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Le blog de Michel BERNARD
Articles récents

MARCHER, un art de vivre

16 Novembre 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

Depuis plus de 300 000 ans, l’homo sapiens marche sur notre mère Terre.

Le chasseur cueilleur pouvait parcourir près de 20 kilomètres par jour.XXIème siècle, une des grandes fiertés des parents après la naissance de leur enfant : « Waouh ! Il vient de faire ses premiers pas ! »

Il y a celles et ceux qui marchent sans le penser, sans le chercher :

Travailleurs du quotidien pour effectuer chaque jour le même trajet en rejoignant bus, tram, métro, scooter, moto ou voiture.

Il y a aussi les marcheurs en collectif pour défendre une cause sociale, politique, humanitaire ou écologique…les marcheurs de rue.

Sans oublier les marcheurs sur plusieurs jours comme les pèlerins sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle depuis le moyen âge.

Et la marche se décline de mille et une manières.

La marche aventurière comme celle de l’écrivain Sylvain Tesson sur les chemins noirs.

La marche sportive de haut niveau à l’image du nordiste Yohann Diniz lancé dans son corps émacié à plus de 14 kilomètres heure sur 50 kilomètres.

La marche nordique qui se pratique avec deux bâtons de propulsion.

La marche en raquettes qui permet de se déplacer dans des espaces enneigés

La marche de nuit pour les amateurs de ciel étoilé et d’écoute des bruits de la forêt.

La marche se révèle aussi un apprentissage pour la pleine conscience.

Le moine vietnamien Thich Nhat Hanh, homme de profonde sagesse,

Aimait à marcher très lentement en silence entouré d’adultes et d’enfants

Pour goûter tranquillement ce qui se vit dans l’instant présent.

Les guides de bain de forêt proposent des marches silencieuses pour inviter chacun

à savourer la texture du sol avec ses pieds connectés à la Terre.

Pour tous, depuis Sapiens, la marche n’a pas changé dans sa dynamique.

Elle se pratique souvent inconsciemment en trois temps de manière alternative dans la propulsion d’une jambe puis l’autre :

Premier temps, je lève la jambe depuis un appui sur le bout du pied

Deuxième temps, j’avance ma jambe

Troisième temps, je pose mon pied sur le sol par un premier contact du talon.

Amis randonneurs, amoureux de la nature.

Quand nous avons marché, grimpé à travers bois et rochers,

Sué, transpiré, ahané plusieurs heures, et que nous arrivons sur un sommet avec une vision panoramique à 360 degrés au-dessus des nuages : tout s’arrête dans le corps et dans la tête.

Nous déposons nos sacs à dos, nous refaisons nos forces et nous prenons le temps de contempler un paysage dans toute sa beauté et sa diversité.

La marche devient alors un art de vivre en trois temps :

Marcher, se poser et contempler.

 

Cet éloge de la marche s'adresse aussi à ces millions de randonneurs   qui sillonnent dans le respect de la nature les sentiers de randonnée en France et dans le monde

...en dehors de tout "cirque médiatique" ou réseau social d'auto contemplation

La marche se suffit à elle même !

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La sobriété choisie, un chemin pour transpercer la bulle de l'hyperconsommation

28 Octobre 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

Depuis plus d’un mois, je fais partie de la « famille » des animateurs de l’atelier « Inventons nos vies, bas carbone » (1). J’ai accepté avec motivation de me former pour animer cet atelier de 3h 30 au sein de la fonction publique. Il a été retenu à partir d’un marché public interministériel avec l’atelier « les trois crises » pour sensibiliser les 2,5 millions de fonctionnaires de l’Etat aux enjeux de la transition écologique…d’ici décembre 2027. Démarche formative méritoire pour contribuer au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, comme le rappelle l’astrophysicien et philosophe Aurélien Barrau.

Cet atelier conçu de manière pédagogique en low tech (sans support numérique) offre une visibilité sur l’objectif 2050 européen et français : atteindre la neutralité carbone pour rester dans la « course » de l’accord de Paris d’une augmentation limitée à  moins de 2 degrés d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle ( augmentation actuelle d’environ 1,2 degré). Aujourd’hui le défi reste à relever avec des projections du GIEC allant de 2 degrés à plus 4 degrés à l’horizon 2100.

Quelle visibilité ? L’empreinte carbone moyenne d’un français est évaluée aujourd’hui autour de 10 tonnes équivalent CO2 et l’objectif 2050 est de réduire cette empreinte à moins de 2 tonnes par habitant. Que représente concrètement cette surconsommation des 10 tonnes par habitant ? En fait, elle se décompose globalement en 5 secteurs d’émission de gaz à effet de serre :

L’alimentation : 2,5 tonnes ; le transport : 2,5 tonnes ; les diverses consommations de biens ( loisirs, culture, numérique…) : 2 tonnes ; le logement : 2 tonnes…et le service public est considéré avec une valeur moyenne de 1 tonne par habitant. Première conclusion : nous devons agir sur ces 5 secteurs pour réussir le défi de la diminution à 2 tonnes par habitant. Deuxième conclusion qui est apportée par des cartes « consommation » : il y a des habitudes de consommation qui ne sont pas compatibles avec cet objectif. Deux exemples : mangez de la viande une fois par jour est équivalent à 2,2 tonnes équivalent CO2 ; un aller-retour Paris-New York (11 700 km) émet 1 tonne de CO2 et 0,8 tonnes liée au forçage radiatif additionnel ( particules azotées, traînées de condensation…) sur la base d’un avion de plus de 220 passagers, soit un total d’environ 1,8 tonnes par passager. Chacun mesure alors plus clairement « la révolution » que suppose la mise en œuvre de ces leviers de réduction de notre empreinte carbone.

Or, notre monde occidental reste globalement « pollué » par l’hyperconsommation. Rappelons des données couramment diffusées : si tous les terriens consommaient autant que les français, il nous faudrait presque 3 planètes, comme les américains, 5 planètes et l’Inde seulement 0,7 planète. Et la moyenne mondiale reste excédentaire : 1,7 planète !

Plusieurs facteurs vont à l’encontre de l’objectif mondial, européen et français de réduction de notre empreinte carbone pour une terre habitable et désirable pour les futures générations. Le système économique mondial reste à dominante extractiviste ( 80 % de la consommation mondiale d’énergie vient des énergies fossiles, pétrole, gaz et charbon), productiviste ( toujours produire plus pour gagner plus…) et consumériste ( le big bazar des grandes surfaces alimentaires). Bien que des directives européennes et des lois françaises ont commencé à encadrer le « pillage » des ressources naturelles et réduire le gaspillage, je constate des « laisser faire contraires à l’objectif neutralité carbone », euphémisme pour éviter de parler d'une forme de déni ou d'hypocrisie de décideurs politiques et économiques. Quelques exemples parmi d’autres :

  • L’énorme gaspillage agro-alimentaire de denrées consommables non périmées et embarquées dans des camions vers des méga usines de méthanisation industrielle pour destruction…comme des cookies qui n’avaient comme défaut de ne pas avoir une forme ronde !!! (2) . Les banques alimentaires, les resto du Cœur auraient apprécié de recevoir ces denrées…tenant compte de plus de 9 millions de français vivant en dessous du seuil de pauvreté.

 

  • La publicité lumineuse au cœur de toutes les villes avec de plus en plus de panneaux avec animation vidéo malgré la loi « climat et résilience » qui vise à limiter cette publicité. Ainsi un décret précise seulement l’interdiction systématique de publicité sur mobilier urbain dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants n’appartenant pas à une unité urbaine de plus de 100 000 habitants. Comme si les ruraux pouvaient se passer de pub mais pas les citadins !

 

  • Les événements sportifs et culturels qui surconsomment et détruisent la biodiversité. Un exemple parmi d’autres : je terminais une randonnée avec mon fils après l’ascension du Mont Aigoual quand j’ai entendu des moteurs ronflés brisant le calme de la montagne…et en quelques mètres, je me suis retrouvé au bord d’une route avec des bolides « pollueurs » du rallye des cévennes…au sein du parc naturel des Cévennes !

Au delà de cette tension "bipolaire", une démarche volontariste de l’Etat français, de l’Europe pour « encadrer » un système extractiviste productiviste et consumériste (sans vouloir le changer) et les lobbies puissants cherchant « à gagner du temps » pour faire toujours plus de profit, il advient que de plus en plus de citoyens, jeunes et moins jeunes, font le choix conscient et volontaire d’une sobriété individuelle.

C’est, de mon point de vue, la bonne nouvelle ! Soutenu souvent par des associations tournées vers le respect de la Terre, vers le 0 déchets, la biodiversité ou encore vers des alternatives d’autres énergies décarbonées, des citoyens qui se disent éco citoyens réduisent leur consommation de viandes, leur déplacements, renoncent à prendre l’avion, et pratiquent les 5 R comme Refuser ce dont on n’a pas besoin ( ex : la pub dans la boite aux lettres), Réduire ses consommations en tout genre , Réutiliser des objets ( ex réparation de vieux meubles transformés en meuble de rangement)  ou encore Recycler comme le papier et le carton, et Rendre à la Terre (avec un compost des déchets alimentaires). Ils ont aussi saisi que le bonheur est moins dans l’avoir que dans la vie des choses simples comme la marche, le lien avec la nature, ou encore l’échange de services entre voisins…

L’encyclique « Laudato Si » du Pape François publiée en 2015 en amont de la COP de Paris propose une vision éclairée de cette sobriété non contrainte par des lois  : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératriceLe bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie. » (223). Oui, le focus est bien orienté sur le discernement de nos besoins entre ceux qui nourrissent vraiment la personne dans son être et ceux qui abrutissent et rendent accros et addictifs. Dans cette recherche de lucidité et de recul, j’aime bien me poser les trois questions suivantes avant de décider un achat :

  • Est-ce que j’en ai besoin ?
  • Est-ce que j’en ai besoin vraiment ?
  • Est-ce que j’en ai besoin maintenant ?

(1) site https://www.nosviesbascarbone.org

(2) Emission en octobre 2024 sur France 5 « Sur le front » animée par le journaliste écologiste Hugo CLEMENT

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Les jeux olympiques de Paris ont-ils changé la France et les français ?

15 Août 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

Un cheval argenté

qui galope sur la Seine dans la nuit ; un jeune nageur Léon venu de Toulouse qui enthousiasme tout un pays en allant le plus vite sur quatre disciplines de la natation ; des athlètes qui rayonnent dans leur authenticité, leur victoire comme leur défaite ; les larmes d’émotion de Pauline Ferrand-Prevot , arrivée première et seule largement en tête de la course en VTT (photo), le  long cri de détresse de la championne du monde japonaise éliminée dès son premier combat sur le tatami, tétanisée et secourue par son entraineur ; un château de Versailles et son parc transformés en plus grand lieu d’équitation majestueux au monde avec des passages le long des cours d’eau ; des images époustouflantes d’un Paris beau sous un ciel bleu, avec la vasque olympique s’élevant dans le ciel, le site de Montmartre et de sa basilique, lieu de passage des courses cyclistes, des compétitions de plein air avec la Tour Eiffel en fond d’écran et le grand palais, son escalier historique pour accueillir les meilleurs escrimeurs du monde…

Relayé largement par les télévisions, les radios, les réseaux sociaux, du 26 juillet au 11 août 2024, pendant 15 jours de jour et de nuit, la France m’a semblé oublié toutes les tracasseries vécues dans les mois précédents, de la tension sociale autour de la réforme des retraites, de la crise agricole jusqu’à la dissolution en juin de l’assemblée nationale et l’impossible majorité autour d’un président de la république en difficulté avec un gouvernement « démissionnaire » présent pour la gestion des affaires courantes. 15 jours avec une « discrétion médiatique » des élus politiques qui a permis à la France et aux français de respirer un air olympique sain et régénérateur. En cherchant à analyser la qualité de ce bon air, j’ai trouvé au moins trois composantes majeures : le retour àu Merci, à la gratitude par rapport à un français souvent qualifié de râleur, la contagion des émotions positives autour des victoires des athlètes français et un partage social de fierté de son pays, jamais l’hymne national n’aura été autant chanté durant les compétitions par les rangs de supporters joyeux et complices.

Chaque sportif français ayant décroché une médaille d’or, d’argent ou de bronze avait systématiquement un mot et bien souvent plusieurs de remerciement à son entourage, entraineur, famille et très souvent vis-à-vis d’un public soutenant. Les mots comme « ambiance incroyable du public » sont souvent revenus. Léon Marchand, le prince de ces jeux avec ses quatre défis relevés et quatre victoires en natation, disait qu’il s’était « appuyé » sur la force de ce public pour nager. Tous, à leur manière ont eu des paroles spontanées de gratitude, de reconnaissance, également pour les lieux emblématiques dans lesquels ils ont pu concourir. Et l’émotion transmise par nos champions souvent soutenus avec des pancartes avec leur visage en gros plan brandis par des supporters, s’est transmise telle une ola , une vague humaine déferlant au stade de France. Plus de 60 millions de téléspectateurs, dont j’ai fait partie, ont vibré dans cette ambiance de kermesse nationale. A souligner que les journalistes ont (pour une fois) été dans le positivisme en félicitant tous les sportifs avec leur médaille et réconfortant ceux qui étaient « passés » à côté, parfois de très peu. A tel point que les chaînes  publiques ont adressé à leurs auditeurs via un courriel …des remerciements nourris d’éléments affectifs : « Ensemble, on a vibré, on a pleuré, on a célébré... » . Enfin, dans ce tourbillon quasi quotidien de célébration de nos héros qu’ils soient nageurs, judokas, cyclistes, cavaliers, tireurs, ou équipiers en sport collectif comme nos volleyeurs, j’ai pu me sentir tout d’un coup très fier d’appartenir à la France de ces champions incarnant par leur comportement, l’engagement, l'authenticité, la fraîcheur d'un parler direct, souvent teinté d'émotion, et l’exigence pour aller au bout de leurs efforts après des années d'entrainement acharné…

Aurions-nous changé,  nous français, pendant ces 15 jours, traversés par cette immersion émotionnelle massive de joie, de fierté, de sublime ou encore de gratitude ? La réponse est sans doute plus complexe en fonction du degré d’ d’adhésion de chacun, de suivi de cette manifestation à caractère planétaire.

Certes, le seuil de pauvreté en France reste au-dessus des 9 millions de personnes, encore beaucoup trop de mal logés, et le gouvernement « démissionnaire » n’est plus en capacité constitutionnelle de faire voter des projets de loi. L’urgence climatique reste une réalité prégnante à nos portes pour limiter le réchauffement ou l’emballement climatique. Bref, la France n’a pas changé en 15 jours. Mais notre regard collectif, lui, s’est réorienté vers des énergies positives qui inspirent, donnent envie, remobilisent…

Le 28 août s’ouvre la cérémonie des jeux paralympiques à Paris. Je formule le vœu que cette ferveur populaire et saine se prolonge autour de ces sportifs de haut niveau souvent résilients. Et je souhaite aussi que le slogan de l’Union européenne «  Unis dans la diversité » se vive à l’occasion de ces jeux.

Gratitude de ma part à tous ces athlètes hommes et femmes, aux relais médiatiques, à la qualité des images retransmises dans le monde entier . Et si nous nous inspirions davantage quotidiennement de ces vertus olympiques pour sortir de l’esprit râleur et nous poser ces simples questions tournées vers le bon : «  De quoi je peux remercier en ce jour ? De quoi je peux être fier ? Ou encore quelle image je retiens de ma journée qui m’a fait du bien ? »

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8 juillet en France, tout va bien !

8 Juillet 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

8 juillet 2024, Montpellier ; 21h place de l’Europe.

La baguette virevolte dans l’air près du grand platane éclairé, celle qui la tient vibre dans la grâce de son corps de tous les rythmes des musiques de film reprises avec l’orchestre jouant en plein air. Magie du moment, plus de 5000 personnes, jeunes et séniors, familles, couples de tout style sont suspendus au violon de Dorota, premier violon de l'orchestre symphonique de Montpellier quand elle exécute un solo sur la musique de "la liste de Schindler".

Résonne en moi le final de ce film, chef d’œuvre du réalisateur Steven Spielberg. Schindler, industriel allemand, qui a employé plusieurs centaines de juifs dans son usine sous l’occupation nazie, s’exclame : «  J’en ai si peu sauvé ! » dans un regard de découragement. Et le contremaitre juif de lui répondre : « Vous en avez tellement sauvés ! » (1)

Oui, la musique nous sauve aussi de lendemain d’élections législatives où le pire semble avoir été évité pour l’heure : pas de mouvement d’extrême droite à la tête du futur gouvernement faute d’une majorité absolue non obtenue à l’issue du deuxième tour.

J’entends la harpe fredonner et je pense à Edgard Morin qui fête ce jour ces 103 ans. Le sociologue de la pensée complexe, pluridisciplinaire et qui peut prétendre avoir vécu plusieurs époques depuis sa naissance en 1921. Dans son ouvrage, « changeons de voie »,il évoque un principe d’espérance formulé par le poète et philosophe allemand Frédéric Hölderlin (1770- 1843) : «  Là où croit le péril croit aussi ce qui sauve. »

Et bien, oui, des forces se se sont levées pour sauver du péril la France d’un gouvernement dominé par des personnes issus du parti de l’extrême droite avec un risque fort de division interne à la société française entre « bons français » et immigrés à reconduire à la frontière », entre un repliement identitaire contraire à l’esprit de coopération à l’unité européenne,etc…

Enfin, sous la nuit qui tombe tranquillement sur la place de l’Europe, la musique tonitruante, triomphale de Star Wars secoue la cheffe d’orchestre et sa chevelure brune qui bataille en tout sens.

Tout va bien !

Un président qui temporise, un premier ministre « bon soldat » qui assure le fonctionnement du gouvernement durant l’été pour assurer les affaires courantes dont le suivi des jeux olympiques de Paris avant de démissionner officiellement, un mouvement collectif à gauche, le «  Nouveau front populaire » majoritaire en sièges à l’assemblée nationale et qui veut désigner son premier ministre pour le « soumettre » au président qui a le pouvoir de décision.

Belle cacophonie entre nos élus amplifiée par les médias très friands de ces moments de grande incertitude et d’instabilité politique .

Oui, tout va bien en France quand nous pouvons encore écouter un concert de musique dans l’union d’un public conquis.

Oui, tout va bien en France quand le chef d’orchestre fait autorité sur son orchestre, contribue à l’harmonie et à ce que chacun donne le meilleur de lui-même dans son rôle spécifique.

Oui, tout va bien en France quand les médias équilibrent leur contenu avec des initiatives réussies, des bonnes nouvelles en création d’emploi, en rebond social positif de personnes marginalisées, en nous invitant à regarder le bon, le beau, le vrai, les mouvements de solidarité et de fraternité bien réels.

Brumes en France,

Une aigrette blanche s’envole,

Vers un ciel nouveau.

 

J’aimerais parfois me transformer en aigrette planante pour quitter cette Terre et retrouver une planète, comme celle du petit Prince, plus solidaire, plus fraternelle, et plus joyeuse.

Et Edgar Morin centenaire, avec son regard toujours vif, nous propose  de créer des Oasis de fraternité, autrement dit des lieux où chacun pourrait partager en conscience et en confiance sans être constamment en train de défendre une position ou d’argumenter pour affirmer haut et fort qu’il a raison.

Le dernier passage de Star Wars embrase l’orchestre entraîné par la baguette de la cheffe d’orchestre déployant toute son énergie. La guerre des étoiles se termine. Attendons l’aurore.

 

 

  1. Plus de 1200 juifs seront ainsi sauvés en étant embauchés officiellement dans l’usine de Schindler.
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CONSTRUIRE DES PONTS POUR SE RELIER

29 Juin 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

« Notre monde intellectuel est fait de catégories. Il est bordé de frontières arbitraires et artificielles. Il faut construire, mais pour cela il faut une connaissance, une vision plus grande de l'homme et de sa destinée. » Yehudin Menuhin, violoniste de génie dès son plus jeune âge chef d’orchestre et humaniste ( 1916-1999) .

Dans notre époque troublée par les extrêmes, par une forme de fragmentation de notre société en France et de contamination par les réseaux sociaux, j’ai le désir de naviguer à contre-courant. Dans cette navigation pour trouver des vents plus favorables vers une vision de l’homme nourrissante, les grands musiciens me semblent, parmi d’autres, voix d’inspiration.

Deux mouvements me semblent urgents de réactiver : nous relier par des ponts et tisser des liens nouveaux de fraternité.

Relier par des ponts, c’est « casser », déconstruire les catégories toutes faites dans nos esprits conditionnés. Les riches, les pauvres, les gens qui ont de la chance, ceux qui n’ont pas de chance, les victimes permanentes, les persécuteurs ; les gens qui sont conservateurs, ceux qui veulent la révolution ; les militants pour défendre la planète et ceux qui n’ont pas conscience de l’urgence à changer nos modes de vie pour un monde soutenable et désirable…La liste en mode binaire pourrait bien sûr être complétée à volonté.

Relier par des ponts, c’est chercher à comprendre le mode de pensée de mon voisin, de mon « opposant politique », de celui qui m’est étranger. C’est oser s’arrêter et se questionner : « Qu’est ce qui le fait penser ainsi ? Quelles sont ses croyances racines qui sont à l’origine de ses convictions ou encore d’une forme d’endoctrinement ?

Puis, dans un mouvement qui nous sort des murs à l’image d’hommes politiques rivés sur leur discours tout prémâché et ignorant ou méprisant la parole de celui qui ne pense pas comme eux, ouvrir nos bras, tendre la main, ouvrir le cœur pour se relier les uns avec les autres. Le poète breton, Jean Lavoué  ( cf https://mister-aidant.over-blog.com/2024/05/jean-lavoue-poete-reveilleur-d-humanite-est-parti.html) nous le disait après le confinement de 2020 avec une belle formule : « Relier, c’est s’adresser de loin en loin de petits signes de tendresse, c’est s’abreuver à la même nappe phréatique, c’est prendre à pleines mains la fragilité de notre vie, c’est la rendre plus fraternelle ».

Le mot est enfin lâché : fraternelle, fraternité, fraterniser comme si nous avions oublié dans la devise de notre république « Liberté Egalité Fraternité » la troisième partie. C’est quoi fraterniser en ce XXIème siècle ? Est-ce si désuet ? Est-ce vraiment de l’ordre de l’impossible dans la fragmentation des points de vue ? Une douce utopie ? Dans un des ouvrages les plus diffusés et lus au monde, «  le petit prince de Saint Exupéry », rappelez-vous, le petit Prince, loin de sa planète, questionne le renard «  Qu’est-ce que signifie apprivoiser ? Réponse du renard : « C’est une chose trop oubliée. Cà signifie créer des liens… » Oui, retrouver ce lien humain vivant entre nous, ce lien qui chercher d’abord l’unicité de l’autre, son « cœur de vie ». Anecdote récente. A l’occasion d’une fête des voisins, nous avons été conviés pour la première fois dans la maison « séniore » mitoyenne habitées par des personnes résidentes en majorité des femmes âgées entre 70 ans et presque 100 ans. Et j’ai vu des jeunes trentenaires en proximité de ces « ainés » partager, échanger, questionner, et même rire dans une ambiance festive d’auberge espagnole sur la terrasse de cette maison séniore récemment construite. Moment unique qui révèle qu’il suffit parfois de peu de choses, une occasion, une opportunité pour relier des univers parallèles.

Et quand Yehudi Menuhin, interrogé en 1986 par une journaliste québécoise qui lui demande « Comment passe t-on d’un enfant prodige à un adulte prodige ? », il a cette réponse de sa voix douce enveloppée d’un regard malicieux :  « Je ne dirais pas que j’étais un enfant prodige. C’est parce que je suis resté enfant, je n’ai jamais fait de transition ! ».

Dans cette réponse, j’y puise aussi l’âme de cet humaniste visionnaire, humilité et cœur d’enfant. Deux ingrédients que nous pouvons cultiver en jardinier pour faire renaitre les semences du lien, de la fraternité. Demain, des ponts nouveaux sont à construire en y mettant tout notre imaginaire d’enfant. Des ponts enjambant les vieux préjugés, les méconnaissances, les murs artificiels, les rivières polluées, les eaux usées des divisions.

Des ponts qui relieront les générations pour composer la symphonie du nouveau monde.

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Jean LAVOUE, poète réveilleur d'humanité est parti

22 Mai 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

Voix de la Terre

Jean Lavoué est parti

Un poète au ciel.

Jean Lavoué, poète de terre bretonne est parti rejoindre le ciel à 69 ans en ce début de mois de mai. Certes, vous ne le connaissez pas forcément. Il n’était pas un fidèle d’émission littéraire comme la grande librairie et ne bénéficiait pas de la surface médiatique d’un Christian Bobin dont il était proche comme poète aimant se promener le long de sa rivière pour en retirer son inspiration.

Pourtant, dans la tonalité de cette discrétion comme du ton doux, profond et chaleureux de sa voix, il a rejoint beaucoup de personnes dans leur quête de sens, de nature, de fraternité. Je l’ai connu de manière inattendue à l’occasion d’une session nationale de méditation et d’écologie en juin 2020, en plein confinement lié au Covid. Et l’événement prévu en présentiel s’est mué en un parcours en ligne et ainsi je me suis inscrit plutôt par curiosité à un atelier de poésie contemplative animé par Jean Lavoué.

Et là, j’ai vécu une expérience "non « ordinaire ". Je m’attendais à un grand message oral d’un poète et j’ai découvert un semeur de poésie. En effet, après une courte présentation simple, sobre de l’atelier en ligne, il nous a invité à écrire nous même un poème en le tissant à partir d’un mot qui faisait résonance en nous en ce temps très particulier de contrainte  lié au Covid. Imaginez des participants chacun chez eux et reliés par ce fil invisible de l’écriture poétique et par Jean, le semeur de graines. Moi-même, je me suis surpris à sortir aisément de la page blanche, à trouver du goût en partant du mot bouleversé et en sentant au fond de moi ce lien invisible avec le poète et tous les autres participants. Et en final, Jean nous a invité à lui envoyer nos textes qu’il a mis en valeur dans un recueil collectif avec sa discrétion coutumière.

Et puis, il a écrit ce texte unique, inoubliable, inspirant en juillet 2020, sans doute dans l’élan créateur des ateliers poétiques qu’il a animés et avec un titre pour l'éternité, dans une période de limitation du lien social : se relier !

Extrait

Qu'y-a-t-il de plus joyeux que de "relier"

Non pas relier de vieilles peaux sèches

Des parchemins oubliés

Mais mettre en gerbe les ailes de l'instant

Les frémissements du silence

Les échos de l'amitié

Les brûlures d'une parole invincible

C'est relire

Se laisser traverser d'écriture et de vent

C'est retrouver l'eau vive sous les mots

La source au début de chaque phrase

 Relier c'est s'adresser de loin en loin

De petits signes de tendresse

C'est s'abreuver à la même nappe phréatique

C'est prendre à pleines mains la fragilité de notre vie

C'est la rendre plus fraternelle

Gratitude joyeuse au poète Jean pour cette invitation à nous relier dans nos brûlures, nos fragilités, nos petits gestes de tendresse qui font le sel de la vie jour après jour.

 

Pour aller plus loin sur les pas de Jean Lavoué 

https://www.editionslenfancedesarbres.com

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TROUVER SON OASIS, un pas accessible à tous et bon pour la planète

29 Avril 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

A l’occasion de l’animation d’un groupe de directeurs généraux de service (DGS) de communes dans un bain de forêt au jardin des plantes de Montpellier, l’un deux m’a interpellé : « Avant tout, ce bain de forêt me renvois déjà à ce que je peux faire moi-même en tant que personne.  Qu’est ce qui peut me ressourcer d’abord avant de vouloir chercher à construire une action collective dans la commune ?» . Effectivement vivre un bain de forêt , c’est ouvrir nos sens un peu plus grand  que nos habitudes du quotidien. Voir plus, prendre le temps d’observer les couleurs du printemps, des coquelicots rouges, des cystes avec leurs beaux pétales rosés, les ombres et les lumières qui jouent avec les arbres,…C’est aussi prêter une attention auditive aux sons d’oiseaux même au cœur d’une ville. Goûter les senteurs de plantes odoriférantes comme le romarin, la menthe, ou la lavande. C’est aussi l’exercice de mastiquer lentement un aliment naturel comme la salicorne près des étangs méditerranéens, pour en goûter toute la saveur salée . Et j’aime aussi partager, en tant que guide de bains de forêt que «  Le bain de forêt, c’est retrouver son esprit d’enfance. Enfant, j’aimais grimper dans les arbres, goûter au milieu des champs avec mes cousins, être dans la nature naturellement.  C’est ainsi débrancher pendant deux heures son cerveau de pensant pour reconnecter ses sens, ses sensations, son corps en relation avec la nature».

En réponse à la réflexion de mon participant, il m’est venu de parler de ce que je nomme l’espace OASIS. De quoi s’agit-il ?

Un espace OASIS est un espace qu’un adulte ou même un adolescent choisit dans la nature, à proximité de son lieu de vie, et dans lequel il se sent bien et a du plaisir à y revenir régulièrement. Pour faire quoi ? Rien. Si ce n’est lâcher son activité, son activisme cérébral, pour être simplement là. Assis dans l’herbe, allongé sous un arbre, ….Cet espace peut être recherché pour couper sa journée entre midi et deux. Plutôt que de retrouver le brouhaha très sonore d’un restaurant d’entreprise, revenir dans son espace OASIS ne serait-ce qu’une demi-heure ou une heure procure souvent une détente incomparable. Pour ma part, j’ai trouvé un espace OASIS au jardin des plantes de Montpellier et j’observe simplement que mon pas ralentit inconsciemment dès que j’entre dans l’allée des chênes comme si ces arbres centenaires me disaient : «  Cool, ralentit. La vie est trop courte pour se presser… ».  Difficile de trouver son espace Oasis au cœur d’une ville ? Pas forcément, si vous êtes persévérant et curieux. Un petit coin dans un jardin public, le bord d’une rivière urbaine un peu éloignée de la circulation, peuvent répondre aux critères d’un espace OASIS .

Faisons un grand rêve collectif : et si chacun, chacune cherchait plus souvent son espace OASIS de proximité de préférence à une surconsommation de biens en tout genre, de déplacements coûteux en empreinte carbone aux quatre coins de la planète ?

En effet, se déplacer vers son espace OASIS peut se faire en principe à pied, en vélo ou encore en transport en commun. Et notre espace OASIS peut nous conduire tranquillement à reconsidérer notre lien à la nature comme le suggère l’artiste anglais de land art, Andy Goldsworthy :

« Nous oublions souvent que nous faisons partie de la nature.

La nature n’est pas séparée de nous.

Ainsi, lorsque nous disons que nous avons perdu le lien avec la nature,

Nous avons perdu le lien avec nous-mêmes. »

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Sabi, Shôri, Hosomi et Karumi, voyager avec ces quatre vertus

30 Mars 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

En écoutant le premier maître et pionnier des haïkus, petits poèmes , Matsuo Bashô (1644-1694), la pratique de leur écriture favoriserait quatre belles qualités humaines : Sabi, Shôri, Hosomi et Karumi. Alors , ouvrons la signification de ces quatre belles expressions japonaises .

Sabi ou encore la simplicité et la conscience du temps qui passe et qui change les choses et les êtres. Je vous propose l’haïku suivant pour l’illustrer :

Délice

De traverser la rivière d’été

Sandales en mer.

Buson

Cet haïku sent bon la fraîcheur de la rivière et la simplicité de celui qui traverse en enlevant ses sandales. En même temps, elle évoque pour moi des souvenirs d’enfance de traversée de rivière, comme le Doubs…quant la pollution n’avait pas encore trop sévi.

Shôri ou la capacité à suggérer l’amour des choses humbles.

Pour illustrer :

Je sors de ma poche

Une poignée de pommes de pin

Il sourit.

Jean Antonini

Humble nous amène vers l’humus, la terre et quoi de plus simple que des pommes de pins au pied des arbres. Et sortir de sa poche des pommes de pin n’ a rien de luxueux. Une poche de pantalon, des pommes de pin et un sourire énigmatique d’un personnage présent.

Hosomi ou la découverte de la beauté du quotidien

Pour illustrer :

De quel arbre en fleur

Je ne sais

Mais quel parfum !

Bashô.

 

Finalement, la connaissance scientifique du nom  de l’arbre n’est pas un essentiel pour Bashô. Seule a de la valeur l’odeur agréable de l’arbre.

Et Karumi ou l’humour qui allège la gravité des choses.

Lundi de Pâques

Nous cherchons le salut

Dans du chocolat

Pascale Senk

Allusion à notre tradition de chercher les œufs de Pâques en chocolat dans nos jardins ou extérieurs.

Ces qualités m’apparaissent encore comme des sagesses aujourd’hui pour contrecarrer quatre démons : la recherche du sensationnel, de l’émotion forte ; la recherche du luxe, du « tape à l’œil », grosse montre, grosse voiture , la centration de notre regard sur le sale et le ténébreux ( violences, rues encombrées de détritus,…) et la lourdeur de se prendre trop au sérieux comme si nous étions détenteurs de la Vérité.

Et si nous nous amusions à combiner dans notre quotidien, sans prise de tête, Sabi,Shôri, Hosomi et Karumi. Simplicité, amour des choses humbles, beauté et humour comme ce temps suspendu quand nous étions sept randonneurs en raquette sur les hauteurs des Pyrénées. Nous nous sommes arrêtés et spontanément et en silence, nous nous sommes tournés vers la beauté de la blancheur immaculée de neige simplement parsemée de dentelles de sapins verts. Parole inutile, tous nos regards captés ensemble vers la même direction.

Montagne blanche

Dentelle de pins à crochet,

Tous en silence.

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Marcher sur la tête ou marcher avec ses pieds. Plaidoyer pour revenir sur Terre

24 Février 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

Marcher sur la tête ou marcher avec ses pieds,

Plaidoyer pour revenir sur Terre

Devant la montée des incohérences sur notre planète Terre, je me suis surpris à utiliser plus souvent que d’habitude l’expression « On marche sur la tête ». On marche sur la tête quand l’urgence mondiale pour notre planète Terre est à la réduction de l’empreinte carbone pour tous avec une pensée altruiste pour les futures générations et quand on apprend que l’on continue à produire de grosses voiture SUV thermiques avec un trafic de plus de 40 millions de véhicules dans l’hexagone. On marche sur la tête quand nos « sympathiques » députés dépensent leur énergie dans l’enceinte de l’assemblée nationale à s’invectiver devant les caméras comme dans une mauvaise cour de récréation alors que la jeunesse attendrait de voir, d’entendre des élus plus inspirants. On marche sur la tête quand la malheureuse Joconde au musée du Louvre fait l’objet d’un arrosage de soupe par deux activistes pour une alimentation saine et durable, cause certes légitime mais « qu’a fait la Joconde pour mériter un tel éclaboussement ? » avec un risque que plusieurs sociologues ont mis en avant d’effet contre-productif pour la cause écologique. Ma litanie pourrait continuer sur plusieurs pages. Marcher sur la tête est un équilibre périlleux qui se termine en général par une chute !

Or, en revenant sur Terre, je vous invite à regarder ce qui se passe quand nous marchons non plus sur la tête mais bien avec nos deux pieds.

D’abord, beaucoup de scientifiques dont Martine Duclos, directrice de l’observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, nous rappellent que les êtres humains sont programmés pour marcher et non restés « ventousés » à un écran, un smartphone et assis. Nos ancêtres, les chasseurs-cueilleurs, il y a quarante mille ans, marchaient en moyenne 20 kilomètres par jour ! Et l’Organisation Mondiale de la Santé recommande au moins trente minutes par jour, ce qui représente entre 2 à 3 kilomètres. Un minimum vital !

Marcher avec ses pieds, en sentant le contact du sol avec ses différentes textures ( sol caillouteux, sol adouci par les aiguilles de pin, sol herbeux, boueux,…) nous rebranche sur l’ici et maintenant. C’est un exercice parmi d’autres que je propose souvent dans mon activité de guide de bains de forêts.

Marcher en groupe et en silence est aussi une belle manière, dans une forêt, de nous réveiller à l’exploration par la vue, l’ouïe de tout ce qui nous entoure : les arbres et leur feuillage, les sons d’oiseaux plus ou moins proches, et le vent ballotant les branches des grands pins.

Beaucoup de poètes ont célébré à leur manière l’art de la marche comme une vertu, une philosophie ou encore un moyen de guérir du trop d’info, de trop de bruit, de trop de vitesse.

Ainsi retrouver la lenteur d’une marche en pleine nature nous relie à tout le vivant. Nous ne sommes plus séparés mais en communion. J’aime beaucoup la manière dont Jean Debruyne, prêtre et poète français, évoque l’acte de marcher : « La marche tient debout. Celui qui marche se dresse le front haut. Il ne rampe pas, il n’avance pas à quatre pattes mais la tête au ciel et la terre à ses pieds ».

Oui, revenons sur Terre avec nos deux pieds, nos sensations pour retrouver le Sens de l’équilibre, de la mesure et du discernement. En effet, la marche contribue aussi à clarifier nos idées.

Un exercice à vous suggérer. Et si la prochaine fois que vous vous rendez dans une forêt, un espace de nature ou encore un grand jardin public, vous décidiez de vous laisser guider non par votre tête mais par vos pieds en les laissant vous mener doucement. Une aventure à la portée de tous !

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la poésie, arme de résistance universelle

30 Décembre 2023 , Rédigé par Michel BERNARD

 

« Vous le voyez le monde. Vous le voyez comme moi. Ce n’est qu’un champ de bataille. Des cavaliers noirs partout. Un bruit d’épées au fond des âmes. Eh bien, ça n’a aucune importance. Je suis passé devant un étang. Il était couvert de lentilles d’eau - ça, oui c’était important.

Nous massacrons toute la douceur de la vie

et elle revient encore plus abondante. » (1)

J’ouvre ce court florilège de poésies par un ami trop tôt disparu, Christian BOBIN, poète ancré dans le temps présent, l’observation de la nature depuis son refuge dans un coin perdu de Saône et Loire. La poésie, arme de résistance car elle nous invite en ce dernier jour de l’année 2023 à sortir de l’information continue sur nos médias et réseaux sociaux, à s’arrêter, et à regarder ce qui est donné ici, aujourd’hui dans son champ de vision terrestre. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans le déni d’un monde, d’une planète Terre avec ses tâches noircies de violence et de souffrance mais bien de rééquilibrer notre âme avec des nourritures saines et revigorantes…en s’ouvrant à la beauté par l’écoute, la dégustation intérieure de morceaux de poésie juteux.

« Quand je suis parmi vous, arbres de la forêt,

Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,

Dans votre solitude où je rentre en moi-même,

Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime. »(2)

Victor Hugo, notre grand poète romancier et homme politique engagé du XIXème siècle, nous montre un chemin de dialogue direct avec les arbres…plus d’un siècle avant l’émergence des bains de forêt ou shirin yoku originaires du Japon. Dialoguer avec les arbres, êtres vivants non humains dans une forêt en déclamant ce poème « Aux arbres » nous relie à la toile du vivant, à ceux qui sont là avant nous (un olivier dans un village en Israël, près de Bethléem aurait plus de 4000 ans !) et nous survivront. La poésie est arme de résistance car elle nous montre clairement ce qui dure, ce qui persiste au-delà des aléas du temps.

J’ai ancré l’espérance aux racines de la vie.

Face aux ténèbres j’ai dressé des clartés

Planté des flambeaux à la lisière des nuits.(3)

Andrée Chedid, poétesse de la fin du XXème siècle, née au Caire, nous secoue pour que nous gardions au cœur cette espérance qui nous ouvre une lumière dans la nuit. La poésie est arme de résistance face au découragement, au pessimiste ou encore à l’aquabonisme ( « A quoi bon, tout est foutu en ce monde !»). La condition : revenir aux racines de la vie, au sens profond donné à chacune de nos vies pour trouver sa direction, son cap.

Pour boucler simplement ce court florilège, me viens ce livre de Pascale Senk (4) , journaliste qui s’est découvert une passion pour les haikus, et qui offre un haiku, petit poème d’origine japonaise pour chaque jour de l’année. Et voici le haiku proposé le 31 décembre :

Une année s’achève

Un chapeau sur la tête aux pieds

Des sandales de paille

Cet haiku est traduit de Bashô (5) considéré au Japon comme le premier inspirateur poète voyageur des haikus ancrés dans le réel de l’observation de la vie et interpellant le lecteur en fonction de sa sensibilité.

Extrait du commentaire de Pascale Senk :

« Avancer léger.

Tout, dans la nature comme dans nos corps,

 nous montre que l’attitude juste implique de se délester. »

La poésie, du haiku japonais aux poésies rimées de France, est arme de résistance universelle. Elle ouvre à tous un chemin pour se délester du « trop plein », de charge mentale et émotionnelle, de soucis pour retrouver notre pas léger se posant délicatement sur la Terre, notre mère racine.

  1. Extrait de l’homme joie de Christian Bobin
  2. Extrait de « Aux arbres » de Victor Hugo
  3. Extrait de l’espérance d’Andrée Chedid
  4. « Mon année Haiku » de Pascale Senk
  5. Bashô (1644-1694)
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