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Le blog de Michel BERNARD
Articles récents

Face aux trois IN ( INertie, INcohérence et IMpuissance), un réflexe d’Espérance lucide

3 Décembre 2023 , Rédigé par Michel BERNARD

Dans le contexte de la COP 28 (1) à Dubaï, nourri de beaucoup de scepticisme sur la capacité des Etats membres à prendre des engagements et surtout à les tenir pour sauvegarder la viabilité de la planète pour les générations futures d’une part et d’autre part une contre COP à Bordeaux initiée par Scientifiques en rébellion (2), une tendance sourde dans la société civile semble se dessiner. «  Ah quoi bon ces COP pour lesquelles les engagements pris ne sont pas respectés car non contraignants, à l’exemple de la COP 21 à Paris en 2015 à l’issue de laquelle les Etats s’étaient engagés à réduire leurs émissions des gaz à effet de serre pour maintenir le réchauffement climatique sous le plafond des 2 degré maximum à l’horizon 2100. Or le GIEC (3) semble situer aujourd’hui un scénario moyen autour de 4 degrés en 2100 !

Ce scepticisme montant, cette désespérance face à l’enlisement des décideurs politiques et économiques incapables de réduire drastiquement de manière collective leurs émissions de gaz à effet de serre et de préparer un autre mode de vie compatible avec les ressources de la Terre pour les futures générations, je le résume de manière simplifiée en trois IN :

In…comme inertie. Sans aller loin, rappelons que l’Etat français a été condamné par le tribunal administratif de Paris (puis par le conseil d’Etat) en octobre 2021 pour inaction climatique. Autrement dit pour le non-respect des objectifs relatifs à la stratégie nationale bas carbone. Concrètement un dépassement de 62 millions de tonnes d’équivalent de CO2 entre 2015 et 2018. Plus globalement, sans être un observateur avisé, l’écart entre les messages médiatiques engagés vertueux des gouvernements dont la France ne sont pas suivis d’effet sur le terrain. Le modèle de consommation, de croissance « infinie » n’est pas remis en cause alors que les shifters (4) et d’autres groupes et ONG démontrent la nécessité de revoir de manière radicale notre modèle économique pour avancer vers une sobriété adaptée à la réalité de nos ressources naturelles limitées par nature.

In…comme incohérence. C’est la mise en place médiatisée en septembre 2023 d’une planification de la transition écologique annoncée par la 1ère ministre …que chacun pourra au moins saluer comme la première véritable planification de mesures à l’horizon 2050 pour une France décarbonée. Et c’est dans le même temps, la confirmation par l’Etat de l’autorisation de la construction de l’autoraute A69 entre Toulouse et Castres. Or de nombreuses ONG, associations locales ont dénoncé très vite le « saccage » de zones de biodiversité qui vont être artificialisées avec des arbres abattus en nombre.., de pollution plus forte sur un territoire rural… pour une réduction dérisoire du temps de déplacement d’environ 20 minutes ! La multinationale des laboratoires Fabre implantée à Castres n’est pas étrangère à cette décision contestée actuellement devant les tribunaux par plusieurs associations locales. A noter que 61% des locaux, suite à un sondage IFOP, ont indiqué leur opposition à ce projet d’un autre temps…

IM…comme impuissance. Malgré l’alerte répétitive, à  l’occasion de la publication de ses rapports annuels, des experts du GIEC de tous les continents, les pressions des ONG comme Greenpeace ou Oxfam ( parties civiles pour la condamnation de l’Etat pour inaction climatique en 2021), le nombre de plus de plus de citoyens jeunes et séniors engagés pour changer le « mode de logiciel » de notre société productiviste, croissanciste, consumériste et …ce sentiment diffus que le « paquebot du drame écologique » risque de devenir demain le Titanic avec des millions de morts en perspective…Un sentiment d’impuissance face aux décideurs politiques conditionnés, faibles sous l’emprise des lobbies économiques locaux, nationaux et mondiaux.

Comment sortir de cette vision qui peut nous entrainer comme la grenouille trempée progressivement dans un bain de plus en plus chaud et qui se laisser mourir ? Une piste parmi d’autres, et si nous reprenions la main avec un réflexe en trois mouvements :

1er mouvement : accueillir, oui accueillir cette réalité avec toute son absurdité, inertie, incohérence, sentiment d’impuissance qui peut conduire aussi à l’écoanxiété, à une tristesse profonde ou encore à une colère montante envers les « coupables ». Accueillir, c’est renoncer à juger, à condamner. Ce qui nous enfermerait encore plus dans un jeu stérile de juge, au nom de qui ? Accueillir n’est pas cautionner cette réalité malade, avec des préjudices pour des Etats très touchés et les plus pauvres. Accueillir, c’est ouvrir les yeux grands de manière lucide et rester observateur curieux pour chercher à comprendre avant tout. Car cette réalité est multiforme, complexe et peut révéler le meilleur à côté du pire.

2ème mouvement : composter nos émotions difficiles, comme le suggère l’écothéologien suisse inspiré, Michel Maxime Egger, auteur en 2023 de "Reliance, manuel de transition intérieure" . Composter, autrement dit , chercher à transformer notre « mal-aise », nos sentiments difficiles comme la tristesse, la colère, l’indignation en énergie positive. Comment ? Prenons la colère, la colère contre ces décideurs qui font la com, le greenwashing, sans se mettre à l’ouvrage, et restent responsables de cette inertie. Après ce cri du cœur, ce cri seul avec soi de tout ce qu’on aurait envie de leur dire face à face, cet exutoire, respirer, souffler et se poser la seule question : « Comment je pourrais utiliser cette énergie de colère pour faire un petit pas vers un mieux pour moi et pour les autres ? » Petit pas d’un écogeste, de rejoindre une association locale, de partager une réflexion ouverte avec d’autres, de participer à une fresque du climat…etc…

3ème mouvement : se relier au vivant à l’intérieur de soi et autour de soi. Ce mouvement est essentiel pour sortir du risque du cercle d’enfermement dans la critique, l’impuissance, ou encore « l’aquabonisme ». Nous avons la chance, encore la chance de vivre sur la planète Terre qui témoigne tous les jours, tous les matins avec le lever du soleil, et tous les soirs avec son coucher de sa beauté naturelle. Beauté des fleurs comme a su nous le redire notre académicien d’origine chinoise, François Cheng . Beauté des paysages, des arbres déjà chantés par Victor Hugo dans son poème de dialogue « Aux arbres », beauté dans la simplicité de lentilles d’eau comme le murmure notre poète de la nature, Christian Bobin dans l’Homme Joie. Se relier à ce vivant, c’est aussi passer du temps avec ce vivant comme je le pratique en guide de bain de forêt. Rester en contact avec un arbre sans mot, juste respirer son écorce, observer, écouter les oiseaux alentour, être là sans plus. Et le miracle peut s’opérer : si je recontacte ce vivant comme le sont les arbres, êtres vivants, je peux aussi désensabler mon être conditionné dans le monde minéral et numérique pour retrouver « le vivant » au fond de mon âme.

Ces trois mouvements, comme des mouvements de musique, restent une simple invitation à expérimenter à votre manière, dans des moments de recul, de distanciation, pour se retrouver. Quel enjeu pour demain ?

Retrouver ensemble une nouvelle voie, comme nous y invite le sociologue centenaire Edgar Morin. Une nouvelle voie qui sort des sentiers battus de la surconsommation pour ouvrir à une réconciliation profonde de l’homme avec son environnement et les autres êtres vivants non humains. L’homme Nature. L’homo naturus.

  1. C’est la 28ème Conférence des Parties initiée depuis 1995 à l’initiative de l’ONU dans la suite du sommet de la Terre à Rio au Brésil en 1995. Elle réunit chaque année les Etats signataires d’une convention cadre et des acteurs de la société civile, ONG, collectivités territoriales, et entreprises…
  2. Organisation internationale de scientifiques engagés dans une sensibilisation aux conséquences du réchauffement climatique et qui font le choix d’une désobéissance civile non violente.
  3. Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat crée en 1988 sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Il regroupe 195 Etats.
  4. Site The Shifters, www.theshifters.org, association influenceuse de près de 20 000 membres qui œuvre pour la décarbonation de l’économie française et qui a notamment édité le PTEF = le Plan de Transformation de l’Economie Francaise, disponible en librairie.
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UN DONUT A PARTAGER AVEC GENEROSITE

22 Octobre 2023 , Rédigé par Michel BERNARD

Imaginez un bon donut au chocolat dans la devanture d'un boulanger, un donut qui vous donne vraiment envie de le manger immédiatement. Vous le savourez déjà des yeux.

Et bien, je vous invite à patienter un moment avant de le déguster... pour le considérer  d'abord comme un objet symbolique tel que l'économiste anglaise Kate Raworth l'a vulgarisé dans son ouvrage de référence mondiale traduit en français en 2018 (1) .

Avançons tranquillement de l'intérieur vers l'extérieur  du donut .

- le trou central vide blanc représente toutes les personnes  dans le monde qui n'ont pas accès au  minimum pour assurer leurs besoins vitaux : santé, nourriture, éducation...

- le  cercle vert foncé à l'intérieur symbole les 12 planchers liés à 12 besoins à ne pas dépasser pour tenir une justice sociale acceptable entre les plus riches et les plus pauvres

 - le cercle vert foncé extérieur symbolise les 9 limites planétaires ou plafonds écologiques que notre planète ne doit pas dépasser pour ne pas mettre en péril la vie sur terre. Or quatre de ces limites sont déjà dans le rouge avec un risque élevé. cf schéma ci-dessous.

La métaphore du donut est judicieuse pour attirer notre attention sur le cercle vert clair entre les deux cercles verts foncés. En effet, c'est dans ce cercle  qu'une économie circulaire, redistributive, régénérative et inclusive peut réellement concilier la prise en considération des 12 planchers des besoins humains fondamentaux avec les 9 limites planétaires à ne pas dépasser. Le défi est majeur et mondial.

Kate Raworth, dans une conférence TED (2) menée tambour battant avec énergie et enthousiasme, en 15 minutes chrono, dans un monde de 700 millions d'hommes , de femmes et d'enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté dont environ 10 millions en France ( source Oxfam), , nous interpelle  : " C'est quand des limites sont posées que nous pouvons devenir créatifs "car les personnes les plus ingénieuses ont fait de leurs limites la source de leur créativité comme Mozart sur son piano à 5 octaves ou encore Jimmy Hendrix avec sa guitare à 6 cordes."

Et un autre anglais, Rob Hopkins, pionnier des villes en transition nous exhorte à mettre notre imagination au pouvoir pour inventer demain.

Et si nous prenions le temps de regarder notre donut avant de le savourer en nous posant cette seule question :

" Comment contribuer chacun et ensemble

à accroitre la couronne vert clair du DONUT  ?"

 

(1) La théorie du donut : l'économie de demain en 7 principes, Plon,

(2) https://www.ted.com/talks/kate_raworth_a_healthy_economy_should_be_designed_to_thrive_not_grow?language=fr

 

 

 

 

 

 

 

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LES 4 QUESTIONS DE l'ICI ET MAINTENANT OU LE QIM

1 Octobre 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #psychologie positive

Vous arrive t'il de vous poser parfois la question : "Tiens, j'ai du temps de disponible avant cette réunion,  avant de prendre le train, ou encore dans cette salle d'attente dont la durée d'attente est incertaine...qu'est ce que je peux  faire  de ce temps pour ne pas le laisser mourir ?" Et bien, si cette question vous retient, bonne nouvelle, c'est que vous ne vivez pas la course contre la montre d'enchainer activité sur activité, syndrome très moderne dans une société d'infobésité...

Avec un peu d'humour, je vous propose  le choix de 4 questions possibles dans ces moments, ces interstices de temps où notre esprit n'est pas happé par une tâche, une préoccupation, un problème obsessionnel et manifeste un désir de discernement.

Question 1 : qu'est ce qui est opportun maintenant ?

Ex : je suis dans une salle d'attente d'un professionnel de santé et je sais que cela peut durer une demi heure ou plus. Quelle opportunité ? Et bien, si je prenais le temps de me détendre, d'éviter le "dégainage réflexe" de mon smartphone, pour observer le lieu, les sièges, l'atmosphère...être présent à cet espace et à moi-même. C'est un bel exercice de présence à soi ici et maintenant sans chercher plus.

Question 2 : quel est le cadeau de ce moment ?

Ex : Mon train a 45 minutes de retard. Je peux pester contre la SNCF " encore un retard et je vais rentrer chez moi encore bien tard...". Et bien , c'est quoi le cadeau ?...après un pas de côté, et si je prenais le temps de sortir de cette grande gare et de me retrouver dans un petit bar de proximité de type zen qui me repose l'esprit. Go, c'est parti. Et effectivement, j'ai savouré un lieu paisible accueilli par le sourire du gérant et qui m' a fait échapper pendant une demi-heure à cette agitation de foule pressée et stressée...Cadeau !

Question 3 : qu'est ce qui pourrait me faire du bien maintenant ?

je viens de terminer une visio en coaching d'une demi heure qui m'a demandé beaucoup d'attention, de centration sur mon client. J'ai vraiment envie de décompresser et de sortir le nez de l'ordinateur. Qu'est ce qui pourrait me faire du bien maintenant ? Oui, marcher, sortir du bâtiment, et goûter du regard les arbres qui se colorent de parure d'automne...Waouh ! Belle rupture que je savoure, la tête "débranchée" et le corps en mouvement.

Question 4 : quel petit pas pour avancer vers ce projet ?

Je prépare un nouvel atelier sur le thème de la confiance. J'ai recueilli beaucoup de documentation autour du sujet ,même sans doute trop. Je suis un peu saturé de ce "trop plein". Question : quel petit pas pour avancer tranquillement car l'atelier est prévu dans un mois ? Et si je fabriquais une première carte heuristique pour faire émerger les questions qui me semblent essentielles à traiter avec les participants. Après avoir réalisé l'esquisse de cette première carte , j'y vois plus clair et je pointe l'importance de partir d'une définition qui me servira de fil conducteur.

Bien sûr, le premier acte de discernement est de choisir la question parmi ces quatre. Laisser faire votre petite voie, votre intuition qui vous guidera , avec un peu de pratique, vers la question qui vous  convient. Une variante : si l'attente dure plus longtemps que prévue dans la salle d'attente ( premier exemple cité), rien ne vous empêche de passer à une autre question comme "qu'est ce qui pourrait me faire du bien maintenant ?".

Vous pourriez probablement rajouter ou personnaliser ce carré de quate questions avec une cinquième question.

Suggestion : et si vous la partagiez en commentaire sous cet article ?

 

 

 

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Gran Turismo ou les stades de l'autonomie d'un adolescent

20 Août 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #films, #psychologie positive

Il s’appelle Jann Mardenborough et vit reclus dans sa chambre avec un volant de voiture de course entre les mains. Adolescent de 19 ans complétement addictif à la simulation de pilotage de voiture de courses, il fait l’inquiétude de son père qui craint pour son avenir scolaire et professionnel : « Mais qu’est ce que je vais bien pouvoir faire de lui ? C’est pas avec ces jeux vidéo qu’il va gagner sa vie ». Tout semble mal parti pour Jann et pourtant…

Inspirée d’une histoire vraie, grâce à un concours international sur simulateur Gran Turismo ( le must en la matière) pour sélectionner les meilleurs gamers de ce jeu de simulation Gran Turismo, Jann réussit l’exploit d’être retenu pour la Grande Bretagne et intègre le team Nissan avec une dizaine de candidats sélectionnés dans divers pays. L’enjeu pour ces dix champions en « salle » est de devenir le meilleur après un stage d’entrainement hyper exigeant sur voiture de course. En effet, le meilleur des 10 sera retenu pour participer aux compétitions sur les plus grands circuits du monde avec Nissan. Je vous laisse le plaisir de découvrir ce film intense en rythme, en émotions fortes , celui de la course automobile avec sa passion, ses risques et ses coups bas et en densité psychologique des personnages autour de Jann, notamment son père, le référent de Nissan incarné par le bel acteur Orlando Bloom et son coach entraineur direct, un homme qui s’est retiré de la course automobile 25 ans plus tôt pour des raisons que le film dévoilera.

Je vous propose une lecture non conventionnelle à partir des stades de l’autonomie que l’analyste transactionnelle américaine Katherine Symor a conceptualisé et qui est devenue aujourd’hui une référence dans la description de l’évolution de l’être humain vers l’autonomie, autrement dit la capacité à décider de manière lucide et d’assumer sa vie en totale responsabilité. En effet, le film inspiré Gran Turismo offre une belle illustration de cette évolution de Jann  d’adolescent addictif et reclus vers un adulte qui assume ses choix et ses risques.

1er stade : la dépendance.

Elle se joue à deux niveaux. Jann est complément addictif au jeu de simulation quitte à vivre en « marginal » à côté de sa famille ( scène du repas familial où il est encore scotché sur son smartphone) même s’il rêve un jour de devenir un pilote de course. Son père, en protecteur, cherche à le dissuader : « Ce n’est pas notre monde… le monde des courses automobiles. »

Et quand il intègre le team Nissan, certes, il a franchi une étape vers son rêve mais il reste complétement dépendant de l’enseignement du coach, Jack Salter qui mène à bout tous les candidats pour vérifier leur capacité  physique et psychologique à endurer toutes les péripéties d’une vraie compétition avec constamment un risque mortel qui n’est plus virtuel !

2ème stade : la contre-dépendance.

Là aussi, elle va se jouer avec deux personnages centraux autour de Jann : son père et le coach de l’équipe Nissan. Scène d’affrontement avec son père quand il lui dit de manière affirmée : « J’ai toujours voulu devenir pilote de course. Je vais le faire…. que tu crois en moi ou pas ». 

Avec le coach du team Nissan, Jack, c’est aussi une première réaction impulsive sur un diagnostic de sortie de route à l’entrainement quand il conteste ouvertement l’avis du coach.

C’est une étape nécessaire pour sortir de la dépendance et commencer, même de manière maladroite, à affirmer ses convictions et sa vision et sortir ainsi du monde de l’adolescence.

3ème stade : l’indépendance

Jann a été finalement retenu pour participer aux grandes compétitions et sûr de lui, il va chercher à montrer qu’il peut se débrouiller seul sans l’avis technique de Jack.

Dans cette période, un accident tragique en pleine vitesse arrête la trajectoire vers son rêve.

4ème stade : l’inter-dépendance :

C’est l’étape de maturité de l’adulte qui sait qu’il ne peut pas compter uniquement sur ses propres forces et talents et qu’il a besoin d’alliés pour avancer dans sa vie et son projet de vie. Elle passe aussi par la permission donnée par l’adulte de référence, Jack dans une relation confiante. Vers la fin du film, dans le contexte d’un duel acharné pour tenter de remonter vers les premières places du classement, Jack, complétement confiant dans la « nouvelle maturité » de Jann après sa reprise suite à son accident grave, lui lance au micro en liaison directe avec le pilote : «  Suis ta trajectoire ! »…autrement dit, maintenant , c’est à toi de prendre les décisions seul pour gagner.

Si nous transférons ce questionnement à notre propre cheminement personnel et/ou professionnel, voici quelques questions qui pourraient nourrir notre réflexion :

  • Par rapport à qui, j’ai été conduit à prendre mon indépendance ?
  • Dans quelle phase, je me considère aujourd’hui sur un plan social et professionnel si c’est le cas ?
  • Quel chemin d’autonomie avec quel(s) allié(s) autour de moi et quelle(s) permission me donner ?

En effet, la racine grecque du mot autonomie est aussi éclairante. Autos signifie qui vient de soi, et nomos, les règles établies par la société, les lois. Devenir autonome, c’est aussi « faire sa propre loi » autrement dit, apprendre à s’autoriser à … .dans une lucidité des conséquences de ses comportements et décisions.

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CULTIVER LA CONFIANCE DANS UN MONDE INCERTAIN

24 Juillet 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #psychologie positive

Hausse des températures qui atteignent des niveaux vertigineux, méga feux, montée médiatique significative des questions climatiques, de sobriété et de transition. Ce contexte est souvent ressenti comme anxiogène et provoque même parfois un nouveau syndrone dénommé éco anxiété qui touche particulièrement les jeunes. Dans ce monde post covid ouvert à toutes les incertitudes d'avenir, la question de la confiance sociale, la confiance entre citoyens et représentants élus, entre citoyens et Etat est bien posée. Sans parler des réseaux sociaux et de leur tissu de fake news ou fausses informations en prolifération libre. A qui se fier ? A qui faire confiance ? Et en tant que coach, je constate que la confiance s'invite bien souvent dans la problématique de mes clients, cadres d'Etat.

J'ai été mis au placard, comment faire confiance au système  !...je me sens victime de management toxique avec une responsable directrice qui me dévalue en permanence et me critique ouvertement devant mes collègues...je n'ai jamais vraiment eu confiance en moi, je me sens fragile et j'ai besoin de trouver cette sécurité intérieure. Oui, la confiance est un vrai sujet qui mérite bien à lui tout seul un article sur ce blog.

Pour rester dans le réalisme d'un article court  visant à offrir un questionnement au lecteur et non des dogmes tout faits, genre les dix manières de faire confiance, je vous propose de partager quelques repères  relatifs à la relation de confiance entre un manager et un collaborateur.

Qu'est ce qui fonde cette relation de confiance ?

Certaines personnes intuitives pourraient rétorquer que la confiance ne se décrète pas mais se vit dans des actes du quotidien de soutien, d'entraide et que vouloir mettre un cadre serait artificiel.

Pour ma part , en référence à mon expérience de manager et de coach, je constate que mes erreurs de manager m'ont souvent coûté des pertes de confiance et qu'elles m'éclairent aujourd’hui sur quelques fondamentaux par forcément enseignés dans les beaux instituts de management.

J'ai simplifié et symbolisé cette relation par un triangle avec trois côtés qui scellent la relation de confiance, la relation d'alliance inspirés en particulier du coaching, de l'analyse transactionnelle et de la psychologie positive. Le triangle des trois C ! Regardons avant tout comment un manager peut instaurer une relation de confiance de manière explicite.

Côté 1 : C comme..Connaitre le mode de fonctionnement de son collaborateur.

C'est l'instauration d'une proximité relationnelle et la connaissance minimaliste du manager,dans le respect de la vie privée de son collaborateur. Quelques questions parmi d'autres qui pourraient donner une connaissance plus approfondie que le seul cv :

Quels sont les ressorts de sa motivation intrinsèque ? Ce qui lui procure directement du plaisir dans l'activité en soi ? Dans quelles activités en particulier ? Quel est son projet professionnel à 5 ans ? Quels sont ses besoins prioritaires actuellement dans le service ?

Côté 2 : C comme... considération et croyances positives pour son collaborateur.

Cela se vérifie quand le manager porte un regard plein de respect et de considération sur son collaborateur, le communique en temps opportun sous forme de feed backs à partir de l'observation d'un travail qualitatif concret.

Il est à même de citer ses principales qualités techniques et ses qualités comportementales même si elles peuvent être perfectibles.

Côté 3 : C comme ... contrat de coopération.

Je constate souvent une culture très oraliste dans ce que chacun attend de l'autre et la fiche de poste généraliste ne règle pas toutes les questions, de délégation, de périmètre d'initiatives, de zone d'alerte sur des problématiques spécifiques...ni ne précise le style de management engagé.

Je recommande, même si cela peut vous apparaitre excessif et formaliste, la mise en forme d'un contrat écrit de coopération entre manager et collaborateur. Certes, il va reprendre l'essentiel des missions "fléchées" en référence à la fiche de poste. Ceci étant,  un contrat à taille raisonnable sur une page, voire deux pourrait répondre au moins aux questions suivantes avec un engagement mutuel de chacun :

- Quelles sont les demandes du manager ? Quel style de management ?

- Quel type de soutien demande le collaborateur ?

- Quelle délégation  entre manager et collaborateur ?

- Quel périmètre d'initiative et d'autonomie du collaborateur ?

- Quel mode de régulation en cas de tension forte ex : réunion de médiation avec le N+1

Certes ce contrat éthique ne garantit pas les dérapages d'attitude de méfiance du manager envers le collaborateur et vice versa.

 Cependant, il contribue à poser de manière explicite un cadre de protection et de permission pour l'agent concerné qui perçoit alors clairement son périmètre d'autonomie et d'initiative. A l'image du contrat coach-client, il précise les engagements de chacun :

ex : le manager s'engage à un soutien de son collaborateur à l'écoute de ses demandes concrètes et un soutien accompagnement pour son projet d'évolution professionnelle et le collaborateur s'engage à respecter les délais de traitement des dossiers sauf cas de force majeur.

Une question qui peut aider un manager à repérer plus finement les conditions de la confiance : en pensant à un collaborateur avec qui vous ressentez vraiment une confiance forte, qu'est ce qui  vous semble les ingrédients de cette confiance ?

Prenez quelques minutes avec vous-même pour réfléchir.

Pour ma part, je vous livre ce que mon expérience de manager m'a laissé entrevoir sans être parole d'Evangile :

- le respect des engagements pris par le collaborateur

- une communication transparente allant  à l'essentiel ( pas de rétention d'information, ni de verbiage inutile)

- un soutien immédiat pour trouver des solutions à un problème rencontré

- des émotions positives partagées , par exemple à l'issue de la réussite d'un projet, célébrer dans une joie commune....

- et une intuition intime que je peux vraiment lui faire confiance, même s'il/elle peut commettre erreur ou maladresse...ce qui est aussi le cas du manager !

La confiance donnée reste bien sûr un pari sur l'avenir et se consolide au fil des événements vécus, des projets conduits ensemble dans la difficulté et la réussite. L'exemple du coach entraineur d'un sportif de haut niveau illustre ce niveau de complicité qui conduit l'athlète au dépassement de soi et même à l'exploit.

En référence à l'analyse transactionnelle qui se fonde sur le constat de  trois états du moi (1): Parent, Adulte , Enfant, il apparait clairement qu'une relation saine de confiance entre un manager et un collaborateur s'inscrit de manière dominante dans une relation adulte-adulte dans une recherche de prise de recul , d'informations objectives et de limitation de jugements polluants. Au contraire , des managers "imbibés" d'une posture parent normatif risquent d'enfermer leurs collaborateurs dans le seul respect de la norme, de la règle, des délais sans prendre en considération le facteur humain, le lien.  Quant aux managers à dominante parent nourricier, certes ils sauront naturellement protéger et soutenir leurs collaborateurs face à l'adversité mais à trop "couver", ils peuvent limiter  leur sortie de leur zone de confort pour explorer plus large et se donner l'opportunité de révéler leur potentiel. De manière nuancée, la posture adulte du manager peut se marier ponctuellement, en fonction des circonstances, d'une position parent normatif , ne serait ce que pour rappeler les termes du contrat de coopération si besoin et du parent nourricier, par exemple avec un collaborateur nouveau qui a besoin de temps pour s'intégrer et trouver une sécurité psychologique.

Enfin, la relation de confiance se vit aussi dans ce regard  qui dit à l'autre sans mots :  " Je compte sur toi, je te fais confiance". Ainsi, la confiance peut aussi se décliner en trois dimensions : un cadre qui la pose, une communication du quotidien qui tisse et consolide  cette relation et une posture du corps et du regard qui dit sans mots ce lien solide comme la corde qui relie deux alpinistes en ascension.

(1) cf Eric Berne (1910-1970) médecin psychiatre américain fondateur de l'analyse transactionnelle. Chaque état du moi est un ensemble cohérent de pensées, d'émotions, de sensations auxquels correspondent des comportements associés observables. En résumé, l'état Parent renvoie aux figures parentales et à l'appris. L'état  Adulte renvoie aux comportements, pensées et sentiments en réaction directe avec l'ici et maintenant de manière réfléchie. L'état Enfant renvoie à des comportements, pensées et sentiments reproduits de l'enfance, essentiellement portés par le ressenti.

 

 

 

 

 

 

 

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PARTIR SANS FAIRE DES MILLIERS DE KILOMETRES

27 Juin 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #psychologie positive

" J'ai vérifié mes calculs. Pour limiter l'empreinte carbone de manière significative avec l'avion, cela signifie que chaque français limite ses déplacements à un maximum de 4 à 5 trajets en avion dans sa vie" (1) Cette affirmation sans appel tenue et confirmée récemment dans une matinale d'une radio est celle de Jean-Marc Jancovici, ingénieur des mines de formation, président du shift project (2), membre du Haut Conseil pour le Climat, et devenu avec la montée médiatique du thème " dérèglement climatique et Cie " un des grands leaders d'opinion en France. Affirmation radicale surtout pour les jeunes qui ont souvent le "démon légitime" de découvrir le monde à travers le voyage, les stages ou encore les réseaux sociaux.

Et si , malgré toute la dimension "liberticide" que vous pouvez ressentir à l'écho de cette conviction ferme, vous tentiez le pari de voyager sans faire des milliers de kilomètres en avion , de renoncer à ces vacances périodiques en Grèce, en Turquie, en Thaïlande,  dans le nid douillet d'une petite île de la méditerranée...

 

Avec un peu de légèreté, je me permets de vous proposer un premier inventaire à la Prévert de 7 manières de voyager en limitant notre empreinte carbone si néfaste à notre planète Terre :

1 Je prends le train régional de ma région pour visiter un site que je ne connais pas encore ou superficiellement (3)

2 Je choisis de rester en France et de prendre la voiture pour aller me poser dans un bel endroit où je la laisse pour faire de la marche, du vélo ou toute autre activité non polluante.

3 Je choisis un voyage  sur place ( sans drogue) avec des stimulants bons pour la santé : un roman qui m'emmène dans un périple à travers le monde et divers pays , une autre culture, un magazine de voyage ou encore un ouvrage culturel qui m'emmène hors de mon territoire habituel.

4 Je choisis de voyager en revisitant des lieux que j'ai collectionné sur des photos, des films et qui me convoquent à de beaux souvenirs d'amitié, en famille, dans des groupes, des associations...

5 J'ose me lancer dans l'écriture d'un voyage où je suis le principal acteur. Je peux faire appel à des souvenirs personnels, imaginer des fictions, me laisser nourrir par des auteurs.

6 Voyager dans un environnement naturel comme une forêt que je redécouvre avec un guide de bain de forêt qui m'aidera à revivifier mes six sens , la vue, l'audition, le toucher, l'odorat, le goût ou encore l'imagination. Rappelons notre riche patrimoine forestier qui couvre environ 30 % de notre territoire en France.

7 Et si le premier voyage était d'abord un voyage intérieur, à l'intérieur de soi, pour revisiter son âme, ses aspirations profondes sans refaire le monde. Un moyen à la portée de tous ? Tenir un cahier ou un carnet de bord personnel comme un capitaine de navire. Noter des vécus, des inspirations, des désirs d'exploration de champs nouveaux et aussi les belles choses, ou comme j'aime à le partager  en formation ou en coaching, les étoiles de jour, petits événements du quotidien qui nous invitent à la gratitude.

" Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence,

ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages mais d'avoir d'autres yeux."

Marcel Proust.

Il est peut être encore temps de changer notre regard sur le sens du voyage en le dépolluant de significations consuméristes pour s'aventurer dans son cœur.

Changer de regard sur soi, sur les autres, sur les autres peuples et civilisations. En route...

 

(1) un aller-retour Paris-New-York en avion est équivalent à  environ 2 tonnes de gaz carbonique ( CO2) , soit l'objectif plafond de l'émission de gaz à effet de serre d'un français fixé par l’État pour 2050 !

(2) site du shift project

(3) à titre d'exemple, la Région Occitanie a mis en place en 2023 tous les premiers week-ends de chaque mois  le billet à 1 euro pour tout déplacement au sein de la Région avec un train régional.

 

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DES RITUELS POUR REDONNER SENS A NOS JOURNEES

21 Mai 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #psychologie positive

Le mot rituel pourrait aujourd'hui paraitre ringard. Il pourrait évoquer en référence aux religions la pratique de rites anciens depuis le fond des âges comme par exemple les rites funéraires de l’Égypte antique. Or, au contraire, dans une époque dite souvent incertaine dans le devenir de l'humanité des terriens, des tensions montantes ici et là, le rite semble reprendre une nouvelle jeunesse.

Des sociologues comme Olivier Galland avaient déploré qu'avec l'abrogation du service national, le rite de passage de la vie d'adolescent à la vie d'adulte manque symboliquement de repères. Ne disait-on pas de manière familière " Tu verras, après ton service, tu seras un homme !" Revenons à la valeur d'un rituel.

Un rituel est un moment ou une manière de signifier quelque chose qui a du sens pour soi ou encore pour une communauté. En matière sportive, le salut du professeur de judo avec ses éléves, le REI au début et à la fin d'un entrainement  rappelle le code éthique et de respect sur le tatami et symbolise même la paix et la dignité. Concernant les rituels que je préconise en tant que coach auprès des managers que j'accompagne, je souligne l'importance pour chacun de trouver une manière de répondre à la question :

Comment je me mets en forme le matin avant d'aller sur mon lieu de travail ?

 

En effet, le risque est de plus en plus constaté de managers vivant des journées à flux tendu sans prendre de moment de ressourcement comme s'ils étaient en devoir d'être sur la brèche en permanence. Or, sans être spécialiste du cerveau et des neurosciences, chacun mesure qu'un cerveau branché en permanence sans véritable pause mentale cours le risque de saturation, de manque de discernement ou encore de fatigue, de coup de pompe, sinon à terme de stress chronique pouvant conduire au burn out.

Et pour réduire ce risque, la réponse à la question posée est importante . En effet, choisir une manière de se mettre en forme le matin peut constituer un rituel d'éveil progressif sans brutaliser ni l'esprit, ni le corps. Ainsi, celles et ceux qui ont pris conscience de cette nécessité vitale ont choisi par exemple une marche consciente, un temps de pratique psycho-corporelle comme le yoga ou le tai chi ,un temps de passage dans un espace de nature, l'écoute d'un morceau de musique relaxant,  ou encore un temps de méditation... Et ils constatent  combien ce rituel qui a pris place et s'enracine durablement dans leur vie a le mérite de poser leur journée, et de l'envisager avec d'autres ressources.

Sur un plan collectif, il serait intéressant de construire des rituels sur les lieux de travail pour créer plus de communion..au delà du café partagé du matin. Dans les assemblées délibératives comme les conseils municipaux, l'assemblée nationale,  une minute de silence avant le démarrage des travaux de la journée pourrait certainement contribuer à un climat plus inspiré, moins réactif , moins violent. Enfin, un rituel collectif n'a pas besoin d'être long pour être signifiant. Un simple exemple, en tant que guide de bain de forêt, la tradition pour clôturer un bain avec le groupe de participants en cercle est la suivante : nous nous frottons les mains l'une contre l'autre comme pour les chauffer puis, dans un même mouvement, nous effectuons une claque. Là, ce mouvement est une manière ludique de terminer ensemble avec le sens de l'harmonie.

Enfin, le rituel peut ainsi cumuler  plusieurs vertus sans coût spécifique : structurer notre temps dès le matin, nous ressourcer, et nous relier aux autres. Ainsi, les méditants peuvent se sentir reliés les uns aux autres dans une grande chaine mondiale même si elle est d'une grande discrétion...

 

 

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JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES

2 Avril 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #films

 

 

L'affiche de "Je Verrai toujours vos visages" de Jeanne Herry (2023). (STUDIOCANAL)

C'est le titre du dernier film sorti  en mars 2023 de Jeanne HERRY.Encadrés et préparés par des médiateurs bénévoles, des victimes vont en prison rencontrer sur plusieurs séances des détenus, condamnés pour des faits comparables ( attention ce ne sont  pas les auteurs des faits concernant les victimes), . La parole comme lien, comme pansement, comme moyen aussi de prise de conscience. C'est fragile, incertain, mais c'est un moyen d'aller plus loin que la sanction et la réparation matérielle qu'offre la justice au moment du procès. La justice restaurative existe en France depuis 2014.

Le film suit l'un de ces ateliers : trois victimes, trois détenus et plusieurs bénévoles de la justice restaurative et en parallèle l'histoire d'une jeune femme qui veut rencontrer son frère avec en elle à la fois la peur de ses retrouvailles et le désir profond de comprendre le "pourquoi" de ce frère qui l'a violée plus jeune et qui vient de purger sa peine. Le sujet est passionnant avec le brio de la jeune réalisatrice Jeanne Herry qui donne d'ailleurs un rôle de victime à sa propre mère, Miou-Miou. Tout le cœur du film repose sur ce cercle de parole dans une salle de la prison : mélange subtil de détenus, de bénévoles de la justice restaurative et de victimes. Ce film qui n'est ni un documentaire, ni un film caricatural offre des dialogues saisissants dans ce cercle de parole. Ainsi quand Issa, un détenu pour vol dans un magasin, n'est pas présent à une séance, il est vivement interpellé à la suivante par une victime. Il cherche à justifier son absence avec un grand sourire et un grand mensonge qui ne passe pas. "Comment, tu n'es pas venu, nous on t'attendait, on est venu et on tient notre engagement même si c'est pas facile". Et là, nous touchons sans doute une des clés de la force de la justice restaurative : le contrat. Contrat des bénévoles qui s'engagent sans retour, certes avec une solide formation et supervision comme en témoigne le film mais sans garantie de réussite auprès des victimes. Contrat des victimes qui espèrent trouver des réponses dans la parole des détenus. Et les détenus qui , en acceptant cette confrontation, dévoilent aussi au-delà du masque, leurs peurs, leur fragilité, leur ambiguïté...

Enfin, ce film révèle une belle dimension pédagogique sur l'art d'écouter, l'art de ne pas chercher de solution là il n'y en a pas, l'art pour ces bénévoles de préserver une double confiance, celle des victimes et celle des détenus.

"On ne parle pas à leur place, on suggère, on écoute, on  accueille inconditionnellement", c'est ce que martèle le superviseur devant les médiateurs bénévoles en formation. La formule va à l'essentiel.

Inspirant pour tous les professionnels de l'écoute, du psychologue, au médecin, à l'assistante sociale jusqu'au coach.

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JOUER POUR SAUVER LA PLANETE

5 Mars 2023 , Rédigé par Michel BERNARD Publié dans #psychologie positive

Deux équipes sont en compétition sur trois semaines. L'équipe que j'anime se nomme Cyril DION et celle de ma collègue de travail, Vandana SHIVA (1). C'est parti  avec ses 4 coéquipiers pour une grande première dans l'administration publique dans laquelle je travaille. Enjeu : pas de gain à la clé, pas de médaille, pas de cocorico. Alors qu'est ce qui a motivé ces 10 joueurs pris  de bout en bout par cette compétition  "hors norme"?

 

Tout simplement, le désir de marquer des points pour son équipe. Comment ? En réalisant des défis chaque jour proposés par une association nationale dénommée "Ma petite planète" (1). 2 points pour celui ou celle qui se déplace en vélo de son domicile à son lieu de travail. Trois points pour un nettoyage d'un espace vert. Ainsi ma collègue très engagée avec ses enfants a choisi un Dimanche pour ramasser les déchets sur une plage très fréquentée du littoral au sud de Montpellier. Pour ma part, un soir, en " riposte bienveillante", j'ai pris un sac poubelle et je me suis vu ramasser les déchets en tout genre sur un parc urbain dans lequel je pratique de préférence le footing et le bain de forêt. Chaque jour, et chaque heure, chacun peut lire sur l'application MPP comme Ma Petite Planète l'évolution de son équipe. Et le gong final , après trois semaines de défis en tout genre et à visée de réduction de notre empreinte carbone, a sonné. Plus de 14 000 joueurs en France. Énorme ! Moi même, j'ai été très surpris de constater l'engouement contagieux de mes voisins et voisines de bureau. Un autre lien entre nous s'est établi comme une équipe sportive, nous avons joué solidarité pour nous stimuler chaque jour.

Incroyable comment un Jeu à échelle nationale piloté par une start up associative née en 2020 et déjà forte de 30 salariés a pu nous mettre en orbite positif pour remplir des défis quotidiens sans injonction, sans pression, sans culpabilité ... et je pourrais rajouter avec plaisir.

Redescendons sur Terre et rappelons nous le Défi national, mondial de réduire l'empreinte carbone de chaque citoyen à 2 tonnes par habitant pour 2050...sachant que la moyenne actuelle pour un français est d'environ 10 tonnes. Défi hyper exigeant compte tenu de notre progression lente. Pourtant, si nous nous prenions au JEU, au JEU en collectif. Jouer avec d'autres , jouer pour un enjeu qui nous dépasse. En effet, la planète TERRE en serait la première bénéficiaire.

Et si nous arrêtions nos jeux "primaires" de roulette russe , jeux d'opposition entre clans politiques qui n'ont ni queue ,ni tête et qui occupent simplement l'audience des médias et du cirque politico-médiatique. Oui , stopper ces jeux stériles pour enfin jouer au seul JEU à impact pour les génération de demain : LE GRAND JEU DU SAUVETAGE DE LA PLANETE TERRE.

Alors, on commence quand ?

 

 

(1) écoféministe indienne , prix Nobel alternatif en 1993

(2) https://mapetiteplanete.org

 

 

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De l'homo numéricus à l'homo animus , un enjeu d'avenir.

19 Février 2023 , Rédigé par Michel BERNARD

HOMO NUMERICUS. Nous serions, selon l'économiste Daniel COHEN dans cette ère où  nos sociétés et nos journées sont biberonnées au numérique depuis notre "tendre enfance". Quelques chiffres cités dans son ouvrage "Homo numéricus, la civilisation qui vient" donnent déjà le vertige. Dès 2  ans, les enfants passent presque 3 heures devant leur écrans. Entre 8 à 12 ans, le temps passé avec tablettes et portables monte à 4 heures et 45 minutes en moyenne par jour. Et les adolescents passeraient 40 % de leur vie (hors sommeil) devant un écran ! Conséquence déjà pointé par les professionnels de santé : un risque d'addiction très jeune aux "compagnons numériques", une réduction  de la durée d'attention...entretenue par le "scroll", ce déroulement  sans fin d'écrans sur smartphone. Et que dire des réseaux sociaux qui entretiennent des "soi disants" amis aux quatre coins de la planète sans se connaitre ou sous forme de pseudo.

Certes, ne jetons par le bébé avec l'eau du bain. La période de confinement en 2020 a démontré comment le lien par visio, les connexions de communauté sur le net ont contribué à préserver du lien social au delà des contraintes de séparation et de sédentarité. Le télétravail a été boosté et a aussi permis  à des millions de salariés de mieux équilibrer vie professionnelle et vie personnelle ou familiale.

Cependant, j'observe, y compris pour celui qui écrit cet article sur un blog, que les écrans sont devenus très omnipotents dans le monde du travail . A tel point  qu’une panne d'électricité d'une journée dans l'établissement où j'étais manager a amené des salariés à me demander de partir plus tôt car ne pouvant tout simplement par utiliser leur ordinateur et surtout démunis devant cette situation.

De mon point de vue, nous courrons le risque de ne plus pouvoir penser, écrire, rêver, organiser une réflexion sans l'outil numérique...Une exception rencontrée : l'écrivain Christian Bobin qui me confiait écrire tous ses textes à la main et refuser d'utiliser l'ordinateur. Ainsi, je lui avais écrit une lettre par voie postale, ce qui fut un acte presque original.

A travers la formation de guide de bain de forêts que j'ai suivie en 2022, j'ai retrouvé une chose un peu oubliée comme dirait le Petit Prince de Saint Exupéry. Cette chose, toute simple, c'est notre sensorialité directe, primaire sans intermédiaire.

Toucher l'écorce d'un arbre, sentir ses aspérités, simplement. Humer le goût de brûlis de l'écorce d'un pin parasol. Et devant une lagune d'eau salée, s'arrêter, contempler le scintillement du soleil sur l'eau comme des milliers d'étoiles qui s'allument et s'éteignent. S'asseoir sous un arbre, le respirer, et marcher tranquillement sur des feuilles mortes à l'automne et retrouver un rythme lent. Finalement, retrouver notre HOMO ANIMUS, notre homme intérieur qui est d'abord en contact avec son environnement humain, social, nature avec ses sens, le toucher, la vue, l'odorat, le goût ou encore son instinct primaire.

L'âme humaine a besoin de silence, de recueillement, de se laisser saisir aussi par la beauté de lieux, d'êtres vivants. L'académicien d'origine chinoise, l'écrivain et poète François Cheng, interrogé dans la Grande Librairie, émission littéraire a exprimé ses mots "magiques" sur un ton d'une très grande douceur : " Laisser moi vous dire ce qu'est la beauté...La beauté, ce n'est pas un simple ornement. La beauté est un signe par lequel la création nous dit que la vie a du sens. Avec la présence de la beauté, tout d'un coup, on a compris que l'univers vivant n'est pas une énorme entité neutre et indifférenciée, qu'il est mû par une intentionnalité....Or la présence de la beauté est partout.  Une simple fleur est un miracle. Pourquoi une  fleur  qui s'épanouit en pétales  atteint ce degré de perfection de forme, de parfum et de couleurs ?". Retour sur terre, sur sa beauté hors écran !

Alors, question d'avenir : comment vivre demain dans cette bulle numérique de plus en plus envahissante et préserver notre âme pour goûter les choses de l'intérieur, sans recours à des algorithmes, des faux amis sur les réseaux sociaux, ou encore se laisser happer par du scrolling compulsif ?

Quelques pistes à explorer et qu'il serait bon de mettre  à portée des plus jeunes . Apprendre par les sens, recentrer chaque jour  notre vue, nos yeux sur du beau, des paysages, des êtres humains, des êtres vivants non humains comme les arbres. Retrouver le toucher que notre société hygiéniste de protection a limité de manière drastique depuis le confinement, le toucher par des gestes simples, d'accueil, de soutien...Et puis prendre le temps de s'accorder des vrais temps de silence quotidiens déconnectés de tout sans chercher une tâche, sans objectif. Ou encore oser intégrer dans son travail s'il est très numérisé, des moments sans écran, avec une simple feuille de papier, pour noter, rédiger une esquisse de projet en carte heuristique ou mind map...Non pas un retour à l'homme de Cromagnon. Surtout, une préservation de l'âme dans toute sa capacité à sentir, se relier et s'éprouver sans nécessairement de matériel et d'objet . Difficile ? Les poètes nous montrent le chemin car ils ont souvent préservé des temps quotidiens d'observation, de contemplation de la vie sans chercher immédiatement à résoudre, à analyser, à disséquer le réel tel qu'il se présente.

Bref, réveillons avec bienveillance et douceur notre HOMO ANIMUS

qui sommeille en chacun de nous !

 

 

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