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Le blog de Michel BERNARD
Articles récents

ELLE S'APPELAIT SARAH

29 Mai 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #livres ressources

Elle a à peine dix ans, vit tranquillement à Paris avec ses deux parents quand un coup frappé à la porte de leur domicile va faire basculer le destin d'une famille dans l'horreur. En effet, nous sommes en juillet 1942 et une page les plus sombres de l'histoire de la France est en train de se vivre au coeur de la capitale dénommée  de manière raccourcie : la rafle du vél d'hiv.

C'est l'histoire de cette fillette Sarah qui nous tient dans une puissance émotionnnelle tout au long du récit de Tatiana de Rosnay, auteur de ce best seller mondial qui a donné naissance à un film.elle-s-appelait-sarah-cd.jpg

Sarah, c'est l'histoire du combat à l'intérieur de soi, entre notre partie victime, notre partie persécuteur et notre partie sauveur. Une manière de revisiter ce récit tout à la fois profond, vivant et terrifiant sous la loupe de l'analyse transactionnelle et celle du triangle dramatique.

Sarah, déportée avec ses parents d'abord dans l'enceinte du vélodrome de Paris puis dans un camp proche de Paris a pu , avant la rafle, enfermer son petit frère dans une cachette avec une promesse : " Je reviendrai te chercher". Elle garde la clé précieusement au fond de sa poche. Dans un premier temps, elle se croit sauveur réellement de son petit frère et  c'est ce qui lui redonne sens au coeur de l'horreur, de la  promiscuité du vél d'hiv où l'eau, la nourriture et  l'hygiène minimum ne sont plus là.

Les jours s'écoulent, puis elle trouve le moyen de s'évader et rejoint, après moulte péripéties, la capitale pour retrouver son petit frère. Or, en arrivant, l'appartement est occupé par une famille française et elle découvre son petit frère mort depuis plusieurs jours...prisonnier de sa cachette ! De ce jour, Sarah porte au plus profond d'elle une culpabilité qui n'aura de cesse de la poursuivre .

Le paradoxe de Sarah, c'est cette double contrainte ou tenaille interne :  la victime et nous pourrions tous lui crier " Tu es d'abord une des pauvres victimes de l'élimination des juifs décidée par Hitler " et de l'autre côté, le persécuteur intérieur qui l'accablera et la tourmentera, dans l'histoire,  jusqu'à la fin de sa vie.

Comment Sarah aurait-elle pu sortir de ce dilemme ?

Imaginons une scène inédite dans le livre comme dans le film : Sarah rencontre un psychologue et entreprend un travail sans doute  long de deuil profond sur sa culpabilité, relit son histoire avec la mort de ses deux parents déportés et celle de son petit frère. Un acte aussi , celui de se pardonner à soi-même aurait peut être pu l'aider à apprivoiser cette culpabilité tellement ancrée.

Même si l'histoire ( fictive) de Sarah peut sembler lointaine dans le temps ( 1942) et dans le contexte (l'occupation), je suis moi-même très touché par la manière dont Tatiana de Rosnay nous la livre et nous interpelle en même temps sur nous mêmes.

Sommes nous victimes ou coupables d'événements que nous n'avons pas digérés ? Un devoir de mémoire, de relecture distanciée avec l'aide d'un tiers aidant peut aider à sortir de ces deux prisons ...

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LA CONSCIENCE ECLAIREE, une faculté à retrouver.

16 Mai 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Avez vous conscience des disparités de salaire qui s'accroissent entre les plus riches et les plus pauvres autant à l'échelle internationale qu'à l'échelle de notre hexagone français ? Et quand les syriens de France nous interpellent sur le massacre des civils par les forces militaires syriennes avec le slogan " Où sont passés vos médias ?" Hier, nous étions dans la conscience collective. Conscience de l'histoire, du génocide de 6 millions de juifs durant la dernière guerre mondiale ( 1939-1945). Aujourd'hui, quel économiste, philosophe, géopoliticien , expert ose avancer une conscience du futur .

Avoir conscience , c'est observer, analyser, ressentir et ouvrir son esprit au large. Sortir de sa petite bulle de confort p our voir ce que dit le monde aujourd'hui.

Or force est de constater que les messages sont souvent brouillés. 

Qui croire dans le concert des images véhiculées par les médias ? ben-laden-copie-2.jpg Même la  très célèbre photo de l'équipe autour du président américain Barak Obama en train de suivre en direct la traque du terroriste numéro 1 Ben Laden au Pakistan a été retouchée pour fabriquer plus d'intensité dramatique (1) et de crédibilité de maîtrise de la situation ( notamment en forçant les couleurs sur Hillary Clinton qui, la main devant la bouche, affiche un visage grave...).

La conscience, certes, peut s'appuyer sur le réel mais de fait va au delà . C'est une forme de distanciation sur l'événement et de prise de conscience du sens de l'événement.

Aussi, pour garder toute notre lucidité et clairvoyance dans un monde " oû trop d'infos peut tuer non seulement l'info mais notre conscience éclairée", est il opportun de filtrer. Un peu comme des volets en bois, pendant la période chaude dans les pays du bassin méditteranéen, qui sont fermés, juste pour laisser passer un minimum de lumière et surtout réduire la chaleur. Ce travail de filtre se fait sans doute, pour une part, insconsciemment par notre cerveau chaque jour ( et fort heureusement). Une américaine, le docteur Taylor rescapée d'un accident  vasculaire cérébral ( avc), devenue paralysée de son hémisphère gauche a pu retrouver ses facultés par l'usage de son hémisphère droit (2). Elle nous ouvre, à partir d'une expérience de souffrance et de guérison, une porte sur cette conscience élargie, celle de l'instant présent.

 " Nous avons la capacité de choisir, instant après instant, qui et comment nous voulons être dans le monde".

 

 

 

 

 (1) source site France 24 , article du 13/5/2011

(2) Docteur Jill BolteTaylor "voyage au delà de mon cerveau".

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Vous avez dit "synchronicité" ?

7 Mai 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Après plusieurs heures de voiture pour arriver dans la belle ville de Biarritz , nous cherchions avec mon épouse une place de parking pas trop loin de la plage. Il faisait très chaud et une place à l'ombre serait le rêve. Et puis un peut "sonnés" par des heures d'autoroute sous un soleil de plomb, si nous pouvions être proches de la plage, ce serait encore mieux.

Nous y pensons intérieurement très fort. Et la voiture arrive sur un parking ombragé. A priori complet, évidemment, c'est Biarritz et c'est en plus une période de vacances. Pourtant après un tour de piste, nous trouvons une place à l'ombre sous un platane. Ouf, on stoppe enfin la scénic rouge. Maintenant, faut il trouver la plage car à priori, nous sommes stationnés au dessus de la corniche. Nous interpellons la première voiture pour connaitre le parcours. " Oui, la plage est plus bas. Vous avez un petit parcours à faire." Et là surprise totale, je ne sais si ce sont nos visages fatigués qui ont convaincu notre charmant indicateur mais voilà ce monsieur retraité de nous dire tout de go : " Montez, je vous emmène jusqu'à la plage". Et en moins de temps qu'il ne faut pour le saisir sur ordinateur, nous nous sommes retrouvés avec la vue magnifique des vagues déferlantes de l'Océan, la vue imprenable sur les montagnes d'Espagne et celle sur le palace du Palais de Biarritz allongés sur une belle plage de sable ! Coincidence, direz vous sans doute. Je penche plutôt vers la synchronicité.

C'est à dire un hasard pas tout à fait fortuit.

Revenons à la source. Le premier à définir la synchronicité est Carl Jung, psychanalyste qui la formule ainsi : " La synchronicité est l'occurence simultanée entre deux événéments qui ne présentent pas de lien de causalité mais dont l'association fait sens pour la personne qui les perçoit."

D'ailleurs, à la suite de Jung, plusieurs chercheurs ont regardé dans la petite et grande histoire des faits de synchronicité. En 1984, un parlementaire européen est chargé d'envoyer plusieurs lettres avant de prendre l'avion à l'aéroport de Londres. Or, une lui échappe. Un canadien passant à proximité la ramasse et constate que...c'est lui le destinataire ! . Un voleur après avoir dérobé une voiture  à Paris fait le plein du côté d'Avignon avec une fausse plaque d'immatriculation. A côté de la sienne, une autre voiture se gare. Le pompiste alerte immédiatement la police et le voleur est arrêté. La voiture qui s'est garée portait en fait... le même numéro d'immatriculation !

Comment croire à la synchronicité sans croire à la coincidence, au hasard pur et dur ?

Je propose sans affirmation dogmatique mais plutôt comme hypothèse deux éléments.

Le premier est lié au cerveau humain qui peut aussi transmettre des désirs au delà du langage codé verbal. Ne vous est-il jamais arrivé de rencontrer quelqu'un ou d'être appelé au téléphone par une personne à laquelle vous pensiez sur l'instant ?? Sans parler de télépathie, parlons simplement du pouvoir d'attraction à distance de notre cerveau. Enfin, et Carl Jung le suggère le premier, la synchronicité n'est pas une donnée objective, elle prend consistance avec le sens que lui donne la personne. Pour revenir à mon exemple personnel, je pourrais me contenter de constater qu'une personne aimable nous a conduit jusqu'à la plage mais en mon fort intérieur, je crois intimement que c'est une réponse donnée face à un désir intérieur. D'ailleurs l'amabilité de notre chauffeur fait sens aussi dans ce cas là.

Et plus nous pouvons percevoir cette dimension cachée , plus nous sommes invités à laisser faire les choses. La synchronicité nous offre l'inattendu répondant à des désirs profonds pas toujours conscients. Tiens, j'ai pu emprunter ce portable à ma fille ce soir et livrer cet article dans la fraîcheur nocturne de la belle côte basque. Ce n'était pas programmé, pas prévu.

Et qui va lire le premier cet article ?

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La princesse et le pape

1 Mai 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Avant hier, 2 milliards de téléspectateurs, selon les médias, ont suivi en direct le mariage d'un prince et d'une jeune femme "bergère", celui du Prince Williams, petit fils de la reine d'Angleterre et de Kate Middleton et en ce jour le pape Jean Paul II  a été béatifié à Rome par le pape actuel, Benoît XVI devant plus d'un millions de personnes venus tout spécialement pour l'événement.

Quoi de commun entre ces deux événements hormis leur dimension d'hypermédiatisation ?

Certains commentateurs vous diront que Jean Paul II serait l'homme qui a rencontré le plus de personnes dans sa vie, près de 2 milliards à travers ses déplacements missionnaires aux quatre coins de la planète entre 1978 et 2005.

Quant à Kate Middleton, jeune femme anglaise de 29 ans, petite fille, elle rêvait de devenir princesse...et son voeux s'est excausé en ce vendredi 29 avril 2011.Kate-Middleton_aLaUneDiaporama.jpg

Et bien, cet engouement pour ces deux événements avec certes des publics variés, marie quelque part notre désir profond de soif de rêve et d'attachement  à la force durable d'un homme qui a traversé toutes les épreuves de la vie.

Au coeur d'une crise mondiale, économique, sociale et morale avec des repères chanchelant y compris dans les représentants de nations d'Europe dont la crédibilité est mise en cause, nous avons vécu deux grands moments de répit et j'oserais dire de respiration d'un air sain.

Certes, les mauvaises langues pourront dire que le mariage "du siècle" aura coûté cher au contribuable anglais avec une cérémonie avec plus de 800 invités, mais la télévision a cet art magique de nous montrer cette jeune femme toute en retenue, toute en émotion vivre ce moment de rêve, devenir épouse et princesse du même coup en épousant dans la célèbre abbaye de Westminster le prince William. Elle nous touche par sa simplicité au milieu d'un protocole stricte, sans doute dépassé avec obligation de chapeaux pour les dames. Elle est là dans ce regard complice donné au prince William. Et notre imaginaire pourrait nous ramener à Cendrillon . Le carosse les as bien ramenés jusqu'au palais royal de Burkimgham mais un peu plus tard,  ce n'était pas le carosse devenu citrouille, mais ce sont deux jeunes amoureux qui faisaient le tour de la place devant la foule avec une petite voiture de sport décapotable avec un panneau "just wed". Quel bon vent frais de jeunesse !

Jean Paul II aura marqué son temps, quel que soit le point de vue pris, politique, religieux,  ou encore humaniste ! Pape missionnaire, il n'a pas hésité à interpeler avec audace les dictateurs sur leur territoire pour les inviter au respect de l'homme et de la vie. D'ailleurs victime d'un attentat en 1981, il ira lui-même pardonner dans sa prison à son agresseur. Sur la fin de son pontificat, il est gagné par la maladie de Parkinson mais continue son "métier de pape" devant les médias du monde entier. Dans un monde où il JP2_grand.jpgest de bon ton de cacher la souffrance, la maladie, la vieillesse, lui l'affiche sans arrogance, avec humilité dans son corps qui s'affaiblit, se rigidifie et tremble. L'homme sportif à ses débuts est devenu au fils du temps un homme courbé, de plus en plus souvent incapable de tenir debout , usé par la maladie. Il n'arrêtera pas pour autant sa mission et mourra avec en avril 2005. Son message " n'ayez pas peur !" au début de son pontificat a redonné Espérance à nombre de personnes dans le monde.

Avec Kate Middleton, jeune femme qui reste simple et elle-même au coeur du protocole de la couronne royale et Jean Paul II, modèle d'humilité et de courage qui a contribué à déplacer quelques "montagnes" dont le communisme avec la chute du mur de Berlin, notre actualité nous a offert deux beaux visages de lumière :

la vie devant soi et la vie donnée jusqu'au bout.

 

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En une heure, j'ai fait le tour du monde

25 Avril 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Oui, en une heure, j'ai traversé les cinq continents de l'Europe, en passant par l'Asie, l'Afrique, l'Amérique jusqu'à l'Océanie. Par quel miracle ?

Dans la belle ville méditterranéenne de Montpellier dans laquelle j'ai élu domicile depuis quelques semaines, j'ai fait ce tour du monde un peu particulier. Comment ?

En partant en footing depuis chez moi, je me suis dirigé vers le zoo du Lunaret, situé dans la hauteur nord est de la ville. La ville de Montpellier a préservé la belle idée d'un zoo municipal gratuit ouvert au public de tout âge grâce à une donation d'Henri de Lunaret en 1910.

Passée la grille d'entrée, me voici parti pour un parcours dans un espace d'arbres et sur un chemin serpentant à travers les continents et les enclos des animaux. Un bonjour ici au loup d'Eurasie, à l'ours de Syrie, à la girafe, à la loutre d'Europe qui se cache sous l'eau, ou encore au lynx, espèce de gros chat que l'on préfère derrière une cage. C'est un trajet très agréable pour le visiteur car le zoo se prolonge par un sentier d'interprétation sur les arbres et la faune et au détour d'un virage, la vue porte sur le pic Saint Loup, promontoire dominant de plus de 600 mètres  la plaine montpelliéraine. Pour un coureur de trail, le parcours avec ses montées et ses descentes est un excellent entraînement avec ce dépaysement en prime. Avant de repartir vers la sortie de ce lieu étonnant à quelques kilomètres de mon quotidien, je veux rendre visite au roi des animaux, comme l'a si bien dépeint notre auteur de fables, Jean de La fontaine : le lion. Mais en surplomblant l'enclos, M Lion nous tourne le dos avec dédain ou majesté... alors que sa compagne la lionne s'étire sur le dos dans l'herbe. Le panneau pédagogique accessible au profane que je suis permet de bien comprendre que les "composantes" de cet animal tout à la fois craint et admiré ne sont pas du hasard mais répondent à des besoins très concrets.

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Ses jambes arrières particulièrement musclées lui offrent la possibilité de bondir rapidement pour poursuivre une proie innocente, sa crinière le protège des coups de griffe de ses compères lions dans les luttes de territoire, et son ouîe extrêment fine lui donne un avantage décisif sur les autres animaux : la capacité d'entendre, de détecter tout bruit à des kilomètres à la ronde. Et là dans ma contemplation de l'animal, je me surprend à me dire qu'être lion comporte certains avantages. Mais voilà les lions dorment une bonne partie de la journée jusqu'à 20 heures par jour (!) et Jean de La Fontaine dans la fable " Le lion et le rat" nous rappelle aussi comment il peut se piéger lui-même. Le plus gros et puissant des animaux peut se faire prendre dans un filet et devenir vulnérable et se voir sauver par un minuscule rat qui va couper les mailles du filet.

Ce tour du monde me fait méditer sur deux sujets : le dépaysement qui ne réclame pas des millions de kilomètres, il est à notre portée quand nous nous ouvrons à la beauté de sites, d'espaces proches de nos lieux de vie et la notion de puissance. Qui est finalement le plus puissant du lion et du rat ?

Quelle est la vraie force ? Celle qui bondit, est explosive, veut impressionner  mais sans lendemain ? Celle qui a la patience du rat pour ronger une à une toutes les mailles du filet pour sauver un lion capturé ?

Pour ma part, je choisis la note finale de cette fable :

" Patience et longueur de temps font plus que force ni que  rage."

Dans notre société TGV, à Très Grande Vitesse, toujours plus pressée ( à un an des présidentielles en France, les médias cultivent déjà le suspens et les pronostics sur le lauréat final...) et du " tout, tout de suite " cher à l'adolescent qui veut le dernier vêtement ou la dernière paire de chaussures branchés, valorisant la "business" réussite, l'image du rat patient et respectueux de son engagement avec le lion ( qui lui avait laissé la vie) est pleine d'actualité.

 

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vivre sans ordinateur, sans portable et sans télévision

17 Avril 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Incroyable mais vrai ! Depuis près d'un mois, mon opérateur téléphonique contacté pour transférer ma ligne téléphonique et internet a réussi un exploit au comble de l'absurde.

Devant déménager, j'avais pris les devants pour demander mi mars un transfert de ligne début avril. Or quelques jours après ma demande, la ligne était déjà transférée sur mon nouveau lieu de vie à Montpellier et la "charmante et anonyme" opératrice contactée en urgence de m'expliquer que je ne pouvais plus revenir en arrière ou bien cela pouvait durer 21 jours !!! L'affaire prend une tournure encore plus ubuesque quand début avril, il est prévu après mon déménagement, que je récupère dans ma ville d'arrivée, Montpellier le kit complet dans un relais de l'opérateur. Et là, le dépositaire (par ailleurs buraliste dans son quotidien) de m'expliquer que le kit est bien arrivé mais comme personne ne s'est manifesté en mars, le kit est reparti. Je vous fais grâce des péripéties ultimes qui démontrent une "chaîne de l'irresponsabilité" avec un système de répondants téléphoniques anonymes et de relais pas plus préoccupés que de stocker et de redonner une marchandise de passage.

Mais, au delà de la colère contre l'opérateur, la psychologie positive m'a incité avec ma chère épouse à regarder l'autre face : une expérience de vie en l'absence de liaison téléphonique fixe et internet pendant près d'un mois à mon domicile !

Cette expérience nous a invité à nous poser la question d'une vie au XXIème siècle sans la technologie devenue aujourd'hui quasi universelle : le téléphone, le portable téléphonique et l'ordinateur.

Premier constat avant le grand départ du déménagement ( avec cependant un téléphone portable personnel) : il y a naturellement une sélection des choix d'appel. Nous avons paré au plus essentiel et urgent dans une phase de préparation de déménagement. Nos trois jeunes ne suivant pas les parents dans leur nouveau lieu de vie, il est apparu important de veiller à leur bonne stabilisation sociale et professionnelle. Quant au réseau d'amis, cela a valu des choses assez amusantes : " Quoi, votre ligne ne répond plus....On se demandait ce qui se passait !" Et l'autre chaîne plus vertueuse, celle de la solidarité active et concrète s'est mise en place et rapidement nos amis et liens ont répercuté l'information.

Deuxième constat après le déménagement : avec mon épouse, nous nous sommes recentrés de fait sur le réel, l'ici et maintenant et c'est vrai que les multiples travaux d'installation nous ont fait patienter... Nous nous étions presques habitués à l'absence de téléphone, d'ordinateur en liaison internet et de télévision.

Et le miracle s'est produit un matin quand le facteur a livré le colis contenant l'ebox et un guide  sur CD d'installation  . Nous avons alors renoué le lien téléphonique avec nos amis de Reims et des quatre coins de la France.

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Que retenir de cette expérience insolite ?

D'abord que nous sommes devenus de fait très dépendants de ces nouveaus "joujoux" de la communication moderne et que leur suppression provisoire nous a d'abord  irrités et même inquiétés dans le suivi de notre réseau social. Puis, une prise de conscience pour apprendre à lâcher la bride, et pourquoi pas des "jeûnes" certains jours d'ordinateur, de téléphonie  pour renouer avec l'ici et maintenant, son cercle proche et la nature présente.

D'ailleurs, le sociologue spécialiste de la jeunessse Olivier Galland rencontré il y a quelques années me disait déjà que pour les jeunes, le tchat, les sms et l'internet dans la chambre créait un espace privé du jeune au sein de l'espace familial, avec un risque certain de s'en couper.

J'ai en souvenir le temps de mon adolescence où le soir, dans un quartier très vivant de Besançon, après les devoirs bouclés, j'allais taper le ballon pour un match de foot avec les jeunes du quartier. Pas de "machin dans les oreilles" et encore moins de casque sur la tête, le bonheur simple de se défouler entre copains.

Vivre sans ordinateur, sans portable et sans télévision , cela peut paraitre préhistorique, ringuard et pourtant il y a peut être une sagesse à retrouver un juste usage de ce qui devrait rester des outils de communication et de dialogue complémentaires ou encore au service du lien social...

 

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A DIEU REIMS

2 Avril 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Dans moins de 48 H, je vais quitter la ville du sacres des rois de France, celle qui a vécu la reddition de l'allemagne un certain 7 mai 1945, la ville capitale pétillante du champagne et la ville parfois qualifiée de "belle endormie". Je quitte Reims, cette ville aux parfums d'histoire avec son ange du sourire, pour une destination méditteranéenne. vignoble1.jpg

Quitter un lieu de vie, un réseau d'amitiés, un lieu chargé de beaux souvenirs, c'est quelque part faire un deuil.

Aussi, cet article vise à ouvrir sur le questionnement du changement dans nos vies. Changement de lieu de vie, de travail, d'environnement social...

Changer, c'est faire ce passage d'un monde connu à un monde inconnu.

Changer,c 'est quitter les habitudes ancrées, sécurisées pour faire ce pas dans le vide.

Un peu comme cet alpiniste qui quitte sa dernière prise pour se hisser plus haut.

Changer, c'est aussi ( quand il s'agit d'un choix volontaire) croire en un lendemain qui ouvre une nouvelle route, un nouvel horizon.

C'est l'histoire de Jonathan le goêland qui , loin de sa tribu, se découvre aussi de nouveaux talents .

Changer, c'est laisser le passé, sans trop se retourner, pour se projeter sur un avenir à construire.

Changer, c'est penser un rêve, l'imaginer et nourrir ce désir par l'imaginaire...

Mais voilà, le changement nous met dans une double posture : le désir du nouveau, d'une nouvelle aventure et le besoin de sécurité ,de retrouver rapidement des ancrages rassurants en terme de lieu de vie, de réseau, d'organisation au quotidien. Et pourtant, le passé n'existe plus, seul le présent peut nous concerner, nous transformer.

Le changement nous offre l'opportunité finalement de sortir d'habitudes qui ont pu nous enquiloser, pour ne pas dire nous endormir dans le train-train du quotidien, pour oser de nouvelles habitudes.

 Et si je commençais ma matinée plus tôt pour goûter ce temps libre avant une reprise professionnelle ? Et si je me remettais à tel instrument de musique que j'ai trop vite délaissé ? Et si je donnais plus de temps à ma vie de couple ? Et si j'osais quitter la course folle du toujours plus, du toujours plus vite de notre société TGV pour retrouver le slow down ? Et si j'entrais dans une nouvelle solidarité avec tel ou tel groupe de personnes ? Et si j'osais faire une activité dont j'ai longtemps rêvé et que je me suis interdis tout seul ?

Et si , comme l'a chanté John Lennon avec sa chanson culte Imagine, je me laissais aller à "imaginer tous les gens du Nord et du Sud vivant dans la paix", "vous pouvez dire que je suis rêveur mais je ne suis pas le seul."

Et puis, dans un quotidien très incarné, si je suivais la suggestion de Thomas d'Ansembourg (1) dans son livre " Cessez d'être gentil, soyez vrai", un des livres que je recommande assez souvent aux personnes que j'accompagne en coaching.

Prendre trois minutes trois fois par jour d'une écoute de soi-même sans chercher à changer. Se mettre à l'écoute de celui qui habite en nous, se relier au plus profond de soi, sortir du balcon et rentrer dans notre intériorité. Et pouvoir goûter cette qualité de présence à soi-même et qui pourra aussi contribuer à une présence à l'autre.

Changer, c'est oser ce tout petit pas qui peut transformer durablement notre vie.

Vivre déjà avec soi cette bienveillance non jugeante malgré nos faiblesses et fragilités, nos doutes, c'est déjà un grand pas vers la tolérance, vertu dont notre monde a tant besoin dans la diversité des cultures, des religions et des styles de vie.

 

(1) formateur européen spécialisé dans la communication non violente inspirée du psychologue américain, Marshall Rosenberg.

 

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LECONS DU JAPON

20 Mars 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

Alors que le Japon a engagé depuis une semaine une lutte contre la montre pour limiter l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima, limiter les risques de diffusion radioactive au niveau du Japon et d'autres pays, il est urgent aussi, en dehors de cette hyperfocalisation médiatique sur ces 4 réacteurs en bord de mer les plus connus du monde, de poser un regard sans concession.

En effet, le Japon est reconnu comme un pays riche et connu pour ses avancées technologiques ( automobile, high tech..) et notre inconscient collectif pourrait penser que les catastrophes naturelles touchent d'abord les pays pauvres, ceux du Sud. Or là , le séisme doublé d'un tsunami de grande ampleur ( vague déferlante de plus de 30 mètres de haut) a touché de nombreuses villes et villages du nord du Japon et a mis en exergue la vulnérabilité du système de prévention.

Première leçon : un des pays les mieux armés du monde contre les séismes n'est pas en capacité de faire face pour juguler rapidement un début de contamination de l'air en radioactivité. Cette fragilité questionne notre société de consommation du toujours plus. L'écrivaine biélorusse, Svetlana Alexiévitch, dénonçait dans un quotidien français, le fait que le soir du tsunami, les japonais, à Tokyo attendaient hystériques pour acheter un nouveau gadget qu'Apple venait de lancer ! Sans commentaire.

Deuxième leçon : l'optimisme des dirigeants japonais qui relativisent l'incident jusqu'au premier ministre exprimant dans une conférence de presse : " Nous n'avons pas le temps d'être pessimistes. Nous restons résoluement optimistes". Manière de masquer la réalité pour rassurer la population nippone ou bien une posture très culturelle de chercher coûte que coûte les solutions au jour le jour en croyant que la victoire est au bout. Et effectivement, pour l'heure pas de mouvement de psychose sur cette pollution nucléaire qui a déjà contaminé des productions alimentaires. Il est vrai aussi que le drame des "sans abris" suite au séisme occupe déjà bien les préoccupations de chaque japonais.

 Troisième leçon.j'ai été très touché par la minute nationale de silence observée par tous les japonais une semaine après la première secousse sismique. Tous l'ont observé, dans les écoles, sur les lieux de travail, sur les lieux de déblaiement et de recherche des rescapés. Cette minute de silence vaut tous les discours : le peuple japonais a démontré, au delà des drames, des morts, des disparus, des rescapés, son unité pour combattre l'ennemi intérieur. 

C'est le silence d'une nation qui refuse le fatalisme, l'état de victime pour rester debout et agir. Belle leçon pour notre monde occidental en crise et qui a parfois tendance à pleurer sur lui-même.100 0265

Ces trois leçons, quelle que soit l'évolution plus ou moins heureuse ( ou dramatique) de la catastrophe naturelle et nucléaire invite à nous poser au moins trois questions :

- avant de m'offrir le dernier joujou matériel, où est ce que je place mon essentiel pour vivre ?

- quelle est ma manière d'être optimiste face aux événements qui défont, anéantissent ce que j'avais projeté et que je n'ai pas le pouvoir de contrôler ? Est ce que je retrousse mes manches pour trouver une faille qui me réveillera à croire en la vie ? Est ce  que je sombre dans la peur du lendemain ? Est ce que je subis la vague avec le risque de me laisser engloutir dans le pessimisme ambiant ?

- au milieu de mes tempêtes et tsunamis personnels ( perte , deuil, souffrance...) , comment je fais silence pour me ressourcer et ne pas laisser prise au ressassement du passé ? Comment je me relis aux autres pour retrouver une force collective ?

Et si la quatrième leçon, c'était de prendre le contre-courant de la pensée ambiante et d'irradier autour de soi une dimension humaine, celle qui croit que tout est possible malgré les indicateurs et les vents contraires !

 

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voyage au pays de l'ennéagramme

12 Mars 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #livres ressources

EPISODE 3

 

COACHER UNE PERSONNE AVEC L'ENNEAGRAMME

 

Pour le coach qui a goûté à pleines dents toute la saveur et la profondeur de l'ennéagramme comme outil de connaissance de soi et d'évolution personnelle, il est très tentant de vouloir l'utiliser avec ses clients.

Or, s'il existe effectivement un engouement des coachs pour cet outil relativement nouveau que l'ouvrage  de la hollandaise Renske Van Berkel met en exergue avec comme sous titre " Comment tirer parti de leur évidente complémentarité", la préface du spécialiste français Eric Salmon arrête un peu cet enthousiasme.

En effet, il montre que si Renske, formatrice en ressources humaines et formatrice de coachs est en capacité de déterminer à l'issue d'un entretien spécifique de coaching d'une heure et demi  à 2h le profil ennéagramme d'un client, cela n'est pas à la portée de tous et réclame  une longue pratique de l'ennéagramme et une connaissance intérieure de chacune des 9 bases. Il invite plutôt à ce que le coach propose au coaché de faire un stage à côté du coaching pour découvrir lui même son type. Ce qui évite, selon Eric, la toute puissance du coach.41DJS1SC7KL__SL500_AA300_.jpg

Ainsi, avec un oeil un peu en recul, dans la pratique du coaching, il n'apparait pas toujours aisé de proposer une approche ennéagramme car cela supposerait aussi que la personne soit très motivée pour approfondir la connaissance de soi alors que la tendance semble à l'obtention de résultats, d'objectifs concrets dans les meilleurs délais et en limitant le nombre de séances. L'ennéagramme, par sa dimension d'appropriation lente, semble donc délicat à proposer.

Pourtant, la personne accompagnée qui aurait découvert son type, pourrait y puiser au moins trois bénéfices immédiats :

- une plus grande acceptation de soi dans la compréhension de sa motivation profonde. Par exemple, un manager de type 9 ( caractérisé par une peur viscérale du conflit notamment) va mieux comprendre ce qui le rend très stressé quand une situation professionnelle se tend. En même temps, il va aussi mieux comprendre comment le fait de ne pas réagir devant les conflits peut générer une atmosphère lourde dans le service.

 

- une prise de conscience ici et maintenant d'automatismes de pensée ou d'agir liée à son type.

Un responsable de base 1 se voit en train de se justifier instinctivement devant ses collaborateurs car il  a du mal à admettre ses propres erreurs, marqué par la croyance qu'il faut toujours être parfait, infaillible pour être apprécié.

Le stop suggéré par Renske quand le client prend conscience dans l'instant de son automatisme est vraiment éducatif car il va permettre d'installer doucement et sans culpabilité cet "observateur intérieur" à l'intérieur de soi. Avec recul et cet observateur intérieur, un client de base 3 liée à la croyance qu'il existe essentiellement par sa réussite, par ce qu'il fait pourra faire un stop et sourire intérieurement s'il entend quelqu'un lui fait le reproche suivant : " Avec vous, on ne pense qu'aux objectifs, et vous oubliez complétement l'humain".

 

- la vraie perspective, à partir de cette acceptation et cet observateur intérieur, de pouvoir évoluer vers un comportement plus libre, moins emprisonné dans les automatismes. Dans son ouvrage, Renske van Berkel illustre ce changement par le cas de Mathilde, 32 ans et cadre dans une association. Mathilde ne comprend pas l'attitude nonchalante de ses employés  qu'elle qualifie d'inefficaces et qui gêne sa propre efficacité. Après un premier travail de coaching, elle découvre qu'elle se sécurise par un acharnement à réussir à tout prix pour être appréciée...et découvre son type 3. Le coach la confronte à l'hypothèse de savoir si les autres peuvent l'apprécier en dehors de la performance qu'elle incarne. Cela lui fait d'abord peur car situé hors de son cadre de pensée habituel puis, petit à petit, elle prend la mesure de cet autre regard sur soi et sur les autres : " Je peux exister, être appréciée sans nécessairement être constamment dans le résultat et la réussite". Dans les séances de coaching suivantes, elle apprend par ailleurs à verbaliser davantage ses émotions qu'elle ne montrait pas par peur de détériorer son image aux yeux des autres ( peur typique du 3). Consciente de ses excès de son style TGV ( très grande vitesse), elle fait le choix de ralentir sa propre cadence et oh miracle constate  que l'ambiance de travail, au lieu de tourner au vinaigre, s'est même fortement améliorée ! Osant montrer ses doutes et ses incertitudes, plus authentique avec elle et ses employés, eux-mêmes deviennent plus motivés pour avancer. Ainsi, elle atteint ses objectifs non pas en faisant encore plus du type 3 ( rendement, efficacité, objectifs...) mais , après prise de conscience , en étant plus vigilante pour créer du lien humain authentique. Cette trajectoire de coaching a l'avantage de proposer à la personne coachée des clefs pour mieux se comprendre et pour avancer en sortant des automatismes sur lesquels elle a pu se conforter depuis des années.

Enfin, une consolation pour le coach qui pourrait légitiment penser que proposer une découverte de son type pour le coaché peut s'avérer long et délicat , l'effet "ennéagramme" vaut, de mon point de vue, déjà pour le coach lui-même. Ainsi, en rebalayant rapidement les 9 bases, le coach de base 1 de part sa motivation principale ( toujours travailler parfaitement) aura tendance à voir instinctivement les points faibles du coaché avec un risque de trop d'exigence. Le coach de base 2, avec sa motivation principale ( être aimé de tout le monde), pourra privilégier la relation "affective"  avec son client au détriment des objectifs fixés. Le coach de base 3 avec sa motivation principale ( atteindre rapidement les objectifs pour être apprécié), très centré sur les résultats risque de passer à côté de la dimension émotionnelle et humaine de la relation coach-coaché. Le coach de base 4 de par sa motivation ( combler ce qui manque) peut oublier la réalité, l'ici et maintenant avec le coaché pour se focaliser sur un idéal à atteindre. Le coach de base 5 avec sa motivation principale ( rester indépendant) et son mode d'attention très mentale ( prendre du recul) risque de rester au niveau de l'analyse, de ses propres pensées au détriment d'une relation humaine avec son client. Le coach de base 6 de par sa motivation principale ( être en sécurité en tout lieu) peut exagérer ses doutes avec la question réflexe interne " Qu'est ce qui pourrait mal tourner ?". Le coach de base 7 de par sa motivation principale (rechercher constamment le plaisir immédiat pour éviter de souffrir) peut avoir la tendance de se centrer uniquement sur les aspects agréables des situations évoquées par le coaché, quitte à éluder des éléments de souffrance significatifs. Le coach de base 8 de par sa motivation principale ( être fort pour ne pas être contrôlé) aura une tendance naturelle à vouloir trop contrôler le processus de coaching et peut produire un effet de domination sur le client. Le coach de base 9 de par sa motivation principale ( préserver l'harmonie pour éviter le conflit) aura tendance à privilégier une ambiance conviviale avec le coaché au détriment de moment de confrontation source de progrès. Rassurons nous, tous ces types ont aussi par ailleurs des atouts dans leur forme de focalisation de leur attention et de leur forme spécifique d'énergie. A titre d'exemple, un coach de base 1 saura naturellement structurer un trajet de coaching et sera particulièrement apprécié d'un coaché de tendance "dispersée". Un coach de base 5 de par son approche à dominante mentale peut, avec plus de facilité qu'un autre coach, aider un coaché à sortir de l'emprise de ses émotions pour relativiser une situation.

enneagramme th-1

Enfin, l'ennéagramme pourrait mettre en relief trois grandes catégories "ouvertes" de coachs :

Les coachs de base 8,9 et 1 reconnus de centre instinctif ont tendance plus que les autres à réagir avec leurs "tripes", à donc agir ou réagir avec notamment le moteur de la colère.

Les coachs de base 2, 3 et 4 ont un centre dénommé "coeur ou émotionnel ", et ont plus naturellement une énergie qui "va vers", qui cherche à relier et sont fortement habités par un besoin d'identité et de reconnaisance. Enfin les coachs de base 5, 6 et 7 ont un centre dit mental et leur énergie les invite plus à une distanciation avec le réel par l'analyse, le raisonnement ou encore l'imagination.

Pourrait-on alors en conclure qu'une personne coachée aurait avantage à connaitre la base ennéagramme de son coach ? Est-il opportun pour un coach de le dévoiler à son coaché qui aurait préalablement une connaissance suffisante de l'ennéagramme ?

Ces questions, parmi d'autres, témoignent que l'ennéagramme demeure un beau sujet de questionnement et que son usage me semble encore en devenir dans un monde en quête de repères sûrs, durables et aidants.

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voyage au pays de l'ennéagramme

5 Mars 2011 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #témoignages

EPISODE 2

 

Avec Marielle BRADEL,

l'ennéagramme se révèle un chemin de vie.

 

A la suite de l'épisode 1 relatif à l'ennéagramme, un outil original de croissance humaine , rencontre avec Mariellle BRADEL qui a animé avec son mari pendant plus de dix ans des sessions ennéagramme de découverte et d'approfondissement à travers toute la France. Relaxologue-thérapeute, elle vient d'accoucher d'un ouvrage intitulé " l'ennéagramme, un chemin de vie". (1)

Qu'est ce qui a déclenché votre attrait de l'ennéagramme ?PHOTO-MARIELLE-copie-1.jpg

Lorsque j'ai lu le premier livre existant en français sur l'ennéagramme, j'ai été stupéfaite par la justesse de la description des Types parmi lesquels je retrouvais le mien : c'était comme si l'auteur me connaissait. J'étais rejointe dans ce que j'appelle "mon ambiance intérieure", c'est-à-dire dans mes motivations profondes à agir ou ne pas agir.

Le deuxième point qui m'a tout de suite donné envie d'aller plus loin, c'est que l'ennéagramme prenait bien en compte le fait que je ne vis pas seule sur une île déserte, mais avec d'autres, avec toutes les conséquences que cela a : interactions, comportements différents selon les personnes avec lesquelles je suis. Enfin, cerise sur le gâteau, je voyais noir sur blanc des pistes d'évolution, ce qui donnait du sens à cette " lecture de qui je suis".

 

En ayant sillonné avec votre mari la France pendant plus de dix ans d'animation de sessions de l'ennéagramme, qu'est ce que vous avez observé chez les participants ?

Quelle que soit la raison pour laquelle ils étaient venus vivre une session, la plupart des participants ont parlé de libération ( je comprends pourquoi je remets souvent à plus tard ce que je devrais faire; je comprends pourquoi j'ai sans cesse besoin de changement dans ma vie), de réconciliation avec soi-même ( je suis comme tout le monde, ni meilleur, ni pire, nous sommmes des millions à avoir peur du conflit, de l'échec,...), de tolérance ( je comprends mieux mon conjoint. Ses réactions qui m'agaçent ne sont pas dirigés contre moi. C'est sa façon d'éviter de revivre des situations douloureuses), d'espérance ( je vois mieux aujourd'hui comment grandir, sur quoi je peux " travailler" pour améliorer ma façon d'être; je suis moins dure avec mes enfants et mes proches car je comprends que tout le monde ne se situe pas dans un rapport de forces dans lequel c'est le plus fort qui a raison et qui gagne).

 

Après la découverte de son "type" ( ou profil parmi 9 possibles) , qu'est ce qui est à recommander aux personnes en vue d'un réel bénéfice et d'une croissance humaine ?logo-enneagramme.jpg

Découvrir son "type" n'est qu'un début. Pour tirer profit de la connaissance de son type ennéagrammique, il faut d'abord avoir le désir  de changer. Parfois, il faudra réveiller ce désir enfoui sous des désilllusions et des découragements.

Cela ne pourra se faire qu'en changeant son regard sur soi-même, en se regardant avec tendresse. A ce titre,  se rappeler qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais "type" dans l'ennéagramme est facteur d'espérance. Repérer les dons et le potentiel de chaque type est un encouragement à se mettre en route.

Ceci revient à dire qu'avant de travailler sur soi, il faut commencer par s'accepter dans sa totalité de son type, en toute objectivité, avec ses points forts et ses points faibles. Accepter aussi que nous ne pouvons prétendre devenir des êtres parfaits ! Cela nous évitera de tomber dans la toute-puissance. En nous acceptant dans nos propres limites, nous ferons un pas dans l'acceptation des limites des autres !

La deuxième étape sera de rétablir la confiance en soi-même et dans les autres. Pour ce faire, il sera bon d'aller à la rencontre de ce "petit enfant" toujours présent au fond de nous-mêmes, ce petit enfant qui a peur de ne pas correspondre à ses propres attentes, à celles des autres ou de la société. Cela permettra à l'adulte qu'il est devenu de sortir progressivement de l'emprise de sa compulsion ( 2) pour découvrir son don et son potentiel.

La troisième étape sera donc de repérer aussi souvent que possible les situations dans lesquelles nous nous enfermons dans notre compulsion. Apprivoiser et dédramatiser les peurs qui se cachent derrière chaque compulsion pour oser de nouveaux comportements.

Enfin, suivre le chemin balisé par l'ennéagramme en développant les points forts des types dont on est proche ( ailes, types d'intégration ou de non intégration...)

 

Certains auteurs estiment que l'ennéagramme a plus qu'une dimension de repérage de son mode de fonctionnement humain et qu'il a, dès son origine, une dimension spirituelle. Qu'en pensez vous ?

A l'origine, il semble  que des sages spirituels, en observant l'âme  et les comportements humains, ont voulu aider des personnes à s'accepter dans leurs fragilités, à se recevoir d'un Autre et à se laisser aimer.

On ne peut  réduire l'ennéagramme à un simple ensemble de recettes pour être mieux dans sa peau. Je pense qu'il nous ouvre à une vraie conversion du coeur pour aimer mieux : s'aimer soi-même, aimer les autres tels qu'ils sont et se laisser aimer par les autres et par Dieu. S'accepter dans ses fragilités et sortir d'une toute-puissance (nous mourrons avec nos compulsions(2) ) pour se recevoir d'un Autre plus grand que nous.

 

En quoi l'ennéagramme a été utile à votre couple ?

( en référence au chapître du livre " l'apport de l'ennéagramme dans la vie de couple")

La compréhension de nos types a été une énorme bouffée d'oxygène pour notre couple : il nous a permis de sortir de nos jugements l'un sur l'autre, jugements basés généralement sur la partie visible des comportements. Avec l'ennéagramme, nous avons reçu des clefs de lecture pour nous accepter dans nos différences : non seulement nous accepter en les dédramatisant, mais en plus en y découvrant des points de complémentarité et donc d'enrichissement. J'ai mieux compris pourquoi certaines de mes attitudes poussaient mon maris à se retrancher derrière sa compulsion (2), à donner le moins bon de lui-même...et vice-versa.screen1024-copie-1.jpg

  "L'ennéagramme, chemin de vie", riche de témoignages vivants recueillis auprès des participants aux sessions de "tous les types" nous invite à nous mettre en mouvement. Et il nous encourage à accueillir avec confiance nos fragilités spécifiques partagées avec des millions d'autres hommes et femmes et à avancer sur un chemin avec patience, tolérance et espérance. A l'opposé du kit du style " 10 leçons pour tout savoir de la vie", l'ennéagramme, comme un chemin sinueux d'une montagne, nous révèle pas à pas les contours de notre personnalité profonde et l'essence de notre être.

 

(1) l'ennéagramme , un chemin de vie, éditions DDB, 2011.

 

(2) la compulsion est une contrainte interne, impérieuse, qui pousse un sujet à certains comportements sous peine de sombrer dans l'angoisse ( extrait du glossaire de l'ouvrage)

 

 

 

 

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