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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 08:13

2-flamands-roses.jpgEPISODE 2 : ACCUEILLIR TOUT LE REEL POUR ETRE LIBRE

 

 

Nous sommes en route, avec ma compagne, vers la mer et avons prévu une belle promenade le long du rivage devant des flots agités en ce mois de novembre. Et puis notre conversation dévie sur un sujet délicat et la tension monte. L'état d'esprit positif, plein d'élan qui était le mien vient d'un coup d'être parasité par un agacement qui me contrarie. L'atmosphère paisible devient lourd et le ciel qui s'assombrit est un peu à l'image de ce que je ressent. La belle promenade risque de devenir un chemin de croix ! Que faire ? Et si, avec conscience, j'accueille en moi cet énervement avec bienveillance sans déni, sans complaisance. Oui, je suis énervé, je me sens un peu impuissant à redresser cet état de tension entre nous. J'accueille ce moment un peu pénible...

La vie nous apprend tous les jours, comme les vagues de la mer, que nous passons par des hauts et des creux,  des états d'âme légers, heureux, positifs à des états plus troubles, inquiets, agités, en tension. Et puis des événements nous contrarient : je n'ai pas atteint l'objectif fixé, j'ai eu l'impression d'être manipulé, humilié, agressé dans telle situation sans pouvoir bien réagir. Nous sommes alors tentés de réagir de diverses manières.

 

- la culpabilisation. Vraiment, j'ai été nul, j'aurais du réagir et je ne l'ai pas fait. Je m'en veux mais le mal est fait. Décidément, je n'ai pas progressé sur ce plan là. Ici, notre petit égo nous referme sur la coquille étroite de notre nombril. La culpabilisation ferme l'horizon et n'offre pas de perspective.

- la résignation. Dans un  monde en crise, qu'est ce que je peux faire ?  Les Etats eux même sont fragilisés et peu armés devant les puissances des lobbies économiques. Se résigner, c'est se considérer comme victime, victime du système, victime des autres. Dans cette attitude, l'énergie est tournée vers la plainte qui faire fuire l'autre. La plainte n'a jamais fait avancer le monde.

- la rebellion. Pas question de me laisser faire par cette personne . Je vais lui montrer qui je suis et ce qui l'en coûte de me tenir tête. La rebellion nous fait entrer dans un rapport de forces. Je conteste une situation, une ou des personnes, un système et j'entre en rebellion. Les extrémistes de tout bord, de toute religion, ont malheureusement fait la démonstration de ce que coûte cette rebellion par la force et par la violence. 

Alors que nous reste-t'il pour réagir sans perdre notre authenticité et en orientant notre énergie vers ce qui peut bouger favorablement pour nous ?

Il reste une porte, certes étroite, qui invite à consentir au réel, à l'accueillir tel qu'il est. Certes, comme le diraient les praticiens en programmation neurolinguistique, nous avons tous nos filtres pour regarder ce réel et la carte n'est pas le territoire. Aussi, consentir à ce réel, c'est d'abord accueillir ce qu'il provoque en moi. Une contrariété, une boule au ventre....un sentiment d'injustice, de colère, d'impatience. OK, j'accueille. Je ne me confonds pas avec tout ce flot de sensations et d'émotions. Maintenant, je suis face à ma liberté d'agir. Qu'est ce que je veux et peut faire. Une sagesse de la Rome antique  enseignait : " Demande à ton Dieu le courage de changer ce que tu peux changer et la sérénité d'accepter ce que tu ne peux pas changer et la sagesse de discerner les deux."

Dans certaines situations, le premier pas, après l'accueil, ce peut être lucidement de renoncer à se culpabiliser, se résigner, se révolter pour préserver son énergie pour une cause qui en vaut la chandelle. Un auteur spirituel va même plus loin et considère que "l'on ne peut transformer de manière féconde le réel que si l'on commence par l'accepter".

D'ailleurs, avec un certain regard sur notre journée, beaucoup d'événements, de rencontres, de sollicitations peuvent être perçues comme des contrariétés par rapport à nos petits plans prévisionnels d'organisation et nos petites tranquillités personnelles.

Consentir au réel , c'est l'accueillir en restant bienveillant avec nous mêmes, nos états d'âmes, nos fragilités et nos peurs. Quel gain ? Sans tomber dans le langage du consumérisme, il m'apparait que cette posture d'ouverture, de lâcher prise à nos résistances internes ouvre la voie de la liberté intérieure. Tant que je choisis, je suis libre. Et paradoxalement, choisir ce qui me contrarie, me pèse, me révolte ( non comme complice des injustices) , c'est m'ouvrir à un agir possible fondé sur une sérénité intérieure.

A l'occasion de la promenade à pied le long de la mer et des étangs de la méditteranée, nous avons reçu le cadeau d'une escadrille de centaine de flamands roses, toutes voiles déployées dans un vol planant au dessus de nos têtes. Nous avons été saisis d'émerveillement devant un tel spectacle naturel. L'agacement du début était loin. Libres, nous le sommes aussi pour garder en mémoire ce qui nourrit l'âme, la relation et l'espérance.

Accueillir tout le réel, le relire, le trier, c'est ouvrir une porte vers la liberté intérieure, soeur de la sérénité.

 

 

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 06:30

EPISODE 1 : OUVRIR DES PORTES EN TEMPS DE CRISE

 

Encore un nouveau plan de rigueur pour la France. La crise européenne éclabousse chaque Etat. Chaque gouvernement, dans la dramaturgie des images véhiculées, bombardées par les médias, jour après jour, veut démontrer que la catastrophe économique a été évitée. La Grèce est montrée du doigt comme le mauvais élève, l'Italie n'est pas loin. Notre environnement médiatico- politique est envahi par une atmosphère où finance, budget, et argent sont au centre. Le mot crise est entré dans le langage courant de l'homme de la rue. Bon nombre resserrent la ceinture de leurs dépenses pour tenir les fins de mois, le paiement du loyer ou encore survivrent. Est ce bien raisonnable alors de proposer, dans un tel contexte national et international, de rechercher la SERENITE ? Est ce bien réaliste ?

Oui, sans arrogance, ni provocation, j'ose évoquer, dans le courant de la psychologie positive, des portes qui peuvent aider chacun à revenir au centre de lui-même, à se retrouver pour goûter, y compris au coeur de l'épreuve ou de la tempête, la vie qui passe, celle qui est la première nourriture pour tout être humain.

Qu'est ce que d'abord la SERENITE ?

Pour certains, elle se représente  sous la forme du repos du corps et de l'âme. L'absence de préoccupation mentale, un état d'âme heureux porté à la contemplation. Pour d'autres, la sérénité reste un rêve jugé inaccessible parce que trop enlissés dans le bourbier des soucis ou des épreuves.

Effectivement, la sérénité est un état intérieur émotionnel qui stabilise notre mental. Dans un état de sérénité, le cerveau néo cortex, le cerveau pensant, n'est plus, ni dispersé sur trente six fronts, ni encombré par mille et une préoccupations. La sérénité a ce goût du présent qui nous remplit sans nous encombrer ni nous vider. Le rêve éternel serait de vivre constamment dans cet état. Rassurons nous, même les saints et les grands mystiques, dans leur témoignage, racontent comment ils ont souvent lutté contre des forces intérieures, ont même connu des nuits spirituelles, qui les ont  éloignés de l'état de sérénité. L'état de sérénité est finalement recherché consciemment ou inconsciemment par tout homme en quête de bonheur. Quand cet état est trouvé, il procure effectivement du soulagement, de la joie et ce désir de revenir boire à la source.

Comment y revenir sans se tordre le cerveau ou se crisper sur ce désir légitime ?

Beaucoup d'auteurs mettent en avant une démarche de lâcher prise face à nos résistances. La sérénité n'est pas tant une conquête de croisé mais davantage un chemin dans notre vie quotidienne. Une porte parmi d'autres : transformer nos pensées en images mentales. Rien de révolutionnaire. Marc Aurèle, empereur romain et philosophe disait déjà : " Notre vie est ce que nos pensées en font." Si je peux imprégner mon cerveau de pensées optimistes et ancrer des images apaisantes, joyeuses, je peux nourrir en moi des stimuli vers la sérénité. Un petit exercice pratique peut nous y aider.coucher de soleil sur mer

Posez vous sur votre chaise ou fauteuil. Prenez le soin de bien vous installer, de sentir le contact avec le sol, le dossier. Prenez le temps de revenir tranquillement à votre respiration...

Fermez les yeux et ouvrez un écran blanc sur votre front comme un écran de cinéma.

Maintenant, imaginez une scène qui vous apaise, vous donne de la chaleur, de la joie de vivre. Cette scène peut être puisée dans votre vécu personnel ou encore crée avec des images de paysage .

 

Le soir tombe sur l’horizon de la mer dont le flot est calme. Le ciel est encore dans le bleu qui s’habite d’un voile jaune et rouge. Au loin, trois voiliers dessinent leur profil, passant lentement devant le cercle solaire. Je suis là sur la plage de sable fin. Je respire l’air marin. J’entends le bruit régulier et apaisant des vaguelettes sur le rivage. Je goûte cet instant. Je suis là, je vois, j’entends, je vis. Tout simplement.

 

Prochain épisode : accueillir tout le réel.

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 07:52

SMALL IS BEAUTIFUL, ou en traduction littérale " petit est formidable". Est ce si sûr ?

Dans notre siècle en recherche d'un second soufle pour retrouver du sens, les grandes choses ne manquent pas. L'attentat  du World Trade Center du 11 septembre 2001 ayant détruit complétement deux tours de 415 mètres au coeur de New York , le  gouvernement américain, meurtri dans sa fierté patriotique, a choisi de restaurer la grandeur de l'Amérique en reconstruisant une plus grande tour haute de 541 mètres. En Europe, les grands projets font la une de l'actualité : le projet de liaison ferroviaire du grand Est avec un TGV battant le record de vitesse à plus de 574 km par heure. Les projets sportifs d'enceinte couverte accueillant près de 10 000 spectateurs sont sollicités par plusieurs villes de France pour obtenir leur "Bercy local". Grand, toujours plus grand comme si cette course technologique dans le batiment, le transport pouvait combler le manque et résoudre tous les problémes du monde moderne.

A l'occasion d'une émission de télévision, j'ai revu avec beaucoup d'intérêt une interview de René Dumont dans les années 70. A l'époque, cet écologiste avant l'heure prêchait et alertait l'opinion publique très lointaine des préoccupations environnementales et du développement durable. Dès ces années 70, avec la première crise pétrolière, René Dumont , à l'appui d' un savant calcul, démontrait qu'il fallait absoluement promouvoir le rail plutôt que la voiture pour limiter la pollution et l'engorgement des centres ville. Peu , trop peu l'ont écouté. Aujourd'hui, force est de constater que toutes les grandes villes de France ont recrée tardivement un réseau de tram pour donner une bouffée d'oxygène à leurs habitants. Or, dans beaucoup de ces villes, le tram avait existé et avait été abandonné au profit de la voiture ! 

Aussi, je suis aujourd'hui observateur que l'envers du grand revient tout doucement dans nos systèmes de valeurs. Le petit livre de Stéphane Hessel " Indignez vous !" a été vendu à plus de 300 000 exemplaires et est devenu un phénomène de société. Dans le domaine du management, il est bien connu que le changement commence par des petites choses. Commencer une réunion en prenant le temps de se présenter, de s'accueillir plutôt que de partir directement sur les dossiers. Les rituels d'entreprise, avec le pot de rentrée, celui du nouvel an sont des occasions de renouer un esprit de convivialité même si tout n'est pas là. Les petits gestes dans les transports urbains, quand quelqu'un cède volontiers sa place pour une personne à mobilité réduite. Les petites phrases qui redonnent du courage à chacun plutôt que les grands discours d'intention non suivis d'effet. Les petits défis du quotidien qui restimulent à vivre avant  les grands projets qui stressent et sont soumis à l'incertitude de l'avenir.

Pour ma part, je conserve dans un tiroir de mon bureau un petit livre qui n'a l'air de rien : le petit livre du calme de Paul Wilson, un créatif australien. En petit format, comparable à un bloc de post-it, il propose une manière simple de retrouver de la sérénité au travail....comme par exemple mettre une plante verte à portée de vue ou se nourrir d'une pensée optimiste le matin avant d'entrer dans le vif du sujet.

Et Georges Bernanos, écrivain français inspiré du XXème siècle nous ouvre l'esprit sur l' importance de donner place au "petit" dans nos vies.

"Les petites choses n'ont l'air de rien mais elles donnent la paix". Et si nous grandissions avec ces petites choses du quotidien...

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 05:35

Complétement déshydraté, le corps quasiment tétanisé par l'effort, les pieds en sang, et les yeux à l'agonie, il eut juste le temps de dire dans un dernier soufle :" Nous avons gagné" et l'homme s'écroula devant les hauts dignitaires grecs. La Grèce venait de remporter une victoire contre la Perse à Marathon. Il aurait parcouru près de 42 kilomètres 195 ( selon la légende) pour rallier Marathon à Athènes. Il a donné sa vie pour annoncer cette victoire. Nous sommes en 490 avant Jésus Christ.

Depuis cet événement, parfois remis en question dans son authenticité par les historiens, le marathon, avec cette distance mythique de 42 kilomètres et 195 mètres, est devenu une épreuve sportive de grande notoriété, crée à l'occasion des premiers jeux olympiques modernes en 1896 en Grèce. Le premier vainqueur, un grec, ne mourut pas à l'arrivée et réussit l'exploit de couvrir la distance en moins de 3 heures. A ce jour, le record du monde vient d'être battu en septembre, à l'occasion du marathon de Berlin, par le kenyan Patrick Makau en 2 heures 3 minutes et 38 secondes !

L'engouement pour ce genre d'épreuve devenue très phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpgpopulaire continue de faire des adeptes. Au delà des grands marathons de New-York, de Chicago, de Londres, d'Amsterdam ou de Berlin, en France, ce week-end, deux marathons étaient programmés : l'un à Reims et l'autre à Montpellier. Près de 1000 participants pour l'un et plus de 1200 pour l'autre.

Quand j'ai eu l'occasion d'échanger avec plusieurs coureurs de marathon , j'ai constaté que leur motivation tournait souvent autour d'un dépassement de soi. Chacun a à coeur de réaliser un temps, et d'aller au bout de 3 à 6 heures d'effort sur le macadam et parfois sous une forte chaleur.L'un m'a  confié qu'il voulait descendre sous la barre des 3 heures par rapport à son temps de l'année précédente. Dans l'esprit du marathonien moderne, en général bien préparé à une épreuve d'endurance longue qui peut être incertaine ( le risque d'abandon est une donnée suite à des crampes ou épuisement des réserves), il s'agit d'aller quelque part au bout de soi-même, au bout d'une quête de soi. Ce jusqu'au boutisme ne va pas jusqu'à la mort, fort heureusement, mais l'état physique de plusieurs marathoniens, sur les tables de massage après l'arrivée, montre des visages creusés par la fatigue, des pieds boîteux et même une concurrrente en hypothermie enveloppée dans une couverture en aluminium et qui a dû été évacuée .

Ceci étant, dans le regard de celui ou celle qui a franchi la ligne d'arrivée , il y a cette fierté de l'avoir fait, d'être aller au bout de soi-même au delà de la souffrance physique et mentale. Je suis pour ma part toujours impressionné par cet esprit du marathonien qui pourrait parfois inspirer notre société dans ses valeurs profondes.

Savoir se préparer pour affronter les épreuves et la crise du siècle,

Se préparer mentalement.

Savoir tenir la distance malgré les coups au moral et les accidents de parcours.

Savoir gérer lucidement le temps pour aller jusqu'au bout en gérant l'épreuve en économisant   ses efforts. Savoir détendre son corps dans une descente , c'est apprendre à se détendre au coeur de moments difficiles .

Et enfin, savoir savourer avec bonheur sa réussite et en tirer des enseignements sur la connaissance de soi pour d'autres défis...

Le marathonien nous donne à voir que la vie passe par des moments de toutes les couleurs...jusqu'au dernier soufle  !

 

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 06:29

Elle attire de plus en plus de personnes chaque année.

Près de 7000 nouveaux sont venus s'y installer en un an.

Tous les visiteurs français ou étrangers lui trouvent un charme, une sorte de magie.

D'où vient cette magie ?

Il y a de l'ordre de l'émotionnel.

Elle n'est pas ancienne, sa création remonte au moyen âge et à son développement de carrefour d'échange marchand entre le Nord, l'Espagne et le bassin méditteranéen.

Son ancien maire, visionnaire, a développé un quartier du nom grec d'Antigone prolongeant le centre ville et sa place de la comédie jusqu'au bord du Lez. Une vision qui permettra de faire passer Montpellier du 22ème rang au 8ème rang des villes de France. Un montpellierain sur 4 est étudiant. La ville bat au rythme  des matchs de ses équipes sportives de très haut niveau et bat aussi dans une offre culturelle très diversifiée.

Stop, je m'arrête. Vous n'aurez pas le cours d'histoire complet sur cette ville dénommée la "surdouée".

Je veux simplement, par ces quelques lignes, rendre hommage à une municipalité qui a pris soin d'instaurer, chaque année en octobre, une journée d'accueil de ses nouveaux arrivants .

Une belle matinée entre un accueil petit déjeuner dans le hall de l'ancien hôtel de ville et un buffet de midi offert dans un des temples de la culture , le corum. Entre temps, par groupe d'une trentaine de nouveaux montpellierains, une visite guidée de la ville est proposée avec un guide officiel de l'office du tourisme. Et nous voilà embarqués de la place centrale de la Comédie, en passant par les ruelles étroites et marchandes jusqu'à la cathédrale Saint Pierre étonnament discrète au sein de la vieille ville. Ce n'est pas l'église la plus haute de la ville, c'est en fait un ancien monastère qui se partage entre la cathédrale et loeuf.jpges locaux historiques de la faculté de médecine, une des premières d'Europe.

Juste pour conclure, une histoire qui peut rejoindre la psychologie positive.

Au XIXème siècle, les méres accompagnaient leur fille sur la place du centre ville et tournaient autour. Aux terrasses des cafés, les messieurs étaient en observation. Objectif pour les mères : "caser" leur fille avec un homme.

Cette pratique s'appelait " faire l'oeuf" signifiant se faire remarquer. Depuis, la pratique a disparu mais la place reste surnommée place de l'oeuf !

La municipalité de Montpellier a démontré, par cet accueil très apprécié pour le nouveau montpelliérain que je suis, qu'elle savait prolonger cette tradition de " faire l'oeuf". En effet, le temps de présentation de l'équipe municipale a été un moment stratégique pour mettre en valeur toute la politique municipale liée à l'urbanisme, à la solidarité et au développement économique.

Oui, décidément, Montpellier n'est pas une ville comme les autres, entre charme attractif, mélange de population d'immigrés des quatre coins de France et sa dynamique de construction, les rêves les plus audacieux sont possibles avec un slogan prometteur : mille et une vies. Il ne manque plus que  la lampe d'Aladin pour transformer des rêves ...en réalité !

 

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 07:09

Un  petit homme au teint buriné vient de s'installer à la tribune sous chapiteau installée près de la maison  départementale de l'environnement, dans les environs de Montpellier. Applaudissements. Puis une voix douce venant du fond de l'être dit, avec un peu d'hésitation, "Merci " à toutes celles et ceux qui ont fait le déplacement pour l'écouter. Silence d'une assemblée de jeunes et d'anciens captée par un message d'un homme originaire d'Algérie, venu en France et qui est passé par tous les métiers, sur des chantiers comme ouvrier spécialisé, par l'artisanat, l'agriculture. Cet homme s'appelle Pierre Rabhi.(1)

Morceaux choisis d'un moment où le temps s'est arrêté.

" J'avais passé toute une journée à couper du bois avec mon voisin et avec une grande scie de bûcheron. Et le soir, je m'arrêtais pour contempler le cercle solaire qui descendait rougoyant sur l'horizon. J'ai invité mon voisin à me rejoindre et je lui ai dit : " regarde". Il m'a répondu fiérement : " On a fait 10 stères de bois !". 100 0265Anecdote savoureuse pour montrer le décalage autour de nous entre la dimension économique, productiviste menant au "toujours plus" et l'art de poser ses valises, de s'arrêter pour contempler simplement la nature. La beauté prédispose à l'enchantement. C'est cet enchantement qui est à retrouver dans nos sociétés hâpées par la consommation dans un système aliénant. Nous travaillons dans des boîtes, nous faisons la fête aussi dans des boîtes en y allant avec une caisse. Et à la fin, nous terminons dans des boîtes. Ce système a produit une idéologie trompeuse d'une croissance exponentielle, en standardisant les produits et en tuant la petite économie locale, y compris dans les pays colonisés. Ce système de compétivité où les grandes mutinationales jouent les prédateurs sur les marchés mondiaux conditionne toute une jeunesse avec un slogan " Sois le meilleur !" Or, dans la nature, les animaux prédateurs, comme les lions, se contentent de manger le nécessaire pour survivre, ce qui est loin d'être le cas des dits " prédateurs économiques" qui font du profit au delà des besoins minimum...

L'être humain a vocation à vivre dans une relation de complémentarité, de coopération en redonnant toute leur place aux femmes, protectrices de la vie. Je suis admiratif, dira Pierre Rabhi, des femmes africaines qui , par leur énergie déployée au quotidien, tiennent le tissu social des villages. Nous sommes tous appelés à gravir la montagne pour une vision plus large de notre humanité, et ainsi élever notre conscience. Là se présente une option libératrice du système, qui peut nous sortir du "toujours plus", de notre insatisfaction permanente ou encore du vide intérieur, je l'ai nommée : sobriété heureuse. Sur ce chemin personnel ouvert à tous, il s'agit de se désencombrer du superflu, de sortir de la frénésie de rythmes de vie conduisant au stress et à l'angoisse, de retrouver une unité entre les hommes reliés par une interdépendance. Rêve d'un penseur utopique ?

Non point, Pierre Rabhi, avec humilité, rappelle à la fin de son témoignage, que des réalisations humaines durables existent déjà de par le monde. Le site agricole des Amanins dans la Drôme avec un collectif d'hommes et de femmes revenant à une agriculture biologique, avec un habitat et une consommation d'autogestion, et une école dans laquelle sont enseignés les principes de la coopération. Le monastère orthodoxe féminin de Solan près de Nîmes qui a fait le choix d'une production viticole de qualité fondée sur les principes du développement dgoutte-d-eau.jpgurable. Ces exemples inspirent d'autres lieux et organisations. Pierre Rabhi croit au changement par tous ces acteurs du terrain, cette société civile qui peut contribuer à des processus de changement plus sûremement que les acteurs politiques trop souvent prisonniers d'un système.

Le colibri est le nom du mouvement lancé par Pierre Rabhi pour sensibiliser les consciences. Une histoire raconte qu'un incendie de forêt s'est déclenché et que le colibri, petit oiseau a pris de l'eau dans son bec, pour arrêter le feu et fait des allers-retour du lac à l'incendie comme un hydravion canadair. Or les mauvaises langues se sont tournées vers lui pour lui dire que ces efforts seraient vain, compte tenu de l'ampleur de l'incendie.

Et le colibri a répondu : "Je le sais mais je fais ma part".

 

(1) voir aussi sur ce blog "Noêl et la sobriété heureuse."

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 04:42

Enfin, ma respiration se régule. Je ressens les grosses bulles dans l'eau de mer à chacune de mes expirations et je suis moins crispé sur le détendeur dans ma bouche que je serre pour inspirer. A trois mètres de fond, je découvre, pour mon baptême de plongée sous marine, un monde inconnu. Certes, la télévision, avec notamment les célèbres films du commandant Cousteau, m'avaient donné à voir les images toujours belles, impressionnantes, peuplées de formes les plus bizarres de ce monde du silence. Là, j'y suis, le temps semble tourner différemment. Je ressors de l'eau en ayant l'impression d'y être resté 5 minutes alors que je viens d'y passer près de 20 minutes. Ce monde immergé, hors de portée de nos soucis terrestres, m'invite à développer une métaphore.

Comme il serait bon que chaque adolescent et adulte bénéficie d'un accompagnement pour grandir, pour passer des obstacles, pour avancer vers un projet professionnel ! Certains ados et adultes ont la chance de vivre ces passages grâce à un adulte relais, un animateur, un entraineur sportif, ou encore, dans le monde professionnel, avec le soutien d'un coach. Cet accompagnement pourrait s'inspirer de la plongée. Au départ, l'initiateur donne sur la plage puis dans l'eau de manière calme les consignes de base : " cracher dans le masque de plongée pour éviter ensuite la buée, faire un essai d'inspir et expir par la bouche avec ce drôle de dentier dans la bouche appelée détendeur, et reconnaitre les deux gestes de communication. Le pouce faisant un rond fermé avec l'index pour signifier que tout va bien ou au contraire une main s'agitant comme un navire chahuté de gauche à droite pour dire que çà ne va pas." En début d'accompagnement, l'adulte fixe le cadre, rassure et installe une communication qui permet une réactivité de sa part. C'est la base de la relation de confiance : " Il me dit clairement que j'ai le droit d'être mal et que je peux l'appeler avec telle modalité ( téléphone, courriel, ...)". www_ouikend_com-bateme_plonge.jpgC'est la plongée, je sens la présence proche et même la main de mon initiateur qui me fait descendre au fond. Avec un adulte de confiance, j'ose aller au fond de moi, regarder mes zones d'ombre qui bloquent ou freinent ma dynamique de vie. Ma bouteille de plongée me préoccupe un peu car elle balotte sur mon dos et j'ai la hantise qu'elle me retourne comme une crêpe. Que se passerait-il si j'étais retourné sur le dos ?! Que se passerrait -il si mon projet tournait court, si je rencontrais une difficulté inattendue ? Notre cinéma intérieur risque de reprendre le dessus. Pourtant, mon initiateur détourne mon attention sur la présence d'un poulpe caché dans la fissure d'un rocher et qu'il éclaire de sa lampe. Rencontre étonnante, à quelques centimètres de moi. En fait, je n'ai pas peur. Je commençe à me sentir "poisson" au milieu de ces poissons au profil très diversifié, des petits recroquevillés aux longs en forme d'anguille, qui passent, qui trottent sur le sable et se cachent. L'accompagnateur est là pour nous aider à orienter notre regard, non pas sur nos peurs et nos blocages, mais sur la Vie, sur la beauté qui s'offre à nous et nous donne ce goût d'avancer, d'explorer. Niveau-1-Plongee-CMAS-Marseille-PACA-13-copie-1.jpgMoment sublime, l'initiateur a senti que je passais un cap , mes muscles se détendent, ma propulsion avec les palmes est plus tranquille, et ma respiration plus ample et régulière. Je me sens bien tout simplement dans l'instant à vivre. Il me propose alors cette expérience forte. Je m'arrête d'agiter mes palmes et mes bras, et comme un parachutiste en vol libre avant le déclenchement du parachute, j'ouvre mes bras en croix et je "flotte" dans l'eau marine. Le temps s'est arrêté, je n'ai plus à agir, je goûte la sensation d'unité avec ce nouveau milieu. L'accompagnateur attentif à la progression de l'ado ou de l'adulte qu'il accompagne peut lui lâcher la main, l'inviter à regarder où il est arrivé, à prendre le temps d'apprécier ce qu'il vit hic et hunc, ici et maintenant sans chercher le "toujours plus". J'émerge de l'eau, je suis presque déçu que la ballade sous marine soit déjà finie, j'aurais presque envie de replonger dans ce monde du silence. Un monde où la communication avec l'autre est sans parole, par le geste ou le regard. Une communication qui va forcément à l'essentiel de manière non verbale " Cà va ?" , " Regarde, ici" , " C'est super !", une communication transmise par l'eau. Combien un accompagnateur gagne en présence à l'autre en se branchant directement sur l'expression non-verbale de l'accompagné ! Un "Cà va bien" avec un regard triste ou un front plissé cache une autre vérité.

Masque retiré, capuche de la combinaison isothermique relevée, je reprend contact avec le monde terrestre. Je me sens presque euphorique, est ce l'effet d'une forme de suroxygénation  liée à la consommation de l'air dans la bouteille de plongée ? Je retrouve la parole. Une chose a changé : je sais maintenant qu'il existe un autre monde, un monde sans parole, un monde de sensations, un monde dans lequel le temps horloge n'existe plus.  Un monde qui nous vide de nos soucis et nous remplit de quelque chose d'indicible, de quelque chose que l'on a envie de retrouver.

Plongés dans nos quotidiens souvent tumultueux, en forme de zapping à travers de multiples sollicitations, nous rêvons d'un monde idéal, d'un monde à notre écoute, d'un monde plus simple. C'est un rêve légitime. Ce monde peut exister à condition de le faire exister. C'est une question de plongée en soi, au fond de soi, de respiration, d'attention à l'ici et maintenant. C'est possible, de plus en plus d'hommes et de femmes ouvrent ce passage dans le monde.

 

 

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 05:48

C'est la rentrée. Rupture d'un temps libre ou de job d'été pour les jeunes qui vont reprendre le chemin des études; l'heure de se remettre dans la "peau" de l'enseignant pour ces milliers d'instituteurs et professeurs des écoles en collèges et lycées dont les nouveaux vont affronter pour la première fois une salle de classe. Le film "Entre les murs" , palme d'or en 2008 au festival de Cannes, a rappelé, avec réalisme, l'enfer vécu par un certain nombre de ces enseignants malmenés par des élèves pour qui le système scolaire n'a plus ou peu de sens car déconnecté pour eux d'une garantie d'insertion professionnelle ou lié encore à  l'échec à répétition. Dans cette ambiance de questionnement permanent sur un système scolaire à la recherche d'un second soufle, un groupe d'auteurs pluridisciplinaire (1), sortant de la torpeur et de la croyance " le système , ce mammouth, est non réformable" ose pointer des propositions très concrètes. Pour ma part, j'ai retenu ce que nous pourrions appeler les 4 pieds d'une autorité équilibrée et acceptable.

 

Premier pied : la loi, c'est à dire le règlement de la vie dans l'établissement. Sans loi, le jeune n'a pas de repères sur ce que l'institution autorise, interdit, recommande. C'est finalement l'élaboration de règles de vie collective qui contribuent à un "vivre ensemble" social harmonieux ou du moins acceptable. A titre d'exemple, jouer au ballon de basket dans une cour de récréation peut permettre à des jeunes de se défouler. Mais si ce sont 50 jeunes qui tapent le ballon avec un bruit d'enfer, le confort des autres est mis à mal : la règle vise à poser la ligne d'équilibre entre liberté des uns et acceptabilité pour les autres.

 

Deuxième pied : la participation des élèves eux mêmes à l'élaboration des règles de vie en classe. Ce corrolaire au premier pied reste fondamental. Chacun sait bien que l'on adhère d'autant mieux à une règle que l'on y a participé ou au moins été consulté. D'ailleurs, la participation enrichie la règle car les élèves ont souvent l'art de pointer des situations spécifiques, des exceptions à prendre en compte. Evidemment, cela suppose que la règle admette une certaine souplesse de négociation. L'interdiction de fumer dans les enceintes des établissements scolaires est non négociable car émanant de la loi largement rappelée par des textes d'application. Cependant, le constat de véritables "fumodromes" devant le portail de nombreux  lycées en France parait peu cohérent avec l'incitation des pouvoirs publics à réduire le tabagisme notamment chez les jeunes. Ici, une réflexion concertée entre direction de l'établissement, enseignants ( fumeurs et non fumeurs) et lycéens pourrait conduire à des solutions permettant de donner plus de sens à la loi...

 

Troisième pied : le respect mutuel manifeste par des rituels de politesse, d'écoute, de prise de parole et d'entraide. Ce qui pourrait apparaitre comme aller de soi ne l'est plus forcément aujourd'hui avec des modèles d'éducation qui ont pu reléguer au second plan ce que ma génération du baby boum a vécu de manière très imprégné dés l'enfance : les fameuses règles de politesse. Effectivement, si ces règles ne sont vécues que comme contraintes ou soumission à l'adulte dominateur, chacun peut comprendre qu'elles soient bafouées. Or si l'on reprend sens sur ces rituels, une ouverture est à espérer. Rappelons nous que la poignée de main signifiait originellement montrer à l'autre que l'on avait pas d'arme cachée et que ce geste signifiait :" Tu vois, tu peux me faire confiance." Le "bonjour" est aussi une manière de manifester une attention humaine dans un monde grouillant. Pour ma part, je suis toujours étonné de constater que, sur les chemins de randonnée en montagne, le bonjour aux randonneurs croisés va de soi,  parfois ponctué,quand la pente est dure, d'un "bon courage" alors que revenu sur le sol urbain, comme sur une autre planète, il aurait tendance à disparaitre. La pédagogie inviterait donc l'enseignant à expliciter le sens du rituel. Je me rappelle, quand j'étais collégien, que nous nous levions à l'entrée du professeur dans la classe. Je ne suis pas sûr que ce rituel de simple respect soit encore beaucoup utilisé dans nos collèges et lycées.

 

Quatrième pied : la sanction juste, réparatrice, auto-éducative avec le souci d'apporter des réponses urgentes, personnalisées aux jeunes notamment ceux en grande difficulté. Nous touchons là un domaine très sensible qui a fait l'objet de nombreuses réflexions et travaux. Qu'est ce que la sanction juste ? Juste pour le donneur de sanction ? Juste pour le sanctionné ? La sanction comporte toujours deux dimensions : la sanction normative inscrite dans le règlement intérieur ( avertissement, blâme, exclusion provisoire, exclusion définitive....) et le retentissement dans l'affectivité du sanctionné. Un simple avertissement pour l'autorité éducative peut signifier " attention, en cas de récidive de transgression de la règle x, la sanction sera plus lourde" et être reçue durement pour un élève peu habitué aux sanctions et à l'opposé comme une simple formalité pour un "transgresseur coutumier du fait". De mon point de vue, je rejoint l'importance d'une sanction qui soit donnée rapidement après les faits problématiques constatés ( car le temps pour l'adolescent efface les choses et une sanction donnée un mois plus tard par rapport à un fait peut lui sembler incohérent ou exhorbitant) et je partage l'avis de nombreux éducateurs d'utiliser le temps autour de la sanction ( écoute, explication, médiation, conseil de discipline...) pour aider les auteurs d'un comportement de transgression à mesurer les conséquences de leur acte et à répondre, quand ils le pourront, à la question suivante : " Et maintenant, si tu te retrouves dans la même situation demain, qu'est ce que tu pourrais faire ou dire pour respecter la règle, l'autre ?"chaise_ml.png

Ces quatre pieds peuvent soutenir, asseoir l'autorité plus solide, plus légitime de l'enseignant. Cependant, je recommande aussi l'usage d'un dossier que j'appelle : contrat de confiance. Une fois, l'explication des quatre pieds aux élèves par l'enseignant, celui ci pourrait faire une pause, regarder tranquillement ses élèves et avec un ton adapté leur poser la question : " Et maintenant, êtes vous chacun ok pour accepter, respecter ce cadre, et si besoin, venir en  discuter si un point vous semble à revoir ?". Ce moment clé de rituel est une manière de poser ce contrat entre l'institution et les élèves. Et il serait juste aussi ,comme dans tout contrat qui précise les engagements de chaque partie, que l'enseignant expose aussi ses propres engagements éthiques.

Avec cette chaise bien stabilisée sur ses quatre pieds et son dossier pour s'y appuyer avec confiance, je souhaite à tous les enseignants de France et d'ailleurs de prendre le temps de goûter cette assise qui leur évitera de se lever trop souvent pour crier  et ramener l'ordre !

 

(1) ouvrage : Donner toute sa chance à l'école : treize transformations  nécessaires et possibles...

Chronique sociale. 2011

 

 

 

 

 

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 04:33

Nous descendons par une allée toute entourée de feuillage vert en direction de l'étang. Le ciel est dégagé, l'herbe respire comme les saules pleureurs offrent leur abri. Une bordure de fleurs toute en couleurs dessine étonnamment le contour de la France. Au coeur d'un petit village de l'Isère, le jardin de Nathandine révèle l'amour passionnel d'un couple, Marie Annick et Michel pour l'aménagement de Dame Nature. Le temps s'arrête brusquement, nous entrons dans une autre ère. L'oreille se fait attentive aux sons dont le murmure de l'eau qui coule dans l'étang. Le regard est baigné par cette découverte qui va de surprise en surprise. L'homme prisonnier du mental devient, par la magie du lieu, réceptacle à cette offrande de la nature.100_2500.jpg

 

Cet été, j'ai eu l'occasion, avec mon épouse, de vivre cette expérience de bain naturel accompagné de Marie Annick et Michel. Une expérience qui, comme dans l'étang niché au fond du jardin, renvoit l'image de notre jardin intérieur.

Qu'est ce que pourrait être ce jardin intérieur ?

D'abord, en se référant à des auteurs comme Eckhart Tolle (1), apprendre à défricher notre mental, à prendre du recul sur les pensées qui nous agitent constamment toute la journée. C'est spécialement le cas dans les milieux professionnels avec du stress à plus ou moins forte dose. Mettre les mauvaises herbes du mental ( ruminations du passé, peurs anticipatrices de l'avenir) sous l'oeil non jugeant de notre arbre intérieur, l'observateur intérieur. Oui, le climat médiatico-politique agite la crise, nous fait peur....et mon arbre intérieur bien enraciné dans le présent me répond " laisse passer ces pensées comme des nuages gris dans le ciel". N'oublions pas non plus, enracinées souvent  invisibles à notre conscience les fameuses croyantes limitantes bloquant notre énergie et notre élan. " L'homme est un loup pour l'homme" et alors je me méfie de tout premier contact en cherchant à repérer ce qui va m'agresser ! Un peu de compost naturel sur ces croyances pour les réduire ou mieux les transformer en croyance ressource. " Toute nouvelle rencontre est source de croissance et d'ouverture", qu'en pense votre mental ? Après ce défrichage, il s'agit d'aménager, de créer des allées propices à la contemplation, à la réceptivité de la vie. Je ne cours plus après le temps qui passe, je me pose dans l'allée de mon jardin intérieur et je contemple l'étang de mon silence intérieur. 100_2505.jpg

Le calme m'inonde , le temps s'arrête, et je suis là au coeur de mon Etre. Surtout, en bon jardinier désirant entretenir ce qu'il a patiemment semé et aménagé, je reviens régulièrement dans l'allée qui me conduit de la sphère parfois ténébreuse, engourdie, ou encore embrumée du mental au coeur de mon Etre, cet endroit où coule la rivière, celle de mon enfance, celle qui irrigue toute ma Vie.

 

cf site internet http://www.rhone-alpes.culture.gouv.fr/jardins

(1) ouvrage "mettre en pratique le moment présent" d'Eckhart Tolle.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 02:48

Trente pratiquants adultes de 25 à 60 ans, debout  en silence sur le magnifique parquet en bois de sapin de 120 mètres carré , sont attentifs aux explications de l'enseignant en Tai Chi Chuan, François. Peu de mots, une voix douce, intérieure qui préfère donner la "parole" au corps. Chacun est invité par un jeu de  poussée-retenir à déstabiliser son partenaire en face de lui, sans se déstabiliser lui-même. La démonstration est sans appel : les nouveaux, malgré, pour certains d'entre eux, une belle aptitude à l'équilibre et dotés d'une force musculaire significative, finissent tous par être déséquilibrés. Qu'est ce qui fait que les pratiquants expérimentés, sans effort apparent, arrivent à leur fin ? Etonnant : plus  la force exercée en face est musculaire, tonique,  plus le déséquilibre est brutal ! J'en ai été un des premiers témoins..

 

Un peu d'histoire pour trouver l'explication. En Chine, depuis la nuit des temps, les médecins ont cherché à guérir les maladies à partir d'une connaissance du QI ( prononcer tchi), forme d'énergie vitale qui permet l'équilibre de toutes les fonctions dans le corps. Longtemps réservée, voire suspicieuse sur cette approche millénaire, la médecine traditionnelle occidentale commence à s'ouvrir à cette approche, ne serait ce que par le constat de résultats obtenus par l'acupuncture. En effet, l'acupuncteur cherche, à l'aide de fines aiguilles plantées dans la peau, à vérifier dans quelle partie l'énergie est bloquée et , en fonction d'une cartographie des "courants d'énergie" appelés méridiens, il peut alors  rétablir une bonne ( ou du moins une meilleure) circulation de celle ci dans l'ensemble du corps. Des études récentes ont même démontré que la pratique du Qi gong par des malades atteints du cancer a contribué à les aider à mieux supporter les thérapies classiques et à les déstresser. Deux approches, utilisant le Qi se développent en Europe depuis une vingtaine d'années sous l'impulsion de maîtres chinois , le Qi gong et le Tai chi chuan. Le Qi gong, littéralement " s'exercer avec l'énergie", propose des mouvements lents, souples et harmonieux associés à la respiration et vise à réveiller, répartir, restimuler notre énergie vitale souvent bloquée par le stress et les mauvaises habitudes posturales. Le Tai chi chuan, s'appuyant sur les postures du Qi gong, propose au pratiquant un enchaînement lent de mouvements, dans un état de silence, de concentration, plus ou moins nombreux selon les écoles chinoises originelles (d'une vingtaine à plus de 100). ideo-qi.gif

Revenons à notre séance. En fait, les pratiquants expérimentés se sont centrés sur le Qi, leur énergie vitale qu'ils ont appris, peu à peu,  à mobiliser pour répondre à la force traditionnelle musculaire. Cette mobilisation a au moins deux atouts : elle économise notre propre force musculaire, inutile dans certaines situations ou même contreproductive, et (ré)génére une vitalité profonde de vie au quotidien. Ainsi, occidentaux habitués à nous laver chaque matin, à nous brosser les dents comme hygiène de vie, nous pouvons alors comprendre que les chinois, connaisseurs de la puissance du Qi, ont pris pour beaucoup  l'habitude d'une pratique du Qi gong dans les jardins publics le matin avant toute activité professionnelle.

Enfin, pour tous ceux et celles qui ont été touché(e)s par le livre d'Eckhart Tolle, "le pouvoir du moment présent" (1), force est de reconnaitre que les pratiquants de ces deux disciplines ont trouvé un formidable moyen de sortir des ruminations du passé comme des angoisses du futur,en se centrant sur le présent immédiat. Dans l'attention à sa respiration, à son mouvement, au lien entre soi et la nature, entre soi et les autres, cette énergie circulante invisible pour les yeux offre le cadeau inestimable de sortir de la marmite bouillonnante du mental pour s'ouvrir sur l'infinie beauté et coloration de la Vie.

 

(1) best seller traduit en 33 langues  et écrit, suite à une expérience personnelle profonde de transformation intérieure, par Eckhart Tolle, né en Allemagne en 1948 et vivant actuellement au Canada, . Un ouvrage complémentaire " mettre en pratique le pouvoir du moment présent" a été rédigé par l'auteur pour répondre à une forte demande de ses lecteurs et auditeurs à l'occasion de ses conférences très prisées.

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