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Le blog de Michel BERNARD
Articles récents

Le petit train jaune des pyrénées ou un autre monde est possible.

21 Septembre 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

Le petit train jaune des Pyrénées

ou un autre monde est possible (1)

 

Ayant emprunté cet été ce petit train à Montlouis, village pyrénéen oriental, nous descendons le long de la montagne, en passant un viaduc en direction de Villefranche de Conflent. C’est un train à vocation touristique auquel sont très attachés les pyrénéens. Il est de couleur jaune. Et nous nous retrouvons dans un petit compartiment à l’ancienne avec la possibilité de baisser avec une manivelle la vitre. L’allure reste modeste avec une moyenne de 30 km/h  et avec le passage de 19 tunnels. A mi-parcours, le train s’immobilise soudain. Le jeune conducteur descend sur le quai et nous descendons aussi. Il explique calmement que c’est une barrière qui ne s’est pas fermée automatiquement qui bloque le train. Tous les autres passagers descendent aussi sous un beau soleil. Pas de panique, pas d’excitation, pas de crispation, pas de tension ! Les visages se sourient et nous échangeons tranquillement avec le conducteur sur la beauté de ce petit train jaune et son histoire. Après près d'une demi-heure d'attente, le petit train redémarre avec tout ce petit monde dans la bonne humeur.

Imaginer la même situation sur une ligne TGV classique : personne ne descend, sécurité oblige, les professionnels commencent à s’impatienter avec la crainte de ne pas arriver à l’heure à leurs rendez-vous. Les râleurs râlent une nouvelle fois contre décidément la SNCF qui n’assure pas son service correctement. Et l’ambiance tourne au vinaigre au fil du temps d’attente indéterminé.

Or, qu’est ce qui fait finalement la différence entre le petit train jaune

et le TGV arrêté et surtout la différence de comportements humains ?

Réponse pour ma part : le rapport au temps. Dans notre petit train, nous n’avions aucun impératif d’arriver à une heure précise. Nous avons pris le temps de goûter le paysage fabuleux de la montagne pyrénéenne avec ses villages traversés au nom pittoresque comme Olette Canaveilles les Bains. Personne n’avait la pression y compris le conducteur. Par contraste, je mesure combien notre société reste sous pression, sous le conditionnement du chronomètre et déjà chacun cherche à anticiper ce qui est à prévoir à l’arrivée du train. A bord du petit train jaune, une seule préoccupation : profiter avec les yeux de ce qui s’offre dans l’instant et accueillir les surprises y compris les arrêts inopinés. Nous sommes ainsi passés du temps chronos, celui des horloges qui égrènent le temps…au temps kairos. C’est celui de l’ouverture à l’opportunité du moment. Savoir saisir ce qui se vit maintenant sans spéculation sur le futur. Nous n’avions aucune idée du temps d’arrêt du petit train mais nous étions dans la confiance. Quelle leçon en tirer ? Peut-être, prendre le temps chaque jour de stopper la « machine à décompter le temps » pour savourer avec soi-même, ses sens ce qui se joue devant soi. En l’occurrence, créer un lien inattendu de proximité bienveillante avec un conducteur de train.

Et si nous reprenions le pouvoir sur nos rythmes quotidiens souvent malmenés pour introduire

des temps d’arrêt, des temps de pause ?

"Dès que le temps de travail quotidien atteint six heures, le salarié bénéficie d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes consécutives". (Article L3121-16 du Code du travail ).

Dans son milieu de travail, s’interroger sur la réalité de sa pause : effective ou pas ? manière de faire : pause cigarette, pause toilette, pause machine à cafés, pause nature, pause copains, pause blablabla ou encore pause silence, etc...est un premier pas pour trouver une manière à soi de faire rupture avec le conditionnement chronos. Ce mouvement est souvent qualité de slow comme ralentir. Un petit exercice intéressant est votre manière de franchir une porte . La passer vite, en la claquant ou au contraire comme le suggère un praticien de la méthode Vittoz (2), avec toute la conscience attachée au geste y compris en sentant le courant d’air crée. Oui, il s’agit bien de conscience de l’acte de ralentir pour se faire du bien.

Le petit train arrive à son terminus. Pas de bousculade. Nous traversons même les voies à pied sans sous terrain. Un autre monde est possible.

 

  1. Allusion au titre du livre écrit par le collapsologue, Pablo Servigne avec Gauthier Chapelle et Raphael Stevens : « Une autre fin du monde est possible »

 

  1. Méthode de rééducation psychosensorielle du cerveau innovante au début du XXème siècle et mise au point par un médecin suisse, le docteur Vittoz.
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L'EAU, ce bien commun le plus précieux

16 Août 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

L’EAU , ce bien commun le plus précieux

Savez vous quel est le liquide le plus vendu en France ? 

C’est une eau minérale. L’eau de marque Cristalline est vendue à plus de 200 millions de bouteilles par an. En ces temps de canicule généralisés sur une grande partie de la France avec une montée de mercure autour des 40 degrés, nous redécouvrons la saveur d’une eau rafraichissante durant nos repas, au cours de nos journées, en allant dans les piscines ou encore dans les lacs et à la mer. Cette eau, dans un réchauffement climatique  créateur de journées caniculaires et de nuis tropicales de plus en plus longues, s’avère de plus en plus un bien commun très précieux pour ne pas dire vital.

Or, il est contrastant de voir des bouteilles d’eau encore largement abandonnées sur les stades d’athlétisme, sur les aires d’autoroute, dans les parcs publics, etc…et de constater que des baignoires sont encore vendues même si leur taux de remplissage équivaut à 200 litres à chaque fois pour environ 120 litres pour une douche. Le gaspillage d’eau banalisé sans parler des fuites sur les réseaux publics gérés par les collectivités territoriales : un litre sur 5 en moyenne !

L’été dernier, faute de nappe phréatique suffisamment régénérée, des villages dans le Gard ont été ravitaillés par camion-citerne. Et ayons aussi un regard de compassion pour tous les terriens vivant dans des zones de plus en plus arides comme la Somalie (1) en Afrique ou les gazaouis sur ce qui reste de la bande de Gaza (2)..

Un rapport récent du haut-commissariat à la Stratégie et au Plan tire la sonnette d’alarme pour tous avec un titre prospectif : L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages (3). Je vous invite à écouter l’émission sur France info (4) avec la contribution de Simon Ferrière, chef de projet pour ce rapport et dont les réponses pédagogiques et précises témoignent de l’acuité et de l’urgence de la gestion de la ressource eau.

Quelques constats de base évoqués :

  • Le réchauffement climatique va contribuer, dans les années à venir, à accélérer la pression sur la ressource eau avec davantage d’évaporation et de réduction des nappes phréatiques.
  • Dans un scénario présenté dans le rapport, sans changement de nos usages actuels de l’eau, 88 % du territoire national sera soumis à une tension forte sur la ressource en eau en précisant que les régions du sud-est et du sud-ouest seront particulièrement impactées.
  • Cette tension ne concernera pas uniquement les périodes estivales mais également les périodes hivernales…

Une première conclusion semble s’imposer : Si nous ne bougeons pas collectivement, Etat, collectivités territoriales, entreprises, exploitations agricoles et citoyens, les conflits d’usage de l’eau vont aller crescendo. Faut-il vraiment déployer et privatiser des méga bassines pour quelques exploitations agricoles au détriment d’autres usages ? Les piscines individuelles auront t’elles encore une légitimité face à une pénurie d’eau ? L’agriculture intensive grande consommatrice d’eau pourra-t-elle encore se justifier face à une agriculture biologique plus adaptée à une gestion de l’eau avec les écosystèmes ( cf témoignage d’un maire d’une commune de l’Aude et agriculteur). La fabrication de produits commerciaux grands consommateurs d’eau ( viande, smartphones…) compatible avec une gestion sobre de la ressource eau  à l’horizon 2050 ?

Et poussons le cursus sur une question de société qui pourrait se poser dans un avenir proche : sobriété recommandée ou sobriété imposée ? Exemple de mode de sobriété imposée par la puissance publique : un compteur d’eau avec alerte pour signifier à un consommateur entreprise, exploitation agricole, particulier que son crédit d’eau journalier, hebdomadaire, mensuel a été atteint ? Certes, cette vision de sobriété imposée pourrait être vécue comme une restriction de nos libertés. Ceci étant, compte tenu que la pression sur la ressource eau ne fera que s’accélérer avec le réchauffement climatique, quelle autre alternative ?

Un Etat régulateur et protecteur qui impose des normes strictes et contrôlables auprès des gros consommateurs d’eau, entreprises et grandes exploitations agricoles et collectivités territoriales qui serait un vrai signal pour encourager les citoyens à faire leur part. Et en s’appuyant sur les expériences territoriales vertueuses comme celle évoquée par le maire d’une commune de l’Aude et contribuer à essaimer ces bonnes pratiques. L’enjeu est bien systémique.

 Depuis 2023, la France s’est dotée d’un plan EAU (5) dont une rubrique intitulée « organiser la SOBRIETE des usages de l’eau pour tous les acteurs » comprenant 13 mesures avec un objectif affiché de réduire de 10% l’eau prélevée d’ici 2030. Mesure 5 : « Pour l’État : une démarche État exemplaire de sobriété et de lutte contre le gaspillage sera engagée au sein des administrations publiques.» . Un bilan est prévu en octobre 2025. A suivre de près !

(1) La Somalie a toujours été un pays au climat désertique. Mais la sécheresse subie depuis maintenant plus de 2 ans et demi se situe en dehors de toutes les statistiques connues. Il s’agit de la sécheresse la plus longue et la plus grave de son histoire, après cinq mauvaises saisons des pluies consécutives, qui ont dévasté le pays. Prés de 8 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, ont besoin d’une aide et d’une protection immédiates.

(2)  Sur la bande de Gaza, avec un taux de fuite élevé dans les réseaux de distribution d’eau de plus de 70 % associé à des dommages importants au cours des 15 mois d’escalade des hostilités, comparé à un taux de perte de 50 % avant octobre 2023, les agences humanitaires ont progressivement augmenté la distribution d’eau par le biais de camion-citerne depuis le début du cessez-le-feu.

(3)https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/leau-en-2050-graves-tensions-sur-les-ecosystemes-et-les-usages

(4) émission France info juin 2025 : « Climat, La France va-t-elle manquer d’eau ? »

https://www.youtube.com/watch?v=F9qt2OOZhxo

(5) accès plan EAU de la France sur le site du Ministère de la transition écologique

https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/plan-daction-gestion-resiliente-concertee-leau

 

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Loi Duplomb, une étincelle citoyenne met le feu

31 Juillet 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

Loi Duplomb, une étincelle citoyenne met le feu.

Qui aurait pu imaginer que la simple pétition déposée le 10 juillet 2025 sur le site de l’assemblée nationale contestant le « bien-fondé » de la loi Duplomb et formulée par une étudiante de 23 ans, Eléonore en Master Qualité, Sécurité, Environnement et Responsabilité Sociétale des entreprises et souhaitant la discrétion, récolte  fin juillet plus de 2 millions de signatures ?

Extrait de la pétition :

«  La loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire. Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire et le bon sens. Cette loi est un acte dangereux. Pour les travailleurs, les habitants, les écosystèmes, les services écosystémiques, et pour l’humanité toute entière. Elle fragilise les réseaux trophiques et compromet la stabilité de notre environnement-dont nous dépendons intégralement. Nous sommes ce que nous mangeons, et vous voulez nous faire manger quoi ? Du poison. »

Cet article vise essentiellement à contribuer à un questionnement collectif citoyen sur le fonctionnement de nos institutions et notamment du parlement dont le vote est remis en cause par plus de 2 millions de français à ce jour.

  1. Rappel du déroulement du processus d’adoption par le parlement :

La proposition de loi Duplomb, dans son titre, vise « à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » en particulier avec la levée d’interdiction d’un pesticide dénommé acétamipride de la famille des néonicotinoïdes, la simplification des procédures pour installer des méga bassines et un allègement d’autorisation pour les élevages intensifs. Les lobbies qui revendiquent cette levée d’interdiction de l’acétamipride sont essentiellement les gros producteurs de betteraves et les exploitants de noisettes estimant subir une concurrence déloyale des autres agriculteurs des pays de l’union européenne. Le projet de loi du nom du sénateur Laurent Duplomb porteur du texte a suivi une procédure « particulière » au sein du parlement.

Cette proposition a été adoptée en première lecture au sénat le 27 janvier 2025. Avant son examen par l’Assemblée nationale et compte tenu d’un nombre d’amendements importants de l’opposition et pour éviter « cette obstruction parlementaire », les députés partisans de la proposition de loi ont déposé une motion de rejet préalable, « astuce législative » pour éviter un débat en séance plénière à l’assemblée nationale et qui va accélérer le processus par un travail de conciliation par une commission mixte paritaire. Ainsi, en commission mixte, 7 députés et 7 sénateurs dont Laurent Duplomb ont proposé un texte final sans pouvoir l’amender sans l’accord du gouvernement. Cette proposition a été adoptée le 2 juillet par le Sénat puis le 8 juillet par l’assemblée nationale par 316 voix pour, 223 contre et 25 abstentions.

Conclusion : il n’y a pas eu de débat de fond à l’assemblée nationale  sur cette proposition de loi engageant la santé publique et la préservation de l’environnement pour l’avenir.

 

  1. Les nombreuses alertes des scientifiques et des professionnels de santé

En amont du vote par l’assemblée nationale, la contestation a été largement partagée sur le territoire national par les associations environnementales, les associations concernant la santé ou encore les collectifs de scientifiques.

Un exemple emblématique parmi d’autres, la tribune cosignée par 22 sociétés savantes médicales, 15 associations de patients et fondations caritatives et 7 institutions scientifiques dans Le Monde du 25 juin 2025 met en garde sur les effets sur la santé :Extraits : « En effet, loin de répondre à son objectif louable, la levée des contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur, l’adoption de ce texte marquerait un recul majeur pour la santé publique. Il aggraverait l'exposition de l’ensemble de la population, et en premier lieu des agriculteurs, aux pesticides. » ; « Les expertises collectives de l'INSERM de 2013 et 2021, fondées sur une analyse exhaustive de la littérature scientifique, établissent une forte présomption de lien entre l'exposition à ces substances et de nombreux cancers : prostate, leucémies, myélomes, lymphomes, cancers pédiatriques. S’y ajoutent des maladies neuro-dégénératives, comme la maladie de Parkinson, des affections pulmonaires comme la bronchopneumopathie chronique obstructive et des troubles neuro-développementaux chez les enfants. »

Concernant les associations liées à la santé, Fleur Breteau, cinquantenaire souffrant du cancer pour la deuxième fois, a créé le collectif « Cancer colère » et mobilise de plus en plus de citoyens et de femmes autour du lien potentiel entre pesticides et cancer. Elle plaide pour l’abrogation totale de la loi Duplomb et une agriculture respectueuse de la santé et de l’environnement. (2)

Conclusion : comment interpréter qu’une majorité de députés et de sénateurs n’ont pas pris en considération ces alertes scientifiques et médicales multiples et sourcées ?

Comment interpréter le fait que des parlementaires ne tiennent pas compte des risques sanitaires avérés pour privilégier certains types d’exploitation agricole ?

Déficit de discernement ? Logique « docile » de respect d’une consigne de vote liée à un parti politique ? Croyance naïve de défendre le monde agricole ?

 

  1. Les soutiens du monde agricole contre la loi Duplomb

En référence à une page dédiée du Midi Libre ( 29 juillet 2025), il s’avère que plusieurs groupements agricoles se sont prononcés ouvertement contre cette loi !!!

Exemple : la confédération paysanne de l’Hérault avec sa porte-parole : « C’est un package de reculs qui va enterrer l’agriculture et mettre en danger la population. C’est une loi pour l’industrie qui facilite les grands élevages et les méga bassines, c’est un recul sur le bio et l’écologie. »

Conclusion : à part la FNSEA qui semble à priori avoir largement contribué à l’écriture de ce texte, le monde agricole ne le soutient pas et la question du revenu agricole minimum n’y est pas traité. En simplifiant, la loi ne règle en rien la précarité du monde agricole et va à l’encontre des petites exploitations respectueuses de l’environnement, de la terre et cherchant à valoriser une production saine, bio pour les consommateurs.

 

  1. Que peut-il se passer après la pétition Eléonore contre la loi Duplomb ?

Plusieurs députés et sénateurs ont saisi le conseil constitutionnel en juillet et celui-ci doit rendre sa décision le 7 août.

Compte tenu que la pétition a recueilli plus de 500 000 signatures, la loi peut faire l’objet d’un débat en séance publique qui pourrait avoir lieu en septembre. Ceci étant, la pétition n’a aucune valeur juridique pour remettre en cause le vote de la loi…qui peut être promulguée par le président de la république.

 

  1. Quelques pistes pour favoriser un discernement collectif pour la santé de tous et donner toute sa place à la démocratie participative citoyenne

En citoyen solidaire de la pétition et attentif à la santé de tous et des futures générations dont mes petites enfants, je me permets de formuler quelques pistes qui mériteraient d’être approfondies en collectif :

  • Créer un comité consultatif « santé » indépendant du pouvoir exécutif à l’image du haut conseil pour le climat. Il sera consulté de manière obligatoire avant tout examen de projet ou proposition de loi pour donner un avis scientifique et médical sur l’impact des mesures envisagées.

 

  • Revoir le fonctionnement du parlement et notamment de l’assemblée nationale en termes de processus de vote ( éviter le recours à la motion de rejet, etc…) et instituer une formation obligatoire initiale pour les futurs députés autour d’un tronc commun : connaissance des fondamentaux autour du réchauffement climatique, de la transition écologique, de la santé humaine et environnementale, et d’un module spécifique lié à l’intelligence collective qui « semble » avoir fait défaut…

 

  • Faciliter et valoriser les processus d’intelligence collective et de démocratie participative à l’échelle nationale et territoriale en leur donnant des garanties de prise en considération. Tirer les leçons de la convention citoyenne pour le climat de 2020 dont très peu de propositions argumentées et crédibles ont été finalement retenues.

 

Enfin,  l’interview de Marc André Selosse (3), professeur de biologie et botanique reconnu pour ses ouvrages de vulgarisation et actuellement responsable d’une équipe de recherche au muséum d’histoire naturelle de Paris, propose une argumentation point par point démontrant l’aberration de la loi Duplomb. Face à la pollution des institutions par les lobbies du profit, il affirme en particulier avec force de conviction  l’importance de «  remettre la science au milieu du village », entendre au milieu de nos institutions « dégradées ». 

L’étincelle de la pétition Eléonore a provoqué un véritable réveil citoyen lucide vis à vis du vote d’un parlement sensé représenté l’intérêt général et celui de notre santé en particulier. Ce sursaut citoyen appuyé par un engagement fort des collectifs scientifiques me semble porter l’espérance d’un mouvement plus profond pour avancer, au-delà des obstacles repérés, vers une société habitable, plus désirable et respectueuse de la terre dans une alliance saine entre  citoyens consommateurs et agriculteurs producteurs.

 

  1. Lien pour signer la pétition https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014
  2. Pour aller plus loin sur les arguments de fond relatifs à la santé, voir sur blast, média indépendant l’interview de Fleur Breteau et Pierre Sujobert, l’initiateur coordonnateur de la tribune du 25 juin dans Le Monde https://www.youtube.com/watch?v=7WrEsJenLJ0
  3. Interview de Marc-André Selosse sur le média en ligne greenletter club https://youtu.be/N6Ckw4pTXaY?si=LPLC7PcbHFXYDCOG
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Le chemin de Stevenson, un voyage vers l'essentiel.

9 Juin 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

« Je ne voyage pas pour aller quelque part mais pour voyager, je voyage pour le plaisir du voyage, l’essentiel est de bouger, d’éprouver d’un peu plus près les nécessités et les aléas de la vie… » Robert Louis Stevenson

Je viens de parcourir une bonne moitié du chemin de Stevenson (1) avec mon fils et avec la grâce d’une météo ensoleillée et d’un ciel souvent bleu. Ce qui n’est pas le lot de tous les randonneurs qui peuvent faire face couramment à des averses, du froid en altitude ou encore des coups de vent comme au sommet du mont Lozère. Je désire simplement vous partager cinq pépites sur les traces de l’écrivain écossais, Robert Louis Stevenson.

Première pépite : l’immersion sensorielle verte. Pendant une semaine, nous avons traversé des forêts de chênes, de

châtaigniers, de pins, de hêtres, de peupliers de frênes et quelques villages isolés. Souvent, nous avions une vue panoramique constituée uniquement de collines vertes agrémentées de dentelle de genêt jaune sans l’ombre d’une moindre habitation et encore moins de béton. Et ce vert nature apaise immédiatement le mental avec une immersion de tous les sens : la vue de panoramas larges et doux en Lozère, l’ouïe avec l’écoute des oiseaux, au matin après la rosée, le senti des odeurs de sous-bois, des résines de pins et le goût…avec la fameuse confiture de châtaigne ! J’ai aussi pratiqué un exercice proposé par Lisa Garnier, (2) écologue et naturaliste : « Retenir dans sa mémoire chaque jour trois choses positives vues dans la nature ». Une manière de bonifier le soir cette immersion en revisitant le chemin menant au mont Lozère, dôme arrondi tout dégarni avec un âne au col Finiels ; la plongée sur le village du Pont de Montvert niché à son pied, ou encore la rivière rafraichissante en bas du gîte les copains à bord…

Deuxième pépite : le goûter et le ressenti dans l’instant. Dans l’inspiration du père fondateur des Jésuites, Saint Ignace de Loyola, j’ai pratiqué sa conviction profonde : «  Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme mais de sentir et de goûter intérieurement les choses ». Ce « goûter » se vit vraiment dans le pas à pas du marcheur chaque jour parti sur une distance d’environ 20 kilomètres. Point de recherche de performance. Traverser à gué une rivière, observer la beauté du viaduc de Mirandole tout en courbe, être accueilli par des hôtes chaleureux au gîte…Et aussi, déposer son sac à dos d’environ 10 kilos le soir, c’est goûter un bon soulagement du dos et des épaules. Cette expérience se vit avec la suppression de nos compagnons numériques : ordinateur, tablette ou smartphone. Ce dernier était activé  uniquement à l’arrivé à l’étape essentiellement pour tenir au courant nos proches sans plus…

Troisième pépite : un sens, une direction tous les jours ! Avec un itinéraire repéré en avance et les réservations en gîte d’étape confirmées, chaque jour, nous savions clairement d’où nous partions et où nous devions arriver à l’issue de l’étape. Ainsi, marcher sur un itinéraire balisé avec soin en blanc et rouge ( GR 70), offrait chaque jour une direction , un cap à suivre. Inutile de chercher un Sens à nos vies durant cette semaine : il s’imposait de lui-même. Avoir ce cap journalier était très stimulant et évitait de gamberger, le cerveau envahi d’idées foisonnantes. La marche apaise et donne cette direction, colonne vertébrale du marcheur.

Quatrième pépite : l’inattendu des rencontres authentiques. Environ 18 000 personnes fréquentent chaque année le chemin de Stevenson avec une fréquentation toujours en hausse. Un couple écossais, Jimmy toujours un sourire aux lèvres et Joyce, la traductrice car professeur de français, marchaient côte à côte avec un rythme très régulier pour des personnes de plus de 70 ans. Deux copines très vivantes, Nadine et Babette qui, après le repas collectif dans notre gîte, nous ont proposé de découvrir le jeu du Punto, facile à emporter car pas plus gros qu’un jeu de cartes. Sandra partie seule et déterminée pour terminer en fin de semaine car elle reprenait son travail dès le lundi. Christophe, originaire de la région parisienne, marcheur infatigable ayant réalisé une étape de plus de 30 kilomètres, en surpression dans son travail professionnel et à la recherche d’un « second souffle » sur le chemin de Stevenson…Ian et Mike deux anglais découvreurs du chemin et bien d’autres…Un point commun à tous : nous marchons d’une étape à une autre sur le même chemin. L’étiquette professionnelle, sociale n’a plus de raison d’être. En particulier, le soir, au repas collectif au gîte d’étape, j’ai le souvenir d’échange même profond tout en restant simple parlant de nos passions sportives et culturelles jusqu’ à des sujets « plus graves » comme la crise écologique qui ne laisse personne indifférent. Et souvent l’apéritif au kir de châtaigne offert par nos hôtes avait la grande vertu de délier les langues pour tout le reste du repas.

Cinquième pépite : la générosité et la simplicité de l’âme cévenole. Pourtant cette terre a été lourdement marquée

par les luttes sanglantes au XVIIème siècle entre protestants et catholiques suite à la décision de Louis XIV (3). Au XXIème siècle, ces épisodes sont restés dans la mémoire collective même si la cohabitation protestants catholiques est globalement une réalité pacifiée. Chaque village possède d’un côté son église souvent plus haute et d’un autre côté, son temple. Une illustration de la générosité de l’âme cévenole. Nous croisons un petit kiosque de confiture « égaré dans la nature » sans vendeur. Seul un petit écriteau signalait la procédure : choisir son produit et mettre son règlement dans une boîte en bois. Et cela fonctionne ou comment la confiance est contagieuse. Simplicité des villageois souvent heureux de voir passer des randonneurs dans un pays peu peuplé. Les hôtes des gites d’étape symbolisent bien cette générosité. Ils ont le souci de nous loger dans des chambres personnalisées comme par exemple à Pont de Montvert, cœur du voyage, où la gérante de l’auberge des cévennes a posé des panneaux de citation dans toutes les pièces de vie et les chambres. Une parmi d’autres : « On rêve trop souvent les yeux fermés, il faudrait plus souvent rêver les yeux ouverts » Mike Horn, explorateur de l’extrême.

Près de 150 ans après le voyage inaugural de Robert Louis Stevenson en 1878, j’ai vécu les yeux ouverts un retour à l’essentiel loin des médias, des outils numériques, et en connexion plus intime avec Dame Nature, mon fils et les autres marcheurs. Un retour vers l’essentiel…

Au milieu d’un champ,

De boutons d’or, je m’assieds ;

J’observe le vent.

  1. Robert Louis Stevenson avec une ânesse nommée Modestine a effectué en 1878 le parcours depuis le Puy jusqu’à’ Alès. Il est devenu célèbre avec la publication de l’île au trésor et de Docteur Hyde et de Mister Jekyll. Il a été un pionnier des écrivains aventuriers du voyage et a terminé sa vie aux îles Samoa.

 

  1. Dans son ouvrage « psychologie positive et écologie. ». Actes Sud.

 

  1.  Louis XIV, avec la révocation de l’édit de Nantes en 1685, a interdit aux protestants l’exercice libre de leur culte. Cependant, nombreux dans les cévennes ; ils ont résisté et organisé des célébrations cultuelles en extérieur appelées assemblées du désert. Ils vont être sévèrement condamnés et tués et en riposte, ils s’en prendront à des catholiques. Le village du Pont de Montvert préserve cette mémoire des camisards, protestants de la résistance.
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Des ponts dès aujourd’hui

18 Mai 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

Des ponts dès aujourd’hui

 

Hier, nous avons été capables de construire des ponts

Des ponts reliant au-dessus des cours d’eau, reliant des vallées,

Des ponts reliant un continent à une île,

Des ponts d’une longueur et d’une hauteur incroyables,

Résistants aux vents et aux tremblements de terre.

Pourtant, notre civilisation moderne a oublié

De construire des ponts, pas des ponts en béton

Des ponts entre les hommes.

Des ponts pour retisser des liens humains aimant

Au sein de familles dispersées ou divisées,

Entre Etats, au sein de pays où la violence a construit des murs

Entre ethnies, entre religions, entre races, entre partis politiques…

Des ponts qui soient robustes et durent dans le temps.

Des ponts qui passent par le regard, les gestes, les mots.

Des ponts qui chantent comme les oiseaux

Dans l’harmonie d’une clairière qui s’éveille le matin.

Des ponts chantant à l’unisson :

«  Nous sommes différents et nous pouvons nous comprendre, »

« Nous sommes en désaccord et nous pouvons nous respecter »

Retrouver une présence vivante, souriante, malgré tout

Qui ouvre le dialogue, le cœur

et l’espérance vers un horizon possible ensemble.

Quand les mots ne sont plus audibles,

Accueillir simplement le silence, le silence en soi.

Le silence de communion entre tous les méditants du monde.

Le silence qui œuvre secrètement à la PAIX

Paix en soi, Paix autour de soi, Paix qui se diffuse

Comme le soleil diffuse son énergie par ses rayons.

Nous avons besoin de ponts vivants, vibrants

pour faire rayonner la Vie sur terre.                                                                      

Pas pour demain, mais dès aujourd’hui.

 

Michel BERNARD, dans une contribution pour la Paix dans le monde.

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Le codéveloppement professionnel, un espace ressource pour les managers

7 Mai 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

A l’occasion d’un interview récent de Claude Champagne pionnier du codéveloppement (1) au Québec, en amont d’une formation d’animateurs au codéveloppement que j’animais, il m’avait renvoyé la question que je lui avais posée : « Et toi, Michel, comment vois-tu les bénéfices du codéveloppement pour les managers ? ». Prenant du recul sur mon expérience de manager au sein de la fonction publique ayant participé à des groupes de codéveloppement divers et également animateur de groupes de codéveloppement, j’ai choisi mon blog pour répondre à Claude et partager largement dans le vaste réseau des codéveloppeurs.

Dans un désir de synthèse, j’ai retenu cinq bénéfices, sans prétendre   être exhaustif , confirmés aussi par les managers des groupes que j’ai animés. Je me permettrai d’utiliser l’abréviation codev pour désigner le codéveloppement professionnel.

1 Le groupe de codev contribue à rompre l’isolement du manager en lui offrant un espace sécurisé d’entraide professionnelle.

Combien de managers peuvent vraiment partager leurs préoccupations intimes dans leur environnement proche, leurs inquiétudes, avec leurs collaborateurs sans se sentir jugés, voire évalués ? Peur parfois de montrer ses fragilités dans un monde valorisant le culte de la réussite et de la performance. Or, le Codev, en offrant un espace de confiance sur un rythme mensuel leur permet avec un cadre de fonctionnement sécurisé explicité et validé ( authenticité, bienveillance, confidentialité, droit à la divergence…) de lâcher souvent un hypercontrôle pour oser dire, être avec sa tête et aussi ses émotions parfois bien cachées sous un front lisse…Au sein d’une région , les membres du groupe codev que j’animai mensuellement, composé d’une douzaine de directeurs départementaux avec des déplacements souvent de plus de 2 heures pour rejoindre la capitale régionale, étaient toujours  à l’heure en manifestant leur grande motivation pour vivre cet espace singulier où tout peut se dire, où chacun peut se sentir écouté sans jugement. Et l’après-midi, ils étaient disponibles, davantage soudés… pour une réunion du comité directeur avec leur direction !

2 le groupe de codev nourrit un apprentissage d’une écoute différente, plus profonde.

Compte tenu qu’une séance de codev dure en général entre 2 à 3 heures, il n’y a aucune recherche de rapidité et de pression du temps contrairement à ce que vivent de nombreux managers dans leur course chrono quotidienne. De fait, l’animateur gère cette dimension et les participants managers, notamment dès l’étape 1 d’exposé du sujet, restent muets, écoutant pour chercher à saisir tous les éléments contextuels, spécifiques de la problématique exprimée par le client. La première fois, cette approche peut surprendre et frustrer les bavards impénitents. Ceci étant, au fil des séances, j’observe bien souvent des managers capables de retenir leur langue, d’écouter d’abord leurs voisins et de se poser avant de parler la question : « Quelle est mon intention en posant cette question à l’étape 2 ? ». Dans le cadre d’un bilan demandé à des managers d’une agence régionale de santé, je constatais qu’ils s’étaient particulièrement investis en faisant le choix du codev y compris vis-à-vis de contrainte quotidienne, parfois en raccourcissant leur pause méridienne pour être présents. Et plusieurs ont témoigné qu’ils ont changé de « mode d’écoute ». Une écoute plus attentive, moins réactive et sur le qui-vive. J’évoque pour ma part une écoute profonde qui se vit avec la tête et le cœur ouvert sur les émotions, celles du client et en résonance les siennes. Dans un espace souvent sans table en présentiel et même en visio, la proximité relationnelle induite par l’esprit codev désarme le vieux réflexe : «  Je le stoppe pour dire mon objection ou mon désaccord…sans lui avoir laissé le temps d’aller au bout de sa réflexion. » Dans l’espace codev, l’écoute est d’abord centrée sur l’intention de mieux comprendre toute la subtilité de la problématique posée et la manière unique du client d’appréhender la situation évoquée. Resterait à étudier comment cette écoute ouverte, bienveillante qui prend son temps est transférée dans le quotidien du manager ou du moins dans certains contextes favorables comme le temps de l’entretien d’évaluation annuelle.

3 Le codev apprend au manager à être demandeur avec simplicité au sein d’un groupe.

Le management «  à la française » dans son histoire a souvent induit le comportement d’un manager sachant, dirigeant, donnant des directives, des orientations et rarement demandeur d’une aide pour lui-même. Serait-ce un aveu de faiblesse de demander à ses collaborateurs une aide concrète sur un dossier complexe en exprimant sa difficulté à le traiter ? Dans l’étape 3 du codev, celle dans lequel le contrat est passé entre le client et les consultants, les autres participants, il y a bien nécessité que le client soit vraiment demandeur d’une aide concrète. Et le travail d’accouchement avec l’animateur de la formulation collant au mieux à ses besoins renforce la réalité d’une demande d’adulte à adultes. « Aidez-moi à trouver des pistes pour présenter ce projet xxl pour qu’il soit acceptable par les partenaires… ? Aidez-moi en me proposant des pistes d’amélioration, des retours d’expérience, des feed back sur ma manière de percevoir la situation pour améliorer le fonctionnement du collectif 007 au sein de ma structure ? ». Et chaque client de percevoir que la clarification de sa demande est un facteur…aidant et stimulant pour les consultants « aidants ». Transfert possible dans le quotidien du manager : et si je prenais le temps de formuler des vraies demandes à mes collaborateurs sans pression et avec humilité ?

4 Le groupe de codev se révèle un accélérateur d’apprentissage de gestes professionnels « terrain ».

En référence à l’ouvrage initiatique (2) des deux pionniers québécois du codéveloppement, Adrien Payette et Claude Champagne, deux convictions fortes émergent : « La pratique produit des savoirs que la science ne peut pas produire et apprendre une pratique professionnelle, c’est apprendre à agir ». Autrement dit, le groupe de codev, notamment à l’étape 4 dite de consultation, en proposant des idées, des pistes, des questionnements pratiques, des options stratégiques pour répondre à la demande du client explicite un panorama large de ce qui peut être mis en place, testé, expérimenté dans la situation évoquée par le client. Le champ de conscience, de perception du réel est élargi pour le client et en même temps pour tous les participants. Chacun nourrit ainsi une palette plus large de possibles relative à son pouvoir de discernement et corrélativement à son pouvoir d’agir.

5 Le codev offre un laboratoire pour tester sans risque un projet.

Un exemple. A l’occasion d’un groupe de codev que j’animais au sein d’une université, un participant, directeur d’une maison de retraite, en posture de client, a demandé des suggestions, des éléments de précaution, de stratégie pour vérifier les conditions et la faisabilité  d’un projet d’aromathérapie qu’il lui tenait particulièrement à cœur. Et à l’occasion de l’étape finale 6 de bilan et de partage des apprentissages, il a exprimé sa grande satisfaction d’avoir été éclairé sur des dimensions du projet qu’il avait à priori sous-estimées. Et, là, nous constatons qu’un groupe codev n’est pas un groupe d’experts sur le sujet traité, l’aromathérapie mais que l’enveloppe de confiance, d’écoute centrée sur le client lui ouvre des portes plus larges et aussi peut contribuer à booster sa motivation. Il n’est plus seul dans ce projet, il se sent soutenu discrètement par un groupe de confiance et solidaire à travers la règle fondamentale de la confidentialité. Combien de projets avortés car mal préparés, négligeant la dimension d’acceptabilité des parties engagées trainent dans les armoires des organisations ?

Le groupe codev peut ainsi jouer de manière pertinente un premier filtre permettant au porteur de projet de « tester » les conditions de sa faisabilité , sa propre motivation et les finalités au fond du projet...

Et enfin, le codev nourrit dans sa philosophie et la conviction exprimée dès l’origine par ses deux pionniers, Payette et Champagne, le co, le faire ensemble, le partage, le co apprentissage…si essentiel dans nos sociétés à tendance individualiste et consumériste.

Le groupe de codéveloppement professionnel est une approche de développement

 pour des personnes qui croient pouvoir apprendre les unes des autres

 afin d'améliorer leur pratique.

Bonne nouvelle pour l’administration française dans un contexte fluctuant : l’orientation donnée à la Direction Interministérielle de la Transformation Publique ( DITP) est de favoriser l’augmentation du nombre d’animateurs codev formés…pour déployer le codéveloppement professionnel dans tous les ministères et les structures publiques.

Ma conviction : plus les organisations mettront en place en leur sein des groupes de codéveloppement pour les managers , les cadres et les agents, plus les risques conflictuels, les risques de burn-out, les risques de dépression au travail seront réduits.

 Le codéveloppement peut se révéler une stratégie gagnante et durable pour contribuer à une qualité de vie au travail en offrant des espaces réguliers où chacun peut se dire, se déposer, se ressourcer avec le soutien du collectif et ainsi… consolider sa posture professionnelle.

Vous en connaissez-vous des espaces de ce type au sein des milieux professionnels ?

 

(1) Fondé par deux québécois, Adrien Payette et Claude Champagne, le codéveloppement permet à des petits groupes de 6 à 9 personnes sans lien hiérarchique entre elles de vivre régulièrement un espace de confiance et d’entraide professionnelle en s’appuyant sur des situations concrètes apportées par les participants, https://www.youtube.com/watch?v=9cJ-FSuh3MY

(2) Ouvrage de base de 1997 : « le groupe de codéveloppement professionnel » co écrit par Adrien Payette et Claude Champagne et plus récent, « Le codéveloppement, l’intelligence collective au service de l’individu et du groupe » écrit par Claude Champagne et publié en 2021 (Editions Eyrolles)

 

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Résister dans un monde sans boussole

15 Avril 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

Montée des populismes en Europe, guerre commerciale agressive menée par un président américain dont l’imprévisibilité interroge son irrationalité égocentrique ; des monstres numériques appelés GAFAM ( Google, Apple,  Facebook devenu Meta, Amazon et Microsoft) qui nous conditionnent dans des réseaux dénommés sociaux, bref, le monde est -il en train de perdre sa boussole ? Ses valeurs de base liées à l’Etat de droit, aux démocraties respectant un minimum la liberté de pensée, de conscience et d’agir des citoyens ?

En effet, émerge de ce magma politico-économico médiatique une nouvelle forme de pensée qui pourrait se formuler ainsi. La vérité est celle que je peux clamer, déployer sur les réseaux sociaux avec certitude et même arrogance ; les médias traditionnels ne servant plus à rien ( presse quotidienne, télévisions, radios…). Je peux aussi, à l’instar d’une responsable d’un parti politique français jouer froidement, devant les médias, la victime d’un système judiciaire qui vient de la condamner à quatre ans d’emprisonnement, d’une inéligibilité de 5 ans au bout d’une instruction longue et documentée qui démasque un système organisé de détournement de fonds européens dont le préjudice est évalué à 2,9 millions d’euros par le tribunal !

Comment le simple citoyen peut-il résister à cette vague étouffant la vérité, l’Etat de droit et usant sans complexe du mensonge, de la manipulation, ou encore du rapport de forces ?

Résister est bien souvent le premier mot qui surgit pour s’opposer à cette montée oppressante, malsaine et contagieuse du «  Je peux tout dire et mentir, c’est la nouvelle loi !!! ». Oui, mais résister comment ?

Résister, c’est, de mon point de vue, chercher en priorité à préserver son esprit critique, son sens du discernement en restant connecté à des sources d’information fiables non inféodées à des lobbies ou à des puissances politiques et économiques. Citons quelques exemples parmi d’autres : Blast, , reporterre, Thinkerview ou encore des espaces médiatiques offrant des débats ouverts sans lutte de pouvoir de la parole « C ce soir » animé par Karim Rissouli sur France 5 s’inscrit dans cette philosophie avec son équipe journalistique présente discrètement au milieu des intervenants. «  Débattre, c’est argumenter pour ne pas se battre » avec des idées partagées « pour éclairer l’actualité et la complexité du monde » sont cités explicitement dans la bande annonce internet de l’émission.

Résister, c’est aussi oser faire des choix qui peuvent se situer à contre-courant de cette vague déferlante évoquée en prologue de cet article.

Qui nous oblige à garder un compte sur X, Instagram, Facebook et Cie ? (1) Qu’est-ce que je perds réellement si je décide de résilier mon compte ? Evidemment, si je me situe en « influenceur », j’ai besoin d’exister sur divers réseaux sociaux, générer ma chaine You Tube et courir à la chasse aux like. Et là aussi, il y aurait à discerner qui nous faisons entrer avec discernement dans notre « cercle d’influenceurs ».

Ceci étant, résister en restant lucide sur ses propres choix de sources d’information et d’influenceurs est un premier pas.

La résistance est aussi revenir à des essentiels de la vie. En écoutant Victor Hugo déclamer « Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois, dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois, dans votre solitude où je rentre en moi-même, je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime ! »(2), à l’occasion d’un spectacle de Gospel, être touché par une chanteuse musulmane en duo côte à côte avec une chanteuse juive, contempler sans mots un vol de deux flamants roses l’un derrière l’autre dans une harmonie majestueuse au raz de l’eau. Quand je sens le vivant autour de moi qui nourris mon intériorité, oui, je peux résister.

Enfin, cet état de résistance mérite de se conjuguer au pluriel, en collectif au travers de groupes de discussion, au sein des associations, d’espaces dans lesquels la parole respecte des règles minimales d’écoute, d’authenticité, de bienveillance et d’acceptation de la divergence. Dans ce sens, les groupes de codéveloppement professionnel (3) se révèlent des lieux de co-apprentissage et aussi de préservation de cette culture qui fonde notre humanité.

 

  1.  Article publié par Antoine Roche, journaliste en avril 2025

https://www.lesnumeriques.com/appli-logiciel/quitter-les-gafam-en-2025-c-est-possible-voici-les-meilleures-alternatives-a235406.html

 

  1. Extrait du poème «  Aux arbres » de Victor Hugo

 

  1.  Fondé par deux québécois, Adrien Payette et Claude Champagne, le codéveloppement permet à des petits groupes de 6 à 9 personnes de vivre un espace de confiance et d’entraide, en s’appuyant sur des situations concrètes apportées par les participants, avec la croyance que chacun peut apprendre de l’autre. https://www.youtube.com/watch?v=9cJ-FSuh3MY

 

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La marguerite à 5 pétales, une boussole pour l’éco-citoyen

6 Mars 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

 

A l’occasion de l’animation d’un atelier relatif à la transition écologique dans un quartier de Montpellier, et devant un public engagé dans la sobriété, j’ai expérimenté un outil créatif que j’ai conçu : la marguerite à 5 pétales. De quoi s’agit-il ?

En fin d’atelier avec la prise de conscience de la nécessité collective du passage de 10 tonnes équivalent CO2 par habitant (moyenne nationale) à 2 tonnes par habitant à l’horizon 2050 (objectif de la neutralité carbone), la question de quoi faire, comment faire, pour faire plus, autrement se pose en général. Dans un cadre respectueux de chacun, sans moraliser, et sans minimiser l’enjeu d’un des plus grands défis pour notre planète terre, la marguerite propose 5 axes pour avancer avec les petits pas écologiques. Chaque pétale illustre un axe avec l'acronyme des 5 lettres QITAN…comme quittant l’ancien monde pour un autre monde ou mode de vie.

Je vous propose d’explorer les 5 pétales dans l’ordre du QITAN

Q comme se Questionner sur ses modes de consommation et ses besoins. En particulier, chacun, face à un achat, peut utiliser le triple questionnement : est-ce que j’en ai besoin ? Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que j’en ai besoin maintenant ?  Si la réponse est non aux trois questions, la décision à prendre semble claire.

I comme s’Informer de la matière vaste et complexe autour du réchauffement climatique, des crises liées aux ressources naturelles, aux énergies fossiles à durée limitée, ou encore en lien avec l’effondrement de la biodiversité dans une approche systémique. S’informer en étant vigilant pour ne pas se laisser conditionner par les sites trompeurs, partisans, diffuseurs d’informations fausses. Dans cette perspective, des sites non partisans et indépendants de lobbies économiques peuvent servir de ressource informationnelle fiable en donnant voix à divers points de vue. Citons parmi ceux-ci : reporterre.net, média indépendant et financé uniquement par le don de ses 2 millions de lecteurs ; bonpote.com, média crée par Thomas Wagner qui a choisi d’en faire sa mission principale avec la publication d’articles, d’interviews de spécialistes des questions d’écologie et il affiche cette indépendance (financement uniquement par des abonnés lecteurs) sur son site : « L’information est en accès libre, sans publicité, sans partenariat douteux avec Total Energies... et surtout, toutes les informations sont sourcées »

T comme Transmettre. Un enjeu important qui se vit au sein des associations engagées dans l’environnement, l’écologie, la nature, et bien d’autres et qui est aussi vécue entre parents et enfants et grands-parents et petits enfants. Pour ma part, papy d’une petite fille née en 2024, je suis attentif à une question qu’elle pourra légitimement me poser un jour : « Et toi, Papy, qu’est ce que tu as fait et fait pour préserver la planète Terre et contribuer à réduire l’empreinte carbone ? ». Nous sommes entrainés à vivre une solidarité avec les nouvelles générations.

A comme Avec. Le point de vue proposé n’est pas d’entrer dans des combats contre tel ou tel acteur politique, économique, ou autre. Le « avec » situe une volonté de partager une information, un diagnostic, pour avancer vers un projet. Ainsi sur Montpellier, l’association Culture Climat soutient activement un projet d’Académie publique du climat et des nouveaux imaginaires dans l’inspiration de l’Académie crée par la municipalité de Paris. Elle se veut un partenaire d’appui avec la métropole, les associations locales concernées et les 31 communes de ce territoire. Au niveau de chaque citoyen, il s’agit de sortir d’une quête individuelle pour entrer dans une démarche collective dans sa résidence, son quartier, son village. Jouer collectif comme nous le témoignent les équipes de sport collectif dans un esprit de cohésion contribuant à amplifier les énergies créatives…

N comme Nature. Elle est au cœur du système Terre malmené par les prédateurs qui épuisent ses ressources et la polluent sans état d’âme…Comment nous reconnecter au vivant, aux êtres vivants que sont les arbres, les plantes, les fleurs et toute la faune ? Les médiateurs ne manquent pas : animateurs de nature, guides de bain de forêt, accompagnateurs de moyenne montagne, etc…Mais la question vitale est, de mon point de vue, de préserver un lien régulier avec un espace de nature qui nous ressource pour une population française qui vit pour plus de 80 % dans des villes. Ce peut être pour ceux qui en possèdent, un jardin, pour des citadins, un jardin public comme le magnifique et premier jardin historique de France qu’est le jardin des plantes de Montpellier, ou encore un lieu de forêt, de montagne, de lac ou de mer…L’important me semble être de (re)trouver du goût à cette fréquentation et j’aime nommer pour moi-même ce lieu un espace OASIS. L’oasis symbolise le temps de la halte, de la pause pour reprendre des forces et un lieu paisible, de silence, de ressourcement.

Et maintenant, comment fonctionne la marguerite à 5 pétales en animation de groupe ?

Dans l’expérimentation de l’atelier, j’ai invité chaque participant à écrire sur un post it son petit pas écologique pour demain. Chacun est venu le lire devant le paperboard avec l’image de la marguerite. Beau moment de partage dans un silence de bienveillance. Et puis invitation à le coller sur le pétale correspondant à la « famille » du petit pas. Exemple : si mon petit pas est de revoir mes consommations (alimentation et habillement), mon post it sera collé sur le pétale Q comme se questionner. Si mon petit pas est de prendre connaissance du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) de la métropole de Montpellier, je vais coller mon post it sur le pétale I comme s’informer.

Et vous, lecteur, devant les 5 pétales de la marguerite, quel est le petit pas pour lequel vous ressentez un besoin, une inspiration en solidarité avec tous et les futures générations ?

Et les petits pas ne sont pas limitatifs ! Un premier petit pas peut en entrainer un autre.

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L'ESPERANCE et le morceau de chocolat

31 Janvier 2025 , Rédigé par Michel BERNARD

Une fois n’est pas coutume, avant de lire la suite de cet article, je vous invite à écouter l’histoire racontée par  Francine Christophe , 8 ans enfermée avec sa mère dans un camps de prisonniers en Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale.

https://www.youtube.com/watch?v=ftugbci9ohg&t=4s

En quoi cette histoire émouvante peut convoquer l’Espérance ? De mon point de vue, je discerne plusieurs germes d’Espérance.

D’abord, le fait que la mère de Francine ne se contente pas de soutenir moralement cette femme enfermée , faible, fragile, sur le point d’accoucher mais cherche concrètement ce qu’elle peut faire pour sa survie et celle de l’enfant à naître. Le morceau de chocolat de sa fille Francine devient un symbole fort de cette Espérance en acte. Le peu qu’elles ont, elles en font don volontairement !

Sa mère espère que le morceau de chocolat va aider cette femme à retrouver un minimum de force pour accoucher…mais sans certitude sur l’avenir ! L’espérance reste un pari de confiance sur le futur !

Et la conclusion de cette histoire vraie : le bébé « muet » pendant la durée du camp a bien grandi et est devenue un médecin psychiatre ! L’Espérance peut conduire à des inattendus qui dépassent notre propre imagination. Qui aurait parié que ce bébé, qui aurait pu vivre traumatisé suite à ce vécu dans l’horreur d’un camp de concentration, devienne lui-même un soignant !

Cette histoire nous rappelle la force de l'Espérance quand nous cherchons des nouveaux repères, des nouvelles sécurités dans un monde qui surmédiatise les violences tout azimut ( guerres, violences urbaines, violence des catastrophes naturelles..).

Et William Clapier, théologien et chroniqueur à la Croix « branché » en particulier sur l’Espérance, un sujet abyssal selon lui, insiste sur le fait que l’Espérance est une vertu active, une force qui met en mouvement tout en restant lucide sur le réel du monde et de notre environnement. Dans une vision spirituelle, il invite à « accueillir  ce souffle au plus profond de soi » et constate qu’elle nous réajuste à la réalité de la vie ici et maintenant.

Même si l’Espérance, dans le monde catholique, est reconnue comme une vertu théologale à côté de ses deux sœurs, la foi et la charité, elle me semble dépasser toutes les frontières au-delà des religions et au-delà des diverses philosophies de la vie.

L’Espérance mériterait d’être diffusée, transmise plus largement en particulier aux jeunes générations pour faire front à deux « maux » de notre monde fluctuant et anxiogène : le découragement et le manque de lucidité.

Pour conclure, une métaphore, celle des trois hommes dans la nuit. Trois hommes devaient traverser une grande forêt pour rejoindre un village dans la nuit. Le premier s’engage sur le chemin et entend des bruits mystérieux qui déclenchent immédiatement des peurs. Il ralentit son pas, hésite à poursuivre et se demande s’il ne devrait pas rebrousser chemin. C’est l’homme du découragement. Le deuxième avance avec un pas énergique, sûr de rejoindre rapidement le village. Il s’engage dans un chemin sinueux et ne voit pas qu’il le ramène sur ses pas. Il tourne en rond. Il passe à côté d’un chemin qui arrive au village mais ne le voit pas. C’est l’homme autocentré sur lui, croyant uniquement en son propre pouvoir…qui peut le conduire à la folie. Le troisième homme a choisi d’avancer avec un pas vigilant, à l’écoute des bruits et le regard ouvert. Il se réjouit de la pleine lune et se retrouve soudain face à deux chemins possibles. Il hésite puis levant les yeux vers le ciel, il aperçoit une petite étoile du côté d’un des deux chemins. Il choisit de s’engager sur ce chemin. Au petit matin, avec l'aube, il arrive heureux et soulagé dans le village, accueilli comme un homme de sagesse et de courage.

Et si l’Espérance nous invitait à sortir de nos peurs, de nos autosuffisances pour nous mettre à l’écoute des messages plus subtiles venant du ciel et pour oser avancer au large ?

 L’Espérance a aussi deux autres sœurs :  le discernement et le courage.

 

 

 

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JOURNEE MONDIALE DE LA MEDITATION, une lumière dans la tourmente

21 Décembre 2024 , Rédigé par Michel BERNARD

Une première dans le monde !

En ce jour de solstice d'hiver ( le jour le plus court de l'année entre le lever et le coucher du soleil pour l'hémisphère nord), l'ONU a proclamé ce 21 décembre 2024 journée mondiale de la méditation. Waouh !

Quel sens donner à cette proclamation d'une institution internationale au delà des religions et des courants philosophiques et politiques ?

En vous invitant à lire l'article sur le site de l'ONU dédié à cette première, https://www.un.org/fr/observances/meditation-day , je me permets un commentaire libre avec le symbole de trois bougies, signes de lumière et d'espérance pour notre monde.

Première bougie

: la méditation est reconnue  comme faisant partie intégrante du patrimoine de l'humanité. Dans son article, l'ONU, en référence à des archéologues, ferait remonter l'origine de la méditation à 5000 ans. Aujourd'hui, elle estime le nombre de méditants compris entre  200 et 500 millions dans le monde.

 

Deuxième bougie :

la méditation est reconnue par l'ONU comme moyen efficace pour permettre à une personne de (re) trouver un équilibre en termes de santé physique et mentale. Or, concernant la France et les problématiques de stress au travail, la santé mentale est de plus en plus souvent évoquée. La méditation offre à toute personne ce moment quotidien de pause, de ralentissement de l'activité mentale pour se ressourcer dans le goût de l'ici et maintenant.

Troisième bougie :

 dans un monde troublé par la montée des extrêmes ( guerres à l'initiative de dictateurs en  souffrance pathologique; montée des mouvements populistes en Europe; radicalisation des postures de leaders politiques...) et par l'accroissement des réfugiés climatiques ou fuyant des régimes politiques sanguinaires ou encore la famine, la méditation offre humblement un espace ouvert à tous et qui peut rassembler largement au delà des religions. Elle est gratuite, elle ne demande pas de matériel coûteux ( un petit banc ou coussin). Elle peut se pratiquer seul ou en groupe.

Enfin, j'ai été très surpris de constater que l'ONU, dès 1952 ( bien avant l'émergence en Europe de la  méditation de pleine conscience dans les années 2000) a crée, au sein de son siège à New York une salle de méditation appelée salle de silence. Dans quel but ? La réponse est donnée dans l'article cité : 

"En favorisant la paix intérieure par la méditation, les individus contribuent à la construction d'un monde plus résilient et durable pour les générations actuelles et futures."

Et si nos institutions françaises s'en inspiraient pour retrouver un peu de dialogue apaisé au delà des désaccords de fond, des postures théâtrales au sein du palais Bourbon qui discréditent les représentants du peuple que sont les députés ? Oui, je plaide pour que notre parlement se dote d'une salle de silence ouverte à tous les députés avec des séances d'initiation à la méditation pour les volontaires.

En effet, trop de paroles, trop de mots à l'emporte-pièce, trop de bruit tapageur nuisent à l'émergence du discernement, de la réflexion partagée, de la recherche d'une conscience non partisane mais lucide  autour des problématiques économiques, sociales et éthiques qui nous traversent et qui touchent les citoyens.

Qui est le plus grand enseignant du XXIème siècle ?

Vous avez cherché un nom. Pour ma part, je nommerai aujourd'hui le Silence. Le silence d'un groupe d'hommes et de femmes en méditation; le silence au cœur d'une forêt seulement troublé par les sons d'oiseaux; le silence dans un lieu spirituel quand les touristes l'ont déserté.  Et le silence du spirituel qui se recueille dans sa chambre, sans tv, sans smartphone, sans rien, juste avec lui-même et son âme. 

Silence des mots,

Pause,

Rien n’est dit, tout est là.

 

Silence des mots,

Entre terre et ciel,

Droit, Digne, mon corps immobile.

 

Silence des mots,

Les pensées déferlantes passent

Repassent, tout passe.

 

Silence des mots

Inspire…expire

J’observe mon souffle.

 

Silence des mots

A l’éternité, le temps est suspendu

Mon âme se repose enfin.

 

Silence, j’entends ton bruit

Qui m’envahit.

 

                                                 

 

 

 

 

 

 

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