Après 1789, la révolution non violente
Debout devant plus de 1300 personnes, il invite chacun à joindre ses deux mains, à se pencher en avant puis il suggère que chacun lève sa main avec le pouce pressé contre l'index. " Vous voyez, comme votre pouce se relie à votre index, vous êtes tous reliés ici. Nous sommes tous connectés sur la terre, avec la nature, les animaux, le soleil..."

Avec un ton exhortatif et une douceur malicieuse qui passe dans le regard, Satish KUMAR, ce jeune d’esprit de 83 ans, viens de créer un lien fort au cœur d'un symposium organisé par le magazine INRESS (1) à Toulouse sur le thème "Nature extraordinaire, vers une écologie spirituelle." Imprégné de la philosophie de Gandhi dans sa jeunesse, activiste pour la paix, en 1962, il a réalisé une marche de plus de 8000 kilomètres pour rencontrer les dirigeants des grandes puissances nucléaires à Moscou, Londres, Paris et Washington en leur proposant un sachet de thé. Symbole ?
« lorsque vous penserez que vous devez appuyer sur le bouton, arrêtez-vous pendant une minute et prenez une bonne tasse de thé ».
Converti à l'écologie spirituelle, il explique avec force conviction sa thèse. Nous sommes trinitaires avec un lien entre le sol, le soi et la société. Nous devons sortir des divisions qui sont des illusions et croire à la beauté de la diversité humaine et de la nature. En effet, la nature ne devrait pas être perçue comme une ressource économique mais davantage comme la source de toute vie. Nature a aussi une étymologie proche de naitre, natal. "Vous, en France, vous avez vécu une première révolution en 1789. C'est l'heure maintenant d'une deuxième révolution non violente. La peur et la colère sont à remplacer par le pouvoir de l'amour". Activiste expérimenté, Satish KUMAR n'est pas qu'un orateur captivant son public par sa congruence. Il est aussi le fondateur d'un centre international d'écologie dans le Sud de l’Angleterre où il vit actuellement. Et puis, avec une pointe d'humour, il insiste pour que nous commencions par nous aimer nous-mêmes. " Je suis bon et j'ai un grand potentiel." Et les 1300 participants de reprendre en cœur ce slogan inhabituel.

Ce samedi, cet homme missionnaire a fait passer un nouveau courant : un courant d'oser, un courant pour sortir de nos divisions intérieures et extérieures. Pour lui, chaque être vivant dans la nature est doué d'une conscience comme le soleil, notre frère soleil ou encore notre mère Gaia. En cela, il rejoint très clairement la démonstration de Rupert Sheldrake, biologiste anglais, auteur des concepts de résonance et de champ morphique (2), qui s'est exprimé après lui ( via une vidéo dédiée au symposium). Au XVII ème siècle, Descartes, dans un esprit scientiste, a voulu faire croire que l'esprit est à séparer du reste donc du corps ou de l'âme alors que les premiers peuples ont toujours relié corps, esprit et âme. Et cette "séparation" a cautionné ensuite au XXème siècle une science qui cherche à tout expliquer sans croire que le spirituel est aussi une réalité. Après l'erreur de Descartes, il est urgent de vivre cette reconnexion corps-esprit-âme pour inviter chaque être humain à retrouver son intériorité et une capacité de reliance profonde avec la nature.
Dans un monde en voie de destructuration, l'enjeu de civilisation est bien là : retrouver notre connexion avec la nature pour retrouver notre humanité profonde et changer nos comportements. Le chantier est ouvert...
(1) https://www.inrees.com/
institut de recherche d"expériences extraordinaires fondé par le journaliste, Stéphane Allix et qui publie une revue trimestrielle INEXPLORE. Sa ligne éditoriale concerne toutes les sciences ouvertes sur l'innovation, le vivant, la nouvelle conscience avec une recherche de pédagogie auprès du grand public.
(2) résonance morphique. "C’est l’influence qu’exerce tout système auto-organisé passé sur les systèmes homologues présents. Atomes, molécules, cellules vivantes, plantes, animaux, sociétés, cultures, systèmes solaires, galaxies, sont des systèmes auto-organisés. Nos machines n’en sont pas, mais nos comportements ou nos pensées en sont. Chaque système se présente sous une certaine forme. La résonance morphique suppose que cette forme est comme mémorisée quelque part, dans un « champ morphique », ou « champ de forme ». Prenez des pratiques nouvelles telles que le skate-board ou la navigation sur Internet : plus leurs adeptes sont nombreux, plus leurs champs de forme se renforcent et plus ces pratiques deviennent faciles à mettre en œuvre. Je ne suis pas l’inventeur de ces concepts ; je n’ai fait que systématiser ce que d’autres avaient déjà imaginé au début du XXe siècle, souvent dans la mouvance d’un génie trop négligé : Henri Bergson. " Rupert Sheldrake dans un interview.
LA STRATEGIE KKO ou comment avancer par brouillard
A l'heure où la France s'enfonce dans le chemin tortueux d'une réformes des retraites, objet de toutes les tensions sociales et dans l'année du centenaire d'Edgard Morin, celui qui a compris depuis longtemps que la capacité de gérer les incertitudes est à considérer comme un des savoirs fondamentaux, je ressens fortement le besoin de revenir à quelque substance simple pour mon cerveau. Dans ce registre, j'aime bien de temps à autre relire un haiku, poème japonais de 17 syllabes, qui me ramène à l'essentiel. Par ailleurs, quand la ligne d'horizon me parait trouble ou encore perdue dans le brouillard de mes ruminations, je me redis ma petite stratégie à l'acronyme gustatif KKO.
K comme Kaizen, l'art des petits pas. Ainsi, si mon énergie est basse, au moins me poser la question : "Quel plus petit pas je peux faire dans cette situation ?".(1) L'effet magique du kaizen, c'est surtout de me remettre en route sans violence, avec douceur sur le chemin de l'action.
K comme Kairos, ce dieu grec de la mythologie. Je vous renvoie pour le détail à l'article dédié sur ce blog (2). Kairos, c'est la possibilité de voir le cheveu de ce Dieu et de l'attraper. Autrement dit, en langage courant, voir et saisir l'opportunité qui se présente à moi dans l'instant. Ce Kairos m'est particulièrement utile quand je me trouve confronté à une contrariété petite ou grande. Tiens, ma connexion internet sur Paris ne fonctionne pas et pourtant j'aurais des courriels importants à communiquer. Question immédiate : quelle est l'opportunité ici et maintenant ? Peut être de tout lâcher, de me ressourcer en cette fin de journée dans laquelle j'ai beaucoup donné. Et de revoir la recherche de solution le lendemain. Après tout, je ne suis ni pompier, ni urgentiste !
O comme oser. Oser, c'est une forme d'audace qui n'attend pas que tous les paramètres de sécurité soient assurés pour se lancer dans l'aventure. C'est le verbe commun aux inventeurs, aux aventuriers et aux créatifs de tout genre. C'est Christophe Colomb hier, et Bertrand Picard aujourd'hui qui réalise le premier tour de la terre en avion à énergie solaire dénommé solar impulse. Oser, c'est croire dans cet élan intérieur qui nous fait dire : "ok, j'y vais même si je ne connais par le chemin."
Avec cette stratégie KKO qui n'est pas un remède miracle, je m'aperçois qu'elle est une belle balise dans un monde en manque de repères spirituels et éthiques. Car, effectivement, pratiquer KKO, c'est prendre soin de soi en cherchant à sortir doucement de sa zone de confort pour oser s'aventurer en pleine mer. C'est bien là que nous pourrons donner le meilleur de nous-mêmes.
(1) http://mister-aidant.over-blog.com/article-kaizen-ou-la-strategie-des-petits-pas-110161705.html
(2) http://mister-aidant.over-blog.com/article-kairos-ou-l-art-d-agir-au-bon-moment-121836446.html
N'ayez pas peur, il faut sauver la planète !
D'une entrée magistrale, Willy Rovelli annonce avec sa voix de clairon :" N'ayez pas peur, il faut sauver la planète !".
Entre provocation et interpellation , l'humoriste nous renvoie un beau miroir d'une planète en grand danger pour son avenir : surpopulation, insuffisance des ressources alimentaires, réchauffement climatique, destruction de la biodiversité, réfugiés climatiques, cataclysmes météo de plus en plus fréquents...
Bref, sur un ton convaincu, il annonce froidement que la solution est la réduction des naissances ( à entendre au "3ème degré"). Choquant malgré tout ! Et pourtant, ce choquant résonne déjà un peu dans la tête de jeunes parents qui choisissent de limiter leur progéniture à un enfant...
Ceci étant, secoué par le ton caustique et provocant de l'humoriste, j'ai envie de lui répondre que les deux exhortations de départ sont de fausses pistes.
N'ayez pas peur ne peut que réveiller déjà nos peurs primaires, celle de mourir, celle d'être impuissant devant les risques planétaires à notre porte, etc...
Je lui préfère une autre exhortation ouverte : Oser l'espérance comme le suggère l'ouvrage de l'écophilosophe américaine Joanna Macy, "l'espérance en mouvement" qui nous convie à écrire une autre histoire pour se substituer aux deux scénarios actuellement en cours. Premier scénario : celui du déni de réalité que la plupart des gouvernements utilisent car ils ne prennent pas suffisamment les moyens de faire face à l'urgence écologique. Deuxième scénario : la grande désintégration quand nous sommes paralysés par l'avenir castastrophique que les médias se chargent bien de nous rappeler. Évidemment, ces deux histoires n'ont rien d'enthousiasmant. Il nous revient d'inventer une autre histoire...
"Il faut sauver la planète" , un peu à la manière du film de Steven Spielberg, "il faut sauver le soldat Ryan". Or cet impératif est faux puisqu'à moins de vouloir jouer les sauveurs du monde, nous n'avons aucune obligation. Quel devoir aurait le citoyen pour sauver la planète ? Un devoir de réduire nos consommations dès maintenant comme le suggère l'astrophysicien, Aurélien Barrau (1) ? Un devoir de recycler nos appareils électroménagers (2) ? Un devoir de regarder comment réduire de manière significative notre empreinte écologique ?

Alors, je propose à vous, citoyens lucides, "je pratique le kaizen ".
Kaizen, synonyme de bon changement, ce petit mot d'origine japonaise, renvoie à l'art des petits pas qui a l'avantage de nous rassurer par un questionnement minimaliste comme celui-ci : " En 2020, quel plus petit pas je pourrai faire pour participer activement à cette réduction des consommations, et contribuer à du recyclage ?".
Et bien, Willy Rovelli, et si tu changeait ton message d'appel par :
Oser l'espérance et pratiquer le kaizen ! Certes, c'est moins racoleur et moins spectaculaire. Mais, ce mouvement aujourd'hui, se vit par de plus en plus de citoyens anonymes même s'il ne fait pas la une des médias.
Comme le suggère aussi , à sa manière, le pionnier du premier tour du monde en 2016 avec un avion à énergie avec des panneaux solaires (sans kérosène) le "solar impulse", Bertrand Picard, : " J'ai réalisé ce tour ( avec un autre pilote) non seulement pour un exploit technologique mais pour démontrer que nous pouvons changer de moyen de transport et réduire la pollution..."
(1) auteur de "le plus grand défi de l'histoire de l'humanité"
(2) 2,5 millions de machines à laver sont jetées en déchetterie chaque année en France. Seulement 125 000 sont recyclées !
ALLER DANS LE SENS DE LA VIE
Notre réunion du club des optimistes vient de se terminer. Ce soir, nous avons partagé chacun autour d'un ouvrage qui nous a marqué, qui a eu une résonance particulière avec notre vie. Ainsi sont évoqués " le cœur de cristal" de Frédéric Lenoir, " les sept savoirs nécessaires à l'éducation de l'avenir" d'Edgar Morin; "Ça commence par moi" de Julien Vidal, " la panthère des neiges" de Sylvain Tesson, "l'intelligence des plantes" de Stefano Mancuso et Alessandra Viola," Où cours tu, ne sais tu pas que le ciel est en toi" de Christiane Singer, et "l'espérance en mouvement" de Joanna Macy. Qu'est ce qui fait la convergence de ces ouvrages dont un est un conte, l'autre , une réflexion sur l'éducation, un "pense bête" intelligent et astucieux sur les éco gestes du quotidien, une histoire d"amour et d'observation fine de la nature, une interpellation sur le sens profond de la vie, ou encore le déploiement d'une praxis relative à l'écologie intérieure ? Rien de commun à priori entre des auteurs d'univers varié qui ne se sont probablement pas rencontrés ou de manière fortuite. Et pourtant, quant nous avons pris un peu de distance sur notre partage rappelant pour certains un ouvrage marquant de l'adolescence, il m'a semblé que le trait commun à tous ses ouvrages , c'est l'amour de la vie, de la vitalité dans toutes ses dimensions. A l'ère de l’anthropocène où les rythmes de vie sont de plus en plus conditionnés par la technologie digitale numérique (omniprésence ou omnipotence du smartphone au bureau, dans la rue et même sur un vélo), où la terre crie souterrainement sa souffrance d'une maltraitance galopante, nous pouvons choisir d'aller dans le sens de la vie, la vie connectée à notre intériorité, à la nature, à la recherche d'un sens profond qui échappe aux médias et aux pouvoirs institutionnels.

Cette vie sur terre, si elle était rapportée à une valeur temps de 24 heures par rapport à une planète Terre née il y a environ quatre virgule cinq milliards d'années, nous indique que les premiers organismes multicellulaires sont apparus entre 18h et 19h, les singes 2 minutes avant minuit...et l'homme, l'homo sapiens 5 secondes avant la fin des 24h ! Nous sommes issus du monde des êtres vivants, nous sommes la dernière chaîne du vivant. Aller dans le sens de la vie, c'est se souvenir émotionnellement que nous sommes constitués de tout ce vivant avant nous. La nature est en quelque sorte aussi en nous.
Comment retrouver cette connexion originelle avec la VIE alors que notre société industrielle, consumériste, bétonnée nous a enfermé dans des conditionnements du manque, du toujours plus, ou encore du jamais satisfait ?
Bien sûr, cet appel à la VIE peut passer par plus de moments vécus au contact de la nature, son jardin, une ballade en forêt, un tour de lac ou un bord de mer. Cependant, dans une société urbanisée, nous avons aussi à nous questionner derrière notre ordinateur mangeur de temps . Pour ma part, même si je n'ai pas trouvé la "recette magique" (existe-t'elle ?), je pratique chaque demi journée une pause respiration. Ainsi, je me coupe volontairement pendant environ 5 minutes de tout objet ou compagnon numérique, je fais silence intérieur et je me recentre sur moi, mes sensations corporelles, avec quelques exercices d'étirement, de respiration. Et là, bonheur : je respire le présent, la présence à la vie ici et maintenant, moteur mental coupé.
Une autre manière de rester branché sur le fil de la VIE, est de garder un questionnement d'éveil dans sa journée et de temps à autre, se surprendre avec la question " Là, maintenant, dans ce que je fais, suis je vraiment branché sur la VIE ?". Ainsi, il m'arrive de lâcher, quand je peux, une activité cérébrale ordinateur pour aller à la rencontre spontanée d'un collègue, avoir l'intuition de contacter par téléphone un partenaire, ou encore de stopper la machine à fabriquer des idées, pensées et ruminations pour aller savourer un bon café sans autre intention que de savourer.
Dans une perspective réaliste, il m'arrive, comme beaucoup d'entre nous, de me retrouver certains jours, en "énergie basse", fatigué, peu stimulé par le travail devant moi. Et c'est justement dans ces creux de l'existence que le retournement à la vie est important avec une petite question à la mode kaizen (1) : " Là, avec l'énergie telle que je la ressens en moi, quel plus petit pas je peux faire pour retrouver le fil de la vie, ma vitalité profonde, le chi ou énergie vitale, nous diraient les chinois ?
Alors, je suis invité à la patience , celle que les arbres nous rappellent." Chez l'arbre, tout est lent, la façon dont il pousse, dont il se développe...En fait, les arbres constituent l'antidote absolue de cette folle époque de vitesse qui est la nôtre." ( extrait de Sentinelle de pluie, roman de Tatiana de Rosnay).
Aller dans le sens de la vie peut commencer par reprendre racine là où je suis, dans mes pieds pour sortir de ma tête asphyxiée et s'ouvrir aux opportunités du présent.
(1) référence au mot japonais qui signifie le bon changement et au petit livre de Robert Maurer, psychologue américain : " Un petit pas peut changer votre vie : la voie du kaizen".
vidéo de l'auteur sur l'art des petits pas :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=s10kcQnM-CU&feature=emb_logo
INCERTITUDES ET FRATERNITE : une vision d'avenir
Edgard Morin, 98 ans, le regard toujours brillant , vient de terminer une conférence de plus d'une heure près de Montpellier devant un public captivé. Admiratif de sa "largeur de bande passante" de sa pensée et de sa vision du monde nourrie de sa transdisciplinarité, je lui demande une dédicace. Il prend le temps de réfléchir puis couche sur le papier d'une main tremblante :

"Sachez affronter les incertitudes, pensez à vous réaliser mais au sein d'une fraternité".
Vision anticipatrice !
Depuis plusieurs semaines, la France est plongée dans une forme de coma social dans un bras de fer entre gouvernement, organisations syndicales et peuple en manifestation et en grève. La cause : la réforme des retraites qui cristallise toutes les peurs, les projections et crée des ruptures au sein de la société. Ainsi, en plus d'une évolution planétaire incertaine relancée par l'échec récent de la COP 25 qui n'a rien apporté de nouveau, la France augmente le niveau d'incertitude sur des questions comme :
- quel sera l'avenir des jeunes générations impactées par un nouveau système de retraite qui n'est pas validé à ce jour ?
- Combien de temps cette crise sociale paralysant une grande partie du trafic ferroviaire et urbain, notamment sur Paris va t'elle durer ?
- Le gouvernement va t'il céder ou au contraire raidir sa position ?
Bref, dans les 7 savoirs fondamentaux qu'Edgard Morin évoquait dans un petit ouvrage, il déclinait notamment cette capacité de gérer les incertitudes. Comment ?
Pour ma part, il y aurait à conjuguer deux postures qui s'apprennent au fil de l'expérience :
- lâcher prise sur nos crispations quant les choses ne tournent pas comme nous le souhaitons et quand nous n'avons pour le coup aucune prise tangible. Comme le disait déjà le philosophe latin Epictète , "il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous." Et une sagesse est de bien séparer les deux dans un acte de lucidité.
- explorer des options stratégiques qui nous préservent une posture d'acteur et non de victime subissante. Question : en quoi cette crise sociale est-elle une opportunité pour moi aujourd'hui ? Opportunité de plus de lien avec du covoiturage partagé avec d'autres ? Augmenter le télétravail et limiter la fatigue de de déplacements longs et stressants avec l'accord de l'employeur ? Ou encore reprendre un moyen de déplacement non polluant comme le vélo. L'opportunité , c'est peut être aussi d'approfondir une réflexion de positionnement au cœur de cette violence sociale. Qu'est ce que je veux et peux faire pour pacifier sans naïveté ?
Revenons à la conviction d'Edgard Morin et à sa deuxième partie : "...mais au sein d'une fraternité".
Dans notre passé récent, les français ont beaucoup mis en avant des revendications sociales à travers les deux premiers termes de l'essence de la république : liberté et égalité. Le troisième terme de la bannière républicaine, la fraternité semblait rejeté dans l'histoire ou encore perçu comme un mot démodé dans une société industrielle à tendance individualiste depuis les trente glorieuses (1945-1975). Or, le renouveau porté par les mouvements citoyens, l'économie circulaire avec le déploiement des co, comme coworking, co gérer, co partager, co opérer, ou encore co construire, réveille des solidarités de proximité entre voisins ( habitat participatif), entre groupes locaux liés à un mouvement social, culturel, sportif ou spirituel. Il n'est plus ringard de parler de sa frat ou fraternité. Pour ma part, avec mon épouse, nous avons contribué à créer un club des optimistes, hors de toute structure officielle ou mouvement, composé de 4 couples. Le hasard a voulu qu'il naisse en janvier 2015 juste après les attentats de Charlie Hebdo. Hasard ou synchronicité ?
Oui, Edgard Morin, avec son siècle de riche vécu, nous invite à ouvrir une nouvelle voie, dans la brèche d'une société en rupture, un peu comme une voie d'escalade en trouvant les bons appuis, les ancrages solides pour se hisser vers le ciel.
Dans la conclusion de son ouvrage culte " la VOIE pour l'avenir de l'humanité", intitulée interdépendances et espérance, il indique une des vertus des crises : " En même temps que des forces régressives ou désintégrantes, les forces génératrices/créatrices s'éveillent dans les crises.
Et si 2020 s'ouvrait avec cette espérance que ces forces de vie individuelles, collectives entraînent la bascule de l'humanité, de la France vers un renouveau salutaire pour tous et surtout pour renouveler l'esprit de fraternité.
LE VELO , UN EXEMPLE DE MOUVEMENT CITOYEN EN EMERGENCE
Aujourd'hui, Montpellier comme d'autres villes de France s'est mobilisée pour un déplacement en vélo sécurisé avec des pistes cyclables adaptées et continues. Cette manifestation et rassemblement bon enfant a été organisée par l'association vélocité, membre de la fédération nationale des usagers des vélos, la FUB. Près de 3000 cyclistes des plus hétérogènes se sont déplacés entre la place coeur de ville de la comédie jusqu'à l'hôtel de ville. Familles avec enfants, vélos électriques, monocyles, livreurs professionnels, femmes, hommes et séniors, tous là réunis pour une seule cause : afficher publiquement aux futurs candidats aux élections municipales de mars 2020 qu'il faut bien compter sur cette force citoyenne nouvelle. J'ai participé à cette manifestation avec un élément important à noter : le seul service d'ordre était assuré par les membres de l'association elle-même.

Quel contraste avec la veille ! Le samedi, face aux risques de débordement des gilets jaunes encore mobilisés sur la place de la comédie, des dizaines de cars de crs rangés sur l'esplanade voisine de Charles de Gaulle. Brusquement, une course de CRS à pied qui surgit dans la foule piétonne jusque là sereine en une belle journée ensoleillée. Et un sentiment de malaise qui m'etreint devant ce type de scène qui sème un vent de violence dont on ne mesure pas clairement d'où il vient.
Je ne peux comparer bien sûr dans leur nature ces deux manifestations. Cependant, je m'inquiète sur cette fracture. D'un côté, un mouvement comme les gilets jaunes qui ne fait plus l'unanimité dans la population "usée" par ce trop long, cet excès sans parler des commerçants du centre ville qui en sont les premières victimes. De l'autre côté, Vélocité, association locale avec un nombre d'adhérents en augmentation constante, reste dans un dialogue direct avec la municipalité pour faire pression et améliorer la qualité des pistes cyclables et étendre le kilométrage de réseaux.
Et la manifestation contre l'islamophobie à Paris qui a réuni plus de 13 000 manifestants de milieux très divers... sans débordement.
A l'image du vélo qui réuni des jeunes et des anciens, des hommes et femmes de tout milieu, je rêve que les mouvements citoyens structurés puissent contribuer à l'émergence d'un dialogue plus direct avec les élus décideurs. La transition est en route dans la mesure où le citoyen d'aujourd'hui ,qui se reconnait de moins en moins au sein d'un parti ou d'un syndicat traditionnel, veut aujourd'hui plus qu'hier un dialogue direct avec le décideur politique.
Des rituels pour structurer notre vie sociale et individuelle

Hier, le service national obligatoire, même s'il était très controversé parmi les jeunes appelés qui estimaient y perdre une année, avait au moins le mérite de favoriser une mixité sociale entre jeunes de banlieues et jeunes étudiants, permettait à un grand nombre de passer le permis de conduire gratuitement et se frotter à l'autorité avec plus ou moins de rudesse. Promesse de campagne du candidat Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1988, il fut supprimé sans qu'il y ait eu une véritable réflexion de fond sur le vide qu'il allait créer. Ce service national autour de la parole des anciens " Le service va faire de toi un homme" avait quelque chose de l'ordre du rituel du passage de l'adolescence à l'âge adulte. Olivier Galland, sociologue de la jeunesse, reconnaissait lui-même que notre jeunesse manquait cruellement de rite de passage avec des adulescents à la mode "Tanguy" (1) prolongeant leur vie et hébergement chez les parents parfois jusqu'à l'âge de 30 ans et plus. L'expérimentation du SNU, entendez Service National Universel pour les garçons et les filles de 16 ans ( niveau 3ème) vient d'être bouclée et la volonté du gouvernement est d'étendre cette forme de stage de citoyenneté progressivement à l'ensemble de la jeunesse comme rempart notamment aux dérives de jeunes désocialisés, errants ou encore en voie marginalisation ou radicalisation...
Pour ma part, je partage fortement la conviction de remettre plus de rituel dans une société consommatrice, en mal de confiance dans ses élus politiques, secouée par la crise des gilets jaunes et marquant son patriotisme essentiellement dans les victoires sportives "cocorico" comme celle de l'équipe de France de football en 1998 et 2018 quand "nous" avons été champions du monde.
Sans jouer les maîtres à penser, il y aurait à retrouver au moins :
1) des rituels signifiants pour permettre aux jeunes de passer du statut "étudiant" au statut d'adulte engagé dans la société. Les programmes "jeunes" que sont le service civique en pleine expansion quantitative, le service volontaire européen moins connu et le service national universel tout neuf peuvent y contribuer dans la mesure où les formateurs sont eux mêmes imprégnés de cette démarche et proposent des moments de réflexion sur soi, son identité, son parcours de vie pour aider leur maturation et prise de conscience d'homme et de citoyen.
2) des rituels intégrés sur les lieux de travail qui favorisent l'intégration des nouveaux et leur inculturation.
Acteur et coach au sein d'une administration, je suis frappé par la place donnée aux départs en retraite avec remise de cadeau, discours émouvant sur la carrière de l'intéressé(e) et la participation collective à ce moment convivial souvent gastronomique. L'arrivée de nouveaux est souvent moins marquée : pas de cadeau d'arrivée ( ce n'est pas dans la tradition), éventuellement la proposition d'un tuteur et go, c'est parti, à toi de faire ta place dans l'organisation. Un rite d'accueil avec un moment formalisé avec le dirigeant ou directeur, un repas pris en collectif, la proposition d'un tuteur ou parrain serait bienvenue dans un monde privé ou public où le maitre mot est bien souvent "adaptation rapide souhaitée".
Plus régulièrement, les fameux CODIR, comités de direction plus ou moins formalisés généralement une fois par semaine, souvent le lundi à une heure précise ,à durée à rallonge et parfois en visio conférence compte tenu d'équipe composite sur divers sites, pourraient donner lieu à des rituels de relecture pour tirer des enseignements sur leur fonctionnement qui tombe parfois dans la routinisation sans que personne n'ose lever le petit doigt. Exemple que j'ai connu une fois dans toute ma carrière de fonctionnaire : le pilote, directeur ou manager propose une réunion spécifique "regard sur notre fonctionnement en CODIR" et , avec un cadre de protection et de permission précisant que tout peut être exprimé dans la bienveillance du ton. Ainsi, l'équipe CODIR pourrait enfin se donner un temps de relecture, de respiration avec un rituel une fois par an. Ce qui ne me semble pas un luxe quand nous mesurons le temps cumulé de ces espaces de réunion.
3) des rituels pour soi, pour les managers souvent en "immersion totale non stop" dans leur journée. Le psychologue "positiviste" Tal Ben-Sahar (2) dans son ouvrage a largement démontré la force du rituel pour se structurer, pour retrouver un équilibre de vie et de santé. Un manager en conscience ( ce que je suggère au sein de mes stages " les clés de la sérénité du cadre manager") pourrait "ritualiser" la manière de se poser au début de sa journée avant d'éplucher sa litanie de courriels ou de décrocher son téléphone avec un temps d'accueil de soi, de sa météo intérieure, de respiration abdominale, ...En cours de journée, je suggère au moins deux pauses (une par demi journée) dites "pauses respiration" en écartant tout compagnon numérique, en effectuant étirement du corps, du dos en particulier appuyé par une respiration longue et ample pour réoxygéner le cerveau et en terminant par un acte conscient.
Et vous, lecteur , quel(s) rituel(s) avez vous mis en place ou envisagez vous d'expérimenter à la suite de cette lecture pour :
vous mettre en forme le matin ?
vous ressourcer au cours de votre journée ?
ou encore pour tirer le meilleur parti de votre journée quelle que soit sa coloration émotionnelle, qu'elle soit soleil, brumeuse ou même ténébreuse.
Et oui, un rituel mérite d'être expérimenté pour vérifier le bénéfice réel pour soi avant d'être intégré dans sa vie au même titre qu'une habitude d'hygiène de vie. Pratiquer le rituel, c'est s'ouvrir une voie vers la stabilité intérieure comme le vivent depuis plusieurs siècles les communautés monastiques avec le rituel d'un nombre d'offices religieux par jour à heure fixe rythmant leur vie quotidienne...
(1) référence au film Tanguy dans lequel le fils trentenaire revient chez ses parents et s'y incruste à leur grand désespoir.
(2) cf article sur ce blog mister-aidant.over-blog.com/article-le-rituel-une-strategie-pour-changer-43526915.html
L'arbre sous le feu des projecteurs
"Dans l'âtre embrasé, le feu geint et se tord." C'est une petite phrase que je retiens depuis mon enfance. Elle est extraite d'un texte du poète Théophile Gauthier. Et effectivement ce feu est vraiment symbole aujourd'hui d'un être vivant menacé et pourtant vital. Il a fait la une des médias souvent cet été même s'il n'est ni star du show biz, ni homme politique. Cet être s'inscrit dans la stabilité , la durée (1), et souvent la majesté de sa posture. Il est droit, plus ou moins trapu (2) et peut atteindre dans sa croissance le 2ème étage de la tour Eiffel (3). Qui est-il ?
Vous l'avez deviné. C'est Monsieur ARBRE !
Des forêts ravagées par des incendies cet été, l'Amazone, le grand poumon vert de la planète est elle-même en danger de déforestation accélérée par le brûlis des terres par les agriculteurs.
Face à ce combat pour préserver les 30 % de surface d'arbres sur la terre, des pays comme l'Ethiopie touchée par une extrême déforestation s'est engagée à planter pas moins de 4 milliards d'arbres d'ici la fin de l'année 2020. Le 29 juillet dernier, tous les habitants ont été mobilisés pour planter près de 380 millions d'arbres. Plus près, dans la région d'Occitanie, la présidente s'est engagée symboliquement à planter 230 000 arbres correspondant au nombre de lycéens de la région. Et l'enjeu des villes en transition notamment est bien, entre autre, de remettre des arbres au coeur des villes bétonnées, asphyxiées par la circulation encombrée , la pollution de l'air par le gaz carbonique dégagé par les véhicules et un niveau de décibel élevé et fatiguant pour nos oreilles.
Rupture. Quand j'observe le matin, le beau pin parasol qui dresse vers le ciel ses aiguilles comme des étoiles, je ressens au moins deux invitations quant il me parle.

Regarde tes racines . Les siennes s'enfoncent dans le sol tant en profondeur qu'en horizontalité, ainsi , il est solidement arrimé à la mère Terre.Et moi, mes racines, à quoi ressemblent - t'elles aujourd'hui ? Encore profondes, un peu vieillissantes, ou peut être disparues ? Les racines sont pour l'homme tout ce sur quoi il est stable et peut se nourrir. Et par exemple se nourrir de ses valeurs "racines", celles qui nous relient à notre famille ou au contraire nous éloignent encore plus.
Regarde le ciel. Oui, j'observe son magnifique houppier comme un demi cercle vert qui salue le ciel bleu de la méditerranée. Quelques branches verdoyantes laissent passer le bleu du ciel. Et mon ciel, à quoi ressemble-t-il aujourd'hui ? Ciel léger, tonique ou ciel rapetissé par un manque d'enthousiasme ou d' optimisme ? En fait, dans cet espace baigné du silence matinal, je me sens entrainé à me relier entre terre et ciel, à capter ses sources d'énergie si vitale pour l'homme. Un enjeu guette les villes de demain avec les élection municipales. Une interrogation pour tous : à quoi ressemble votre centre ville ? Dans ma ville de Montpellier en train d'être submergée par les projets immobiliers à chaque coin de rue, la place centrale cœur de ville est bétonnée sans la moindre trace de végétal. Isolée au centre entre l'arrêt du tram et les brasseries, la fontaine des trois grâces mérite d'être soutenue par des compagnons verts, arbres ou arbustes qui partagent aussi la même symbolique (4).
Alors, un message fort à vous tous, messieurs les Arbres :
reprenez votre place au cœur des villes,
et des villages et devenez nos amis de sagesse pour l'éternité...
(1) le pin de Bristlecore, au sud-ouest des États-Unis, aurait une longévité de 5062 ans.
(2) En Californie, l'arbre le plus haut du monde est un séquoia qui mesure plus de 115 mètres et est appelé hypérion.
(3) Au Mexique, le cyprès du marais mexicain possède une circonférence de 42 mètres, soit l'équivalent de 20 personnes se touchant bras tendus.
(4) les 3 grâces sont trois statues enlacées qui représentent les filles de Zeus, déesses qui traduisent la séduction, la beauté, la nature, la créativité et la fécondité.
S'ENRACINER DANS LA GRATITUDE
Mes deux pieds nus ballotés par les vagues de la méditerranée, assis sur un tronc d'arbre échoué sur la côte, je lis sous le soleil émergeant du matin, Christian Bobin

" Campé comme un idiot sous le vieux cerisier, regardant la pluie suspendue des fleurs en extase, admirant leur tête hilare de sacrifiées, je reçois une leçon de courage" ( extrait de La grande vie)
Le temps des horloges s'est arrêté. Je goûte la saveur des mots vivants de Christian Bobin, je laisse mes pieds se laisser doucement âper dans le ressac de l'eau. Le bruit des vagues qui viennent et repartent, et la côte de sable qui s'allonge à l'horizon vers le golfe du Lion. Tout est là. Rien à dire. Je suis présent dans l'émerveillement de l'instant.
S'enraciner dans la gratitude est l'expression de Joanna Macy, écophilosophe et militante américaine pour nommer la première étape de la spirale du travail qui relie. Rappelons que cette spirale comporte 4 étapes (1) et se veut un support pédagogique pour s'approprier le processus dans le cadre d'un atelier de formation nommé le travail qui relie. C'est une démarche expérientielle du vécu pour apprendre à mieux se relier à Mère Nature et à la terre. Les mots ont tout leur sens : s'enraciner puis gratitude.
S'enraciner comme un arbre qui déploie ses racines dans le sol dans la dimension horizontale et verticale. C'est l'incarnation de la force de la stabilité tranquille. C'est aussi aller puiser par ses racines l'eau qui remontera par le tronc et les branches jusqu'aux feuilles. Ainsi, quand je m'enracine, je cherche à (re)prendre conscience de mes racines, valeurs racines, celles qui me font tenir debout par tous les temps et m'aident à puiser l'eau pour alimenter ma vie.
Gratitude, c'est le sentiment vif d'émerveillement, de la reconnaissance et de l'appréciation de la vie selon la définition du psychologue américain Robert Emmons, auteur d'un petit bijou ou ouvrage dont le titre est : "Merci". Un constat de chercheurs : les personnes qui ressentent des niveaux élevés de gratitude seraient plus enclins à être heureuses et satisfaites de leur vie. Ainsi, pratiquer quotidiennement un journal de gratitude en notant les 3 à 5 événements de notre journée qui nous ont donné de la satisfaction, du plaisir est une belle manière de cultiver cet art de la gratitude. Le mot en deux syllabes Merci recèle un pouvoir magique. Un simple merci reçu ( boulanger, commerçant, collègue, ami,....) provoque un état intérieur d'ouverture, éventuellement un sourire...de remerciement. Le visage a changé, il a vu une bougie l'éclairer. Quand au donneur, si vous l'êtes, vous avez déjà noté comme le simple mot Merci vous relie autrement à l'autre , receveur. Être dans la gratitude, c'est cultiver chaque jour le Merci à la vie. Pierre Pradervand, sage suisse retiré dans les hauteurs alpines, a écrit dans cette veine, un texte beau et simple , l'art de bénir.(2)
Et si maintenant, nous relions s'enraciner et gratitude. Qu'évoque ce curieux alliage pour vous ? Pour ma part, je le symbolise par une croix. L'axe vertical m'ancre dans mes racines profondes. L'homme, dans sa maturité , évolue avec , en général, des racines certes vieillies mais plus stabilisées. L'axe horizontal offre l'ouverture au monde, aux autres et à la nature. Oui, j'ouvre les bras pour accueillir la Nature dans toutes ses formes et sa biodiversité.
Les poètes, comme Christian Bobin, nous invitent à ce mouvement qui nous fait contempler un beau coucher de soleil rougeoyant, élargir le regard devant le bleu infini de la mer ou encore nous arrêter devant un arbre millénaire qui nous parle avec son tronc et ses milliers de feuilles.
Dans un monde troublé et en transition, s'ancrer dans la gratitude est de prime abord à contre-courant des râleurs et revendicateurs de toute sorte. En effet, pour retrouver notre lien vivant et authentique avec la Nature, est-il important de retrouver notre regard de jeune enfant, celui qui dit à sa Maman à côté de laquelle il regarde la mer :" Attend, Maman, je n'ai pas tout vu."
(1) les autres étapes de la spirale du travail qui relie sont : honorer notre souffrance, porter un nouveau regard et aller de l'avant.
(2) site vivreautrement.org
Etes vous en transition ?
Le mot transition a le vent en poupe dans une société mondiale secouée par le réchauffement climatique et par une montée médiatique de la problématique à l'image de la montée de thermomètre caniculaire cet été. Le mot transition est inscrit dans le nom d'un Ministère : Ministère de la transition écologique et solidaire. L'objectif de transition écologique et de réduction des dépendances aux ressources fossiles est inscrit dans le programme de nombreux pays en Europe. Enfin, sous l'impulsion de l'anglais Rob Hopkins,

enseignant en permaculture, avec son manuel de transition, actuellement plus de 2000 initiatives sont recensées dans le monde et plus de 50 pays dont une cinquantaine en France ( Francetransition.fr) . Ces villes dont la démarche est souvent initiée par un groupe de citoyens se déclarent "villes en transition" pour signifier leur engagement dans un programme concret de réduction des gaspillages, des déchets et avec comme point d'appui la préparation collective à changer de comportements dans un monde où les ressources seront plus réduites. La démarche proposée par Rob Hopkins et expérimentée dans la petite ville de Totnes au sud de l'Angleterre vise à créer un réel tissu solidaire de citoyens engagés sans attendre la bénédiction du politique. Et vous, dans ce vaste concert à l'échelle de la planète TERRE, êtes vous aussi en transition ?
Pour vous permettre de vous positionner authentiquement face à cette question à enjeu, je vais oser vous proposer quelques repères soumis bien sûr à votre discernement car je reconnais volontiers qu'aucune autorité scientifique ne les a valider.
1) Repère en termes de sens. La transition signifie le passage d'un état à un autre état. Cela peut renvoyer à l'appropriation progressive d'écogestes comme la réduction de ses déchets domestiques, de son gaspillage alimentaire, ou encore d'une vigilance pour limiter les déplacements coûteux en carbone en privilégiant (quand cela est possible) les transports en commun ou encore la marche ou le vélo, ou encore la trottinette urbaine. C'est un choix volontaire qui n'attend pas la prescription autoritaire.
2) Repère dans sa dimension solidarité. Il ne vous a pas échappé que la transition n'est pas l'affaire de Robinson sur son île déserte mais bien celle de citoyens qui cherchent à se relier ensemble en partageant une philosophie, des valeurs communes pour préserver notre planète TERRE. C'est aussi une solidarité orientée pour les futures générations à qui nous "léguerons" la TERRE avec son état de santé.
3) Repère en lien avec l'écopsychologie. L'écopsychologie peut être considérée comme une approche pluridisciplinaire qui explore les interrelations entre la nature et la psyché humaine dans ses dimensions conscientes et inconscientes.
Robert Greenway, un des pionniers américains de ce courant, affirme une conviction forte : " Sans intimité avec la nature , l'homme devient malade". Ainsi, pour celles et ceux qui vivent ( comme moi d'ailleurs) au cœur de cités urbaines, souvent très bétonnées, les cures de nature, de forêt deviennent des éléments de vitalité importants. L'homme, la femme en transition cherche à retrouver un nouvel équilibre entre la tendance "connexion internet " de notre monde moderne et le lien avec la vraie nature, celle des forêts, des champs, de la montagne, de la mer... Avez vous déjà eu l'occasion de marcher pieds nus dans une forêt ? Toucher et humer l'écorce d'un arbre, d'un pin ? Observer un lever de soleil à l'horizon ? Ou tout simplement, pratiquer un shirin yoku ou bain de forêt avec vos sens qui a le grand mérite ( prouvé scientifiquement) de réduire notre hormone du stress, le cortisol. Ces moments "d'intimité" et de lien direct à la nature qui passent par l'ouverture des sens, l'émotionnel, le laisser faire sont des espaces temps de ressourcement.
Alors, être en transition vous attire-il ? vous fait-il peur ? Etre en transition, c'est croire dans un changement possible au delà des conditionnements de notre monde moderne englué dans une économie de la croissance au service du profit, et dans un déni de réalité d'une planète en souffrance. Un changement vers un mieux vivre collectif...dont nous ne mesurons pas vraiment aujourd’hui ce qu'il pourra être demain.