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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 20:30

Plus d'une  heure que j'attends dans cette clinique en service urgence pour consulter un médecin et effectuer une radio. La salle d'attente est surchargée, je ne peux même pas m'asseoir et , en plein été, la chaleur est accablante pour tous. Enfin, mon numéro est appelé, je rencontre un médecin mais il me faudra encore une demi-heure d'attente pour réaliser la radio. Et en prime, une infirmière me laisse "poireauter" un bon quart d'heure dans la pièce fermée sans fenêtre, cloîtrée à demi obscure de la radiographie avant que la porte ne s'ouvre et laisse apparaitre le radiésthésiste. Ouf ! L'attente est finie. Cette expérience d'attente longue sans certitude du temps, chacun de nous en a vécu avec plus ou moins d'émotion négative allant de l'impatience, à l'irritation, et même parfois  à la colère quand les nerfs sont à bout. Pourtant, à y regarder de près, nous sommes concernés très fréquemment par l'attente et pas uniquement dans une salle d'attente d'hôpital.

L'attente de l'automobiliste à l'entrée de Paris quand le bouchon des arrivants se gonfle le matin, l'attente à la caisse d'un supermarché, l'attente sur le quai de gare, de tram ou de bus. L'attente d'un(e) ami(e) à un rendez vous donné sur un lieu précis. L'attente des résultats d'un examen, d'une réponse à une demande, ou encore l'attente d'un accord pour être aidé dans un projet...L'attente des parents dans la grossesse et l'accouchement d'un enfant. L'attente des personnes âgées isolées et quêtant la visite de l'aide à domicile...

Comment chacun vit-il ces diverses attentes ?

Moment perdu, temps gaspillé, stress pour certains qui veulent rentabiliser tous les moments de l'existence. Occasion de souffler, de sortir du rythme imposé pour d'autres. A quoi pense t'on dans ces moments d'attente ? A la manière dont nous pourrons rattraper ce temps perdu ? A des préoccupations ou ruminations professionnelles ou personnelles qui reviennent en boucle ? Ou encore , dans une salle d'attente, le réflexe conditionné sera de se jeter sur le premier magazine ou dans une fille de bouchon routier mettre la radio ...Et parfois "prendre son mal en patience"  et engager une conversation d'attente avec un voisin ou une voisine dans la même situation.

Et si ce temps d'attente était un temps béni pour nous inviter à nous recentrer sur l'instant présent ?

Tiens, je prends le temps de me poser sur ce siège de salle d'attente et de découvrir l'environnement, les couleurs, l'odeur... Là, dans cette queue de caisse de supermarché, je prends le temps d'observer les gestes de la caissière très affairée ou cet enfant qui joue avec un objet acheté par sa mère. Ou encore, dans ma voiture, je me recentre sur ma respiration pour la rendre plus ample, et retrouver un calme intérieur. Attendre devient alors une belle opportunité de nous confronter à nous mêmes, à notre capacité d'accueil de notre impatience, de notre vide ou vagabondage mental, et à trouver peut être une troisième voie pour la vivre pleinement comme un temps qui compte.

Florent Pagny, avec sa chanson "Savoir aimer", le déclame à sa façon :

Savoir attendre, goûter à ce plein bonheur qu'on vous donne comme par erreur.

Pour ma part, je garde le plein bonheur et j'élimine l'erreur. Attendre, c'est aussi ne pas vouloir tout maîtriser autour de soi et d'abord le temps. Attendre, c'est renoncer au mythe de l'homme autocontrôlant et entrer dans le rythme des saisons. Le temps de semer, le temps d'arroser et d'entretenir sa terre, le temps de l'hivernage et le temps du printemps, de la récolte.

Attendre , compte tenu du temps cumulé au fil de nos vies humaines, mérite d'être regardé comme un art.  Art de revenir au présent, à soi, art d'observation des autres, du lieu, art de maintenir son mental dans le renoncement  au "tout, tout de suite" pour l'orienter vers  l'écoute de soi, de ce que je peux me dire à ce moment là sans précipitation, ni regard extérieur.

Attendre, c'est une belle occasion de parler de soi à soi !

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 13:37

Pourquoi les arbres nous font-ils tant de bien ?

 

En cette période estivale où l'arbre est déjà synonyme d'ombrage solaire, de recherche de fraîcheur par temps de canicule, je m'interroge sur la valeur psychologique des arbres dans leur immense diversité et dont la plupart vivent bien au delà de la durée moyenne d'une vie humaine (1). J'ai eu la belle occasion de rencontrer récemment Francis HALLE, spécialiste reconnu mondialement en matière de botanique des arbres. Et j'emprunte volontiers le titre de cet article à un chapitre de son dernier livre (2).

 Certes, l'arbre en tant que plante répond déjà à quatre fonctions pour l'être humain : servir à la consommation notamment avec toutes les catégories de fruits continentaux ou exotiques, contribuer à la composition d'un médicament, contribuer à la fabrication des matières premières comme le papier ou encore servir de bel ornement autour des lieux de vie et des habitations. Mais Francis HALLE nous montre que l'arbre répond à des besoins encore plus subtiles.

Une enquête menée à Chicago, ville réputée (hélas) pour le taux de sa criminalité, a démontré que les habitants des quartiers difficiles qui avaient la chance de voir un ou des arbres devant leurs fenêtres (et non pas seulement du béton) avaient des relations plus calmes avec leurs enfants et leurs voisins. La raison : l'arbre apaise l'esprit agité et le fait de pouvoir laisser reposer son regard sur un feuillage réduit la fatigue mentale et augmente la faculté d'attention. Et les zones urbaines dans cette ville à plus forte densité d'arbres sont les zones dans lesquelles le taux d'agressions est le plus faible ! Explication : les arbres stimulent la rencontre en dehors des appartements et les gens dehors peuvent davantage surveiller l'environnement et notamment les enfants moins livrés à eux-mêmes. Intéressant de constater cet effet "arbothérapeutique" en cascade car la présence d'arbres modifie le style de vie dans ces quartiers.

En dehors de ce cas spécifique, je constate pour ma part que l'arbre et la forêt sont des espaces de ressourcement essentiels autour des villes. A Londres, les anglais vont régulièrement dans les grands parcs londoniens ( Hyde park, Green park...) à la pause méridienne et profiter de la pelouse pour se détendre en sortant du travail. L'été, sur le littoral méditteranéen, la recherche de pinède composée de pins parasols est très recherchée par les touristes près des étangs pour trouver un peu de fraîcheur par temps de canicule. Quant aux pratiquants de gymnastique chinoise de bien être comme le  tai chi chuan ou encore le qi gong, ils aiment pratiquer en plein air ( quand c'est possible) et souvent à proximité d'arbres, comme si l'énergie de l'arbre les attirait naturellement...

L'arbre reste en tout temps un formidable être vivant offert au symbolisme. Pensons aux arbres de décision, à l'arbre avec ses branches et ses sous branches  pour dessiner une carte heuristique, ou encore à l'arbre droit en gymnastique... micocoulier-4.jpg

En psychologie positive, je vous propose  trois dimensions de l'arbre pour nous aider à repérer notre croissance intérieure  :

 

Les racines qui incarnent nos valeurs "racine", celles qui nous font tenir debout au delà des épreuves de la vie.

 

Le tronc qui garde la trace de notre vécu depuis la naissance protège notre âme. Ce tronc, c'est notre cuirasse de "ressources" capable de nous stimuler pour trouver des solutions, sortir d'une impasse ou encore faire face à une adversité.

 

Le feuillage et ses fruits constitue notre fécondité sur terre, ce que nous produisons non seulement en tant que faire ou en tant qu'activité mais aussi en tant qu'être humain doué de sensibilité, d'empathie avec son environnement ou encore de créativité. 

Dessiner son arbre, c'est assurément descendre au plus profond de son humanité pour se la révéler.

 

(1) des pins de la californie ont plus de 5000 ans et l'arbre le plus âgé, le Lomatia  situé en Tasmanie  aurait plus de 43 000 ans, donc né à l'époque de l'homme de Neanderthal !

 

(2) " Du bon usage des arbres : un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques", Actes Sud; 2011.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 06:22

" Méditer, c'est aller au fond de l'océan où tout n'est que calme et tranquille. Une multitude de vagues a beau agiter la surface de l'océan, ses profondeurs n'en sont pas affectées pour autant, elles demeurent dans le silence. Tous nos tourments quotidiens s'évanouissent d'eux mêmes. Une paix  s'intalle en nous" . Sri Chinnoy

L'été qui brûle avec sa chaleur est bien une invitation à stopper nos affaires courantes pour nous mettre au repos. L'occasion de revisiter  la méditation, pratique émergente dans notre monde , à l'image d'une plongée sous marine dont j'ai fait l'expérience récemment.

Sur le bateau de plongée, tous vos sens sont en alerte. Le regard est attiré par le bleu de la mer, les oreilles sont baignées par le bruit du bateau et le vent marin. Le mental se prépare à effectuer une plongée surtout quand il s'agit d'une initiation comme ce fut mon cas.

Avant d'entrer en méditation, nous sommes ballotés par tout ce qui se présente autour de nous. Notre cerveau très alerte peut passer d'un souvenir de vacances sur un bord de plage à une préoccupation sociale ou familiale en un quart de secondes ou encore à ce qui est programmé de faire dans notre journée. Parfois, la houle cérébrale est si forte que des allers retours incessants se heurtent comme les vagues se brisent sur les rochers.

Plongée. Tout notre corps descend progressivement dans l'eau marine. Les sons terrestres disparaissent. La respiration, par le détendeur relié à la bouteille d'air, est exclusivement par la bouche et elle est la plus présente en sonorité. Je m'entends inspirer et surtout expirer. C'est rassurant dans un milieu aquatique où la communication humaine ne peut se faire que par signe visuel. L'index et le pouce joints en forme de cercle signifient : "Ok, tout va bien".

Plonger en méditation, c'est aussi revenir à soi, à sa propre respiration, ce soufle de vie. Reprendre conscience de son inspire et de son expire. Ce simple mouvement intérieur nous coupe déjà d'une part de l'agitation incessante du cerveau pensant. Comme le plongeur, ce premier palier nous relie plus intimement à nous mêmes.

Le fond marin est atteint. Beauté des coreaux , d'une daurade qui passe son chemin, d'une étoile de mer reposant sur le sable et de failles dont l'obscurité intrigue. Le monde du silence a arrêté nos montres. Le temps au fond n'est plus un temps chronologique. L'hypervigilance du plongeur dans son exploration lui commande de rester toujours en alerte. Alerte sur sa consommation d'air, alerte sur la proximité de ses coéquipiers surtout en eau trouble, alerte pour gérer sa flottabilité au fond lestée par des plombs et éviter l'erreur du débutant, une remontée trop rapide.

Au fond de la méditation, il existe un espace dans lequel le temps n'a plus prise. Les pensées de surface se contentent de passer comme les poissons autour du plongeur. Le méditant est simplement là , assis sur une chaise, un banc , à genoux ou encore en position de lotus. Quelle que soit sa position physique, il est en accueil de ce qui se présente à lui. Et si une étoile de mer radieuse se présente à son observation, comme le plongeur, il se contentera de l'observer, de la laisser vivre dans son milieu naturel. Détachement et présence.

Retour à la surface pour le plongeur. La remontée avec une charge de près de 20 kilos sur le dos, gilet stabilisateur et bouteille d'air n'est pas très aisée par l'échelle de plongée à l'arrière du bateau. Ouf ! Tout le matériel est retiré. J'en ressent un profond sentiment de libération. Les plongeurs remontent l'un après l'autre. Le ciel méditteranéen est au zénith, bleu sous un soleil réchauffant. Cet air marin recharge l'esprit encore plein d'émotions indicibles révélées par les profondeurs de la mer.

La méditation se termine. Le méditant reprend pied dans son environnement, le contact avec la pièce dans lequel il se trouve. Est il plus léger, plus lourd de cette exploration intérieure ? Toutes les situations sont observables. Mais quelque chose d'infime a pu bouger. Cet air autour de lui, cette ambiance autour de ses pensées, il y a un zeste de quelque chose de nouveau. Comme le plongeur qui a goûté ce plaisir unique au fond de l'océan, le méditant aspire à retrouver cette profondeur avec lui même.

Et si finalement méditer , c'était explorer nos fonds marins pour mieux nous connaitre, pour mieux nous retrouver. L'exploration peut nous faire découvrir des fonds troubles, des épaves comme de belles étoiles de mer.

 

Articles sur ce blog pour aller plus loin :

Mindfulness ou la méditation de pleine conscience

passer de l'agir au non agir


 


 

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 21:58

Première moisson de médailles pour la France au début de ces 30 èmes jeux olympiques à Londres. Un visage émerge, celui d'une jeune fille de 25 ans, Céline Goberville toute surprise d'avoir atteint la deuxième place de sa spécialité et récompensée par une médaille d'argent pour sa première participation aux jeux olympiques. Ce qui a attiré mon attention, c'est la manière très "self control" avec laquelle cette jeune sportive de talent a fait face à son premier direct sur un plateau de télévision.

photo_Cecile-Oberville.jpg

Gracieuse, un léger sourire sur les lèvres sans exagération, le regard  clair et concentré, Céline Goberville donnait l'impression de faire ce plateau de télévision comme une vieille habituée. Quelle est donc sa recette ? Je vais poser une simple hypothèse à partir des éléments de l'interview.

D'abord , elle pratique le pistolet depuis l'âge de 9 ans coachée par son père, ancien tireur de haut niveau et entraineur de niveau national. Ce sport exige trois qualités essentielles : la recherche du calme intérieur,  la concentration mentale et une parfaite coordination entre le geste de tension du bras armé du pistolet, de la respiration en apnée au moment du tir et la vision de la cible. A la question du journaliste "quelle est la qualité essentielle qui vous a aidée dans ce sport pour réussir ?", sans hésitation et de manière très convaincue, Céline Goberville a répondu : " La gestion des émotions". De mon point de vue, elle donnait la clé de lecture quant à sa communication déjà très professionnelle dans un direct de télévision qui génère souvent un certain stress ou un stress certain surtout quand il s'agit d'une première fois. Cette championne a démontré sa capacité à la fois à exprimer de manière posée ses émotions, sa surprise de sa deuxième place, sa fierté pour elle, sa famille et sa discipline, et l'envie de faire partager sa joie ni excessive, ni retenue. Pour ma part, j'ai été très admiratif de cette posture toute en modération si tranchée par rapport à d'autres sportifs qui s'expriment parfois de manière hâchée sur un coup d'émotion ou avec des formules toutes préparées pour ne pas se laisser piégés par les journalistes.

Céline Oberville, pistolière comme elle se nomme elle-même dans l'interview, a fait une démonstration d'une intelligence émotionnelle dont beaucoup de sportifs de haut niveau pourraient s'inspirer.

Rappelons que ce concept mis en valeur par le psychologue américain Daniel Goleman (1) prend en considération en particulier les capacités suivantes :

- la connaissance de soi et le pouvoir de nommer ses émotions sans jugement et sans refoulement ( les nommer pour soi, c'est prendre distance avec elles)

- la capacité de les exprimer à autrui sans se laisser envahir par elles ( comme la colère) et dans le respect humain.

- la capacité d'être en empathie avec celles de nos interlocuteurs ( entendre la peur sans prendre peur pour autant !)

- la capacité à contrôler des émotions excessives pour rester dans un self control et maintenir la relation humaine.

Bravo à cette championne qui a fait la preuve en quelques minutes d'un potentiel en intelligence émotionnelle, atout majeur  pour un sportif de haut niveau soumis à des pressions fortes et constantes et plus largement dans la gestion de sa vie personnelle et professionnelle.

Question subsidaire : cette intelligence émotionnelle est-elle l'héritage d'une éducation familiale ? Tous les pronostics sont ouverts quand on sait que le père est le coach direct et durable de sa fille qui éprouve un très grand respect et estime à son égard.

 

(1) auteur du best seller "L'intelligence émotionnelle, accepter ses émotions pour développer une intelligence nouvelle ", collection j'ai lu.



 

 

 

 

 

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 22:23

"Un peu moins de bruit pour s'entendre beaucoup mieux", c'est le slogan qui apparait depuis le début de l'été sur certains panneaux publicitaires de la ville de Montpellier illustré par un homme qui semble être un mime et un clown à la fois.

Si ce slogan invite, avec une dose d'humour, chaque voisin à baisser d'un niveau le volume de sa chaîne hifi, de sa télévision ou encore de son instrument de musique pour éviter les querelles de voisinage surtout après l'heure fatidique des 22 heures, il m'interroge aussi sur la valeur sociale du silence.

Il y a celles et ceux qui recherchent le bruit, le bruit dans les discothèques, les concerts, le bruit pour vibrer, déchirer, se laisser hâpés tout entier par les ondes musicales. Il y a celles et ceux qui recherchent le silence d'une église  ou encore d'un monastère retiré pour tenter de se retrouver soi. Et puis, il y a aussi celles et ceux vieux et jeunes qui souffrent de la solitude et qui recherchent le son d'une voix y compris par le canal de la télévision pour sortir d'un silence avec soi-même.

Silence de mort dans certains lieux professionnels aseptisés où chacun est retranché dans son bureau, silence, on tourne sur les lieux de tournage de films. Silence oppressant à l'issue d'un examen oral où le candidat attend le moindre signe d'approbation d'un jury qui se veut impartial donc froid et limitant le moindre geste verbal et non verbal.

Et puis, il existe des silences qui expriment la vie. Silence entre deux amoureux qui se rencontrent et se comprennent hors des mots. Silence d'une communauté monastique après une lithurgie où chacun se recueille dans l'église encore résonnante de leurs chants et psalmodies.

Silence que l'on convoque quand la nature évoque cet infini à travers un coucher de soleil sur la mer, un lever d'aurore sur la montagne encore embrumée, silence de contemplation qui remplit l'âme.

Aujourd'hui harcelés par une société de consommation, nous pouvons basculer entre le bruit ambiant des grandes surfaces et le désir de nous retirer pour retrouver ce silence, ce silence qui peut aussi appeler le silence intérieur, celui de l'âme.

Et si, dans ce silence là, c'est moi même que j'apprenais à mieux entendre !

Anselm Grûn, moine bénédictin allemand très reconnu par ses nombreux ouvrages (1) cherchant à relier le spirituel et le psychologique, nous ouvre une porte sur ce chemin :

"La spiritualité, c’est avoir un cœur large. En nous, il y a toutes les émotions et toutes les passions mais il y a aussi un lieu de calme, de silence, qu’il faut arriver à atteindre. Dans ce lieu, , je suis libre des jugements des autres, de leurs attentes, Aucune blessure ne peut m’atteindre, je suis sain, entier, et c’est dans ce lieu que se trouve mon moi authentique."

Et si l'été et le temps de vacances nous permettait de rechercher avec détermination ce lieu de silence, pas forcément au bout d'un chemin montagneux, au milieu de l'océan, ni même dans le silence d'un lieu spirituel, mais plus profondément en soi ?

 

(1) Anselm Grûn, Apprendre à faire silence; collection DDB

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:51

Socrate questionne Alexandre :

- Se sentir tributaire des autres ne te rend-il pas amer ?

- Je pense, au contraire, qu'il s'agit d'une richesse.....Mon incapacité à atteindre une parfaite autonomie me montre quotidiennement la grandeur de l'homme. Au coeur de ma faiblesse, je peux donc apprécier le cadeau de la présence de l'autre et à mon tour, j'essaie avec mes moyens de leur offrir mon humble et fragile présence.

Alexandre Jollien,  devenu écrivain et philosophe a connu un parcours humain étonnant. Il passe près de 17 ans dans une institution spécialisée en Suisse en tant qu' infirme moteur cérébral, et est promis à intégrer un atelier protégé pour fabriquer  des boîtes à cigares. Mais une heureuse découverte change son destin.  Il se découvre une passion pour la philosophie et entreprend des études dans un milieu dit normal. Il se lie d'amitié avec le philosophe grec Socrate, un peu plus vieux que lui !

A travers son premier livre "Eloge de la faiblesse"(1), Alexandre Jollien nous questionne avec Socrate sur le sens de la faiblesse et le périmètre de la normalité . Un dialogue à la saveur rafraichissante pour l'âme humaine,  jouant entre le vécu de sa vie en institution, le questionnnement socratique et des intuitions lumineuses.

A mon tour, je vais questionner Alexandre :

- Comment expliques tu, Alexandre, avoir pu échapper à ce qui était prévu pour toi après le passage en institution ?J'imagine que tes éducateurs ont du être supris quand tu as réussis des études de philosophie.

- En fin de compte, plaçé dans un contexte stimulant, je vis mes capacités se développer rapidement. Et puis, la philosophie-en tant que lutte contre les clichés, les poncifs- m'a beaucoup aidé à opposer la raison à tout ce fardeau de préjugés et de sentiments négatifs, à lutter contre l'irrationnel, la peur, la cruauté. (2)

Le témoignage d'Alexandre sur la faiblesse est éloquent. Quand il évoque, au sein de l'institution, son camarade Jérôme paralysé au fond de son lit ne sachant à peine parler qui lui dit : "Caa bva ?". Jérôme représente pour Alexandre la manière dont " le soi disant faible", non productif pour la société peut se révéler une vraie force de soutien pour d'autres.

A la fin de ce dialogue socratique dans lequel les questions sont aussi importantes que les réponses, Socrate demande à Alexandre sa définition de l'anormalité : "L'anormal est peut-être ce qui s'écarte de ce que l'on considère comme une conduite acceptable, répond Alexandre."

Socrate en vient à lui montrer que des comportements en institution n'ont rien d'anormal mais que sortis de ce contexte, ils peuvent paraitre dérangeants. La frontière entre normalité et anormalité bouge en fonction de l'endroit où je me place. Dans une société survalorisant la réussite, la compétition, le défi et celles et ceux qui, soit disant, réussissent, il est certain que le faible, la personne handicapée peut être perçue dans le hors norme, l'anormal. Cependant  pour Alexandre, à travers son parcours dans  lequel " les faibles" de l'institution l'ont aidé, comme il dit, à apprendre le dur "métier d'homme", le regard est tout autre.

Et laissons la dernière question à Socrate : "la faiblesse assumée peut-elle devenir féconde ?"

En tout cas, Alexandre, philosophe auteur de plusieurs ouvrages remarqués, est une réponse en lui-même.

 

(1) Eloge de la faiblesse, 1999. Collection Marabout.

(2) extrait de réponses données par Alexandre Jollien dans son ouvrage.

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 09:26

- Oui, 20 ans après le sommet de Rio sur le développement durable, ce sommet de la Terre m'a déçu. Beaucoup d'Etats ont simplement confirmé des engagements antérieurs.

- Rio, pendant 3 jours ( du 20 au 22 juin 2012), ça a été le grand supermarché des grandes entreprises. Elles ont toutes voulu montrer leur étiquette d'économie verte. En fait, c'était surtout du marketing !

- En 1992, le concept de développement durable faisait rêver à un autre monde. Aujourd'hui, je me rends compte qu'il ne fait plus rêver.

- Finalement, le texte adopté par les Etats a été validé avant le sommet pour s'assurer d'un plus petit dénominateur commun et éviter que l'on colle l'étiquette d'échec à ce sommet suite à celui de Copenhague.

Chaque intervenant de cette table ronde organisée à Montpellier, capitale mondiale de la biodiversité, répondait ainsi à la première question de l'animateur : " Quelle impression personnelle avez vous  suite à votre participation au sommet de Rio en juin dernier ?".

Intervenants tous spécialistes reconnus et à la parole mesurée : un responsable délégué d'un centre de recherche agronomique, un chercheur spécialiste en bilan carbone, un adjoint à la cité de Montpellier délégué sur ces questions, et un consultant en agriculture biologique.

Puis, le débat s'est ouvert avec la salle très attentive et même passionnée sur ces questions engageantes pour l'avenir de notre planète et même de la race humaine.

Et des lueurs d'espoir ont jailli du débat. Le mot clé repris par plusieurs intervenants était de revenir sur " le verre à moitié plein ou à moitié vide". Or, nous étions en fait partis du verre plutôt à moitié vide, vide par la déception, la désillusion, la frustration par rapport à des attentes . Alors, en regardant l'autre partie du verre, le verre à moitié plein,  voici un petit échantillon de gouttes d'eau recueillies :

- On constate aujourd'hui autour des actions concrètes de développement durable , de protection de l'environnement, de solidarité, que ce sont les collectivités locales et la société civile qui bougent le plus. De nombreuses initiatives fleurissent comme l'idée d'une monnaie de troc locale pour éviter les spéculations des systèmes financiers.

- Ce sommet m'a permis d'établir des contacts avec des partenaires d'autres villes susceptibles de créer un réseau d'échanges de pratiques.

- Le Brésil, pays organisateur est apparu  en pointe sur les questions environnementales, notamment sur les limites posées à la déforestation. Un pays qui veut s'affirmer sur la scène internationale avec l'accueil en 2014 de la coupe du monde de football et en 2016 des jeux olympiques. Nous mesurons ainsi que la France est un petit pays dans un monde où les puissances émergeantes bousculent le jeu.

 

Et , après plus de deux heures riches de débat qui auraient pu se prolonger toute la nuit, je suis revenu, non pas déçu mais nourri par ce passage de la déception initiale exprimée par les intervenants aux lueurs d'Espérance. Aussi, une leçon me semble intéressante à tirer de ce processus de débat. Il était sans doute nécessaire sur un plan émotionnel que chacun vide son sac avec authenticité pour ensuite permettre au débat de trouver  un chemin parfois tortueux pour voir les lumières qui s'allument aux quatres coins du monde. En effet, souvent hors des projecteurs médiatiques, des organisations non gouvernementales, des villes ( émissives des 4/5 des gaz à effet de serre), des associations ou encore des pionniers sur tous les continents , hommes et femmes qui croient à un monde plus juste, solidaire soucieux de la préservation des ressources de la terre, agissent tous les jours pour  les futures générations. Celles ci  auront sans doute à pratiquer davantage que nous...la sobriété dans l'usage des biens.

Et si nous ajoutions nos gouttes d'eau pour continuer à remplir le verre.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 07:17

Attaqué par jeu ou par ruse par deux pies qui veulent le débusquer, le petit écureuil vole de branche en branche pour leur échapper. A plus de dix mètres de haut, le spectacle qui s'offre est fascinant. L'écureuil ne semble pas en difficulté : il trouve à chaque fois une branche pour s'y aggripper, dévale le tronc , la tête à 180 degrés vers le bas puis s'élance et rebondit sur une branche. Ce qui m'épate le plus, c'est quand je vois l'écureuil oser aller jusqu'au bout d'une branche qui plie à la limite de la rupture et notre expert en rebond peut même utiliser habilement cette tension pour saisir une nouvelle branche. Osons une métaphore avec nos existences de terriens, même si l'agilité experte de l'écureuil nous dépasse.

Si j'avais à m'inspirer de l'écureuil dans une stratégie au milieu des hommes, je retiens déjà l'importance de réagir vite comme il le fait avec les pies. Dès que l'une s'approche trop près, il prend la fuite. Vous pourriez objecter que la fuite n'est pas très courageux et que les forts préféront l'affrontement, le combat et les plus malins, la négociation du territoire. Dans mon interprétation, je vois plutôt un jeu de l'écureuil narguant les deux pies : vous pourrez toujours chercher à me faire partir, je suis plus rapide, je vous échapperez quoi qu'il en soit. C'est bien là la force de l'écureuil, il montre par l'action cette certitude tranquille qu'il reste le maitre sur le territoire de l'arbre. A nous de trouver, dans nos territoires, le mouvement qui va nous protéger et nous donner une tranquille assurance.

L'écureuil prend tous les angles de progression : il grimpe, il longe une branche, il descend à 180 degrés et il progresse sur des branches souples qui bougent. Et si nous jouions de cette formidable capacité de progression. Une fois, il s'agit de persévérer vers un sommet, un objectif avec détermination, une autre fois d'avancer prudemment sur une direction et parfois, il s'agira de faire machine arrière et de descendre de nos certitudes à toute vitesse ! L'écureuil nous invite ainsi à changer  notre angle de vue. Et si demain, je choisissais de me mettre tête en bas pour observer mon organisation ! Autrement dit, si je regardais plutôt les belles composantes, les talents, les solidarités réelles, les forces de vie plutôt que ce qui fait dysfonctionnement, freine ou paralyse la progression de l'ensemble.

Enfin, dernière leçon de stratégie, l'écureuil ose aller au bout d'une branche qui plie sans se rompre. Et si nous osions aller au bout de nos rêves, de nos projets même si nous pouvons ressentir la fragilité de notre support de progression.

La stratégie de l'écureuil incarne cette aptitude à rebondir en toute circonstance et cette capacité à avancer dans toute direction. Une petite branche est parfois suffisante !

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 04:54

Un jeune homme blond à la coiffure rasta est installé, assis sur le sol, l'air paisible au pied d'un arbre au coeur de la belle cité de Montpellier . Au dessus de lui, levant les yeux sur le grand platane, j'aperçoit une installation sommaire de plancher  de bois sur plusieurs niveaux  . Une maison dans les arbres ! Sans toit, sans murs, et manifestement très sobre, je devine un sac de couchage et quelques unstensibles. Ma curiosité naturelle me pousse à ouvrir le dialogue.

- Vous dormez dans l'arbre la nuit ?

- Oui, nous nous sommes installés là, me répond de manière posée le jeune homme, bientôt rejoint par une jeune fille, manifestement sa compagne.

- Vous gérez un parcours acrobatique dans les arbres ?

- Non, on est là pour faire la révolution intérieure, pour changer le monde et montrer qu'on peut vivre comme çà.

- Ah, bon. Vous faites sans doute partie d'un mouvement ?

- Non, nous ne voulons appartenir à aucun mouvement même si nous en connaissons.

Un homme plus âgé le rejoint et m'explique qu'il est voisin et qu'il ne peut plus dormir chez lui le soir car il fait trop chaud et qu'il rejoint ce jeune couple pour occuper l'espace public.

Ma curiosité est vraiment aiguisée : ce jeune homme n'est pas un sans domicile fixe, n'est pas apparenté à un mouvement, ne se réclame d'aucune cause politique !

- Et comment faites vous pour vivre ?

- Vous savez, quand on fait les marchés et les poubelles, on trouve toujours quelque chose à manger. Il y a tellement de gaspillage. Et ici, à part manger, nous n'avons besoin de rien d'autre.

Et l'homme, plus âgé, de donner sa version de leur expérience :

- Ils ne veulent pas qu'on leur donne une étiquette. Ce ne sont pas non plus des indignés. Moi, je les appelle les chats perchés.

Enfin, je les quitte en leur souhaitant "bonne continuation" dans leur expérience d'occupation de l'espace public, dans la sobriété, la non violence et sans étiquette idéologique.

 

Que dire de cette expérience ?

Elle me scotche car elle est vraiment hors de nos schémas de pensée habituelle.  Et si cette manière de vivre était une façon de rechercher une forme de liberté dans une société  contrainte par la compétivité et l'individualisme. Nous ne sommes plus dans un mouvement hippie des années 60 avec "peace and love" et je serais tenté de donner un nom, une étiquette à cette expérience singulière et isolée. Or, ce qui me vient, c'est encore une question : cette expérience de s'affranchir des contraintes  sociales ( pas de taxe d'habitation, pas de contrat de travail..) tout en occupant un domaine public ( avec une tolérance de l'autorité publique) est-elle vraiment durable ?

Demain, verrons nous au coeur de nos ville, des nouveaux habitants dans les arbres, des chats perchés sans étiquette ? En tout cas, si j'ai entendu un désir de ces "chats perchés", c'est que leur expérience incite d'autres à faire de même.  Utopie naîve ou anticipation d'un monde qui va revenir vers une forme de sobriété à contre courant de la société de consommation ?

Bref encore une question ! Je reconnais  que ces jeunes m'ont touché avec leur manière soft, non agressive et tranquille et m'ont remis sur la voie du questionnement ouvert des modes de vie sociale et contrastés dans notre XXIème siècle.

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 22:39

"40 euros pour aller à Tunis, c'est pas cher !" ...."Et vous êtes 4 !", notre homme tunisien et chauffeur de taxi jaune ne nous lâche pas d'une semelle. Un autre arrive, marchande aussi : " Je suis le moins cher, vous ne serez pas déçus ! Allez ,montez et vous aller découvrir Tunis !". Nous venions à peine de sortir du bateau croisière sur le quai de la Goulette, port commercial à 25 kilomètres de Tunis, que nous nous sommes retrouvés assiégés par une armada de chauffeurs de taxis jaunes.

En fait, avec un couple québéçois, et mon épouse, nous étions résolus à être autonomes et à prendre le train réputé moins cher. Nous ne savions pas encore le combat qui nous attendait .

Arrivés à la petite gare à un kilomètre du port, le guichetier nous indique qu'il ne prend pas l'euro . Etonnant alors que nos chauffeurs de taxi étaient tout à fait prêts à l'accepter. On nous invite gentillemment à faire le change en dinar tunisien. Or les banques dans ce petit bled sont encore loin, nous dit-on et pas encore ouvertes. Nous ne nous décourageons pas et arpentons les 500 mètres jusqu'à la prochaine banque, toujours suivis de près par une escorte jaune non sollicitée. Surprise, l'homme au guichet refuse de faire le change ! Il nous indique une autre banque voisine. Là, l'homme du guichet nous dit qu'il n'a pas encore le cours de la journée...alors que nous sommes en train de découvrir le panneau dans le hall d'accueil ! Bizarre, bizarre, comme c'est bizarre. Nous retournons à une troisième banque, même scénario, le change n'est pas possible mais l'homme qui ressent notre pression montante nous indique finalement la banque postale. Et là, miracle, après avoir patiemment fait la queue, nous recevons nos précieux dinars en demandant un reçu. C'est seulement à ce moment que nous découvrons que notre escorte jaune s'est volatilisée. Le train nous emmena en 20 minutes au coeur de Tunis pour l'équivalent...d'un euro par personne.

Je connaissais la mafia italienne mais je n'avais pas connaissance de cette forme de mafia tunisienne dans laquelle les guichetiers des banques font tout pour dissuader les "riches" européens de changer de l'argent et tout pour qu'ils s'en remettent à leurs complices chauffeurs de taxi. Peut être que l'image peut vous paraitre un tantinet excessive car personne n'est mort et personne n'a été volé ( sauf peut être tous ces millions de touristes qui prennent le taxi sans marchander). Cependant quelle image de la Tunisie contrastante avec celle d'un peuple qui avait réussi un an plus tôt la première révolution africaine sans violence obligeant le président dicdateur Ben Ali à quitter le pays précipitamment. Nous sommes loin dans cette pratique de la révolution du Jasmin.

Epilogue. Heureusement, au cours de notre découverte de la Médina, le grand bazar ou souk de Tunis, nous avons eu la chance de rencontrer un guide non arnaqueur qui nous fit découvrir la ville et son histoire en nous offrant un thé vert aromatisé de menthe et de citron, à l'ombre d'un café bien tunisien. Un moment très agréable et convivial après la course avec harcèlement du matin.

Moralité liée à la psychologie positive : éviter de se laisser enfermer par la première image d'un pays et prendre le temps d'en voir d'autres facettes. Après le Jasmin et sa révolution, je garde en mémoire sensorielle le goût de ce thé vert à l'ombre d'un café tunisien au coeur de la Médina avec cet ancien policier en reconversion.

Si vous posez demain le pied sur le port de la Goulette, vous savez ce qui vous attend et vous avez le choix : le taxi jaune ou le train en passant par la banque postale. La liberté de choix est un bien précieux qui ne se brade pas.

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  • Coach, praticien "appreciative inquiry" et formateur en ressources humaines et management, j'ai à coeur de faire partager mes découvertes autour de la psychologie positive et de la pédagogie du "mieux apprendre".
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