notre siècle en recherche d'un second soufle pour retrouver du sens, les grandes choses ne manquent pas. L'attentat  du World Trade Center du 11 septembre 2001 ayant détruit complétement deux tours de 415 mètres au coeur de New York , le  gouvernement américain, meurtri dans sa fierté patriotique, a choisi de restaurer la grandeur de l'Amérique en reconstruisant une plus grande tour haute de 541 mètres. En Europe, les grands projets font la une de l'actualité : le projet de liaison ferroviaire du grand Est avec un TGV battant le record de vitesse à plus de 574 km par heure. Les projets sportifs d'enceinte couverte accueillant près de 10 000 spectateurs sont sollicités par plusieurs villes de France pour obtenir leur "Bercy local". Grand, toujours plus grand comme si cette course technologique dans le batiment, le transport pouvait combler le manque et résoudre tous les problémes du monde moderne.

A l'occasion d'une émission de télévision, j'ai revu avec beaucoup d'intérêt une interview de René Dumont dans les années 70. A l'époque, cet écologiste avant l'heure prêchait et alertait l'opinion publique très lointaine des préoccupations environnementales et du développement durable. Dès ces années 70, avec la première crise pétrolière, René Dumont , à l'appui d' un savant calcul, démontrait qu'il fallait absoluement promouvoir le rail plutôt que la voiture pour limiter la pollution et l'engorgement des centres ville. Peu , trop peu l'ont écouté. Aujourd'hui, force est de constater que toutes les grandes villes de France ont recrée tardivement un réseau de tram pour donner une bouffée d'oxygène à leurs habitants. Or, dans beaucoup de ces villes, le tram avait existé et avait été abandonné au profit de la voiture ! 

Aussi, je suis aujourd'hui observateur que l'envers du grand revient tout doucement dans nos systèmes de valeurs. Le petit livre de Stéphane Hessel " Indignez vous !" a été vendu à plus de 300 000 exemplaires et est devenu un phénomène de société. Dans le domaine du management, il est bien connu que le changement commence par des petites choses. Commencer une réunion en prenant le temps de se présenter, de s'accueillir plutôt que de partir directement sur les dossiers. Les rituels d'entreprise, avec le pot de rentrée, celui du nouvel an sont des occasions de renouer un esprit de convivialité même si tout n'est pas là. Les petits gestes dans les transports urbains, quand quelqu'un cède volontiers sa place pour une personne à mobilité réduite. Les petites phrases qui redonnent du courage à chacun plutôt que les grands discours d'intention non suivis d'effet. Les petits défis du quotidien qui restimulent à vivre avant  les grands projets qui stressent et sont soumis à l'incertitude de l'avenir.

Pour ma part, je conserve dans un tiroir de mon bureau un petit livre qui n'a l'air de rien : le petit livre du calme de Paul Wilson, un créatif australien. En petit format, comparable à un bloc de post-it, il propose une manière simple de retrouver de la sérénité au travail....comme par exemple mettre une plante verte à portée de vue ou se nourrir d'une pensée optimiste le matin avant d'entrer dans le vif du sujet.

Et Georges Bernanos, écrivain français inspiré du XXème siècle nous ouvre l'esprit sur l' importance de donner place au "petit" dans nos vies.

"Les petites choses n'ont l'air de rien mais elles donnent la paix". Et si nous grandissions avec ces petites choses du quotidien...

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 05:35

Complétement déshydraté, le corps quasiment tétanisé par l'effort, les pieds en sang, et les yeux à l'agonie, il eut juste le temps de dire dans un dernier soufle :" Nous avons gagné" et l'homme s'écroula devant les hauts dignitaires grecs. La Grèce venait de remporter une victoire contre la Perse à Marathon. Il aurait parcouru près de 42 kilomètres 195 ( selon la légende) pour rallier Marathon à Athènes. Il a donné sa vie pour annoncer cette victoire. Nous sommes en 490 avant Jésus Christ.

Depuis cet événement, parfois remis en question dans son authenticité par les historiens, le marathon, avec cette distance mythique de 42 kilomètres et 195 mètres, est devenu une épreuve sportive de grande notoriété, crée à l'occasion des premiers jeux olympiques modernes en 1896 en Grèce. Le premier vainqueur, un grec, ne mourut pas à l'arrivée et réussit l'exploit de couvrir la distance en moins de 3 heures. A ce jour, le record du monde vient d'être battu en septembre, à l'occasion du marathon de Berlin, par le kenyan Patrick Makau en 2 heures 3 minutes et 38 secondes !

L'engouement pour ce genre d'épreuve devenue très phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpgpopulaire continue de faire des adeptes. Au delà des grands marathons de New-York, de Chicago, de Londres, d'Amsterdam ou de Berlin, en France, ce week-end, deux marathons étaient programmés : l'un à Reims et l'autre à Montpellier. Près de 1000 participants pour l'un et plus de 1200 pour l'autre.

Quand j'ai eu l'occasion d'échanger avec plusieurs coureurs de marathon , j'ai constaté que leur motivation tournait souvent autour d'un dépassement de soi. Chacun a à coeur de réaliser un temps, et d'aller au bout de 3 à 6 heures d'effort sur le macadam et parfois sous une forte chaleur.L'un m'a  confié qu'il voulait descendre sous la barre des 3 heures par rapport à son temps de l'année précédente. Dans l'esprit du marathonien moderne, en général bien préparé à une épreuve d'endurance longue qui peut être incertaine ( le risque d'abandon est une donnée suite à des crampes ou épuisement des réserves), il s'agit d'aller quelque part au bout de soi-même, au bout d'une quête de soi. Ce jusqu'au boutisme ne va pas jusqu'à la mort, fort heureusement, mais l'état physique de plusieurs marathoniens, sur les tables de massage après l'arrivée, montre des visages creusés par la fatigue, des pieds boîteux et même une concurrrente en hypothermie enveloppée dans une couverture en aluminium et qui a dû été évacuée .

Ceci étant, dans le regard de celui ou celle qui a franchi la ligne d'arrivée , il y a cette fierté de l'avoir fait, d'être aller au bout de soi-même au delà de la souffrance physique et mentale. Je suis pour ma part toujours impressionné par cet esprit du marathonien qui pourrait parfois inspirer notre société dans ses valeurs profondes.

Savoir se préparer pour affronter les épreuves et la crise du siècle,

Se préparer mentalement.

Savoir tenir la distance malgré les coups au moral et les accidents de parcours.

Savoir gérer lucidement le temps pour aller jusqu'au bout en gérant l'épreuve en économisant   ses efforts. Savoir détendre son corps dans une descente , c'est apprendre à se détendre au coeur de moments difficiles .

Et enfin, savoir savourer avec bonheur sa réussite et en tirer des enseignements sur la connaissance de soi pour d'autres défis...

Le marathonien nous donne à voir que la vie passe par des moments de toutes les couleurs...jusqu'au dernier soufle  !

 

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 06:29

Elle attire de plus en plus de personnes chaque année.

Près de 7000 nouveaux sont venus s'y installer en un an.

Tous les visiteurs français ou étrangers lui trouvent un charme, une sorte de magie.

D'où vient cette magie ?

Il y a de l'ordre de l'émotionnel.

Elle n'est pas ancienne, sa création remonte au moyen âge et à son développement de carrefour d'échange marchand entre le Nord, l'Espagne et le bassin méditteranéen.

Son ancien maire, visionnaire, a développé un quartier du nom grec d'Antigone prolongeant le centre ville et sa place de la comédie jusqu'au bord du Lez. Une vision qui permettra de faire passer Montpellier du 22ème rang au 8ème rang des villes de France. Un montpellierain sur 4 est étudiant. La ville bat au rythme  des matchs de ses équipes sportives de très haut niveau et bat aussi dans une offre culturelle très diversifiée.

Stop, je m'arrête. Vous n'aurez pas le cours d'histoire complet sur cette ville dénommée la "surdouée".

Je veux simplement, par ces quelques lignes, rendre hommage à une municipalité qui a pris soin d'instaurer, chaque année en octobre, une journée d'accueil de ses nouveaux arrivants .

Une belle matinée entre un accueil petit déjeuner dans le hall de l'ancien hôtel de ville et un buffet de midi offert dans un des temples de la culture , le corum. Entre temps, par groupe d'une trentaine de nouveaux montpellierains, une visite guidée de la ville est proposée avec un guide officiel de l'office du tourisme. Et nous voilà embarqués de la place centrale de la Comédie, en passant par les ruelles étroites et marchandes jusqu'à la cathédrale Saint Pierre étonnament discrète au sein de la vieille ville. Ce n'est pas l'église la plus haute de la ville, c'est en fait un ancien monastère qui se partage entre la cathédrale et loeuf.jpges locaux historiques de la faculté de médecine, une des premières d'Europe.

Juste pour conclure, une histoire qui peut rejoindre la psychologie positive.

Au XIXème siècle, les méres accompagnaient leur fille sur la place du centre ville et tournaient autour. Aux terrasses des cafés, les messieurs étaient en observation. Objectif pour les mères : "caser" leur fille avec un homme.

Cette pratique s'appelait " faire l'oeuf" signifiant se faire remarquer. Depuis, la pratique a disparu mais la place reste surnommée place de l'oeuf !

La municipalité de Montpellier a démontré, par cet accueil très apprécié pour le nouveau montpelliérain que je suis, qu'elle savait prolonger cette tradition de " faire l'oeuf". En effet, le temps de présentation de l'équipe municipale a été un moment stratégique pour mettre en valeur toute la politique municipale liée à l'urbanisme, à la solidarité et au développement économique.

Oui, décidément, Montpellier n'est pas une ville comme les autres, entre charme attractif, mélange de population d'immigrés des quatre coins de France et sa dynamique de construction, les rêves les plus audacieux sont possibles avec un slogan prometteur : mille et une vies. Il ne manque plus que  la lampe d'Aladin pour transformer des rêves ...en réalité !

 

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 07:09

Un  petit homme au teint buriné vient de s'installer à la tribune sous chapiteau installée près de la maison  départementale de l'environnement, dans les environs de Montpellier. Applaudissements. Puis une voix douce venant du fond de l'être dit, avec un peu d'hésitation, "Merci " à toutes celles et ceux qui ont fait le déplacement pour l'écouter. Silence d'une assemblée de jeunes et d'anciens captée par un message d'un homme originaire d'Algérie, venu en France et qui est passé par tous les métiers, sur des chantiers comme ouvrier spécialisé, par l'artisanat, l'agriculture. Cet homme s'appelle Pierre Rabhi.(1)

Morceaux choisis d'un moment où le temps s'est arrêté.

" J'avais passé toute une journée à couper du bois avec mon voisin et avec une grande scie de bûcheron. Et le soir, je m'arrêtais pour contempler le cercle solaire qui descendait rougoyant sur l'horizon. J'ai invité mon voisin à me rejoindre et je lui ai dit : " regarde". Il m'a répondu fiérement : " On a fait 10 stères de bois !". 100 0265Anecdote savoureuse pour montrer le décalage autour de nous entre la dimension économique, productiviste menant au "toujours plus" et l'art de poser ses valises, de s'arrêter pour contempler simplement la nature. La beauté prédispose à l'enchantement. C'est cet enchantement qui est à retrouver dans nos sociétés hâpées par la consommation dans un système aliénant. Nous travaillons dans des boîtes, nous faisons la fête aussi dans des boîtes en y allant avec une caisse. Et à la fin, nous terminons dans des boîtes. Ce système a produit une idéologie trompeuse d'une croissance exponentielle, en standardisant les produits et en tuant la petite économie locale, y compris dans les pays colonisés. Ce système de compétivité où les grandes mutinationales jouent les prédateurs sur les marchés mondiaux conditionne toute une jeunesse avec un slogan " Sois le meilleur !" Or, dans la nature, les animaux prédateurs, comme les lions, se contentent de manger le nécessaire pour survivre, ce qui est loin d'être le cas des dits " prédateurs économiques" qui font du profit au delà des besoins minimum...

L'être humain a vocation à vivre dans une relation de complémentarité, de coopération en redonnant toute leur place aux femmes, protectrices de la vie. Je suis admiratif, dira Pierre Rabhi, des femmes africaines qui , par leur énergie déployée au quotidien, tiennent le tissu social des villages. Nous sommes tous appelés à gravir la montagne pour une vision plus large de notre humanité, et ainsi élever notre conscience. Là se présente une option libératrice du système, qui peut nous sortir du "toujours plus", de notre insatisfaction permanente ou encore du vide intérieur, je l'ai nommée : sobriété heureuse. Sur ce chemin personnel ouvert à tous, il s'agit de se désencombrer du superflu, de sortir de la frénésie de rythmes de vie conduisant au stress et à l'angoisse, de retrouver une unité entre les hommes reliés par une interdépendance. Rêve d'un penseur utopique ?

Non point, Pierre Rabhi, avec humilité, rappelle à la fin de son témoignage, que des réalisations humaines durables existent déjà de par le monde. Le site agricole des Amanins dans la Drôme avec un collectif d'hommes et de femmes revenant à une agriculture biologique, avec un habitat et une consommation d'autogestion, et une école dans laquelle sont enseignés les principes de la coopération. Le monastère orthodoxe féminin de Solan près de Nîmes qui a fait le choix d'une production viticole de qualité fondée sur les principes du développement dgoutte-d-eau.jpgurable. Ces exemples inspirent d'autres lieux et organisations. Pierre Rabhi croit au changement par tous ces acteurs du terrain, cette société civile qui peut contribuer à des processus de changement plus sûremement que les acteurs politiques trop souvent prisonniers d'un système.

Le colibri est le nom du mouvement lancé par Pierre Rabhi pour sensibiliser les consciences. Une histoire raconte qu'un incendie de forêt s'est déclenché et que le colibri, petit oiseau a pris de l'eau dans son bec, pour arrêter le feu et fait des allers-retour du lac à l'incendie comme un hydravion canadair. Or les mauvaises langues se sont tournées vers lui pour lui dire que ces efforts seraient vain, compte tenu de l'ampleur de l'incendie.

Et le colibri a répondu : "Je le sais mais je fais ma part".

 

(1) voir aussi sur ce blog "Noêl et la sobriété heureuse."

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 04:42

Enfin, ma respiration se régule. Je ressens les grosses bulles dans l'eau de mer à chacune de mes expirations et je suis moins crispé sur le détendeur dans ma bouche que je serre pour inspirer. A trois mètres de fond, je découvre, pour mon baptême de plongée sous marine, un monde inconnu. Certes, la télévision, avec notamment les célèbres films du commandant Cousteau, m'avaient donné à voir les images toujours belles, impressionnantes, peuplées de formes les plus bizarres de ce monde du silence. Là, j'y suis, le temps semble tourner différemment. Je ressors de l'eau en ayant l'impression d'y être resté 5 minutes alors que je viens d'y passer près de 20 minutes. Ce monde immergé, hors de portée de nos soucis terrestres, m'invite à développer une métaphore.

Comme il serait bon que chaque adolescent et adulte bénéficie d'un accompagnement pour grandir, pour passer des obstacles, pour avancer vers un projet professionnel ! Certains ados et adultes ont la chance de vivre ces passages grâce à un adulte relais, un animateur, un entraineur sportif, ou encore, dans le monde professionnel, avec le soutien d'un coach. Cet accompagnement pourrait s'inspirer de la plongée. Au départ, l'initiateur donne sur la plage puis dans l'eau de manière calme les consignes de base : " cracher dans le masque de plongée pour éviter ensuite la buée, faire un essai d'inspir et expir par la bouche avec ce drôle de dentier dans la bouche appelée détendeur, et reconnaitre les deux gestes de communication. Le pouce faisant un rond fermé avec l'index pour signifier que tout va bien ou au contraire une main s'agitant comme un navire chahuté de gauche à droite pour dire que çà ne va pas." En début d'accompagnement, l'adulte fixe le cadre, rassure et installe une communication qui permet une réactivité de sa part. C'est la base de la relation de confiance : " Il me dit clairement que j'ai le droit d'être mal et que je peux l'appeler avec telle modalité ( téléphone, courriel, ...)". www_ouikend_com-bateme_plonge.jpgC'est la plongée, je sens la présence proche et même la main de mon initiateur qui me fait descendre au fond. Avec un adulte de confiance, j'ose aller au fond de moi, regarder mes zones d'ombre qui bloquent ou freinent ma dynamique de vie. Ma bouteille de plongée me préoccupe un peu car elle balotte sur mon dos et j'ai la hantise qu'elle me retourne comme une crêpe. Que se passerait-il si j'étais retourné sur le dos ?! Que se passerrait -il si mon projet tournait court, si je rencontrais une difficulté inattendue ? Notre cinéma intérieur risque de reprendre le dessus. Pourtant, mon initiateur détourne mon attention sur la présence d'un poulpe caché dans la fissure d'un rocher et qu'il éclaire de sa lampe. Rencontre étonnante, à quelques centimètres de moi. En fait, je n'ai pas peur. Je commençe à me sentir "poisson" au milieu de ces poissons au profil très diversifié, des petits recroquevillés aux longs en forme d'anguille, qui passent, qui trottent sur le sable et se cachent. L'accompagnateur est là pour nous aider à orienter notre regard, non pas sur nos peurs et nos blocages, mais sur la Vie, sur la beauté qui s'offre à nous et nous donne ce goût d'avancer, d'explorer. Niveau-1-Plongee-CMAS-Marseille-PACA-13-copie-1.jpgMoment sublime, l'initiateur a senti que je passais un cap , mes muscles se détendent, ma propulsion avec les palmes est plus tranquille, et ma respiration plus ample et régulière. Je me sens bien tout simplement dans l'instant à vivre. Il me propose alors cette expérience forte. Je m'arrête d'agiter mes palmes et mes bras, et comme un parachutiste en vol libre avant le déclenchement du parachute, j'ouvre mes bras en croix et je "flotte" dans l'eau marine. Le temps s'est arrêté, je n'ai plus à agir, je goûte la sensation d'unité avec ce nouveau milieu. L'accompagnateur attentif à la progression de l'ado ou de l'adulte qu'il accompagne peut lui lâcher la main, l'inviter à regarder où il est arrivé, à prendre le temps d'apprécier ce qu'il vit hic et hunc, ici et maintenant sans chercher le "toujours plus". J'émerge de l'eau, je suis presque déçu que la ballade sous marine soit déjà finie, j'aurais presque envie de replonger dans ce monde du silence. Un monde où la communication avec l'autre est sans parole, par le geste ou le regard. Une communication qui va forcément à l'essentiel de manière non verbale " Cà va ?" , " Regarde, ici" , " C'est super !", une communication transmise par l'eau. Combien un accompagnateur gagne en présence à l'autre en se branchant directement sur l'expression non-verbale de l'accompagné ! Un "Cà va bien" avec un regard triste ou un front plissé cache une autre vérité.

Masque retiré, capuche de la combinaison isothermique relevée, je reprend contact avec le monde terrestre. Je me sens presque euphorique, est ce l'effet d'une forme de suroxygénation  liée à la consommation de l'air dans la bouteille de plongée ? Je retrouve la parole. Une chose a changé : je sais maintenant qu'il existe un autre monde, un monde sans parole, un monde de sensations, un monde dans lequel le temps horloge n'existe plus.  Un monde qui nous vide de nos soucis et nous remplit de quelque chose d'indicible, de quelque chose que l'on a envie de retrouver.

Plongés dans nos quotidiens souvent tumultueux, en forme de zapping à travers de multiples sollicitations, nous rêvons d'un monde idéal, d'un monde à notre écoute, d'un monde plus simple. C'est un rêve légitime. Ce monde peut exister à condition de le faire exister. C'est une question de plongée en soi, au fond de soi, de respiration, d'attention à l'ici et maintenant. C'est possible, de plus en plus d'hommes et de femmes ouvrent ce passage dans le monde.

 

 

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 05:48

C'est la rentrée. Rupture d'un temps libre ou de job d'été pour les jeunes qui vont reprendre le chemin des études; l'heure de se remettre dans la "peau" de l'enseignant pour ces milliers d'instituteurs et professeurs des écoles en collèges et lycées dont les nouveaux vont affronter pour la première fois une salle de classe. Le film "Entre les murs" , palme d'or en 2008 au festival de Cannes, a rappelé, avec réalisme, l'enfer vécu par un certain nombre de ces enseignants malmenés par des élèves pour qui le système scolaire n'a plus ou peu de sens car déconnecté pour eux d'une garantie d'insertion professionnelle ou lié encore à  l'échec à répétition. Dans cette ambiance de questionnement permanent sur un système scolaire à la recherche d'un second soufle, un groupe d'auteurs pluridisciplinaire (1), sortant de la torpeur et de la croyance " le système , ce mammouth, est non réformable" ose pointer des propositions très concrètes. Pour ma part, j'ai retenu ce que nous pourrions appeler les 4 pieds d'une autorité équilibrée et acceptable.

 

Premier pied : la loi, c'est à dire le règlement de la vie dans l'établissement. Sans loi, le jeune n'a pas de repères sur ce que l'institution autorise, interdit, recommande. C'est finalement l'élaboration de règles de vie collective qui contribuent à un "vivre ensemble" social harmonieux ou du moins acceptable. A titre d'exemple, jouer au ballon de basket dans une cour de récréation peut permettre à des jeunes de se défouler. Mais si ce sont 50 jeunes qui tapent le ballon avec un bruit d'enfer, le confort des autres est mis à mal : la règle vise à poser la ligne d'équilibre entre liberté des uns et acceptabilité pour les autres.

 

Deuxième pied : la participation des élèves eux mêmes à l'élaboration des règles de vie en classe. Ce corrolaire au premier pied reste fondamental. Chacun sait bien que l'on adhère d'autant mieux à une règle que l'on y a participé ou au moins été consulté. D'ailleurs, la participation enrichie la règle car les élèves ont souvent l'art de pointer des situations spécifiques, des exceptions à prendre en compte. Evidemment, cela suppose que la règle admette une certaine souplesse de négociation. L'interdiction de fumer dans les enceintes des établissements scolaires est non négociable car émanant de la loi largement rappelée par des textes d'application. Cependant, le constat de véritables "fumodromes" devant le portail de nombreux  lycées en France parait peu cohérent avec l'incitation des pouvoirs publics à réduire le tabagisme notamment chez les jeunes. Ici, une réflexion concertée entre direction de l'établissement, enseignants ( fumeurs et non fumeurs) et lycéens pourrait conduire à des solutions permettant de donner plus de sens à la loi...

 

Troisième pied : le respect mutuel manifeste par des rituels de politesse, d'écoute, de prise de parole et d'entraide. Ce qui pourrait apparaitre comme aller de soi ne l'est plus forcément aujourd'hui avec des modèles d'éducation qui ont pu reléguer au second plan ce que ma génération du baby boum a vécu de manière très imprégné dés l'enfance : les fameuses règles de politesse. Effectivement, si ces règles ne sont vécues que comme contraintes ou soumission à l'adulte dominateur, chacun peut comprendre qu'elles soient bafouées. Or si l'on reprend sens sur ces rituels, une ouverture est à espérer. Rappelons nous que la poignée de main signifiait originellement montrer à l'autre que l'on avait pas d'arme cachée et que ce geste signifiait :" Tu vois, tu peux me faire confiance." Le "bonjour" est aussi une manière de manifester une attention humaine dans un monde grouillant. Pour ma part, je suis toujours étonné de constater que, sur les chemins de randonnée en montagne, le bonjour aux randonneurs croisés va de soi,  parfois ponctué,quand la pente est dure, d'un "bon courage" alors que revenu sur le sol urbain, comme sur une autre planète, il aurait tendance à disparaitre. La pédagogie inviterait donc l'enseignant à expliciter le sens du rituel. Je me rappelle, quand j'étais collégien, que nous nous levions à l'entrée du professeur dans la classe. Je ne suis pas sûr que ce rituel de simple respect soit encore beaucoup utilisé dans nos collèges et lycées.

 

Quatrième pied : la sanction juste, réparatrice, auto-éducative avec le souci d'apporter des réponses urgentes, personnalisées aux jeunes notamment ceux en grande difficulté. Nous touchons là un domaine très sensible qui a fait l'objet de nombreuses réflexions et travaux. Qu'est ce que la sanction juste ? Juste pour le donneur de sanction ? Juste pour le sanctionné ? La sanction comporte toujours deux dimensions : la sanction normative inscrite dans le règlement intérieur ( avertissement, blâme, exclusion provisoire, exclusion définitive....) et le retentissement dans l'affectivité du sanctionné. Un simple avertissement pour l'autorité éducative peut signifier " attention, en cas de récidive de transgression de la règle x, la sanction sera plus lourde" et être reçue durement pour un élève peu habitué aux sanctions et à l'opposé comme une simple formalité pour un "transgresseur coutumier du fait". De mon point de vue, je rejoint l'importance d'une sanction qui soit donnée rapidement après les faits problématiques constatés ( car le temps pour l'adolescent efface les choses et une sanction donnée un mois plus tard par rapport à un fait peut lui sembler incohérent ou exhorbitant) et je partage l'avis de nombreux éducateurs d'utiliser le temps autour de la sanction ( écoute, explication, médiation, conseil de discipline...) pour aider les auteurs d'un comportement de transgression à mesurer les conséquences de leur acte et à répondre, quand ils le pourront, à la question suivante : " Et maintenant, si tu te retrouves dans la même situation demain, qu'est ce que tu pourrais faire ou dire pour respecter la règle, l'autre ?"chaise_ml.png

Ces quatre pieds peuvent soutenir, asseoir l'autorité plus solide, plus légitime de l'enseignant. Cependant, je recommande aussi l'usage d'un dossier que j'appelle : contrat de confiance. Une fois, l'explication des quatre pieds aux élèves par l'enseignant, celui ci pourrait faire une pause, regarder tranquillement ses élèves et avec un ton adapté leur poser la question : " Et maintenant, êtes vous chacun ok pour accepter, respecter ce cadre, et si besoin, venir en  discuter si un point vous semble à revoir ?". Ce moment clé de rituel est une manière de poser ce contrat entre l'institution et les élèves. Et il serait juste aussi ,comme dans tout contrat qui précise les engagements de chaque partie, que l'enseignant expose aussi ses propres engagements éthiques.

Avec cette chaise bien stabilisée sur ses quatre pieds et son dossier pour s'y appuyer avec confiance, je souhaite à tous les enseignants de France et d'ailleurs de prendre le temps de goûter cette assise qui leur évitera de se lever trop souvent pour crier  et ramener l'ordre !

 

(1) ouvrage : Donner toute sa chance à l'école : treize transformations  nécessaires et possibles...

Chronique sociale. 2011

 

 

 

 

 

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